Chapitre 3 026
« Seigneur Youyuan, quelle est donc l’origine des Bêtes bandits ? » Fou de joie, Chu Feng ne put se contenir et s’empressa de s’enquérir de leurs origines. À en juger par le ton de Chu Youyuan, les Bêtes bandits semblaient être une race remarquable.
« On pourrait dire que les Bêtes bandits forment une race atypique de Bêtes monstrueuses. Elles vivent dans le Grand Royaume supérieur des Mille Mondes depuis encore plus longtemps que notre Clan céleste Chu. »
« Si je dis qu’elles sont atypiques, c’est parce qu’elles ne sont pas bienveillantes. Ce qu’elles aiment par-dessus tout, ce n’est pas cultiver les arts martiaux, mais voler, piller et tuer. »
« C’est précisément à cause de leur comportement de bandits qu’on les appelle les Bêtes bandits. »
À ces mots, Chu Feng comprit enfin pourquoi Chu Youyuan lui avait dit de les tuer dès le début. Les Bêtes bandits avaient donc une nature particulièrement vile. Pour satisfaire leurs désirs égoïstes, elles tuaient, pillaient et commettaient toutes sortes de crimes inimaginables.
Leur comportement ne différait en rien de celui des sectes démoniaques. Il fallait effectivement les tuer et les éliminer.
« Cela dit, bien que les Bêtes bandits soient d’une nature particulièrement vile, elles ont accumulé quantité de trésors au fil des ans. On raconte que le Brassard protecteur suprême, qui permet aux Immortels célestes d’utiliser des Armements immortels, figure parmi leurs possessions », dit Chu Youyuan.
« Le Brassard protecteur suprême ? » L’expression de Chu Feng changea.
« On dit que le Brassard protecteur suprême a été créé par un expert ayant atteint le sommet du rang Exalté. »
« Comme chacun le sait, les Armements immortels sont extrêmement puissants et difficiles à maîtriser. Mais si l’on porte le Brassard protecteur suprême, même les experts du Royaume de l’Immortel céleste peuvent utiliser des Armements immortels », expliqua Chu Youyuan.
« Dans ce cas, ce Brassard protecteur suprême est véritablement un trésor. » Chu Feng savait bien que la puissance des cultivateurs martiaux était toujours limitée par leur niveau de cultivation. Les trésors capables de lever ce genre de restriction étaient tous extrêmement précieux.
Et ce Brassard protecteur suprême était manifestement un trésor de grande valeur.
« C’en est naturellement un. Les Armements immortels sont d’une puissance extrême. Même pour les Immortels martiaux, ce sont des trésors indispensables pour accroître leur puissance de combat. Mais si un Immortel céleste pouvait en utiliser un, sais-tu à quel point il serait redoutable ? » demanda Chu Youyuan.
« Seigneur Youyuan, je vous prie de m’éclairer », répondit Chu Feng.
« Si un expert du Royaume de l’Immortel céleste est capable d’utiliser un Armement immortel, celui-ci ne se contentera pas d’accroître sa puissance de combat. Il lui conférera directement une puissance de combat défiant le ciel, capable de franchir un niveau de cultivation », expliqua Chu Youyuan.
« Une puissance de combat défiant le ciel, capable de franchir un niveau de cultivation ? » demanda Chu Feng.
« Exactement. Mais… cela ne vaut que lorsqu’un expert du Royaume de l’Immortel céleste utilise un Armement immortel. »
« Un expert du Royaume de l’Immortel martial n’obtiendrait pas cette puissance de combat défiant le ciel en utilisant un Armement immortel », dit Chu Youyuan.
Chu Feng comprit pourquoi.
Les Armements immortels étaient si puissants que les Immortels célestes ne pouvaient pas les utiliser. Mais s’ils en étaient capables, il était tout à fait normal qu’un Armement immortel confère une puissance de combat défiant le ciel, capable de franchir un niveau de cultivation, entre les mains d’un Immortel céleste.
Après tout, les Armements immortels n’étaient pas destinés aux Immortels célestes. En temps normal, seuls les Immortels martiaux pouvaient les maîtriser.
Si un Immortel céleste utilisait une arme conçue pour un Immortel martial, il aurait été absurde qu’elle ne déploie pas une puissance surpassant de loin celle d’un Armement immortel incomplet.
« Les Bêtes bandits existent depuis si longtemps. J’imagine qu’elles ne sont pas si faciles à gérer, n’est-ce pas ? » demanda Chu Feng.
S’il posait la question, c’était parce que le Brassard protecteur suprême l’avait déjà tenté. Après tout, Chu Feng était désormais un Immortel céleste et possédait lui aussi des Armements immortels qu’il ne pouvait pas utiliser.
S’il obtenait le Brassard protecteur suprême, il résoudrait le problème qui l’empêchait d’utiliser ses Armements immortels. Pour Chu Feng, ce serait comme donner des ailes à un tigre.
Cependant, d’après Chu Youyuan, les Bêtes bandits n’étaient manifestement pas faciles à gérer. Même si elles possédaient peut-être le Brassard protecteur suprême, il serait sans doute très difficile de le leur prendre.
