Chapitre 2 965
« Je n’ai qu’une suggestion à faire. La sélection du Domaine sacré a commencé. Ne faisons pas perdre de temps à tout le monde. »
« Si vous pensez que l’ascension de Chu Feng à la dixième marche n’est qu’une réputation usurpée et ne reflète pas son véritable niveau, vous pouvez profiter de cette sélection du Domaine sacré pour vous mesurer à lui. »
« Vous entrerez tous les deux dans la Porte de la Mort. Le premier à en ressortir sera déclaré vainqueur. Qu’en dites-vous ? » proposa Chu Ruoshi.
« Hmph, je n’y vois évidemment aucun problème », répondit Chu Haoyan avec dédain.
« Petit frère Chu Feng, qu’en dis-tu ? » Chu Ruoshi se tourna vers lui.
Chu Feng ne répondit pas. Chu Haoyan le tenait toujours par le col, continuait de le provoquer et de l’insulter, et toute la foule l’observait avec insistance ; pourtant, Chu Feng gardait le silence.
Ce n’était pas par peur. Comment aurait-il pu avoir peur ?
Il ne craignait pas Chu Haoyan, mais il s’inquiétait pour Chu Yue. Il avait peur qu’elle soit blessée une fois qu’il aurait quitté le Clan céleste Chu.
« Ce ne sera qu’un combat amical entre vous et Chu Haoyan. Quel qu’en soit le résultat, cela n’aura aucune conséquence pour qui que ce soit. »
« Si quelqu’un s’en prend à autrui à cause de ce combat, ou cherche à se venger par la suite, moi, Chu Ruoshi, j’interviendrai pour faire respecter la justice », déclara-t-elle.
Chu Ruoshi était très intelligente. À tout le moins, elle l’était bien plus que nombre des personnes présentes. Elle ne pensait pas que Chu Feng gardait le silence depuis si longtemps parce qu’il avait peur de Chu Haoyan. Au contraire, elle avait compris qu’il s’inquiétait pour Chu Yue.
C’était pour cela qu’elle avait prononcé ces paroles.
Après avoir entendu Chu Ruoshi, Chu Yue desserra son étreinte. La présence de Chu Ruoshi à ses côtés semblait l’avoir rassurée.
Chu Feng finit alors par ouvrir la bouche : « Très bien. »
« Hmph, très bien ? Maintenant, ça te va ? Pourquoi refusais-tu le combat tout à l’heure ? »
« La dixième marche des Pas de la Foudre céleste. Hahaha ! Ce n’est pas si impressionnant, finalement. »
Sur ces mots, Chu Haoyan projeta Chu Feng de force plusieurs mètres plus loin. Il y mit tant de force que Chu Feng manqua de s’écraser au sol.
Chu Feng fut alors arraché à Chu Yue. Dans ses yeux jaillit aussitôt une intention meurtrière, féroce comme celle d’une bête sauvage.
« Qu’est-ce qu’il y a ? Tu ne l’as pas digéré ? » demanda Chu Haoyan.
« Ça suffit. Ne perdons plus de temps. Entrez », reprit Chu Ruoshi à cet instant.
« Je n’ai pas le temps de vous regarder vous battre ici. Que vous vouliez entrer ou non, moi, j’y vais », lança soudain Chu Lingxi.
Sur ces mots, elle s’élança dans la porte ouverte et disparut en un clin d’œil.
Le départ de Chu Lingxi donna le signal du début de la sélection du Domaine sacré. De nombreuses personnes présentes s’élancèrent aussitôt à sa suite et franchirent la porte ouverte.
« Hmph, espèce de déchet. Aujourd’hui, je vais faire honneur à Chu Ruoshi et te montrer ce qu’est un véritable génie. »
« Si tu ne l’as toujours pas digéré, moi, Chu Haoyan, je m’occuperai de toi comme il se doit à la fin de cette sélection du Domaine sacré », lança-t-il en pointant Chu Feng du doigt.
Après quoi, il s’envola à son tour vers la porte ouverte.
