Chapitre 2 975
« Pourtant, cette confrontation n’avait rien engagé. Et si nous en faisions une autre, avec cette fois quelque chose en jeu ? » proposa Chu Feng.
« Ça ne me pose aucun problème. Ce n’est pas comme si j’avais peur de toi, répondit Chu Haoyan d’un ton indifférent. Comment veux-tu qu’on s’affronte ? »
« Dans un combat. Nous nous battrons tous les deux. Nous pourrons utiliser aussi bien nos techniques de Spiritualiste du Monde que nos techniques martiales pour déterminer lequel de nous est le plus fort, et lequel est le plus faible », déclara Chu Feng.
À ces mots, tous les visages se figèrent.
Ils se demandaient : « Chu Feng serait-il devenu fou ? Tout à l’heure, il n’avait pas osé ouvrir la bouche alors que Chu Haoyan le provoquait et l’insultait. Pourquoi irait-il maintenant le provoquer ? »
« Qu’est-ce qui lui fait croire qu’il peut provoquer Chu Haoyan ? Même s’il est Spiritualiste du Monde au Manteau exalté, même s’il a gravi la dixième marche des Pas des Neuf Niveaux de Foudre céleste, même s’il possède des Compétences secrètes défiant le ciel et qu’il a maîtrisé la Technique mystérieuse de la Punition divine, il n’est… il n’est qu’un Immortel véritable de rang cinq, alors que Chu Haoyan est un Immortel véritable de rang sept. »
« Peu importe la puissance d’un Immortel véritable de rang cinq, comment pourrait-il tenir tête à un Immortel véritable de rang sept ? »
« En plus, Chu Haoyan n’est pas un Immortel véritable de rang sept ordinaire. Il a inscrit son nom sur la Liste des génies de niveau démoniaque et compte parmi les membres les plus forts de la jeune génération du Clan céleste Chu. »
« Même si Chu Feng possède de nombreuses capacités défiant le ciel, Chu Haoyan en possède lui aussi. »
Quel que fût leur point de vue, tous estimaient que Chu Feng courait tout droit à sa perte en défiant Chu Haoyan.
Et les jeunes n’étaient pas les seuls à le penser. Après que Chu Feng eut défié Chu Haoyan, nombre d’anciens présents froncèrent les sourcils, jugeant Chu Feng bien trop arrogant.
À leurs yeux, son geste revenait à voler vers la flamme comme un papillon de nuit, pour y trouver sa propre destruction.
Seul Chu Xuanzhengfa gardait une expression inchangée. Il ne dit rien, mais observa la scène avec intérêt.
« Ha ha, j’ai mal entendu ? Tu veux vraiment te battre contre moi ? » ricana Chu Haoyan.
« Tu as bien entendu. Je compte me battre contre toi. Mais j’ai une condition », répondit Chu Feng.
« Une condition ? Hum, je savais que tu n’aurais pas le courage de m’affronter de front. Vas-y, dis-moi ce que tu veux », lâcha Chu Haoyan avec mépris.
Chu Haoyan était convaincu que Chu Feng allait proposer une condition qui l’avantagerait et lui nuirait à lui-même.
Mais cela lui était égal. Il y avait beaucoup de monde, et pas seulement des jeunes : parmi les aînés présents se trouvaient aussi de nombreuses personnes prestigieuses et influentes du Clan céleste Chu.
Si Chu Feng avançait une condition injuste, ce serait lui qui se couvrirait de honte. C’était précisément ce que souhaitait Chu Haoyan.
« Quand les poings et les pieds s’abattent, ils ne font pas de distinction. Si tu me blesses, même grièvement, je ne t’en tiendrai pas rigueur », déclara Chu Feng.
« Hein ? » Chu Haoyan resta interdit.
« Qu’est-ce qu’il raconte ? »
« Il n’allait pas proposer une condition injuste ? Pourquoi dit-il qu’il ne se plaindra pas, même si je le blesse gravement ? Quel tour Chu Feng est-il en train de jouer ? »
« En échange, si je finis par te blesser grièvement, j’espère que tu ne m’en tiendras pas rigueur non plus », ajouta Chu Feng.
« Putain, c’est quoi cette histoire ?! » jura Chu Haoyan.
Après avoir lâché son juron, il pointa Chu Feng du doigt. « Qui diable crois-tu être ? Tu penses pouvoir me blesser ? »
« Très bien, j’accepte ta condition. Viens, battons-nous », lança Chu Haoyan en le désignant du doigt.
