Chapitre 3 412
Grâce aux efforts de Linghu Hongfei, les flammes noires qui l’entouraient avaient déjà subi une transformation fondamentale. Il assimilait donc très rapidement les flammes noires gazeuses. Sans cela, il n’aurait pas réussi à en conquérir autant.
Pourtant, malgré tous ses efforts, Linghu Hongfei assimilait toujours les flammes noires moins vite que Chu Feng.
Linghu Hongfei avait beau être un spiritualiste du Monde au Manteau exalté à Marque de dragon, tandis que Chu Feng n’était qu’un spiritualiste du Monde au Manteau exalté à marque de serpent, il ne parvenait pas à le rattraper. Au contraire, l’écart entre eux ne cessait de se creuser.
À l’extérieur de la Formation spirituelle, Linghu Yuhua demanda au Grand maître Liangqiu, l’air perplexe : « Grand maître Liangqiu, comment se fait-il que Hongfei, qui est un spiritualiste du Monde au Manteau exalté à Marque de dragon, assimile les flammes moins vite que ce Chu Feng ? Se pourrait-il qu’il connaisse vraiment un secret que les autres ignorent ? »
« Chu Feng connaît effectivement quelques mystères concernant la grande formation. Toutefois, ce qu’il sait ne devrait pas avoir de rapport avec sa puissance. S’il assimile les flammes bien plus vite, c’est probablement grâce aux épées de Formation spirituelle. »
« Ces épées sont étroitement liées à cette puissance. Chu Feng ayant obtenu la reconnaissance de trois épées de Formation spirituelle, il est naturellement plus rapide que Linghu Hongfei, qui n’en a obtenu que deux », expliqua le Grand maître Liangqiu.
« Je vois. Voilà pourquoi », comprit soudain Linghu Yuhua en hochant la tête.
« Bzzz… »
À cet instant, Linghu Hongfei ouvrit brusquement les yeux. Une puissance spirituelle sans limites jaillit alors de son corps.
Elle était d’une puissance extraordinaire, au point d’en paraître étrange.
À cet instant, cette puissance spirituelle, aussi puissante qu’étrange, se rua vers Chu Feng telle une immense armée. En un instant, elle l’engloutit.
Une fois Chu Feng submergé, Linghu Hongfei se mit à lui dérober les flammes noires qu’il avait assimilées.
« Il a vraiment utilisé un trésor pour s’emparer de la puissance que Chu Feng a assimilée ! » En voyant cela, le Grand maître Liangqiu se rembrunit de colère. Puis il se tourna vers Linghu Yuhua. « Linghu Yuhua, qu’un jeune de votre clan agisse ainsi, est-ce digne d’un homme honorable ? »
« Je suis seulement chargée de le protéger. Ce qu’il fait relève de sa décision ; je n’y peux rien », répondit Linghu Yuhua, impuissante. En tant que spectatrice, elle avait évidemment remarqué ce qui se passait.
Il était clair que Linghu Yuhua désapprouvait elle aussi l’attitude de Linghu Hongfei.
Quant à Chu Feng, comment aurait-il pu ne pas sentir qu’on lui arrachait de force les flammes noires gazeuses qu’il avait eu tant de mal à assimiler ?
Il ouvrit les yeux et regarda Linghu Hongfei. « Frère Linghu, tu ne trouves pas que tu dépasses les bornes ? »
« Frère Chu Feng, je ne vois pas de quoi tu parles », répondit Linghu Hongfei, l’air perplexe.
À ces mots, Chu Feng éclata de rire.
Il avait compris. Linghu Hongfei était le plus grand génie du Champ d’étoiles des Arts martiaux ancestraux et possédait un talent exceptionnel, aussi bien en cultivation martiale qu’en techniques d’Esprit du Monde, digne de son titre. Mais il n’avait rien d’un homme droit et honorable. C’était un hypocrite de la tête aux pieds.
Son air affable n’était qu’un masque.
