Chapitre 267
Chu Feng continua d’utiliser la Technique mystérieuse dans le Bassin d’essence. Son aura s’élevait toujours rapidement à mesure qu’elle fusionnait avec les énergies du bassin. Celles-ci affluaient dans son corps et il les absorbait.
Imprégné par cette énergie sans limites, Chu Feng atteignit le huitième niveau du Royaume de l’Origine. Peu après, une nouvelle occasion de percer se présenta à lui. Il poursuivit sa progression et, dans une brusque poussée d’énergie, atteignit avec succès le neuvième niveau du Royaume de l’Origine.
À cet instant, Chu Feng fut fou de joie, car le Bassin d’essence était véritablement impressionnant. Si les choses continuaient ainsi, il aurait même une chance d’atteindre le Royaume du Profond.
Mais ses espoirs furent déçus : peu après avoir atteint le neuvième niveau du Royaume de l’Origine, Chu Feng découvrit, impuissant, que l’énergie sans limites diminuait. À la fin, il ne parvenait même plus à en sentir la moindre trace.
« Hein ? » Chu Feng ouvrit les yeux et déploya sa puissance spirituelle. Il découvrit que l’énergie du Bassin d’essence n’avait pas diminué et qu’elle était toujours aussi abondante. Alors, pourquoi ne parvenait-il plus à en absorber la moindre parcelle ?
« Petit, ton corps semble un peu particulier, pas vrai ? » À cet instant, le Fondateur du Dragon d’Azur, qui se tenait près du bassin, prit la parole. Son regard profond trahissait son étonnement.
« Ancêtre, qu’entendez-vous par là ? »
Chu Feng était à la fois étonné et perplexe. Il était étonné que le Fondateur du Dragon d’Azur ait remarqué la particularité de son corps. Mais il était perplexe, car le Bassin d’essence contenait encore de l’énergie, et pourtant, il ne pouvait plus en absorber.
« Ce Bassin d’essence est extrêmement particulier. L’énergie qu’il renferme est abondante, mais on ne peut en absorber qu’une quantité limitée. »
« En général, une personne dotée d’une bonne capacité de compréhension peut, grâce à l’énergie fournie par le Bassin d’essence, passer du premier niveau du Royaume de l’Esprit au sommet du Royaume du Profond. »
« Bien sûr, cela dépend des talents de chacun, et le temps nécessaire varie donc aussi. Pour les plus lents, il faut des dizaines d’années ; pour les plus rapides, quelques années, voire moins. »
« Petit, d’après ce que j’ai vu, tu es celui qui a absorbé l’énergie de ce Bassin d’essence le plus rapidement. À tel point qu’en un instant, tu as absorbé une quantité d’énergie qui aurait demandé plusieurs années, voire des dizaines d’années à d’autres. »
« Une méthode d’absorption aussi terrifiante ne relève pas seulement du talent. Même si tu cultivais des techniques démoniaques, tu ne pourrais pas y parvenir. Cela signifie donc que ton corps est très particulier. Si particulier qu’il absorbe automatiquement l’énergie la plus pure pour que tu puisses l’utiliser. Je ne me trompe pas, n’est-ce pas ? » Le Fondateur du Dragon d’Azur sourit en observant Chu Feng et en exposant son raisonnement.
« Ancêtre, vous avez raison. Mon corps est effectivement un peu particulier. Dès que je dispose d’une grande quantité de ressources, ma cultivation peut progresser très rapidement. C’est aussi pour cela que j’ai pu franchir autant de niveaux en une seule année. »
« Cependant, plus ma cultivation s’élève, plus les ressources dont j’ai besoin sont considérables. Comme vous l’avez dit, j’ai absorbé en un instant une quantité d’énergie qui aurait demandé des dizaines d’années à d’autres, et c’était l’énergie la plus pure. »
« Mais alors que les autres peuvent absorber assez d’énergie pour atteindre le sommet du Royaume du Profond, ici, je n’ai pu passer que du septième au neuvième niveau du Royaume de l’Origine. » Cette fois, Chu Feng ne cacha plus rien et reconnut que son corps était particulier.