« Ne sois pas si pressé. Nous n’avons pas encore décidé de l’enjeu », rappela Chu Feng.
« L’enjeu ? J’avais presque oublié. Très bien, dis-moi ce que tu veux, ça m’est égal », répondit Chu Haoyan.
« Si moi, Chu Feng, je perds, je renoncerai à m’entraîner dans le Domaine sacré des Neuf Lunes », déclara Chu Feng.
« Quant à toi… » Chu Feng tourna vers Chu Yue, qui observait la scène au loin, le doigt qu’il pointait sur Chu Haoyan. « Si tu perds, tu céderas à Chu Yue l’occasion de s’entraîner dans le Domaine sacré des Neuf Lunes. »
« Ça alors… »
À cet instant, tous les regards se tournèrent vers Chu Yue.
Ce n’est qu’alors qu’ils comprirent que ce qu’avait dit Chu Lingxi plus tôt semblait vrai.
Si Chu Feng n’avait pas osé affronter Chu Haoyan de front au palais, c’était à cause de Chu Yue.
Et s’il avait maintenant pris l’initiative de défier Chu Haoyan, c’était aussi pour Chu Yue.
« Alors, tu ne m’as défié que pour elle. Voilà bien ce qu’on appelle un héros qui s’emporte pour une belle. »
« Mais, Chu Feng, tu n’es pas un héros. Tu n’es qu’un imbécile. Après tout, il t’est tout simplement impossible de me vaincre », lança Chu Haoyan en le pointant du doigt.
« Vois-tu un problème dans les conditions que j’ai posées ? » demanda Chu Feng d’un ton parfaitement calme.
« Je brûle déjà d’impatience de te donner une leçon, espèce d’imbécile arrogant », répliqua Chu Haoyan.
« Alors, pouvons-nous commencer le combat ? » demanda Chu Feng.
« Viens, commençons tout de suite. » Chu Haoyan leva le bras et lui fit signe d’approcher, comme pour le provoquer et l’inciter à attaquer.
À cet instant, les personnes alentour reculèrent et dégagèrent un espace où Chu Feng et Chu Haoyan pourraient se battre.
Les jeunes présents étaient quelque peu perplexes. Ils ignoraient si Chu Feng avait réellement les moyens de tenir tête à Chu Haoyan, ou s’il faisait seulement semblant d’en être capable.
Quant aux experts de l’ancienne génération, ils secouaient la tête. Presque tous estimaient que Chu Feng creusait sa propre tombe.
Seul Chu Xuanzhengfa observait la scène avec intérêt.
« Seigneur, on dirait que vous ne vous inquiétez pas du tout pour Chu Feng. Pensez-vous qu’il pourrait gagner ? » demanda Chu Xingde, qui se tenait derrière Chu Xuanzhengfa, d’un air perplexe.
Les membres de la salle d’application des lois qui entouraient Chu Xuanzhengfa tournèrent à leur tour les yeux vers lui.
« N’oublie pas que c’est le fils de Chu Xuanyuan. Et regarde comme il est sûr de lui. A-t-il l’air d’un homme qui agit sans réfléchir ? » demanda Chu Xuanzhengfa.
« Mais est-ce vraiment possible ? L’écart entre leurs niveaux de cultivation est immense. Peu importe le nombre de capacités qu’on possède, on ne peut pas le combler », objecta Chu Xingde.
« Ne juge pas un génie à l’aune des gens ordinaires. Quant à Chu Feng, c’est indéniablement un génie », répondit Chu Xuanzhengfa.
À ces mots, les membres de la salle d’application des lois hochèrent la tête.
Jusqu’ici, Chu Feng avait accompli bien des choses dont les gens ordinaires étaient incapables. Il était indéniablement hors du commun.
« Cela dit, quelle capacité va-t-il donc utiliser pour vaincre Chu Haoyan, qui est tellement plus puissant que lui ? » demanda Chu Xingren.
« C’est précisément ce que je veux savoir », répondit Chu Xuanzhengfa avec un sourire.
Chu Xuanzhengfa avait une confiance absolue en Chu Feng. La seule chose qu’il ignorait, c’était quelles autres capacités Chu Feng pouvait bien posséder.
« Vite, regardez ! Qu’est-ce que c’est ?! »
« C’est… c’est une Porte du Monde spirituel ?! »
À cet instant, la foule éclata soudain en tumulte.
Tous purent clairement voir une Porte du Monde spirituel s’ouvrir devant Chu Feng.