Chapitre 3 529
« Il y a anguille sous roche avec ce compas ! »
La foule comprit que c’était le compas qui avait aspiré le pouvoir spirituel de Chu Feng.
Tout cela faisait partie du complot de Kong Tianhui.
« Ça sent mauvais », s’inquiéta une partie de la foule pour Chu Feng.
Après tout, ils savaient que Chu Feng n’avait en réalité pas atteint le Royaume exalté. S’il avait pu tenir tête à Linghu Hongfei, c’était uniquement grâce à ses techniques spirituelles.
À présent que son pouvoir spirituel était scellé, il ne pouvait plus libérer sa puissance de combat.
Non, il lui restait une chance. Chu Feng avait toujours son Esprit du Monde.
La plus grande force de Chu Feng ne résidait pas dans ses techniques spirituelles, mais dans son Esprit du Monde.
À l’époque, c’était précisément cet Esprit du Monde qui avait tenu tête à Linghu Hongfei.
Mais au moment où la foule crut que Chu Feng avait encore une chance de renverser la situation, Kong Tianhui prit soudain la parole : « Vous ne vous en rendre compte que maintenant ? Il est déjà trop tard. »
« Mon compas est spécialement conçu pour neutraliser les Esprits du Monde. Chu Feng ne peut ni utiliser ses techniques spirituelles ni ouvrir sa Porte du Monde spirituel. »
« Je sais très bien que si Chu Feng a décroché la première place lors de la sélection des Décastars martiaux ancestraux, c’est grâce à son Esprit du Monde Asura. »
« En effet, cet Esprit du Monde est très puissant, et je ne fais pas le poids face à elle. »
« C’est justement pour cette raison que je t’ai fait combattre au sommet de ce compas. »
« Chu Feng, comprends-tu maintenant pourquoi je t’ai dit que tu avais perdu dès que tu avais posé le pied sur ce compas ? »
« Je reconnais que tu as du talent. Malheureusement, tu manques de jugeote. » Kong Tianhui le dévisagea, les yeux emplis de suffisance.
« Jeune maître Kong, si vous procédez ainsi, vous remporterez ce duel de manière déloyale », lança le chef du Clan céleste Chu, visiblement furieux. Il s’était jusque-là montré très courtois envers Kong Tianhui, mais son ton avait perdu toute amabilité.
Après tout, Kong Tianhui complotait contre Chu Feng, le membre de son clan qu’il préférait.
« Je me fiche de la manière de gagner. Que nous nous battions vraiment ou non, cela m’est bien égal. » Kong Tianhui afficha un air indifférent, ce qui le rendait particulièrement odieux.
La foule comprit alors que, malgré un talent plutôt convenable, Kong Tianhui était loin d’avoir une moralité irréprochable.
C’était un être effronté et abject, tout simplement. Et il poussait l’effronterie si loin que sa peau en était devenue particulièrement épaisse.
Kong Tianhui ne ressemblait en rien au génie de la Cité royale du Corps divin qu’ils s’étaient imaginé.
« Jeune maître Kong, même si vous battez le jeune Chu Feng grâce à ce compas, vous ne lui êtes pas réellement supérieur. Une fois que vous l’aurez quitté, vous ne pourrez pas le vaincre. Vous le savez très bien. Même si vous gagnez aujourd’hui, à quoi cela vous avancera-t-il ? Vous ne ferez que vous mentir à vous-même et tromper les autres », dit Tantai Yinjiang.
C’était d’ailleurs l’avis de la majorité des spectateurs.
Kong Tianhui n’en resta pas moins parfaitement indifférent. « Je serai satisfait du moment que je vaincs ce Chu Feng. »
La foule se sentit impuissante devant son attitude. Comme le dit le proverbe, on ne peut rien contre les sans-honte. Kong Tianhui dépassait vraiment toutes les limites.
Dans ces circonstances, les spectateurs se mirent à regarder Chu Feng avec compassion, voire avec peine.
Si Chu Feng ne faisait vraiment pas le poids face à Kong Tianhui, il n’y avait rien à redire s’il perdait.
Mais s’il devait être vaincu de cette façon, ce serait vraiment trop injuste.
« Hahaha… »
À la surprise générale, Chu Feng éclata soudain de rire.
« Qu’est-ce qui te fait rire ? » demanda Kong Tianhui.
« Jeune maître Kong, je vous prie de m’excuser », répondit Chu Feng.
« Quoi ? » Kong Tianhui le regarda, perplexe.
« Ce que j’ai fait tout à l’heure était intentionnel », expliqua Chu Feng.
« Intentionnel ? Qu’est-ce que tu racontes ? » Kong Tianhui n’y comprenait plus rien.
Kong Tianhui n’était pas le seul à être perplexe. Les autres spectateurs ne comprenaient pas davantage ses paroles.
« Tu ne comprends pas ? Ce n’est pas grave. Tu vas bientôt comprendre. »
Chu Feng esquissa un sourire étrange. Puis son corps bougea et il décocha un coup de poing fulgurant.
La puissance martiale déferla comme une marée. Boum ! Pris au dépourvu, Kong Tianhui fut projeté à plusieurs milliers de mètres du compas.
