Chapitre 3 573
« Grrr… »
Après que Chu Feng eut franchi cette porte d’un noir profond, il fut happé par un vortex obscur.
Le vortex était si vaste qu’il enveloppait le ciel et la terre. Emporté par lui, Chu Feng n’était pas plus qu’une fourmi tombée dans la mer. Aussi puissant fût-il, il ne pouvait lutter contre son courant.
Le vortex ne se contentait pas de déchaîner des vents violents : il était aussi parcouru d’éclairs.
Les serpents de foudre, épais de mille mètres et longs de plusieurs dizaines de milliers de mètres, fusaient comme d’immenses dragons en fendant le ciel et la terre.
Ils se comptaient par dizaines de milliers. Ils galopaient dans le vortex, faisant éclater le tonnerre autour d’eux.
Au cœur du vortex, même Chu Feng éprouvait de la peur et de l’inquiétude.
Mais puisqu’il avait osé entrer, c’était qu’il s’y était préparé. Il s’attendait non seulement à affronter des dangers, mais aussi à faire face à la mort.
Cela dit, Chu Feng ne pensait pas qu’il allait forcément mourir. S’il avait cru sa mort certaine, il n’aurait pas franchi la porte.
S’il avait décidé d’entrer sans la moindre hésitation, ce n’était pas seulement parce qu’il voulait sauver les membres du clan céleste Chu et ses amis.
Devant la porte d’un noir profond, il avait ressenti quelque chose. Comme si on l’appelait, comme si une force cherchait à l’attirer.
Il ne savait pas de quoi il s’agissait. Mais il sentait que ce qui l’appelait ne lui voulait aucun mal.
Il avait donc pensé que le choix entre sa vie et celles de la foule constituait peut-être une sorte d’épreuve. C’était pourquoi il avait décidé de franchir la porte d’un noir profond.
Bien que le danger le guettât de toutes parts, Chu Feng était au moins encore en vie.
Les vents violents étaient terrifiants, mais ils semblaient mener quelque part, comme un passage. Cela confortait encore son hypothèse.
Grâce à cela, il se calma peu à peu.
« Crac… »
« Boum… »
Soudain, un éclair blanc, brûlant, s’approcha. C’était la foudre.
Elle frappa Chu Feng de plein fouet.
Tout se passa si vite qu’il perdit connaissance avant même d’avoir pu ressentir la douleur.
……
Lorsqu’il reprit connaissance, Chu Feng s’attendait à découvrir le royaume des morts en ouvrant les yeux.
Sa réaction était compréhensible. La décharge de foudre avait été bien trop puissante. Au moment où elle l’avait frappé, il avait cru sa mort certaine.
Pourtant, une fois réveillé, il estima qu’il était probablement encore en vie.
Car le paysage devant lui ne ressemblait en rien au royaume des morts. Pour le décrire, il aurait mieux valu parler d’un royaume des immortels, d’un paradis.
Chu Feng était étendu sur une prairie d’un vert émeraude. Des montagnes flottantes et des cascades s’élevaient autour de lui, jusque dans le ciel.
Le ciel de cet endroit était d’un bleu particulièrement pur.
« Tu es réveillé ? »
Soudain, un doigt vint lui tapoter le visage.
La surprise le fit sursauter ; il se redressa brusquement.
En y regardant de plus près, il découvrit que la personne qui lui avait tapoté le visage était une petite fille.
Elle semblait n’avoir qu’environ six ans.
Elle avait de petites joues rondes. Sans être particulièrement jolie, elle était adorable.
Ses grands yeux, surtout, semblaient renfermer les étoiles du ciel, tels deux galaxies. Ils étaient vraiment fascinants.
Cela dit, Chu Feng n’osa pas la prendre à la légère. Il pouvait sentir toutes les créatures autour de lui : les grues qui volaient, les cerfs qui couraient, les bêtes cachées et même les Bêtes monstrueuses en pleine cultivation.
La seule exception était cette fillette. Bien qu’elle se tînt juste devant lui, il ne parvenait pas à sentir son aura.
C’était comme si elle n’existait pas.
L’empreinte sur son front acheva de convaincre Chu Feng qu’elle n’avait rien d’ordinaire.
Elle représentait un arbre.
Bien qu’elle parût tout à fait banale, Chu Feng trouvait qu’elle ressemblait beaucoup à l’Arbre sacré du Vide.
« Petite fille, comment tu t’appelles ? » demanda Chu Feng.
« Petite fille ? » Elle leva les yeux au ciel. D’une voix douce et enfantine, elle répondit : « Ça fait déjà plus d’un million d’années que je vis. Quel âge as-tu pour m’appeler petite fille ? »
Non seulement elle avait l’air très jeune, mais sa voix aussi semblait celle d’une enfant.
Si quelqu’un d’autre l’avait entendue parler ainsi, il aurait sans doute cru qu’elle se vantait.
Mais Chu Feng ne le pensait pas.
Cela dit, puisqu’elle avait l’apparence d’une enfant, il avait beau savoir qu’elle était extraordinaire, il était tenté de la taquiner.
« Impressionnant. Tu vis depuis plus d’un million d’années ? Ça veut dire que tu existes depuis l’Ère antique ? » demanda Chu Feng.
« Tu poses une question dont tu connais déjà la réponse », répliqua la fillette.
« Alors, raconte-moi quelque chose sur l’Ère antique. »
« Comment se fait-il que les bêtes féroces et les créatures démoniaques de l’Ère antique existent encore, alors que tous les cultivateurs martiaux ont disparu ? »
« Logiquement, même s’ils ont atteint la fin de leur vie, ils devraient avoir laissé des descendants. Pourquoi ont-ils tous disparu ? »
« Qu’est-ce qui s’est passé exactement à l’Ère antique ? » Chu Feng était extrêmement curieux à ce sujet.
« C’est un mystère que le Ciel seul connaît. Je ne peux pas te le révéler », répondit la fillette d’un air très sérieux.
Elle se comportait comme une immortelle d’un grand âge, pleine de sagesse. Pourtant, elle avait clairement l’apparence d’une petite fille. À jouer les adultes ainsi, elle ressemblait à une enfant qui faisait semblant d’être grande : c’était vraiment adorable.
« Un mystère que le Ciel seul connaît ? N’importe quoi. Allez, raconte-moi », insista Chu Feng.
« Je vais te dire une chose : pour l’instant, on ne peut pas dire que tu sois vivant. Tu es à moitié mort. »
« Tu ne peux rester ici qu’un an. Si tu ne parviens pas à quitter cet endroit d’ici là, tu mourras pour de bon. »
« Alors, au lieu de perdre ton temps à poser des questions inutiles, tu ferais mieux de profiter de l’occasion pour me demander ce que tu dois faire afin de quitter cet endroit au plus vite », lui dit la fillette.