Chapitre 308
« Chu Feng, toi… »
En voyant Chu Feng vaincre d’un seul coup les deux Protecteurs au sommet du Royaume du Profond, l’Esprit du Monde à la cape grise montra les dents. Son expression était tout simplement « merveilleuse ».
Mais à bien y réfléchir, c’était tout à fait compréhensible. Après tout, aussi puissants que fussent les deux Protecteurs, ils ne pouvaient absolument pas rivaliser avec Dugu Aoyun. Si même Dugu Aoyun n’avait pas réussi à vaincre Chu Feng, comment auraient-ils pu y parvenir ?
Fff À cette pensée, l’Esprit du Monde à la cape grise renonça à attaquer Chu Feng et déchaîna plutôt une technique martiale extrêmement puissante contre la Formation spirituelle que celui-ci avait dressée. Il cherchait en réalité à s’échapper.
Pourtant, face à l’allure pitoyable de l’Esprit du Monde à la cape grise, Chu Feng ne fit rien. Il resta simplement immobile à le regarder en silence, comme s’il observait un clown amusant.
Boum, boum, boum
« Bon sang ! Bon sang !! »
Il eut beau lancer attaque sur attaque et faire onduler la Formation spirituelle, il eut beau épuiser toutes ses forces et tenter toutes sortes de méthodes, l’Esprit du Monde à la cape grise ne parvint pas à briser la Formation spirituelle de Chu Feng. La panique et la colère commencèrent à le gagner.
Fff
Soudain, l’Esprit du Monde à la cape grise fit volte-face et se transforma en bourrasque. Il fonça vers Su Rou et Su Mei. Puisqu’il n’avait pas réussi à s’enfuir, il comptait prendre les deux jeunes femmes en otage.
« Tss. »
Mais Chu Feng n’allait pas lui laisser cette chance. Une lueur jaillit sous ses pieds et, en un clin d’œil, il se retrouva devant Su Rou et Su Mei. Il lança alors un coup de poing vers l’Esprit du Monde à la cape grise, qui arrivait sur lui, et l’atteignit en pleine poitrine.
« Ah !! »
Une force terrible projeta l’Esprit du Monde à la cape grise en arrière. Sa poitrine craqua, et même ses organes internes furent broyés et réduits en bouillie. La douleur lui déchirait le cœur et les poumons.
Mais ce n’était que le début. Chu Feng allait-il laisser impuni quiconque en voulait à ses femmes ? Avant même que l’Esprit du Monde à la cape grise n’ait touché le sol, Chu Feng fila derrière lui à la vitesse de l’éclair. Il l’empoigna par la robe et le jeta violemment à terre.
Après sa chute, Chu Feng avança d’abord le pied gauche et, dans un craquement, lui brisa la jambe. Puis son pied droit s’abattit à son tour et, dans un nouveau craquement, il lui brisa l’autre jambe.
Ensuite, Chu Feng saisit son entrejambe et serra fermement dans sa main cette chose immonde.
« Ah ! »
« Chu Feng, qu’est-ce que tu vas faire ?! » L’Esprit du Monde à la cape grise paniqua. Peu importait qu’il s’agisse d’une autre partie de son corps : il pouvait la guérir. Mais s’il perdait cet endroit, il n’y aurait aucun moyen de le réparer. Ses parties intimes, la racine de sa vie… On ne plaisantait pas avec ça.
[Note du traducteur : les caractères qui désignent ici les « parties intimes » sont « 命根 », ce qui se traduit littéralement par « racine de la vie ».]
« Ce que je vais faire ? Voilà ce qui arrive quand on s’en prend à mes femmes. Tu vivras comme un eunuque et, même mort, tu ne trouveras pas le repos. » Le visage féroce, Chu Feng referma soudain la main. Dans un « pfu », une grande quantité de sang jaillit de son poing. Il avait réduit la chose en bouillie.
« Aaaah~~~~~~~~ »
La douleur à l’entrejambe fit pousser à l’Esprit du Monde à la cape grise des hurlements et des gémissements sans fin. Ce n’était pas seulement une souffrance physique, mais aussi une douleur qui lui transperçait l’âme. Il savait que sa vie était finie et que, même s’il survivait, il était condamné à rester infirme.
Il hurla donc à Chu Feng : « Tue-moi ! Tue-moi ! Même si je deviens un fantôme, je ne te le pardonnerai pas !! »
« Ne t’inquiète pas. Même si tu ne me suppliais pas, je te tuerais quand même. »
Chu Feng sourit froidement, serra le poing et l’abattit sur la tête du vieil homme. Dans un fracas, son crâne éclata comme une pastèque et vola en morceaux.
Hum
À cet instant, une lueur presque imperceptible jaillit soudain de sa tête éclatée. Chu Feng s’y était déjà préparé. Il leva la main, referma les doigts et captura la lumière dans sa paume.