« D’après ce qu’on raconte, les Bêtes bandits ne sont pas très puissantes. Même leur chef de clan vient à peine d’atteindre le Royaume de l’Immortel céleste. En général, elles n’osent donc s’en prendre qu’aux cultivateurs du Royaume de l’Immortel véritable ou d’un niveau inférieur, qu’elles intimident et humilient », expliqua Chu Youyuan.
« Elles sont donc si faibles ? Dans ce cas, Seigneur Youyuan, comment ont-elles pu survivre si longtemps dans le Grand Royaume supérieur des Mille Mondes ? » Chu Feng en fut surpris. Si les Bêtes bandits étaient aussi faibles, d’autres puissances auraient dû les exterminer depuis longtemps.
Après tout, si leur chef n’était qu’au début du Royaume de l’Immortel céleste, bien des gens du Grand Royaume supérieur des Mille Mondes auraient pu facilement s’occuper d’elles.
« Ce qui rend les Bêtes bandits si extraordinaires, c’est leur base mobile. Elle peut se dissimuler. Lorsqu’elle est cachée, même les experts ordinaires de rang Exalté sont incapables de la trouver. »
« De plus, les Bêtes bandits n’ont pas d’habitudes régulières. Il est donc très difficile de les repérer », dit Chu Youyuan.
« Elles ont sévi si longtemps. Elles ont bien dû croiser des gens capables de s’occuper d’elles, non ? » demanda Chu Feng.
Chu Feng estimait que le Grand Royaume supérieur des Mille Mondes regorgeait de dragons cachés et de tigres tapis. À force de piller les gens toutes ces années, les Bêtes bandits avaient forcément dû rencontrer des experts.
Avec leur puissance, elles auraient inévitablement eu le dessous face à un expert.
« Cela leur est naturellement arrivé. Mais si les Bêtes bandits sont très avides, elles sont aussi extrêmement unies. Même face à la mort, elles ne révèlent pas la position de leur repaire. En outre, elles possèdent en elles-mêmes un pouvoir capable de détruire leur âme. Ainsi, dès qu’elles sont capturées, elles se font immédiatement exploser pour se suicider. »
« Il ne sert donc à rien de les capturer. On n’a même pas le temps de les torturer, encore moins de les interroger pour leur faire révéler l’emplacement de leur repaire », dit Chu Youyuan.
« Et si on les suivait discrètement ? » demanda Chu Feng.
« C’est sans doute la seule méthode envisageable. Mais ce n’est pas si simple non plus. Les Bêtes bandits sont extrêmement prudentes et possèdent une perception particulière. Dès qu’elles approchent de leur repaire, elles se dissimulent aussitôt. »
« Bref, les rencontrer est une chance. Mais pour ce qui est de mettre la main sur de vrais trésors, tout dépend de notre capacité à atteindre leur repaire. »
« Tu devras donc faire semblant d’être faible tout à l’heure. Laisse-les te capturer comme un esclave. Même si elles te frappent, tu devras le supporter. Elles ne baissent leur garde qu’avec ceux qu’elles ont soumis », dit Chu Youyuan.
« Ce junior a compris », acquiesça Chu Feng. Il saisissait les intentions de Chu Youyuan.
Puis il se tourna vers l’homme d’âge mûr qui se tenait devant lui et demanda : « Excusez-moi, comment dois-je vous appeler ? »
« Bienfaiteur, je m’appelle Luo Dali. Vous pouvez m’appeler Dali », répondit l’homme avec déférence.
« En réalité, vous n’êtes pas beaucoup plus âgé que moi. Je vais simplement vous appeler frère Luo », dit Chu Feng.
« Euh… enfin… si cela vous convient, bienfaiteur… » Luo Dali se gratta la tête avec embarras. Bien qu’il eût vécu plus de mille ans, il avait la sagesse d’un enfant.
« Frère Luo, vous avez dit tout à l’heure que votre famille avait été capturée par ces Bêtes monstrueuses ? » demanda Chu Feng.
« Oui, bienfaiteur. Toute ma famille, des plus jeunes aux plus âgés, a été capturée par ces Bêtes monstrueuses. Je me suis enfui seul pour trouver des gens qui pourraient les sauver. Heureusement, je suis tombé sur vous, bienfaiteur. Sinon, je ne saurais vraiment pas quoi faire. »
Luo Dali s’adressait à Chu Feng avec une profonde gratitude. Il semblait savoir rendre la bonté qu’on lui avait témoignée.
« Frère Luo, retiens bien ceci : je sauverai ta famille, c’est certain. Mais j’ai besoin que tu coopères avec moi », dit Chu Feng.
« Bien sûr, bien sûr. Bienfaiteur, dites-moi ce que vous avez besoin que je fasse. Je coopérerai sans faute avec vous. » Luo Dali hocha la tête à plusieurs reprises. Il semblait prêt à accepter tout ce que Chu Feng lui demanderait.
« Pour certaines raisons, je ne peux pas les sauver tout de suite. Mais rassure-toi, je les sauverai, c’est certain », dit Chu Feng.
« Ah ? Bienfaiteur, auriez-vous quelque chose à régler et devriez-vous partir maintenant ? » À ces mots, le visage de Luo Dali se couvrit de panique.
Il crut que Chu Feng comptait partir sans sauver sa famille sur-le-champ.