Chapitre 3 558
« On dirait que vous avez déjà entendu parler de moi ? » demanda Chu Feng, l’air satisfait.
« Qui n’a pas entendu parler du fils de Chu Xuanyuan dans le Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux ? »
« Cela dit, je ne m’étais pas vraiment intéressée à toi avant. Après tout, on te disait bon à rien. »
« Mais j’ai entendu dire que tu étais devenu très puissant. Il paraît que tu as fait match nul avec Linghu Hongfei et que tu as décroché la première place lors de la sélection des Décastars martiaux ancestraux ? » lança Zhang Shirui.
« Tu me flattes. En effet, c’était bien moi. »
« Puisque vous savez qui je suis, vous devez aussi savoir que vous n’êtes pas de taille face à moi, non ? » dit Chu Feng.
« Hahaha ! Si tu utilises tes techniques d’Esprit du Monde, nous ne ferons effectivement pas le poids. »
« Malheureusement pour toi, cet endroit… est notre territoire », répliqua Zhang Shirui.
Après ces mots, Chu Feng vit Zhang Shirui poser la main sur sa poitrine. Elle portait un pendentif autour du cou.
Le pendentif reposait justement sur sa poitrine. C’était lui que touchait la paume de Zhang Shirui.
Mais là n’était pas l’important. Ce qui comptait, c’était qu’au moment où la paume de Zhang Shirui effleura le pendentif, Chu Feng sentit une aura jaillir des profondeurs du sol.
Cette aura était si ténue qu’une personne ordinaire ne l’aurait pas détectée. Mais Chu Feng, toujours sur ses gardes, la perçut grâce à sa puissance spirituelle.
« Fff… »
Zhang Shirui bondit de la branche et s’avança lentement vers Chu Feng.
« Les ouï-dire sont parfois trompeurs. Il faut voir les choses de ses propres yeux pour en être sûr. Approche, le plus jeune spiritualiste du Monde au manteau sacré à marques de dragon du Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux. Laisse-moi donc éprouver la puissance de tes techniques d’Esprit du Monde », dit Zhang Shirui en le défiant du regard. Son sourire était absolument odieux, à vous donner envie de la gifler.
Chu Feng avait déjà compris que Zhang Shirui avait dû faire quelque chose pour se sentir assez sûre d’elle pour le provoquer ainsi.
Comme prévu, lorsqu’il libéra sa puissance spirituelle, il découvrit qu’elle semblait scellée et qu’il ne parvenait pas à la déployer.
Son esprit était pourtant intact, mais il ne pouvait libérer sa puissance d’Esprit du Monde pour établir de Formations spirituelles.
Il ne s’y était pas trompé : Zhang Shirui avait bien manigancé quelque chose. Ils possédaient sans doute un puissant trésor d’une sorte ou d’une autre.
« On dirait que cet endroit n’est pas aussi simple qu’il en a l’air », dit Chu Feng.
« Oh, tu as compris que tu ne pouvais pas utiliser tes techniques d’Esprit du Monde ? » Zhang Shirui se mit à sourire d’un air encore plus satisfait et arrogant. Sans détour, elle ajouta : « Alors, qu’est-ce que tu comptes faire ? Tu vas reconnaître ta défaite ou il faut que je te donne une bonne raclée pour te l’entendre dire ? »
Sur ces mots, Zhang Shirui libéra son aura.
Un Immortel martial de rang neuf. Les membres capturés du Clan des Démons dévoreurs de sang n’avaient donc pas menti à Chu Feng.
Cette cultivation était certes inférieure à celle de Chu Feng et de Linghu Hongfei, mais elle dépassait celle de tous les autres Décastars martiaux ancestraux. Même Wuma Shengjie et Linghu Yueyue ne feraient pas le poids contre elle.
Cette femme était effectivement très puissante. Malheureusement pour elle, elle ne faisait toujours pas le poids contre Chu Feng.
Ainsi, face à Zhang Shirui, Chu Feng prit un air assuré et leva gracieusement la main. Un sourire aux lèvres, il déclara d’un ton résolu : « Je reconnais ma défaite. »
« Hein ? » Les paroles de Chu Feng stupéfièrent Zhang Shirui, mais aussi Zhang Boyi, qui se tenait derrière elle.
Zhang Shirui se retourna vers Zhang Boyi, comme pour lui demander ce qui se passait.
À la mine déconcertée de Zhang Boyi, elle comprit qu’il était tout aussi abasourdi.
La situation ne correspondait pas du tout à ce qu’ils avaient imaginé.
« Tu… tu viens vraiment de reconnaître ta défaite ? » demanda prudemment Zhang Shirui.
« Tu es une Immortelle martiale au sommet, alors que je ne suis qu’un Immortel martial de rang sept. Nous avons deux niveaux de cultivation d’écart. Je ne fais pas le poids contre toi. Si je ne reconnais pas ma défaite, je ne ferai que réclamer une raclée, non ? » répondit Chu Feng.