« Cette aura… »
« Il est au premier rang du Royaume exalté ! »
À cet instant, les gens du Grand Royaume supérieur des Mille Mondes et du Clan céleste Chu n’étaient pas les seuls à être stupéfaits : les différentes puissances venues présenter leurs félicitations l’étaient tout autant.
Mais le plus surpris de tous fut sans conteste Kong Tianhui.
« Comment est-ce possible ? Ta cultivation… n’était-elle pas censée être celle d’un Immortel martial ? »
Kong Tianhui se tenait dans le ciel au loin, le visage stupéfait, et regardait Chu Feng.
« En effet, ma cultivation était celle d’un Immortel martial lorsque je me trouvais dans le Royaume supérieur des Neuf Dragons. »
« Pour être exact, j’étais un Immortel martial de rang sept. Mais pourquoi n’aurais-je pas pu progresser ? » demanda Chu Feng.
« Quelles absurdités racontes-tu ? »
« Pour qui te prends-tu ? Tu crois que la cultivation progresse si facilement ? »
Kong Tianhui pâlit de colère.
Il ne croyait tout simplement pas que Chu Feng avait pu passer du rang sept des Immortels martiaux au premier rang du Royaume exalté en si peu de temps. C’était beaucoup trop rapide.
Il pensait donc que Chu Feng se moquait de lui. Voilà pourquoi il était si furieux.
À vrai dire, il n’était pas le seul à ne pas croire Chu Feng. Les autres non plus ne le croyaient pas.
Comme l’avait dit Kong Tianhu, il était presque impossible de franchir autant de paliers de cultivation en si peu de temps.
La foule se dit donc que Chu Feng avait peut-être dissimulé son niveau de cultivation depuis le début.
Mais tout cela n’avait désormais plus d’importance. Que Chu Feng eût dissimulé son niveau depuis longtemps ou qu’il eût enchaîné les percées par la suite, cela ne comptait plus.
L’essentiel, c’était que Chu Feng avait forcé Kong Tianhui à quitter le compas.
Le duel s’était achevé sur la victoire de Chu Feng.
Cette issue procura à la foule… une immense satisfaction !
« Chu Feng, tu es vraiment abject. Tu as caché ton niveau de cultivation ! » Kong Tianhui refusait de lâcher l’affaire et l’injuriait.
Chu Feng, lui, ne se mit pas en colère. Il haussa simplement les épaules d’un air impuissant. « Je n’y peux rien si tu ne me crois pas. »
Il avait l’air de dire : « Qu’est-ce que tu peux y faire ? »
En le voyant ainsi, Kong Tianhui entra dans une colère noire. Il venait de découvrir que Chu Feng semblait lui aussi particulièrement effronté.
« Je ne pensais pas que tu serais aussi sans vergogne. On dirait que je me suis trompé. » À ce stade, aussi furieux qu’il fût, Kong Tianhui n’avait d’autre choix que d’accepter la vérité. Il avait fini par perdre.
Il semblait toutefois avoir la peau bien plus épaisse que la foule ne l’avait imaginé. Après avoir soupiré, il éclata soudain de rire. « Cela dit, on peut tout au plus parler d’un match nul. Après tout, si j’ai utilisé ce compas, c’était précisément pour te ridiculiser. Et j’ai atteint mon but. »
« Un match nul ? »
« Tu ne te fais pas un peu des idées ? » rétorqua Chu Feng.
« Hé… Moi, me faire des idées ? Demande-toi plutôt ce que ça fait de se faire aspirer son pouvoir spirituel par le compas », lança Kong Tianhui d’un ton moqueur.
« Ce n’est pas grave. Je m’y étais préparé, après tout. Rien de sérieux », répondit Chu Feng.
« Tu t’y étais préparé ? Qu’est-ce que tu veux dire ? » Kong Tianhui le regarda, perplexe.
« Je veux dire que j’avais déjà compris que ton compas était suspect. J’ai délibérément libéré mon pouvoir spirituel pour qu’il l’absorbe », expliqua Chu Feng.
« Foutaises ! Ne cherche pas d’excuse pour justifier ta négligence. Tu crois qu’on est tous assez idiots pour gober tes mensonges ? » Non seulement Kong Tianhui avait l’air incrédule, mais il regardait Chu Feng comme s’il le prenait pour un imbécile. L’excuse qu’il avançait lui semblait vraiment trop simpliste.
Chu Feng répondit pourtant d’un ton indifférent : « Je n’ai pas besoin de trouver d’excuse. »
« Alors dis-moi, comment as-tu su que mon compas était suspect ? Et pourquoi as-tu décidé de jouer la comédie ? Donne-moi au moins une raison de te croire », exigea Kong Tianhui.
« C’est très simple. Si je ne l’avais pas fait, comment la foule aurait-elle appris que toi, jeune maître Kong, tu es aussi sans vergogne ? » Chu Feng esquissa soudain un sourire. Il était rusé et sournois.
« Fils de pute ! Tu as comploté contre moi ! » À cet instant, Kong Tianhui comprit enfin. Il était tombé dans le piège de Chu Feng.
« Je vais te faire la peau ! »
« Bzzzz… »
Soudain, un éclair fendit le ciel.
C’était Kong Tianhui. Fou de rage, il fonça droit sur Chu Feng, débordant d’intentions meurtrières.