Chapitre 2 990
Soudain, quelqu’un cracha du sang sur le sol.
La foule s’alarma devant cette scène inattendue. La victime était elle aussi membre du Clan céleste Chu, et faisait partie de la jeune génération qui devait entrer cette fois dans le Domaine sacré des Neuf Lunes.
De plus, elle jouissait d’une certaine réputation. Bien qu’elle fût moins connue que Chu Lingxi et Chu Ruoshi, elle passait pour une génie au sein du Clan céleste Chu comme dans tout le Grand Royaume supérieur des Mille Mondes.
Autrement, elle n’aurait pas été qualifiée pour faire équipe avec Chu Haoyan afin d’éveiller leurs Perles du destin Yin-Yang.
Mais pourquoi venait-elle soudain de cracher du sang ?
« Elle a été empoisonnée. »
Un Ancien se précipita aussitôt vers elle pour examiner son état. Il ne tarda pas à expliquer pourquoi la jeune femme avait vomi du sang avant de perdre connaissance.
« Empoisonnée ? Pourquoi l’aurait-on empoisonnée ? » La foule ne comprenait pas. La panique commença à se répandre.
« Nous ne saurons comment elle a été empoisonnée qu’à son réveil. Mais ce poison ne menace pas sa vie. Il lui faudra toutefois un certain temps pour l’éliminer complètement de son corps. Je crains qu’elle ne puisse pas participer cette fois à l’entraînement dans le Domaine sacré des Neuf Lunes », déclara l’Ancien.
« Ssssss… »
À cet instant, beaucoup aspirèrent bruyamment une bouffée d’air froid.
Il avait fallu qu’elle soit empoisonnée précisément à ce moment-là.
La foule ne vit qu’une seule explication : quelqu’un avait délibérément cherché à lui nuire.
Alors, plusieurs personnes se tournèrent vers quelques femmes.
La plupart étaient des femmes d’une force respectable, ennemies de celle qui avait été empoisonnée.
Elles furent donc les premières suspectes aux yeux de la foule.
« Hé ! Ne me regardez pas comme ça ! Je n’y suis pour rien ! »
« Grand frère Haoyan, je vous jure que je n’ai rien à voir là-dedans ! »
Sous les regards de la foule, ces femmes s’empressèrent de se justifier. Elles se tournèrent même vers Chu Haoyan pour lui expliquer qu’elles n’étaient pas coupables.
Après tout, la jeune femme était la partenaire de Chu Haoyan. Ce qui lui était arrivé aurait également des conséquences pour lui. Il ne s’agissait pas seulement de lui trouver une nouvelle partenaire : cela risquait aussi d’affecter le niveau de sa Perle du destin Yin-Yang.
Or, aucune de ces femmes n’osait offenser Chu Haoyan.
« Je vais enquêter moi-même sur cette affaire. Mais il me faut une nouvelle partenaire, et vite. »
« Y a-t-il quelqu’un qui accepte d’entrer avec moi, Chu Haoyan, dans le Domaine sacré des Neuf Lunes ? » demanda-t-il d’un ton froid et indifférent.
La vie ou la mort de la jeune femme empoisonnée ne le préoccupait pas le moins du monde. Il ne pensait qu’à trouver une nouvelle partenaire.
À peine Chu Haoyan eut-il prononcé ces mots que plusieurs femmes dans la foule se montrèrent intéressées.
En fait, l’une d’elles s’avança bientôt et annonça qu’elle renonçait à sa partenaire actuelle pour faire équipe avec Chu Haoyan.
Dès qu’une première femme se manifesta, d’autres suivirent. En un clin d’œil, sept femmes avaient déclaré vouloir abandonner leur partenaire initiale pour devenir celle de Chu Haoyan.
Pourtant, celui-ci ne répondit pas. Il continuait de choisir, cherchant la candidate qui lui conviendrait le mieux.
En voyant la scène, la Reine retroussa les lèvres avec mépris, puis soupira. « Les membres de ce Clan céleste Chu sont vraiment sans cœur. C’étaient pourtant leurs partenaires, avec qui ils s’étaient entraînés. Comment peuvent-ils les abandonner aussi facilement ? »
« On dirait que votre clan n’a aucune chaleur humaine. Ce ne sont qu’une bande d’égoïstes qui font passer leurs intérêts avant tout. »
La Reine détestait manifestement, elle aussi, les traîtres qui privilégiaient leurs intérêts personnels à tout le reste.
« Petit frère Chu Feng, petite sœur Chu Yue, pourriez-vous nous montrer vos Perles du destin Yin-Yang à l’avance ? » demanda alors une voix douce.
C’était la même femme qui avait plus tôt demandé à Chu Ruoshi de montrer sa Perle du destin Yin-Yang.
À ces mots, la foule tourna aussitôt les yeux vers Chu Feng et Chu Yue.
