Chapitre 3 031
« Grand frère, qu’est-ce qui te fait ricaner comme ça ? » En voyant que Luo Dali, loin de se mettre en colère après ses moqueries, affichait au contraire un air réjoui, Luo Xiaofeng n’y comprit rien.
« Je ne t’ai pas dit que mon bienfaiteur possédait une force extraordinaire ? Regarde : même la cascade est incapable de déceler sa cultivation. Je te l’avais bien dit, non ? »
« Petite sœur, attends un peu et tu verras. Dès que mon seigneur bienfaiteur passera à l’action, nous serons sans aucun doute sauvés », déclara fièrement Luo Dali.
« Tu… Tu es vraiment incurable ! » Luo Xiaofeng afficha un air désemparé.
Bien que la cultivation de Chu Feng eût été révélée, son frère continuait d’affirmer qu’il pourrait les sauver. Luo Xiaofeng avait simplement l’impression qu’il se berçait d’illusions.
Par la suite, tout le monde traversa la cascade. Parmi les personnes qui suivirent, deux autres dissimulaient leur cultivation.
L’un était un Immortel véritable de rang cinq, l’autre, un Immortel véritable de rang six. Pourtant, sans exception, tous deux furent tués par la Bête bandit cachée dans la grotte dès que leur véritable cultivation fut révélée.
Après avoir franchi la cascade, Chu Feng et les autres purent enfin poursuivre leur chemin plus profondément dans la grotte.
Peu après, ils pénétrèrent dans une zone noyée dans la brume. Chu Feng y aperçut huit Bêtes bandits.
Ces huit Bêtes bandits possédaient toutes une cultivation de rang neuf du Royaume de l’Immortel véritable.
Pourtant, avant d’entrer dans cette zone brumeuse, Chu Feng n’avait pas été capable de déceler leur présence.
C’étaient probablement elles qui avaient tué les trois personnes ayant dissimulé leur cultivation.
Bientôt, Chu Feng et les autres sortirent de la grotte et débouchèrent sur un lac. Ils traversèrent une rivière, puis pénétrèrent dans un tunnel souterrain. Après avoir franchi plusieurs endroits différents, ils poursuivirent leur route sans interruption pendant deux jours et deux nuits.
Chaque endroit était doté de nombreuses formations d’évaluation destinées à jauger la force de Chu Feng et des autres.
Soumis à ces épreuves répétées, Chu Feng ne put s’empêcher d’admirer les Bêtes bandits, qui disposaient de tant de méthodes de détection et se montraient si vigilantes, malgré leur faiblesse.
Il n’était pas étonnant qu’elles aient pu survivre dans le Grand Royaume supérieur des Mille Mondes, alors qu’elles étaient si faibles.
Elles le devaient à leurs puissantes formations et à leur détermination à ne jamais baisser leur garde.
Malgré tout, Chu Feng et Chu Youyuan parvinrent finalement à pénétrer dans le repaire des Bêtes bandits.
C’était une autre montagne. À première vue, elle semblait tout à fait ordinaire, mais, à mesure qu’ils s’y enfonçaient, ils pénétrèrent bientôt dans un monde isolé.
Ce monde abritait une multitude de palais. Tous les bâtiments étincelaient d’or, et même les dalles de pierre au sol étaient dorées.
Sous les rayons du soleil, tout l’endroit resplendissait d’un éclat doré.
Les Bêtes bandits étaient partout. À vue de nez, elles étaient plus de trois millions.
Beaucoup d’entre elles étaient puissantes. Certaines étaient même des Immortels célestes.
Chu Feng comprit qu’il avait très probablement réussi à infiltrer le repaire des Bêtes bandits.
Sinon, il n’aurait pas pu y en avoir autant rassemblées en un seul endroit.
« Chu Feng, ne te précipite pas. Assure-toi d’abord que c’est bien leur repaire avant d’agir », lui transmit Chu Youyuan par message mental.
Même sans le rappel de Chu Youyuan, Chu Feng ne serait pas passé à l’action tout de suite. Il devait encore observer les lieux.
