Chapitre 3 168
Tandis que les membres du Clan monstrueux aux Plumes cyan et tout le Clan monstrueux de Burnfield se dirigeaient vers le Clan céleste Chu, les membres de ce dernier étaient entièrement absorbés par la joie et l’excitation d’avoir vaincu le Clan monstrueux de Burnfield.
Il convient de mentionner que Chu Hongyi et ses deux laquais, qui semblaient vouloir se moquer de Chu Feng, étaient arrivés en secret dans la ville principale.
Pourtant, avant même d’approcher de la ville, tous trois s’étaient figés, incrédules. En fait, ils se frottaient les yeux à plusieurs reprises, comme s’ils craignaient d’avoir mal vu.
Et pour cause : au loin, ils distinguaient sur les remparts de la vaste ville principale des étendards qui étaient bel et bien ceux de leur Clan céleste Chu.
« Grand frère Hongyi, qu’est-ce qui se passe, exactement ? »
« Ce Chu Feng… Il n’aurait tout de même pas… vraiment vaincu le Clan monstrueux de Burnfield et reconquis ce territoire ? »
En voyant les bannières de leur clan flotter au vent tout autour de la ville, les deux hommes qui accompagnaient Chu Hongyi n’affichèrent aucune joie. Au contraire, ils avaient l’air inquiets.
« Allons-y. Nous allons voir ça de plus près. » Chu Hongyi, lui non plus, ne voulait pas croire que c’était vrai. Il leur ordonna donc de poursuivre leur route.
Lorsqu’ils purent contempler toute la ville de près, ils n’y virent aucun membre du Clan monstrueux de Burnfield. À l’intérieur, les membres du Clan céleste Chu célébraient joyeusement leur victoire.
« Ciel ! Ce Chu Feng a vraiment réussi ?! Comment a-t-il fait ?! »
À cet instant, les deux laquais de Chu Hongyi étaient complètement abasourdis.
Et ils n’étaient pas les seuls : Chu Hongyi lui-même était stupéfait.
Fenye Ganghao du Clan monstrueux de Burnfield était un Immortel céleste de rang neuf. Comment Chu Feng aurait-il pu le vaincre ?
« Regardez, ce ne serait pas Chu Hongyi ? »
À cet instant, quelqu’un à la vue perçante remarqua Chu Hongyi.
À son cri, tous les regards se tournèrent vers lui.
« Tiens donc, ne serait-ce pas notre grand frère Hongyi ? »
« Grand frère Hongyi, vous êtes venu vous moquer de nous, n’est-ce pas ? Toutes mes excuses, nous vous avons déçu. Oh, pardon, je me trompe : c’est le petit frère Chu Feng qui vous a déçu. »
« Nous n’avons pas fini massacrés par le Clan monstrueux de Burnfield. C’est au contraire nous qui lui avons réglé son compte. Ils ont tous déguerpi, et ce territoire nous appartient désormais. »
Dès que les membres du clan reconnurent Chu Hongyi, leurs voix s’élevèrent de toutes parts. La grande majorité se moquait de lui.
Chu Hongyi avait toujours été un lâche, un faible, face aux étrangers.
Mais face à ses propres clansmen et à ses alliés, il se montrait d’une arrogance et d’une tyrannie sans pareilles. Il ne tolérait pas qu’on lui désobéisse.
Avant l’arrivée de Chu Feng, les membres du Clan céleste Chu, intimidés par sa force, n’osaient pas exprimer leur colère ni leur ressentiment. En fait, ils devaient sans cesse le flatter.
Mais, maintenant que Chu Feng les soutenait, ils n’avaient plus besoin de se comporter ainsi. Ils pouvaient enfin exprimer le ressentiment qu’ils avaient longtemps gardé pour Chu Hongyi.
« Bande de vauriens, vous osez me parler ainsi ?! »
« Vous en avez assez de vivre ?! »
En voyant ceux qui lui obéissaient autrefois au doigt et à l’œil se moquer de lui et le tourner en ridicule, Chu Hongyi entra aussitôt dans une colère noire.
