Chapitre 3 271
Soudain, Chu Feng tourna les yeux vers le Clan des Bêtes célestes et le Clan des Esprits cauchemardesques.
Son regard était parfaitement calme. Pourtant, aux yeux des membres de ces deux clans, il n’avait rien de serein.
Dès qu’ils sentirent le regard de Chu Feng sur eux, leur cœur se serra. Les membres du Clan des Bêtes célestes, malgré leur taille gigantesque, se mirent à trembler.
Ils frissonnaient de peur. Ils avaient peur. Au fond d’eux-mêmes, ils redoutaient Chu Feng.
Leur réaction était tout à fait naturelle. Même le Clan céleste Linghu avait été chassé du Royaume de cultivation des Arts martiaux ancestraux par Chu Feng ; comment auraient-ils pu ne pas le craindre ?
« Jeune héros Chu Feng, le Clan céleste Linghu nous a forcés à agir. Nous n’avons jamais vraiment voulu devenir vos ennemis. Ayez la bonté de nous pardonner. »
La situation étant ce qu’elle était, les membres du Clan des Esprits cauchemardesques, terrifiés, s’inclinèrent aussitôt avec respect devant Chu Feng et lui demandèrent publiquement pardon.
« Jeune héros Chu Feng, vous savez faire la part des choses. Vous devez bien comprendre que nous avons tous été forcés d’agir ainsi. »
Juste après, les membres du Clan des Bêtes célestes s’inclinèrent eux aussi devant Chu Feng.
À cette vue, la foule poussa des exclamations de stupeur.
Après tout, le Clan des Esprits cauchemardesques et le Clan des Bêtes célestes étaient tous deux de puissantes forces du Royaume de cultivation des Arts martiaux ancestraux.
Certes, la foule avait été stupéfaite par la scène, mais elle n’en était pas trop surprise.
Dans ces circonstances, qui aurait osé refuser de se soumettre à Chu Feng ?
« Jeune héros Chu Feng, à partir d’aujourd’hui, nos frères présents dans ce Royaume de cultivation des Arts martiaux ancestraux obéiront à vos ordres. »
« Nos frères sont également prêts à suivre les ordres du jeune héros Chu Feng. »
« Jeune héros Chu Feng, donnez-nous vos instructions. Il vous suffira d’un mot pour que nous gravissions des montagnes de lames et traversions des mers de flammes sans la moindre hésitation. »
À la suite de ces paroles, toutes les forces rassemblées sur place, à l’exception du Clan céleste Li et du Clan céleste Dongguo, se mirent à proclamer leur volonté de suivre Chu Feng.
Ceux que cette scène réjouissait le plus n’étaient autres que les membres du Clan céleste Chu.
Car ces êtres d’une puissance colossale, qu’ils redoutaient tant, ne se contentaient pas de proclamer leur volonté de servir Chu Feng : ils les regardaient aussi avec révérence.
Depuis qu’ils avaient quitté le Clan céleste Chu pour arriver dans le Royaume de cultivation des Arts martiaux ancestraux, les membres du clan avaient toujours été la cible des brimades, des humiliations et du mépris des autres. Ils avaient depuis longtemps oublié ce que c’était que d’être estimés et respectés.
Or, ils avaient retrouvé tout cela. Et ce n’était pas grâce aux forces du Grand Royaume supérieur des Mille Mondes, mais à des clans encore plus puissants que le leur.
À cet instant, tous les membres du Clan céleste Chu ne purent s’empêcher de tourner les yeux vers Chu Feng.
Leur regard était plein de gratitude.
Sans Chu Feng, ils n’auraient rien de ce qu’ils avaient à présent.
Eux seuls pouvaient comprendre ce qu’ils ressentaient à cet instant.
Submergés par l’émotion, certains membres du Clan céleste Chu se mirent à verser des larmes en silence.
Mais de tous, celui qui était le plus bouleversé n’était autre que Chu Ping.
Chu Ping avait toujours agi avec prudence. C’était lui qui avait préconisé la retenue, de peur d’attirer des ennuis à leur clan.
Pourtant, après avoir vu de ses propres yeux Chu Feng, seul et fort de son immense puissance, chasser le Clan céleste Linghu et pousser toutes les forces présentes à proclamer leur volonté de servir le Clan céleste Chu, Chu Ping comprit soudain que sa façon de penser avait été erronée et que Chu Feng avait vu juste.
Chu Ping comprit que, dans le monde des cultivateurs martiaux, la force faisait véritablement loi.