Chu Feng, lui, ne partit pas tout de suite. Il rejoignit Chu Yue et lui demanda avec inquiétude : « Grande sœur Chu Yue, ça va ? »
« Petit frère Chu Feng, je suis vraiment désolée. C’est à cause de moi que tu as dû subir tout ça », répondit Chu Yue, l’air contrit.
Chu Feng fut légèrement surpris. Chu Yue était manifestement très intelligente. Elle avait non seulement compris qu’il avait supporté les insultes de Chu Haoyan uniquement à cause d’elle, mais elle semblait aussi connaître son tempérament.
Elle savait qu’avec son caractère, Chu Feng aurait déjà affronté Chu Haoyan si elle ne l’en avait pas empêché.
À bien y réfléchir, il était normal qu’elle connaisse son tempérament. Après tout, elle avait déjà vu Chu Feng au Royaume ordinaire des Cent Raffinements. Il était naturel qu’elle ait appris à connaître un peu sa personnalité.
C’était peut-être précisément parce qu’elle savait comment il était qu’elle avait fini par l’arrêter.
« Tant que tu vas bien, grande sœur Chu Yue, moi, Chu Feng, je n’ai rien à reprocher à personne », dit-il avec un sourire.
Ce sourire était parfaitement détaché. Non pas que Chu Feng se moquât réellement de l’humiliation qu’il avait subie. C’était plutôt… qu’il ne voulait pas inquiéter Chu Yue.
« Petit frère Chu Feng, tu devrais entrer vite. Souviens-toi : la porte de gauche est celle de la Vie, et celle de droite, celle de la Mort. Tu dois entrer par la Porte de la Mort », lui dit Chu Yue.
« Dans ce cas, tu comptes entrer par la Porte de la Vie ? » demanda Chu Feng.
« Oui. La Porte de la Vie est différente de la Porte de la Mort. Je n’ai pas la force nécessaire pour entrer dans la Porte de la Mort. »
« Je t’expliquerai plus tard en quoi elles diffèrent. Pour l’instant, nous devons nous dépêcher d’entrer. Sinon… je risque de perdre ma chance d’obtenir les qualifications », répondit Chu Yue.
Ces mots la rendirent anxieuse.
« Très bien, entrons ensemble. »
Sur ces mots, Chu Feng saisit Chu Yue et s’envola avec elle vers la porte ouverte.
À cet instant, seules quatre silhouettes avaient franchi la prétendue Porte de la Mort : Chu Lingxi, Chu Ruoshi, Chu Haoyan et Chu Huanyu.
Chu Haoyan et Chu Huanyu marchaient côte à côte.
« Chu Huanyu, vu à quel point Chu Feng est inutile, pourquoi ne t’en es-tu pas débarrassé plus tôt ? » lança Chu Haoyan d’un ton satisfait. Il semblait se vanter auprès de Chu Huanyu de l’humiliation qu’il avait infligée à Chu Feng.
Chu Huanyu prit un air grave. « Même si je déteste Chu Feng plus que quiconque, Chu Haoyan, je dois te prévenir : il n’est pas aussi inoffensif que tu le crois. Tu ferais mieux de te préparer. »
« Me préparer à quoi ? » demanda Chu Haoyan.
« À ce qu’il s’occupe de toi », répondit Chu Huanyu.
« Hahaha ! Moi, me faire battre par lui ? Très bien, j’attends. J’attends que ce déchet vienne s’occuper de moi. Hahaha ! »
« Chu Huanyu, ô Chu Huanyu, tu as fini par devenir idiot à force de t’entraîner loin d’ici ? Tu crois vraiment qu’un déchet comme lui pourra s’occuper de moi ? »
Chu Haoyan riait avec suffisance, comme s’il venait d’entendre une plaisanterie particulièrement absurde.
En le voyant ainsi, Chu Huanyu changea d’expression. « Souviens-toi, je t’aurai prévenu. »
Sur ces mots, Chu Huanyu accéléra le pas.