Chapitre 3 431
Au-dessus d’un lac du Royaume supérieur des Neuf Dragons, un rayon doré jaillit soudain du ciel et vint se poser à la surface de l’eau.
En un clin d’œil, une lumière éclatante enveloppa toute la région.
Non seulement elle était éblouissante, mais elle dégageait aussi une aura sacrée. On aurait dit qu’une divinité venait de descendre en ces lieux.
Pourtant, la lumière faiblit rapidement après son apparition. Bientôt… la région retrouva son aspect habituel.
À cet instant, une silhouette se tenait sur le lac.
Cette personne n’était autre que Chu Feng.
Le Manteau sacré des Neuf Dragons l’avait emmené jusqu’ici.
Mais, à présent, le Manteau sacré des Neuf Dragons avait disparu de son corps.
Enfin, Chu Feng avait retrouvé sa liberté.
« La situation est vraiment mauvaise. J’ai fini par offenser ces deux aînés. »
« Dis-moi, Manteau sacré des Neuf Dragons, qu’est-ce que tu cherches au juste ? Tu essaies délibérément de me mettre en danger ? »
Chu Feng se sentit désemparé. Il savait aussi qu’en rejetant publiquement Grandmaster Liangqiu et Grandmaster Long Xuan, il leur avait fait perdre la face.
Ces deux aînés accordaient une grande importance à leur réputation.
Autrement, ils n’auraient pas transmis tant de fois leur voix à Chu Feng pour sonder ses intentions et savoir s’il accepterait leur invitation à devenir leur disciple.
Malheureusement, Chu Feng n’avait même pas pu parler. Il lui avait été impossible de les refuser directement, même s’il l’avait voulu.
Au bout du compte, sous le contrôle du Manteau sacré des Neuf Dragons, il avait placé les deux hommes dans une situation des plus embarrassantes.
« Tant pis. Puisque c’est fait, je trouverai un moyen de m’expliquer auprès des deux aînés à mon retour. »
Chu Feng secoua la tête, impuissant, puis baissa les yeux vers sa paume.
« Où est l’empreinte ? »
Mais, en la regardant, il changea radicalement d’expression.
Chu Feng se souvenait parfaitement que, dans ce rêve, le Roi immortel spiritualiste du Monde avait laissé une empreinte ancienne sur sa paume.
Le Roi immortel spiritualiste du Monde lui avait dit que cette empreinte lui permettrait d’entrer dans la Résidence sacrée des Sept Royaumes, sans que personne ose l’en empêcher.
Chu Feng avait pensé qu’une fois devenu plus puissant, il pourrait se servir de l’empreinte pour pénétrer dans la Résidence sacrée des Sept Royaumes et sauver sa mère.
Mais… pourquoi l’empreinte avait-elle soudain disparu ?
Chu Feng mit en œuvre toutes sortes de capacités pour examiner sa paume. Pourtant, même en recourant à ses yeux célestes, il ne parvint pas à retrouver l’empreinte.
C’était comme si elle avait complètement disparu de sa paume.
« Que se passe-t-il ? »
« Se pourrait-il… que ce n’ait été qu’un rêve ? »
Chu Feng fronça les sourcils et se mit à réfléchir.
« Ouh… »
Soudain, son visage se crispa de douleur. Celle-ci ne fit que s’intensifier.
Chu Feng se serra la poitrine et s’accroupit à moitié.
« Bon sang ! Cette sensation… serait-ce un contrecoup ? »
« Comme je le pensais, le pouvoir de ces flammes noires ne s’obtient pas si facilement. »
Chu Feng comprit bientôt que la douleur soudaine, qui avait jailli de sa poitrine avant d’envahir rapidement tout son corps, devait être le contrecoup des flammes noires.
Comprenant que la situation était grave, il sortit aussitôt trois pilules médicinales et les avala, puis libéra sa puissance spirituelle pour envelopper son corps.
Chu Feng tentait d’atténuer la violence du contrecoup.
Mais celui-ci se révéla bien plus terrifiant qu’il ne l’avait imaginé.
Chu Feng constata bientôt que sa puissance spirituelle commençait à se dissiper. C’était comme si sa force mentale avait été scellée, l’empêchant d’entrer en contact avec elle.
« Ce contrecoup scelle vraiment ma puissance spirituelle ? »
« Ouh… »
Le contrecoup s’intensifia encore. Chu Feng finit par ne plus pouvoir lui résister et perdit connaissance.
Dans un grand plouf, Chu Feng, qui flottait à la surface du lac, tomba dans l’eau.
Même inconscient, il continuait de souffrir du contrecoup.
Comme prisonnier d’un cauchemar, Chu Feng continuait d’être torturé par le contrecoup.
Dans cet état, il oublia le passage du temps, oublia tout. Il ne sentait plus que cette douleur incessante qui s’abattait sur lui.
Il avait l’impression d’être tombé en enfer, sans pouvoir s’en libérer.
On ignorait combien de temps s’écoula avant que la douleur du contrecoup ne commence à s’estomper. À mesure qu’elle diminuait, Chu Feng reprit peu à peu conscience.
Enfin, il ouvrit les yeux.
« Qui êtes-vous ? »
Mais, en ouvrant les yeux, Chu Feng découvrit qu’il était allongé par terre.
Plus important encore, une femme se tenait devant lui. Elle le fixait de très près.
Après avoir été torturé par le contrecoup, Chu Feng fut stupéfait de voir, dès son réveil, un visage immense juste devant lui.
Il se redressa aussitôt par réflexe et dévisagea la femme d’un air méfiant.
« Pourquoi as-tu crié comme ça ? Tu m’as fait peur, tu sais ! »
Le cri de Chu Feng avait apparemment effrayé la femme. Elle s’envola aussitôt dans les airs pour se mettre à l’abri, puis se retourna et le foudroya du regard.
« Hé, je t’ai seulement tiré de l’eau après t’avoir trouvé à flotter à la surface du lac, sans respirer. Tu ne crois pas que j’essayais de te faire du mal, quand même ? »
« Si tu ne me crois pas, vérifie par toi-même. Je n’ai touché à aucune de tes affaires », dit la femme.
Chu Feng examina alors les alentours. Il se trouvait sur la rive du lac dans lequel il était tombé un peu plus tôt.
Ce que disait la femme devait être vrai. Elle ne l’avait pas trompé.
Chu Feng se mit donc à examiner attentivement la jeune femme.
Elle ne l’avait certes pas sauvé, mais elle l’avait tiré de l’eau et n’avait pas volé son Sac cosmique. Cela signifiait qu’elle avait réellement voulu l’aider et qu’elle n’était pas une mauvaise personne.
« Cette fille… ? »
Après l’avoir observée de près, Chu Feng eut le regard troublé.