Chapitre 3 190
Le tourbillon noir fendit le ciel.
Il allait si vite que, même sans être dissimulé, il aurait été très difficile à remarquer.
Sa puissance n’avait rien à envier à celle de Bai Liluo. Il surpassait tous les habitants de la Région orientale.
À l’intérieur du tourbillon noir, Chu Feng avait la tête qui tournait et ne distinguait qu’un paysage en perpétuel changement. Même ses capacités de perception étaient devenues extrêmement faibles.
Au bout d’un long moment, Chu Feng fut enfin libéré du tourbillon.
Ses pieds touchèrent le sol. Il découvrit qu’il se trouvait dans un désert désolé qui s’étendait à perte de vue.
Il faisait chaud. L’endroit était brûlant.
Si la Zone interdite du Sceau de glace était si froide que même les cultivateurs martiaux ne pouvaient le supporter, ici, la chaleur était tout aussi insoutenable pour eux.
En arrivant là, Chu Feng ne put s’empêcher de s’émerveiller devant les innombrables merveilles du Royaume de cultivation des Arts martiaux ancestraux.
On comprenait pourquoi cet endroit portait le nom de Royaume de cultivation des Arts martiaux ancestraux. Il était véritablement conçu pour mettre les cultivateurs martiaux à l’épreuve.
Cela dit, Chu Feng n’avait pas le temps d’admirer le paysage.
Après tout, on l’avait amené ici de force.
De plus, il ignorait jusqu’à l’identité de celui qui l’avait enlevé et conduit en ces lieux.
« Pourquoi m’as-tu amené ici ? » demanda Chu Feng.
« Tu as dit que tu ne pouvais pas croire ce que je te racontais. Je vais donc te montrer en personne la véritable identité de Bai Liluo », répondit la silhouette noire.
À ces mots, Chu Feng sentit son cœur s’agiter. La silhouette noire parlait avec une grande assurance, comme si elle avait des preuves de la dangerosité de Bai Liluo.
« Attends-moi », reprit-elle.
Après ces mots, bien que Chu Feng ne pût voir la silhouette noire, son intuition lui indiqua qu’elle était partie.
« Suis-moi », dit-elle peu après. Cette fois, Chu Feng vit une silhouette noire se tenir devant lui.
C’est lui ? Chu Feng fronça les sourcils en observant cette présence semblable à une ombre. Il avait l’impression de ne pas regarder un homme, mais un démon.
Bien qu’il ne fît absolument pas confiance à la silhouette noire, Chu Feng la suivit tout de même. Il voulait savoir quel tour elle allait lui jouer.
De toute façon, il n’avait pas le choix : la silhouette noire l’avait amené ici de force.
Après quelques instants de marche, des ondulations semblables à celles de l’eau apparurent soudain devant la silhouette noire. Chu Feng reconnut une Formation spirituelle. Lorsque la silhouette la traversa, elle disparut.
Chu Feng la suivit et franchit à son tour les ondulations. Il découvrit alors qu’il était entré dans un village de montagne.
Le village était très vaste. Les bâtiments et les maisons n’avaient rien de somptueux, mais ils étaient finement ouvragés. À vrai dire, le terme de ville lui aurait mieux convenu que celui de village de montagne.
Pourtant, l’endroit était désolé. Dix-neuf personnes seulement étaient dispersées dans tout le village.
Non, à vrai dire, ce n’étaient pas des gens, ni même des humains. Ils en avaient l’apparence, mais Chu Feng percevait leurs auras, qui n’avaient rien d’humain.
Les habitants du village n’étaient ni des humains ni des Bêtes monstrueuses. S’il fallait les décrire, leurs auras ressemblaient davantage à celles de bizarreries naturelles.
Chu Feng lui-même ne savait pas vraiment si ces dix-neuf individus à l’apparence humaine étaient des bizarreries naturelles ou non.
Il avait toutefois l’impression qu’ils avaient perdu la raison. Bien qu’ils fussent vêtus avec élégance, ils déambulaient dans le village comme autant de cadavres ambulants.
« Quel est cet endroit ? Qui sont-ils ? » demanda Chu Feng à la silhouette noire.
« On pourrait dire qu’ils sont les enfants de ce Royaume de cultivation des Arts martiaux ancestraux », répondit-elle.
« Des enfants ? » L’expression de Chu Feng changea.
« Le Royaume de cultivation des Arts martiaux ancestraux est constitué d’innombrables Formations spirituelles. Certaines doivent s’appuyer sur des éléments extérieurs, comme des trésors naturels ou des bizarreries naturelles. »
« Certaines bizarreries naturelles sont douées d’intelligence et peuvent prendre forme humaine. Comme elles sont étroitement liées aux Formations spirituelles du Royaume de cultivation des Arts martiaux ancestraux, elles y ont acquis un statut particulier. »
« Dans ce royaume, elles sont pratiquement immortelles et indestructibles. Elles peuvent y exister éternellement. »
« Ces bizarreries naturelles ont beau avoir pris forme humaine, elles ne sont pas très puissantes et sont de nature craintive. Elles ont donc choisi de se cacher ici, sans entrer en contact avec les étrangers. »
« On pourrait dire que cet endroit est leur paradis. »
« Bai Liluo en fait elle aussi partie. »
« Non, à vrai dire, c’est un monstre. Car si ces bizarreries naturelles sont devenues ainsi, c’est entièrement à cause de Bai Liluo », expliqua la silhouette noire.
« Pourquoi dis-tu que c’est un monstre ? Parce qu’elle est différente de ces bizarreries naturelles et qu’elle possède une puissance immense ? » demanda Chu Feng.
« Si ce n’était que cela, elle ne serait pas dangereuse et on ne pourrait pas la qualifier de monstre. Suis-moi. »
La silhouette noire guida de nouveau Chu Feng, qui lui emboîta le pas. Ils marchèrent un moment, puis arrivèrent devant une tombe.
C’était la seule tombe du village.
En la voyant, les yeux de Chu Feng se mirent à briller. Sur la pierre tombale était gravé le nom de « Bai Liluo ».
Chu Feng parvint à voir à travers la tombe. Une femme reposait dans le cercueil.
Elle semblait avoir une vingtaine d’années et était d’une beauté délicate, semblable à celle d’une fée céleste. Bien qu’elle fût morte depuis de nombreuses années, son visage n’avait pas la moindre pâleur. Elle semblait simplement dormir.
« Qui est-elle ? » demanda Chu Feng.
« La véritable Bai Liluo », répondit la silhouette noire.
« C’est Bai Liluo ? Alors, qui est celle que je connais ? » demanda Chu Feng.
« Celle que tu connais s’entraîne actuellement sous terre », répondit la silhouette noire en désignant le sol.
« Tu veux dire qu’elle est ici, en ce moment ? » En entendant cela, Chu Feng se hâta de regarder sous terre avec ses Yeux célestes.
« Inutile. Ta puissance ne te permettra pas de percer la Formation spirituelle la plus puissante du Royaume de cultivation des Arts martiaux ancestraux. Tu ne verras rien », affirma la silhouette noire.
Comme elle l’avait dit, même avec ses Yeux célestes, Chu Feng ne vit qu’une immense étendue de terre, et rien d’autre.
« Que s’est-il passé, exactement ? Tu peux me raconter ? » demanda Chu Feng.
« Ne sois pas si pressé. Après tout, je t’ai amené ici pour te révéler la vérité et te montrer sa véritable identité », répondit la silhouette noire.