Chapitre 3 221
Les paroles de Li Anzhi tirèrent de leur torpeur tous ceux qui se trouvaient là. La foule fut aussitôt en proie à la panique.
Ils ne s’étaient vraiment pas attendus à ce qu’après avoir surmonté tant d’épreuves pour entrer dans la Formation de Lumière de l’Esprit sacré, ils ne puissent toujours pas s’entraîner en toute tranquillité.
« En effet, tout dépend de qui revient sur sa parole. »
« Dans ce Royaume de cultivation des Arts martiaux ancestraux, si c’est nous qui revenons sur notre parole, les membres du Clan céleste Linghu pourront parfaitement nous le faire payer. Après tout, ils en ont les moyens. »
« Mais si ce sont les membres du Clan céleste Linghu qui décident de revenir sur leur parole, que pourrions-nous bien leur faire ? »
« Croyez-vous vraiment que les membres du Clan céleste Linghu se soucieront de leur honneur ou de leur réputation ? »
« S’ils y attachaient vraiment de l’importance, ils n’auraient pas essayé de nous empêcher d’entrer dans la Formation de Lumière de l’Esprit sacré comme ils l’ont fait tout à l’heure », déclara Li Anzhi.
« Jeune maître Li, d’après vous, le Clan céleste Linghu va donc forcément nous chercher des ennuis ? »
« Que pouvons-nous faire ? »
« Si c’est une bénédiction, ce ne sera pas un malheur. Si c’est un malheur, nul ne peut y échapper », répondit Li Anzhi.
Les paroles de Li Anzhi firent comprendre à la foule dans quelle situation elle se trouvait. Il leur disait de se préparer à affronter le Clan céleste Linghu.
Pourtant, il était évident que personne n’osait se mesurer au Clan céleste Linghu.
Affolé, quelqu’un se tourna vers Chu Feng et lui demanda : « Jeune Maître Chu Feng, avez-vous une idée de ce que nous pouvons faire ? » Dès qu’il l’interrogea, tous les regards convergèrent vers Chu Feng.
La raison en était que, à leurs yeux, Chu Feng était le seul à pouvoir les aider à cet instant.
Après tout, c’était Chu Feng qui avait invoqué la Formation de Lumière de l’Esprit sacré et franchi les formations de foudre du Clan céleste Linghu pour les mener jusqu’ici.
De plus, Chu Feng était aussi le plus puissant d’entre eux.
Avec sa cultivation du neuvième rang du niveau Immortel céleste, Chu Feng pouvait dominer une multitude de héros.
Même si le Clan céleste Linghu comptait parmi ses nouveaux venus des experts extraordinaires, la foule estimait qu’ils n’étaient pas forcément plus puissants que Chu Feng.
Autrement dit, elle pensait que Chu Feng pouvait la protéger.
Ainsi, tous estimaient qu’ils pourraient traverser cette crise sans encombre si Chu Feng acceptait de les aider.
Quant à Chu Feng, il ne prêtait pas attention aux conversations de la foule. Il savait déjà si le Clan céleste Linghu allait s’en prendre à eux ou non. Il en était certain : cela arriverait forcément.
Aussi, après avoir pénétré dans la Formation de Lumière de l’Esprit sacré, il se concentra sur lui-même.
Il avait remarqué un léger changement dans son corps. Une sorte de pouvoir particulier y était apparue, et elle était déjà en train de se transformer.
Ce pouvoir était lié à la Bête sacrée de l’Esprit.
Après que Chu Feng eut vaincu la Bête sacrée de l’Esprit, son corps s’était brisé en morceaux et avait donné naissance à d’innombrables lumières qui s’étaient précipitées vers lui.
Ces lumières étaient extrêmement étranges. Chu Feng avait essayé diverses méthodes, mais rien n’avait pu les arrêter.
Finalement, il n’avait pu que regarder, impuissant, les lumières s’approcher du dragon écarlate. À son contact, elles étaient parvenues à le détruire de force, puis avaient pénétré dans le corps de Chu Feng.
Heureusement, malgré leur étrangeté, ces lumières n’étaient pas destructrices. Elles semblaient ne s’en prendre qu’au dragon écarlate et n’avaient fait aucun mal à Chu Feng.
À l’époque, Chu Feng s’était soigneusement examiné, mais n’avait rien remarqué de particulier. Il avait donc cessé de s’en préoccuper.
Il n’aurait jamais imaginé que son corps changerait réellement après son entrée dans la Formation de Lumière de l’Esprit sacré.
Ce changement était totalement invisible de l’extérieur. Pourtant, Chu Feng sentait qu’un pouvoir s’accumulait en lui : celui de la Bête sacrée de l’Esprit.