Il semblait que, plus encore que de savoir qui deviendrait la nouvelle partenaire de Chu Haoyan, les gens voulaient connaître le niveau des Perles du destin Yin-Yang que Chu Feng et Chu Yue avaient éveillées.
Chu Feng sourit à la demande de la femme. Il ne semblait pas vouloir la repousser.
Chu Yue, en revanche, affichait un air glacial. Soudain, elle se tourna vers l’Ancien qui faisait le plus autorité parmi eux. « Veuillez m’excuser, Ancien. Je ne souhaite pas entrer dans le Domaine sacré des Neuf Lunes avec Chu Feng. »
« Quoi ?! »
Tous ceux qui étaient présents, y compris les Anciens, furent stupéfaits par les paroles de Chu Yue.
Chu Yue venait de déclarer qu’elle ne voulait pas entrer dans le Domaine sacré des Neuf Lunes avec Chu Feng.
Que se passait-il donc ? Chu Yue avait-elle perdu la raison ?
Chu Feng, lui, resta parfaitement calme.
Personne ne remarqua qu’il avait discrètement retiré la main qu’il s’apprêtait à tendre à la foule. Sa Perle du destin Yin-Yang s’y trouvait.
« Petite sœur Chu Yue, qu’est-ce qui t’arrive ? Pourquoi ne veux-tu pas entrer dans le Domaine sacré des Neuf Lunes avec petit frère Chu Feng ? » demanda la première Chu Ruoshi.
« Je souhaite faire équipe avec Chu Haoyan », répondit Chu Yue.
« Ça alors… » La foule fut de nouveau stupéfaite. Mais elle comprit rapidement.
Chu Yue voulait donc, elle aussi, s’attirer les faveurs de Chu Haoyan. C’était pour cela qu’elle repoussait Chu Feng.
Si la foule comprenait son intention, elle ne parvenait cependant pas à saisir son comportement.
Elle aurait pu comprendre si n’importe qui d’autre avait agi ainsi. Mais que Chu Yue le fasse, voilà qui lui échappait.
Chu Feng était lui aussi quelqu’un sur qui Chu Yue aurait pu s’appuyer. Elle n’avait aucune raison d’agir de la sorte.
Surtout, si n’importe qui d’autre pouvait se permettre une telle chose, Chu Yue, elle, n’en avait absolument pas le droit.
Après tout, sans Chu Feng, Chu Yue n’aurait même pas eu la possibilité d’entrer dans le Domaine sacré des Neuf Lunes.
En agissant ainsi, elle trahissait Chu Feng et crachait sur son bienfaiteur !
« Cette fille manigançait donc quelque chose. Je ne m’attendais simplement pas à ce que Chu Haoyan l’ait achetée. »
« Malgré la façon dont Chu Haoyan l’a traitée, elle est prête à te trahir pour lui. Laisse-moi sortir, je vais tuer cette ingrate sur-le-champ ! » Le visage de la Reine était devenu écarlate de colère, et ses petits poings étaient serrés à s’en blanchir les jointures.
Chu Feng et elle avaient beau avoir prévu que Chu Yue le trahirait, la Reine ne put contenir sa fureur lorsque cela se produisit.
« Laisse tomber. Laissons-la vivre. Rien ne lui fera plus de mal que de rester en vie », dit Chu Feng.
« Hein ? » La Reine ne comprit pas ce qu’il voulait dire.
« Elle agit ainsi parce qu’elle croit qu’elle a tout à gagner en s’appuyant sur Chu Haoyan. »
« Mais tôt ou tard, elle comprendra à quel point sa décision d’aujourd’hui était stupide. »
« Quand elle s’en rendra compte, elle regrettera son choix. Alors, elle connaîtra une véritable souffrance, et ne pourra jamais s’en libérer », déclara Chu Feng avec indifférence.
Chu Feng ne montra pas la moindre colère. Au contraire, il souriait avec calme. Il était d’un calme si absolu qu’il en devenait effrayant.
« Même si j’ai toujours l’impression que tu cherches délibérément à lui épargner la vie, cette Reine veut aussi voir le regret sur son visage. Je vais donc faire comme tu dis et l’épargner », acquiesça la Reine, à contrecœur.
« Petite sœur Chu Yue, qu’est-ce qui te prend ? Après tout ce que petit frère Chu Feng a fait pour toi, comment peux-tu l’abandonner ainsi ? » s’indigna Chu Ruoshi.
Dans le même temps, beaucoup d’autres lancèrent à Chu Yue des regards méprisants.
Personne ne semblait apprécier les ingrats qui trahissaient les leurs.
D’autant que tous avaient vu ce que Chu Feng avait fait pour Chu Yue.
Pour elle, Chu Feng s’était fait un ennemi de Chu Haoyan. Et pourtant, à un moment aussi crucial, elle lui faisait une chose pareille. Elle dépassait vraiment les bornes.