Chapitre 3 358
« Seigneur, je possède des preuves. »
Celle qui venait de parler était Chu Yue.
« Pourquoi est-ce elle ? »
En découvrant que Chu Yue avait pris la parole, tous les membres du Clan céleste Chu furent très surpris.
Chu Feng lui-même n’aurait jamais imaginé que Chu Yue prendrait sa défense dans un moment pareil.
« Chu Yue, quelles sottises racontes-tu ?! »
Un cri furieux retentit. C’était Chu Hanqing.
Chu Hanqing fixait Chu Yue d’un regard furieux. Il la menaçait.
Il lui faisait comprendre qu’elle devait se taire.
Face à un Chu Hanqing pareil, prétendre que Chu Yue n’avait pas peur aurait été un mensonge. Pourtant, après un moment d’hésitation, elle prit tout de même la parole.
« Seigneur, je possède des preuves », répéta Chu Yue.
À cette vue, le regard de Chu Hanqing se fit impitoyable.
En agissant ainsi, Chu Yue se faisait tout simplement un ennemi de lui.
« Grande sœur Chu Yue, laisse tomber. Tu ne devrais pas te mêler de cette affaire », dit soudain Chu Feng.
Il savait parfaitement ce que Chu Yue comptait dire. Mais ses paroles ne serviraient à rien. Elle ne pourrait pas l’aider. Si elle s’obstinait, elle ne ferait que s’attirer des ennuis.
Chu Feng ne voulait pas la compromettre.
Lui-même ignorait qui s’était fait passer pour lui. Il ne possédait pas non plus la moindre preuve de son innocence.
Il voulait seulement se servir du statut et de l’identité de Wuming Fenghuo pour faire pression sur Chu Hanqing et ses complices, afin d’avoir le temps de découvrir la vérité.
Il voulait simplement prouver publiquement qu’il était accusé à tort.
Il voulait enquêter ouvertement sur la vérité et laver son nom.
Il n’avait pas prévu de compter sur les autres pour laver son nom.
« Petit frère Chu Feng, je dois parler de cette affaire. Sinon, ma conscience ne me le pardonnera pas. » Après ces mots, Chu Yue se tourna de nouveau vers Wuming Fenghuo. « Seigneur, je possède bel et bien des preuves. »
« De quelles preuves disposez-vous ? » demanda Wuming Fenghuo.
« Je suis la preuve. »
« Le jour où le seigneur chef de clan a été empoisonné, petit frère Chu Feng se trouvait dans son palais résidentiel. Ainsi… ce n’est tout simplement pas lui qui a empoisonné le seigneur chef de clan. Quelqu’un s’est fait passer pour lui », déclara Chu Yue.
« Oh ? C’est donc ce qui s’est passé ? » L’expression de Wuming Fenghuo changea légèrement.
« Chu Yue, ce que tu dis est vrai ? » Chu Xuanzhengfa afficha un air réjoui. Il avait toujours voulu rendre justice à Chu Feng, mais ne savait pas par où commencer.
L’intervention de Chu Yue lui ouvrait une piste pour enquêter. Si quelqu’un pouvait prouver que Chu Feng n’était pas présent, ils pourraient établir que celui qui avait empoisonné leur seigneur chef de clan était un imposteur.
« Chu Yue, tu racontes vraiment n’importe quoi ! Quel avantage Chu Feng t’a-t-il offert pour que tu le défendes avec de pareils mensonges ?! » Avant même que Chu Yue ait pu répondre, Chu Hanqing prit la parole, furieux. Il venait de conclure sans hésiter qu’elle mentait.
« Seigneur, tout ce que j’ai dit est vrai. »
« C’est la vérité. Je peux le prouver, et eux aussi. Ils m’ont accompagnée lorsque je suis allée rendre visite à petit frère Chu Feng. »
Chu Yue commença à citer les noms des jeunes qui l’avaient accompagnée ce jour-là pour rendre visite à Chu Feng.
« Gardes ! » cria Chu Xuanzhengfa. Il comptait ordonner à ses hommes d’amener tous ces jeunes.
« Gardes ! Allez chercher ces gens et amenez-les ici ! Nous allons voir s’ils racontent la même chose que toi ! »
Mais Chu Hanqing l’interrompit avant qu’il ait pu achever son ordre.
À cette vue, Chu Xuanzhengfa fronça les sourcils, puis ordonna : « Salle d’application des lois, accompagnez-les. »
Il craignait que les hommes de Chu Hanqing ne menacent ces gens. C’était pourquoi il ordonna à ses propres hommes d’accompagner ceux de Chu Hanqing.
Chu Hanqing accueillit toutefois cette initiative d’un ricanement froid.
Peu après, les subordonnés de Chu Hanqing et les membres de la Salle d’application des lois amenèrent sur la place tous les jeunes qui avaient accompagné Chu Yue lors de sa visite à Chu Feng.
« Dites la vérité, sans vous sentir sous pression. Le seigneur Wuming Fenghuo est ici : personne n’osera vous créer des ennuis », leur rappela Chu Xuanzhengfa, craignant qu’ils n’aient peur.