« On ne disait pas que tu avais cultivé la légendaire Technique mystérieuse de la Punition divine et que tu avais réussi à éveiller le pouvoir de l’armure de foudre de la Lignée céleste, comme Linghu Hongfei ? » demanda Zhang Boyi.
« Frère, tu n’as pas compris. Les rumeurs ne sont que des rumeurs. Je suis le mieux placé pour savoir de quoi je suis capable. »
« Comme dit le proverbe, le sage sait s’adapter aux circonstances. Moi, Chu Feng, je sais m’adapter », dit-il.
En voyant Chu Feng prononcer ces paroles avec un naturel confondant, Zhang Boyi et Zhang Shirui affichèrent des expressions encore plus déformées.
« Tu es vraiment le fils de Chu Xuanyuan ? »
« On ne disait pas que Chu Xuanyuan ne reconnaissait jamais sa défaite ? Pourquoi as-tu l’air… l’air… aussi éhonté ? » Zhang Shirui regarda Chu Feng, les joues gonflées.
De toute évidence, le Chu Feng qu’elle avait devant elle ne ressemblait en rien à celui qu’elle s’était imaginé. Elle en éprouvait du mépris.
« Hé hé. Merci pour le compliment, jeune demoiselle. » Chu Feng joignit les poings avec respect, un grand sourire aux lèvres.
« Un compliment ? Tu as du mal à comprendre ce qu’on te dit ? » Zhang Shirui fronça les sourcils.
« Comme dit le proverbe, si l’on n’est pas sans vergogne, on aura gâché sa jeunesse. Moi, Chu Feng, j’ai du cran. Comment pourrais-je me passer d’une bonne dose d’impudence ? » dit-il.
« Putain, j’ai déjà vu des sans-gêne, mais jamais un type aussi culotté que toi ! » Zhang Shirui le dévisagea avec mépris.
Chu Feng ne s’en offusqua pas le moins du monde. Au contraire, il joignit de nouveau les poings devant elle.
« Mes amis, comme dit le proverbe, le destin nous réunit. Puisque le sort nous a rapprochés, que diriez-vous de devenir frères et sœurs jurés ? » proposa Chu Feng.
« Qui voudrait devenir la sœur jurée d’un type aussi éhonté que toi ?! »
Tout en parlant, Zhang Shirui serra le poing. Une corde formée de puissance martiale apparut dans sa main. Elle leva le bras et la corde fusa vers Chu Feng pour l’entraver.
« Petite sœur, même si tu ne veux pas devenir ma sœur jurée, tu peux faire comme si je n’avais jamais proposé. Mais qu’est-ce que c’est que ça ? » Chu Feng prit un air surpris.
Soudain, Zhang Boyi reprit la parole : « Chu Feng, la porte que tu as détruite tout à l’heure, c’est nous qui l’avions construite. Tu ne devrais pas payer pour l’avoir démolie ? »
« Payer ? Qu’est-ce que vous comptez faire, tous les deux ? » demanda Chu Feng.
« Nous voulons ta vie. Qu’en dis-tu ? » Zhang Boyi afficha une expression glaciale.
« Quoi ? Ce n’est qu’une porte, et vous voulez déjà me tuer ? » Chu Feng prit un air terrifié et désemparé.
« Ce n’est qu’une porte ? Tu sais au moins de quelle porte il s’agit ? » Zhang Shirui se mit en colère en entendant Chu Feng.
« Ne t’inquiète pas, n’aie pas peur tout de suite. Nous n’allons pas te tuer sur-le-champ. » Le sourire de Zhang Boyi se fit étrange.
Puis Zhang Boyi agita sa manche et une Porte de formation spirituelle apparut au sol.
Ensuite, Zhang Boyi et Zhang Shirui saisirent Chu Feng et sautèrent dans la Porte de formation spirituelle.
« Lâchez-moi ! Lâchez-moi ! Ce n’était qu’une porte faite de branches. Je vous en construirai une autre. Non, pas une seule : cent, mille, dix mille portes comme celle-là ! »
« Ne me tuez pas, ne me tuez pas ! »
Chu Feng cria de panique. Il se rendait tout à fait ridicule.
En réalité, il était ravi.
Avec sa cultivation, Chu Feng aurait pu s’occuper sans peine de Zhang Shirui et de Zhang Boyi. À vrai dire, il n’aurait même pas eu besoin de lever le petit doigt pour les vaincre.
Il se laissait capturer exprès.
Chu Feng savait pertinemment que les membres du Clan des Démons dévoreurs de sang étaient tous des gens intègres. Il pensait que Zhang Boyi et Zhang Shirui ne faisaient probablement pas exception.
Il croyait qu’il serait très difficile de leur arracher des aveux par la torture.
En outre, ils maîtrisaient une sorte de pouvoir particulier dans cet espace.
Chu Feng n’était donc pas certain de pouvoir les vaincre tous les deux.
Il décida donc de faire semblant de ne pas être à leur hauteur et de se laisser capturer. Il pourrait peut-être ainsi retrouver les autres prisonniers.
Il chercherait alors une occasion de s’échapper.