« Ma foi, tu es vraiment un chien soumis face aux étrangers et un tigre féroce avec les tiens. »
« Quoi, tu n’as pas osé affronter les membres du Clan monstrueux de Burnfield que tu aurais pu vaincre, mais tu vas t’en prendre à nous ? »
« Vas-y, attaque-nous ! Pourquoi ne nous bats-tu pas à mort ? Si cette histoire s’ébruite, je verrai bien comment tu pourras continuer à faire le fier et le tyran. »
« Exactement ! Allez, frappe-nous, bats-nous à mort. On verra comment le petit frère Chu Feng s’occupera de toi. »
Pourtant, malgré les menaces de Chu Hongyi, les membres du Clan céleste Chu n’avaient pas peur. Au contraire, ils se moquaient encore plus de lui, comme s’ils cherchaient délibérément à le pousser à bout.
« Bande de… » En voyant la scène, Chu Hongyi se mit à grincer des dents de rage. Il serrait les poings si fort que ses veines saillaient.
Il était véritablement furieux. Autrefois, il les aurait déjà attaqués pour leur donner une bonne leçon. Mais, à présent, il n’osait pas.
Car il avait bel et bien un peu peur.
Et la personne qu’il craignait n’était autre que Chu Feng.
« Ça suffit, tout le monde, du calme ! »
À cet instant, une voix retentit. C’était Chu Ping.
Grâce à l’aide de la foule, Chu Ping s’était déjà largement remis de ses blessures.
Comme Chu Ping jouissait déjà d’une certaine autorité parmi les membres du Clan céleste Chu et qu’il était désormais très proche de Chu Feng — il avait été l’un des seuls à croire en lui —, la foule pensait qu’ils entretenaient d’excellentes relations.
De ce fait, le respect qu’elle éprouvait pour Chu Ping s’accrut encore.
Aussi, dès qu’il prit la parole, tout le monde se tut.
« Nous sommes tous frères de clan. Même si Hongyi a fait des erreurs, inutile de le tourner en ridicule de la sorte. Et le petit frère Chu Feng ne voudrait pas assister à ça. Il ne souhaite certainement pas que les membres de notre clan se déchirent. »
« Alors, faisons tous un effort et oublions le passé », déclara Chu Ping d’une voix forte.
Après ces paroles, même si beaucoup de gens n’étaient pas convaincus, personne ne dit mot : ils estimaient que Chu Ping était très proche de Chu Feng et qu’il le connaissait probablement mieux qu’eux.
« Mes trois petits frères, cette ville principale est revenue au Clan céleste Chu. Nous n’avons plus besoin de retourner dans cet endroit pourri. À partir d’aujourd’hui, nous pouvons tous vivre ici », dit Chu Ping à Chu Hongyi et aux deux autres.
« Grand frère Chu Ping, c’est sérieux ? »
« Vous êtes vraiment prêts à nous accueillir ? »
« Le petit frère Chu Feng voudra vraiment nous pardonner ? »
À ces mots, les deux hommes aux côtés de Chu Hongyi furent aussitôt ravis.
« Quelle question idiote ! Nous sommes du même clan, après tout. Comment pourrions-nous vraiment être en conflit ? »
« Cet endroit est chez nous tous », répondit Chu Ping avec un sourire.
En l’entendant, les deux hommes rayonnèrent de plus belle et s’envolèrent aussitôt vers lui.
Chu Hongyi, lui, resta dans les airs, hésitant.
Voyant cela, les deux hommes revinrent vers lui et l’entraînèrent avec eux en direction de la ville.
Chu Hongyi n’était toujours pas à l’aise.
En réalité, lui aussi désirait ardemment entrer dans la ville et suivre Chu Feng. Après tout, vu la force et le talent de Chu Feng, il aurait tout naturellement intérêt à se ranger à ses côtés.
Mais il avait refusé avec tant d’obstination de croire Chu Feng, plus tôt, que s’il faisait amende honorable à présent, il se sentirait très mal à l’aise.
Comme s’il avait deviné les pensées de Chu Hongyi, Chu Ping s’éleva aussitôt dans les airs, le rejoignit et entreprit de le convaincre.
Après que Chu Ping l’eut pressé d’accepter, Chu Hongyi finit par descendre et atterrit dans la ville.
Une fois Chu Hongyi au sol, Chu Ping demanda aux personnes qui l’avaient insulté plus tôt de s’avancer pour lui présenter leurs excuses.
On aurait dit que tout le monde s’était véritablement réconcilié.
Mais Chu Haoyan et Chu Hanyu observaient la scène avec un sourire, sans rien dire.
Ils savaient que Chu Feng n’accueillerait ni Chu Hongyi ni ses deux laquais.
Pour l’instant, Chu Hongyi et les autres se réjouissaient. Mais dès que Chu Feng sortirait, ils se mettraient à pleurer.