« Maudit Chu Feng ! Lâche-moi, lâche-moi !! »
La voix de l’Esprit du Monde à la cape grise résonna de nouveau dans la paume de Chu Feng. Mais cette fois, il n’aspirait plus à mourir : sa voix était empreinte d’une peur sans bornes.
C’était la conscience qu’il avait condensée avant de mourir. Tant qu’elle subsistait, il pouvait survivre. Mais si elle était détruite, il mourrait définitivement.
« Tss. Je me souviens t’avoir dit que tu ne pourrais même pas devenir un fantôme. » Chu Feng sourit froidement et referma brusquement la main.
« Aaaah~~~~~~~~~ » Cette fois, l’Esprit du Monde à la cape grise poussa un ultime cri de douleur et quitta le monde pour toujours.
Après l’avoir tué, Chu Feng se dirigea vers les deux autres Protecteurs, qui respiraient encore faiblement. Il s’arrêta devant eux et demanda : « Où se trouve Qi Fengyang en ce moment ? »
« Je n’en sais rien !! » rugit férocement le Protecteur aux cheveux noirs, le visage résolu.
Pfu Mais avant même qu’il ait fini de parler, Chu Feng leva le pied et lui écrasa complètement la tête.
« Et toi ? Sais-tu où se trouve Qi Fengyang en ce moment ? » demanda Chu Feng en se tournant vers le Protecteur aux cheveux blancs.
« Ne… ne me tue pas. Je te dirai tout ce que je sais… Je te dirai tout ce que je sais ! »
« Parle, vite !! »
« Qi Fengyang est entré dans le Royaume Céleste, ce qui a rendu le maître de la Résidence princière du Qilin extrêmement nerveux. Il craignait que Qi Fengyang ne menace sa position, alors il s’est allié à notre chef d’école, Yan Yangtian, et ils ont capturé Qi Fengyang. »
« Puis, sous prétexte que Qi Fengyang avait commis une trahison, ils l’ont emprisonné. Il sera exécuté dans quelques jours. En ce moment, Qi Fengyang est détenu dans la Résidence princière du Qilin. »
Pfu Pourtant, Chu Feng lui donna brusquement un coup de pied. Comme le Protecteur aux cheveux noirs, il mourut de la même façon.
Après avoir tué les trois hommes, Chu Feng prit leurs Sacs cosmiques à leur ceinture, puis absorba et raffina leur énergie de Source. Ce n’est qu’alors qu’il posa les yeux sur Su Hen et s’avança lentement vers lui.
À présent, les deux pieds de Su Hen tremblaient. Tout son corps était secoué de tremblements. Il avait déjà peur de Chu Feng, mais après l’avoir vu de ses propres yeux tuer sans pitié les trois experts au sommet du Royaume du Profond, il pouvait vraiment imaginer à quel point sa mort serait atroce.
Pouf Soudain, le seigneur de la Cité de l’Oiseau Vermillon s’agenouilla et se mit à se prosterner sans relâche devant Chu Feng. « Chu Feng, je t’en prie, épargne-moi, je t’en prie. J’y ai vraiment été forcé, je n’avais pas le choix ! Je n’avais aucune intention de te faire du mal. »
« Pour le bien de petite Rou et petite Mei, épargne-moi et donne-moi une chance de changer et de repartir à zéro. »
« Peu importe ce que tu me feras, Chu Feng. Mais tu as ignoré à maintes reprises le bonheur de tes filles pour continuer à vivre. Tu n’es vraiment pas digne d’être leur père. » Chu Feng s’approcha lentement, enveloppé d’une aura meurtrière oppressante.
« Petite Rou, petite Mei, dépêchez-vous de plaider pour moi ! Je sais que j’ai eu tort et je ne vous forcerai plus jamais à rien. À l’avenir, je ferai tout ce que vous voudrez ! » Voyant qu’il ne servait à rien de supplier Chu Feng, Su Hen se traîna jusqu’à Su Rou et Su Mei, leur serra les jambes et se mit à sangloter.
« Chu Feng, ne tue pas mon père. Peu importe les milliers et les dizaines de milliers de fautes qu’il a commises, il reste notre père. C’est le seul proche que nous ayons au monde. » Su Mei fut la première à céder et supplia Chu Feng en pleurant.
« Chu Feng, épargne-lui la vie. Quoi qu’il en soit, il reste notre père. Sans lui, nous ne serions pas là. Même s’il a commis des fautes, nous ne pouvons que lui pardonner », ajouta Su Rou.
À cet instant, Chu Feng s’arrêta. Puis il ouvrit les bras, et une puissante force d’attraction jaillit, attirant Su Rou et Su Mei contre lui et ne laissant que Su Hen à sa place.