Chapitre 3 219
« Bzzz~~~ »
Alors que les nouveaux arrivants se demandaient quoi faire, les innombrables éclairs au-dessous d’eux se mirent à jaillir violemment vers le haut.
Ils n’avaient rien à voir avec des éclairs ordinaires. On aurait plutôt dit une multitude de bêtes féroces affamées, impatientes de mettre leur proie en pièces.
Chu Feng et les autres étaient leurs proies.
« Bzzz~~~ »
Enfin, les innombrables éclairs fusèrent d’un seul coup. Animés d’une puissance meurtrière, ils se précipitèrent sur Chu Feng et les autres pour les tuer.
« Juste à temps. » À cet instant, Chu Feng porta son autre main vers le disque doré au-dessus de sa tête.
À son geste, le disque doré se mit à rayonner. Chu Feng projeta cette lumière vers le bas, où elle se transforma en un second disque doré.
La lumière dorée prit bel et bien la forme d’un autre disque. Celui-ci bloqua complètement le passage vers le bas et protégea Chu Feng et les autres des éclairs qui fonçaient sur eux.
« Boum~~~ »
« Boum, boum~~~ »
« Boum, boum, boum~~~ »
Des grondements assourdissants retentirent à plusieurs reprises en contrebas. Les éclairs s’abattaient sur le disque doré et le frappaient sans relâche. Pourtant, comme celui du dessus, le disque inférieur ne broncha pas.
Il repoussa ainsi sans effort les éclairs qui s’approchaient.
Les nouveaux arrivants, qui avaient déjà le cœur au bord des lèvres, purent enfin pousser un soupir de soulagement.
« Jeune Maître Chu Feng, vous êtes vraiment incroyable ! Puisque vous aviez déjà cette carte en main, pourquoi ne pas l’avoir jouée plus tôt ? Vous nous avez fait mourir de peur ! »
« C’est vrai. J’ai vraiment cru que c’en était fini de nous. »
À cet instant, plusieurs femmes se mirent à reprocher à Chu Feng, sur un ton plaintif et câlin, de les avoir effrayées.
Bien qu’elles lui adressassent des reproches, elles ne semblaient pas vraiment lui en vouloir. On aurait plutôt dit qu’elles boudaient et cherchaient à se faire cajoler.
Et si elles le taquinaient, elles avaient tout de même posé la question que beaucoup se posaient. Si Chu Feng s’y était préparé, avait-il délibérément cherché à leur faire peur ?
Ou bien avait-il fait exprès de pousser ceux qui ne lui faisaient pas confiance à quitter le Royaume de cultivation des Arts martiaux ancestraux ?
Quant à ceux qui croyaient en lui, ils pourraient profiter avec lui des avantages de la Formation de Lumière de l’Esprit sacré.
Alors que la foule demeurait perplexe, Li Anzhi prit soudain la parole : « C’est une question de vitesse. »
« De vitesse ? »
La foule ne comprit pas cette remarque inattendue de Li Anzhi.
« Chu Feng s’est servi des attaques des éclairs en contrebas pour accélérer notre ascension. »
« Dans ces circonstances, plus il tardait à déployer le disque doré, plus notre vitesse augmentait », expliqua Li Anzhi.
À ces mots, la foule regarda autour d’elle. Elle constata que leur ascension s’était effectivement accélérée de manière considérable.
« Ciel ! C’est vrai ! Frère Chu Feng, vous êtes vraiment brillant ! »
À cet instant, la foule, le visage rayonnant, contempla Chu Feng avec admiration.
« Mais même ainsi, Jeune Maître Chu Feng, vous auriez pu nous prévenir plus tôt. Pas besoin de nous faire une telle frayeur, non ? » lança une femme.
« C’est vrai. Frère Chu Feng, vous auriez pu nous le dire directement, ou même nous le transmettre par la voix. Vous n’imaginez pas comme c’est pénible de se croire à deux doigts de la mort. »
« Oui, exactement ! Tout à l’heure, j’ai failli activer ma clé de Formation spirituelle et quitter le Royaume de cultivation des Arts martiaux ancestraux. C’était moins une, vraiment moins une ! Heureusement que je ne l’ai pas utilisée. »
La foule renchérit aussitôt.
« Si je vous l’avais dit à l’avance, vous n’auriez pas paniqué comme tout à l’heure. Et si vous n’aviez pas paniqué, comment aurais-je pu berner le Clan céleste Linghu ? » répondit Chu Feng avec un léger sourire.
À ces mots, tout le monde se tut. Non seulement personne ne songea à lui reprocher quoi que ce soit, mais tous se mirent à l’admirer encore davantage.
« Berner ?! »
« Ce Chu Feng est vraiment arrogant ! »
À peine Chu Feng eut-il terminé qu’un cri furieux retentit sur la place.
C’était Linghu Tiemian. Chu Feng l’avait mis hors de lui.
Mais à cet instant, le miroir d’eau se mit soudain à briller intensément. Puis il disparut en plein air.
Cela signifiait très probablement que Chu Feng et les autres étaient parvenus à entrer dans la Formation de Lumière de l’Esprit sacré.
Peu après, Linghu Xiuming revint en volant sur la place et atterrit devant Linghu Tiemian.
« Bon à rien ! Comment as-tu pu échouer dans une affaire aussi simple ? À quoi bon te garder ici ?! » Dès qu’il aperçut Linghu Xiuming, Linghu Tiemian lui hurla dessus, furieux.
Sa voix résonna si fort que toute la zone autour de la place trembla violemment. De nombreuses personnes se crispèrent de douleur.
Certains eurent même les tympans qui éclatèrent et se mirent à saigner par les sept orifices du visage.
Immortel martial de rang 6 : telle était la puissance de Linghu Tiemian, l’expert le plus puissant du Royaume de cultivation des Arts martiaux ancestraux.
« C’est mon incompétence. Grand frère Tiemian, je vous en prie, punissez-moi. »
Linghu Xiuming s’agenouilla aussitôt à moitié, terrifié. Il était couvert de sueur froide et tremblait de tout son corps.
« À quoi bon te punir ? Est-ce que ça les arrêtera ?! »
« Tu as entendu ce que ce Chu Feng a dit ? Il prétend s’être servi de nous ! Ta Formation spirituelle n’a pas seulement échoué à l’éliminer, elle l’a aidé à entrer plus vite dans la Formation de Lumière de l’Esprit sacré ! » Linghu Tiemian pointa Linghu Xiuming du doigt et lui cria dessus avec rage.
Linghu Xiuming baissa la tête et ne cessa de présenter ses excuses.
« Ça suffit. Le réprimander ne sert à rien et, même si tu le rouais de coups, ça ne changerait rien », intervint soudain une voix.
À ces mots, le cœur de tous se serra. Chacun se demanda quel imprudent osait intervenir à un moment pareil.
Intriguée, la foule tourna les yeux vers la voix, désireuse de voir qui avait eu cette audace.
À la vue de celui qui venait de parler, tous changèrent d’expression.
C’était un jeune homme. Il avait des traits délicats et ravissants, et son regard débordait de douceur.
Non seulement sa beauté faisait chavirer les femmes présentes, mais son allure cultivée et raffinée leur donnait envie de lui consacrer leur vie.
Mais surtout, cet homme était un personnage célèbre.
C’était Linghu Mingye, quatrième des Décastars martiaux ancestraux.