Le véritable Linghu Hongfei était celui qu’il avait sous les yeux.
Face à cet être méprisable et éhonté, Chu Feng n’avait aucune envie de lui répondre.
À cet instant, tout le monde assimilait les flammes noires gazeuses et souffrait le martyre.
Personne ne remarquerait la conduite de Linghu Hongfei. En fait, personne n’était probablement même en mesure d’entendre leur conversation.
Sans témoin pour le soutenir, à quoi bon se disputer avec un individu aussi éhonté ?
Chu Feng allait-il donc devoir supplier Linghu Hongfei de cesser de lui voler la puissance qu’il avait assimilée ?
C’était absurde.
Chu Feng décida donc de ne pas tenir compte de Linghu Hongfei et de le laisser continuer à lui dérober les flammes noires qu’il assimilait. Il poursuivit lui-même son assimilation et le laissa en prendre autant qu’il le voulait.
À l’extérieur de la grande formation, Linghu Yuhua déclara : « On dirait que Chu Feng a renoncé. »
« Linghu Hongfei lui a arraché de force le fruit de ses efforts grâce à ce trésor. Toi et moi savons tous deux à quel point il est puissant. À part se plier à ses exigences, que peut faire Chu Feng ? Il pourrait résister à Linghu Hongfei, peut-être ? » Le Grand maître Liangqiu était furieux.
Après tout, il estimait beaucoup Chu Feng et voulait en faire son disciple.
Voir quelqu’un qu’il appréciait tant subir une telle injustice, comment aurait-il pu ne pas être furieux ?
« En effet, c’est profondément injuste pour le descendant de Chu Xuanyuan. »
« Cependant, le monde de la cultivation martiale a toujours fonctionné ainsi. Les faibles sont la proie des forts. Il est encore plus cruel que le monde animal. Seuls les plus aptes survivent ; les autres sont éliminés », dit Linghu Yuhua.
Le Grand maître Liangqiu ne contesta pas ses paroles. Elles étaient excessives, mais pas dénuées de vérité.
En effet, le monde des cultivateurs martiaux avait toujours été régi par la loi du plus fort.
C’était comme les herbivores de la forêt, qui finissaient dans l’estomac des carnivores. N’étaient-ils pas victimes d’une injustice ? Ne se sentaient-ils pas lésés ?
Pourtant, pouvait-on dire que les carnivores avaient tort d’agir ainsi ?
À bien y réfléchir, leurs actes étaient certes condamnables. Sans aucun conflit entre eux, comment pouvaient-ils, pour assurer leur propre survie, ruiner la vie d’autres animaux ? Même les cieux ne toléreraient pas un tel comportement.
Mais s’ils ne le faisaient pas, c’étaient eux qui finiraient par mourir.
Comme le disait le proverbe : « Si l’on ne veille pas sur soi-même, le monde entier vous précipitera à votre perte. » Cela valait pour les animaux comme pour toutes les autres créatures vivantes.
Tous les êtres vivants avaient leur part d’égoïsme.
La justice n’existait pas en ce monde. Pour l’obtenir, il fallait avoir les poings plus durs que les autres. Sinon… on n’était pas en droit d’en parler, et personne n’aurait pitié de soi.
À cet instant, dans la grande formation, beaucoup s’étaient évanouis, incapables de supporter le supplice des flammes noires.
À part Chu Feng et Linghu Hongfei, seules Linghu Yueyue, Wuma Shengjie, Tantai Xing’er et les sœurs Liangqiu tenaient encore bon.
C’était particulièrement vrai de Linghu Hongfei. Non seulement il assimilait les flammes noires gazeuses, mais il dérobait aussi celles que Chu Feng avait assimilées. Il avait donc déjà accaparé la majeure partie des flammes noires présentes.
La quantité de flammes noires gazeuses diminuait peu à peu. L’épreuve touchait donc bientôt à sa fin.
Quant au vainqueur final, ce serait naturellement Linghu Hongfei.