Chapitre 3 538
Une fois enveloppé de lumière, Chu Feng fut incapable de bouger. Il sentit seulement qu’il flottait, propulsé à toute vitesse vers l’avant par une force invisible.
Finalement, le rayon lumineux se dissipa et les pieds de Chu Feng touchèrent le sol.
La force qui l’avait poussé vers l’avant avait beau avoir disparu, son élan, lui, persistait.
Chu Feng ne parvint donc pas à garder l’équilibre en atterrissant. Il fit quelques pas en avant, chancela et s’écrasa face contre terre.
Il fallait savoir que Chu Feng était désormais un expert de niveau Exalté.
Dans le Continent des Neuf Provinces, sa cultivation aurait fait de lui un être capable de semer une destruction totale.
Et pourtant, même avec ses capacités actuelles, Chu Feng n’avait pas réussi à garder l’équilibre. On pouvait ainsi mesurer la vitesse à laquelle il avait été propulsé.
Elle était telle qu’il n’avait même pas eu le temps de réagir.
« On aurait dit une Formation de téléportation. Alors… tout le monde est sain et sauf ? »
Bien qu’il eût piètre allure, étalé face contre terre, Chu Feng parvint à sentir l’état de son corps.
Ses mouvements lui semblaient un peu étranges, mais son corps était parfaitement intact.
Il comprit alors que les rayons lumineux de tout à l’heure n’étaient pas dangereux pour la foule. Il lui semblait plutôt qu’il s’agissait de simples Formations de téléportation.
« Pas étonnant que j’aie senti une puissance spirituelle dans cette lumière. »
Chu Feng se releva et inspecta les environs.
« Je suis toujours dans l’Arbre sacré du Vide, alors que je viens de voyager à une vitesse pareille ? Il semblerait que cet endroit soit vraiment aussi démesuré que l’a dit le chef de clan. »
Chu Feng découvrit qu’il se trouvait toujours dans l’Arbre sacré du Vide.
Cependant, son regard fut bientôt attiré par quelque chose, un peu plus loin.
Un fruit se trouvait devant Chu Feng. De la taille d’une pêche, il ressemblait à une pastèque, surtout par ses motifs, qui étaient tout bonnement identiques à ceux d’une pastèque.
Mais ce fruit n’était pas une pastèque ordinaire. La raison en était qu’il était doré.
Chu Feng était un cultivateur martial de niveau Exalté et un Spiritualiste du Monde au manteau sacré à marques de dragon. Pourtant, à la vue de cette pastèque, un sentiment de révérence s’éleva en lui.
Cette pastèque dorée dégageait en réalité une Aura de Souverain qui inspirait le respect même à Chu Feng !
« Bon sang, je rêve ? »
La première pensée qui traversa l’esprit de Chu Feng fut qu’il était tombé par hasard sur le légendaire fruit doré capable de permettre à quiconque de pénétrer dans la Salle du Palais sacré.
Cette idée le laissa aussitôt incrédule. Tout cela était bien trop fortuit.
Prudent, Chu Feng observa de nouveau les environs. Il se servit même de ses Yeux célestes pour l’aider à vérifier si tout ce qui l’entourait était réel.
Mais même avec ses Yeux célestes, il ne repéra rien d’illusoire.
Les arbres autour de lui lui paraissaient bien réels, et les fruits verts aussi.
« Fff… »
Chu Feng tendit la main et attrapa un fruit vert, qui fut aspiré dans sa paume. Il le porta directement à sa bouche et en prit quelques bouchées. Il constata alors que son goût et sa texture étaient exactement les mêmes que ceux du fruit qu’il avait mangé plus tôt.
« Tout semble bien réel. Alors… d’après les explications du chef de clan, les fruits dorés devraient être extrêmement rares. »
« La légende serait-elle donc si peu fiable ? »
Bien qu’étonné, Chu Feng n’osa pas baisser sa garde. Il entreprit donc d’examiner attentivement le fruit doré avec ses Yeux célestes.
Après l’avoir observé un moment, il ne trouva toujours rien de suspect.
Chu Feng tendit alors la main et fit un geste pour l’attirer à lui. Pourtant… même si le fruit doré se trouvait juste là, il ne parvint pas à le soulever à distance.
« Il faut donc que je le cueille moi-même ? »
Sans autre solution, Chu Feng s’avança pour prendre le fruit doré de ses propres mains.
« Fff… »
Mais au moment où il le toucha, le décor autour de lui se mit à changer.
En un instant, il eut l’impression d’avoir quitté la forêt pour tomber dans un monde infernal sans limites.
Du magma s’étendait tout autour de lui, à perte de vue. On aurait dit une mer de magma.
Il en émanait une odeur fétide et sanguinaire, et d’innombrables personnes s’y trouvaient plongées.
Elles étaient si nombreuses et si serrées que Chu Feng en voyait des milliers d’un seul regard.
Leurs corps étaient immergés dans le magma. Des grimaces de douleur déformaient leurs visages tandis qu’elles poussaient des cris déchirants.
Qu’une seule personne crie de douleur n’avait rien de bien grave. Mais les cris conjugués de dizaines de milliers de personnes étaient tout bonnement terrifiants.
En regardant sa main, Chu Feng découvrit que le fruit doré avait disparu et qu’il avait été remplacé par une pierre rouge vif.
« Une illusion ? »
Chu Feng crut que tout cela n’était qu’une illusion. Pourtant, il sentit bientôt une douleur à la main. En baissant les yeux, il vit que sa paume avait été si gravement brûlée qu’elle était presque fondue.
« Cette sensation… Elle est si réelle ? »
Malgré cela, Chu Feng ne lâcha pas la pierre qu’il tenait. Il pensait que tout ceci était illusoire et que l’objet dans sa main n’était pas une pierre rouge vif, mais bien le fruit doré.
S’il le lâchait, il risquait de le perdre.
Chu Feng tint bon, mais la douleur s’intensifiait de plus en plus. La pierre ne brûlait pas seulement son corps ; elle consumait aussi son âme.
Plus grave encore, Chu Feng était incapable de régénérer sa chair et ses os brûlés. Bientôt, la paume qui tenait la pierre fut entièrement calcinée, sans qu’il en reste la moindre trace.
À cette vue, Chu Feng se retourna aussitôt. Il voulait saisir la pierre de l’autre main, mais elle se transforma en un filet de lumière et disparut.
Dans cette situation, il n’eut d’autre choix que d’activer ses Yeux célestes pour retrouver la trace du fruit doré.
Mais même avec ses Yeux célestes activés, Chu Feng ne parvint pas à déceler la moindre trace du fruit doré. De plus, rien n’avait changé autour de lui. On aurait dit que le monde infernal sans limites où il se trouvait était lui aussi bien réel.
« Ça tourne mal », dit Chu Feng en fronçant les sourcils. Une rare trace de panique apparut dans ses yeux.