On pouvait bien se laisser humilier et maltraiter sans broncher, personne n’éprouverait de pitié pour soi. Au contraire, on vous trouverait méprisable et on vous regarderait de haut. Certains iraient même jusqu’à participer aux brimades et aux humiliations.
Mais dès lors qu’on devenait puissant, même si l’on se montrait grossier et déraisonnable, même si l’on était tyrannique et autoritaire, les gens vous craignaient et vous respectaient. Et ceux qui vous entouraient bénéficiaient du même respect.
Cela dit, tandis que les membres du Clan céleste Chu goûtaient à une joie extatique, Chu Feng, lui, ne manifesta pas un grand enthousiasme.
Il savait en effet qu’il avait désormais fait du Clan céleste Linghu son ennemi juré.
Pour autant, il ne regrettait pas sa décision. Si l’on n’avait pas le courage de défier les puissants, on resterait éternellement piétiné par eux, incapable de s’en libérer de toute sa vie.
……
Pendant ce temps, à l’extérieur du Royaume de cultivation des Arts martiaux ancestraux, un grand tumulte éclata dans la capitale du Clan céleste Linghu.
Linghu Tiemian et les autres membres du Clan céleste Linghu rentrèrent presque tous en même temps dans la capitale. Leurs visages étaient livides, comme s’ils avaient été grièvement blessés.
À cette vue, les membres du Clan céleste Linghu comprirent que les jeunes de leur clan avaient dû subir un revers dans le Royaume de cultivation des Arts martiaux ancestraux.
À présent, Linghu Tiemian et les autres avaient tous été entièrement guéris. On les avait en outre conduits dans la même salle du palais.
Plusieurs vieillards se tenaient dans la salle. Chacun dégageait une aura d’immortel et imposait le respect.
Ils ressemblaient à des immortels descendus dans le monde des mortels. Au premier regard, on voyait qu’ils n’étaient pas des hommes ordinaires.
Pourtant, ils arboraient tous un air grave.
La position dont jouissait le Clan céleste Linghu dans le Royaume de cultivation des Arts martiaux ancestraux était connue de tous. Personne n’osait lui manquer de respect.
Quant aux jeunes de leur clan, ils s’étaient montrés à la hauteur des attentes. Depuis plusieurs centaines d’années, ils régnaient sans partage sur le Royaume de cultivation des Arts martiaux ancestraux.
Or, les jeunes du Clan céleste Linghu qui se trouvaient dans le royaume en avaient tous été chassés.
Ce n’était pas seulement un échec pour ces jeunes du Clan céleste Linghu : cela signifiait aussi que quelqu’un défiait leur clan.
« Tiemian, que s’est-il passé au juste ? » demanda l’un des vieillards.
« Monseigneur, Mingye… est-elle rentrée ? » Au lieu de répondre, Linghu Tiemian posa sa propre question.
Il était extrêmement inquiet pour Linghu Mingye. Même s’il savait qu’elle devait être encore en vie et qu’elle avait dû rentrer au Clan céleste Linghu, il ne pouvait s’empêcher de vouloir s’en assurer.
« Mingye est rentrée. Elle était dans un état psychologique désastreux. Il est probable qu’elle ait subi des tortures inhumaines. »
« Pourtant, malgré toutes nos questions, elle n’a pas voulu prononcer un mot. On aurait dit qu’elle refusait de parler de ce qui lui était arrivé », dit un vieillard.
« Bon sang ! » En entendant ces paroles, Linghu Tiemian serra les poings. Il savait que si Linghu Mingye réagissait ainsi, c’était forcément parce qu’elle avait subi les tortures de Chu Feng.
« Tiemian, dis-nous : qui a fait ça ? Est-ce la même personne qui vous a tous chassés du Royaume de cultivation des Arts martiaux ancestraux ? » demanda l’Ancien du Clan céleste Linghu.
« Oui, c’est la même personne », répondit Linghu Tiemian.
À ces mots, les Anciens ne changèrent pas d’expression, mais leur regard se fit légèrement différent.
Une seule personne avait donc réussi à chasser tous les génies de leur Clan céleste Linghu du Royaume de cultivation des Arts martiaux ancestraux.
Il était évident que celui qui avait fait cela n’était pas un adversaire ordinaire.
« Qui était-ce ? » demandèrent les Anciens d’une seule voix.
« Le fils de Chu Xuanyuan », répondit Linghu Tiemian.
« Quoi ?! »
À cette réponse, les Anciens, qui jouissaient d’un statut éminent, changèrent radicalement d’expression.