« Seigneur, je dis la vérité. Ce jour-là, j’étais chez moi, en pleine cultivation en retraite. Je ne suis absolument pas allé rendre visite à Chu Feng. »
« Quoi ? » À ces mots, l’expression de Chu Yue changea radicalement, tout comme celle de Chu Xuanzhengfa.
À la suite de cette personne, les autres jeunes prirent eux aussi la parole.
« Chu Yue, ce que tu racontes ne s’est jamais produit. Même si tu veux protéger Chu Feng, tu ne devrais pas m’impliquer là-dedans. »
« C’est vrai. Chu Yue, nous sommes tous du même clan. Comment as-tu pu nous faire ça ? »
D’une seule voix, ils nièrent tous avec sérieux ce qui s’était passé ce jour-là.
« Vous… vous… »
Chu Yue pâlit à vue d’œil. Elle ne s’était pas attendue à ce qu’ils nient les événements de ce jour-là.
Chu Feng, lui, s’y était déjà attendu. Il savait parfaitement qu’ils ne l’aideraient pas, car ils avaient peur de Chu Hanqing.
C’était aussi pour cette raison qu’il avait tenté dès le début d’empêcher Chu Yue de révéler la vérité.
Quant à Chu Xuanzhengfa, il était déconcerté.
Il avait observé attentivement ces gens, étudiant leurs expressions et leurs gestes de peur qu’ils ne mentent.
Pourtant, d’après ce qu’il voyait, leur comportement n’avait rien d’anormal. Cela signifiait qu’ils ne mentaient pas et disaient la vérité.
Mais s’ils disaient la vérité, cela ne voulait-il pas dire que Chu Yue était celle qui mentait ?
À cet instant, Chu Xuanzhengfa était quelque peu perplexe.
En voyant son air déconcerté, Chu Hanqing et ses complices ricanèrent intérieurement.
C’était Chu Hanqing lui-même qui avait capturé Chu Feng dans son palais résidentiel ce jour-là. Comment aurait-il pu ignorer que des gens étaient présents et pouvaient prouver l’innocence de Chu Feng ?
Pour empêcher ces gens de témoigner en faveur de Chu Feng, Chu Hanqing avait choisi de ne pas les faire taire. Il les avait plutôt menacés et soudoyés. Il les avait tous retrouvés et leur avait fait accorder leurs violons.
La seule qu’il n’avait pas pris la peine de contacter était Chu Yue. Il pensait qu’elle n’oserait pas aborder le sujet.
Après tout, Chu Yue avait trahi Chu Feng par intérêt personnel. Elle n’oserait donc naturellement pas se faire de lui un ennemi. De plus, la mère de Chu Yue appartenait à la Salle d’application des lois. Chu Hanqing avait donc décidé de ne pas s’occuper d’elle.
Pourtant, il avait mal calculé. Il ne s’était pas attendu à ce que Chu Yue tente réellement de rendre justice à Chu Feng.
Mais même s’il s’était trompé sur ce point, cela n’avait aucune importance. Tous les autres étaient unis et reprenaient ses paroles.
Chu Hanqing avait déjà fait avaler du poison à ces jeunes. Ils n’osaient donc tout simplement pas lui désobéir.
De plus, il ne s’était pas contenté de leur faire avaler du poison : il leur avait aussi administré une sorte de pilule médicinale spéciale. Celle-ci leur permettait de maîtriser leurs émotions et de mentir sans que cela se voie.
C’était aussi pour cette raison que Chu Xuanzhengfa, et même Wuming Fenghuo, ne pouvaient pas déceler leurs mensonges.
Chu Hanqing avait tout prévu.
« Chu Yue, qu’as-tu à dire pour ta défense ?! » demanda Chu Hanqing avec colère.
Chu Yue était livide. Elle ne savait pas comment se justifier. Ce qu’elle avait dit était clairement la vérité, et pourtant, elle se sentait totalement impuissante.
« Pouf… »
Chu Yue s’effondra, paralysée, sur le sol. Elle semblait avoir reçu un choc immense.
En la voyant ainsi, Chu Hanqing et ses complices jubilaient.
Voilà ce qui arrivait lorsqu’on s’opposait à eux.
« Je peux témoigner en faveur de Chu Feng. »
À cet instant précis, une autre voix retentit.
En l’entendant, le cœur de toute l’assemblée se serra. Cette voix ressemblait presque trait pour trait à celle de Chu Feng, et pourtant, elle venait de l’extérieur de la place.
La foule se tourna vers la voix. Aussitôt, les visages se remplirent de stupeur.
Nombreux furent ceux qui regardèrent tour à tour Chu Feng et le nouvel arrivant.
Mais la surprise de la foule n’était rien à côté de la tension de Chu Hanqing et de ses complices.
Leur assurance s’évanouit aussitôt, remplacée par une panique totale.
Certains d’entre eux se mirent immédiatement à suer à grosses gouttes et à trembler de peur.
Car le nouvel arrivant était identique à Chu Feng.
Chu Hanqing et ses complices savaient parfaitement que c’était lui qui s’était fait passer pour Chu Feng et avait empoisonné leur seigneur chef de clan.