Bien qu’il fût lié à la Bête sacrée de l’Esprit, ce pouvoir n’avait rien à voir avec la formidable force destructrice de la créature.
Ce pouvoir n’avait rien de destructeur. Il servait uniquement de guide. Chu Feng sentait qu’une fois son accumulation achevée, il le guiderait vers quelque chose de bon.
Ce pouvoir pourrait bien lui permettre de saisir des occasions décisives et de traverser sans peine la Formation de Lumière de l’Esprit sacré.
« Est-ce la récompense pour avoir vaincu la Bête sacrée de l’Esprit ? »
Sentant le pouvoir se transformer en lui, Chu Feng sourit.
Mais la foule qui l’entourait fut complètement déconcertée en voyant son sourire.
Ils avaient déjà appelé Chu Feng une fois. Pourtant, non seulement il ne leur avait pas répondu, mais il s’était soudain mis à sourire.
Se pourrait-il… que Chu Feng soit devenu fou ?
Voyant l’étrange sourire sur son visage, une femme lui demanda d’un air inquiet : « Jeune Maître Chu Feng, est-ce que… est-ce que tout va bien ? »
Au même moment, Chu Qing et Chu Shuangshuang s’approchèrent de lui et l’interrogèrent avec inquiétude : « Petit frère Chu Feng, qu’est-ce qui ne va pas ? »
Dans la foule, Chu Qing et Chu Shuangshuang étaient sans conteste les deux personnes qui se souciaient le plus de Chu Feng.
« Tout le monde, veuillez garder le silence un instant. »
Tandis que la foule lui demandait s’il allait bien, Chu Feng leva soudain la main pour lui faire signe de se taire.
À cette vue, tous se turent aussitôt. Même s’ils ne parlaient plus, ils ne comprenaient toujours pas pourquoi Chu Feng agissait ainsi.
Seul Chu Feng savait qu’il devait se concentrer pleinement sur le changement qui se produisait en lui.
Le pouvoir qui devait le guider était à un moment crucial de sa formation. Chu Feng devait l’examiner avec la plus grande attention, sans laisser échapper le moindre détail. Le bruit ambiant risquait même de troubler sa concentration.
C’était pour cette raison qu’il avait demandé à la foule de se taire.
Peu après, le pouvoir acheva enfin de se former, et Chu Feng poussa un soupir de soulagement.
Chu Feng avait reçu une guidance qui lui serait d’une aide considérable dans la Formation de Lumière de l’Esprit sacré.
« De quoi parliez-vous tout à l’heure ? » demanda enfin Chu Feng en levant les yeux vers la foule.
« Jeune Maître Chu Feng, la situation est grave. Nous avons analysé les choses et conclu que le Clan céleste Linghu ne nous laissera certainement pas nous en tirer à si bon compte. » Voyant que Chu Feng était enfin revenu à lui, les membres de la foule se mirent à lui faire part de leurs inquiétudes.
« Est-il vraiment nécessaire d’analyser la situation ? Vu la façon dont agit le Clan céleste Linghu, il ne nous épargnera certainement pas. Personne n’y a pensé avant de décider de venir ici ? »
Face à la foule inquiète, Chu Feng ne manifesta pas la moindre préoccupation. Au contraire, leurs inquiétudes commençaient à l’agacer.
Chu Feng avait cru que les nouveaux venus autorisés à s’entraîner dans le Royaume de cultivation des Arts martiaux ancestraux seraient tous l’élite de la jeune génération de leurs clans respectifs.
Des gens comme eux auraient dû non seulement posséder un talent extraordinaire pour la cultivation martiale, mais aussi être plus perspicaces et doués que leurs pairs à bien d’autres égards.
Chu Feng pensait qu’ils comprendraient tous qu’on n’obtient rien sans effort.
Pourtant, à voir la réaction de la foule, il se rendit compte qu’ils ne comprenaient pas du tout ce principe.
Ils croyaient vraiment qu’une fois entrés dans la Formation de Lumière de l’Esprit sacré, ils pourraient profiter sans souci de ses ressources de cultivation ; ils s’imaginaient que le Clan céleste Linghu passerait l’éponge.
Ils se berçaient d’illusions. Non, ils ne faisaient pas que rêver : ils ne pensaient qu’à leur intérêt.
À vrai dire, Chu Feng commença à éprouver un certain mépris pour eux.
Après tout, ils ne devaient leur présence ici qu’à lui. Eux n’avaient rien fait.
Ils n’avaient fait que récolter les fruits de ses efforts.