En chemin, il avait été témoin d’un trop grand nombre de procédés et de stratagèmes. Même si l’endroit ressemblait beaucoup à un repaire, Chu Feng ne pouvait pas être certain qu’il ne s’agissait pas d’un faux repaire destiné à détourner l’attention.
Chu Feng n’agirait qu’après avoir vérifié qu’il s’agissait bien du véritable repaire.
Il continua de dissimuler sa force et de suivre les Bêtes bandits. Bientôt, ils atteignirent les profondeurs du repaire.
Deux cratères gigantesques s’y trouvaient. Ils étaient si vastes qu’ils ressemblaient à deux ravins immenses. Des centaines de milliers d’humains se trouvaient à l’intérieur.
À mains nues, ils soulevaient une sorte particulière de pierre cristalline et faisaient sans cesse la navette entre les deux immenses cratères.
Chu Feng remarqua que les pierres cristallines qu’ils transportaient étaient toutes identiques. Pourtant, leur couleur changeait selon le cratère où elles se trouvaient.
Une fois leur couleur modifiée, elles libéraient une énergie particulière qui se fondait dans les cratères, avant de reprendre leur couleur d’origine.
Lorsque les pierres cristallines redevenues normales étaient apportées dans l’autre immense cratère, celui-ci réagissait de la même manière.
Ainsi, les humains ne cessaient d’aller et venir entre les deux cratères.
Mais ces deux immenses cratères étaient loin d’être aussi simples qu’ils en avaient l’air.
D’un seul regard, Chu Feng reconnut deux formations.
C’étaient des formations d’alimentation en énergie, et les pierres cristallines en étaient la source.
En faisant circuler les pierres cristallines entre les deux immenses cratères, les formations produisaient une énergie qui alimentait sans cesse une autre formation, ou quelque autre entité.
Mais surtout, il était impossible de transporter ces pierres cristallines à l’aide d’outils. On ne pouvait les porter qu’à même le corps.
Or, ces pierres cristallines étaient nocives. Elles corrompaient l’âme. À force de rester dans les deux formations et de transporter sans relâche les pierres de l’une à l’autre, on finissait par succomber à cette corrosion.
C’était précisément pour cela que tous ceux qui se trouvaient dans les cratères semblaient si mal en point.
C’étaient tous des cultivateurs martiaux et ils auraient donc dû être robustes et en bonne santé. Pourtant, ils avaient l’air malades, apathiques et à l’article de la mort.
Hormis leur travail, ils semblaient avoir oublié tout ce qui donnait un sens à la vie. Ces gens étaient vraiment pitoyables.
Chu Feng savait qu’ils finiraient tous par mourir.
Ils ne mourraient assurément pas de vieillesse, mais de la corrosion de leur âme par les pierres cristallines.
C’était sans doute pour cette raison que les Bêtes bandits capturaient tous ces humains. Comme les esclaves enfermés dans les deux formations, au fond des deux cratères, finiraient par mourir, elles devaient en capturer d’autres et les y jeter pour les remplacer.
« Les Bêtes bandits sont vraiment pires que des chiens et des porcs. » À cette vue, la colère de Chu Feng gronda en lui.
« Chu Feng, tu as tenu bon jusqu’ici. Prends encore un peu sur toi et observe d’abord soigneusement les lieux. » Sa Majesté la Reine sentit sa colère et l’exhorta à voix basse à se maîtriser encore un peu.
Elle ne voulait pas qu’après tant d’efforts pour arriver jusque-là, Chu Feng fasse tout échouer.
Chu Feng savait bien qu’à force de manquer de patience, on pouvait compromettre un grand projet. Il ravala donc sa colère de force. Puis les Bêtes bandits le poussèrent dans l’un des cratères.
« Qu’est-ce que vous fichez là à rester plantés ? Au travail, et vite ! Vous voulez une raclée ?! »
Après que Chu Feng et les autres eurent été poussés dans un cratère, des Bêtes bandits levèrent aussitôt leurs longs fouets et les pressèrent de se mettre au travail.
Chu Feng et les autres n’eurent pas le choix. Ils se mirent donc à transporter les pierres cristallines, comme les autres humains.