Tout d’abord, il était vraiment difficile de dissimuler quoi que ce soit au Fondateur du Dragon d’Azur : il avait tant d’expérience qu’il était presque impossible de tromper son regard omniscient.
De plus, puisque le Fondateur du Dragon d’Azur avait accepté de l’aider à élever sa cultivation, Chu Feng espérait que sa puissance lui permettrait de trouver des ressources de cultivation encore plus puissantes à utiliser dans la Tombe de l’Empereur. Ce serait l’idéal s’il y parvenait.
« En toute chose, il y a des avantages et des inconvénients. Sur la voie de la cultivation martiale, le pire écueil consiste à rechercher des gains immédiats. On peut certes élever considérablement sa cultivation en peu de temps en absorbant sans discernement des médicaments de l’Origine ou du Profond, ou d’autres ressources de cultivation, mais il devient ensuite difficile de franchir les obstacles. »
« Cependant, tu n’es pas limité de cette manière. Tu peux consommer librement des ressources de cultivation pour élever ta cultivation, sans en subir les conséquences. C’est un avantage que les autres n’ont pas. »
« En revanche, si tu veux élever ta cultivation, tu dois payer un prix bien plus élevé que les autres. Voilà l’inconvénient. Quant à savoir si cette méthode particulière est bonne ou mauvaise, cela ne dépend que de toi. » Le Fondateur du Dragon d’Azur sourit en parlant.
« Je comprends. » Chu Feng hocha la tête : il avait saisi le sous-entendu.
Il venait de lui expliquer que son corps particulier pouvait être une bénédiction, mais aussi un handicap. Tout dépendrait de Chu Feng lui-même, autrement dit, de ses capacités personnelles. Le Fondateur du Dragon d’Azur lui faisait comprendre qu’il ne lui fournirait pas davantage de ressources de cultivation : s’il voulait progresser, il devrait compter sur lui-même.
« Chu Feng, en tant que spirite du monde, ne t’es-tu jamais demandé pourquoi je suis encore en vie, alors que je ne suis plus qu’une conscience ? » demanda soudain le Fondateur du Dragon d’Azur avec un sourire.
« Ancêtre, vos capacités sont immenses. Je suis certain que vous possédez une méthode particulière qui vous permet de vivre aussi longtemps sans disparaître », répondit respectueusement Chu Feng.
« Haha, vivre aussi longtemps sans disparaître ? Tu me surestimes. Sur la voie de la cultivation martiale, une fois un certain royaume atteint, on peut effectivement prolonger sa vie en dérobant des années au ciel. »
« Mais ce privilège ne s’obtient qu’après avoir atteint le Royaume du Seigneur martial. Le nombre d’années gagnées varie selon le talent de chacun. »
« En général, un Seigneur martial peut vivre cent ans de plus qu’une personne ordinaire. Malheureusement, je n’ai jamais pu atteindre ce royaume. Et même si j’y étais parvenu, deux cents ans se sont déjà écoulés : j’aurais dû disparaître depuis longtemps, comme une volute de fumée. »
« Pourtant, Chu Feng, tu as raison. Je possède bel et bien des méthodes particulières qui m’ont empêché de disparaître après ma mort. Tout cela, je le dois à un trésor que j’ai trouvé dans la Tombe de l’Empereur. »
Le Fondateur du Dragon d’Azur sourit légèrement, puis s’enfonça dans le hall principal. Chu Feng le suivit aussitôt. Après avoir parcouru cinq mille mètres, ils arrivèrent devant un cercueil de cristal. Une faible lueur l’enveloppait et un cadavre reposait à l’intérieur.
Le visage du cadavre était exactement le même que celui du Fondateur du Dragon d’Azur qui se tenait aux côtés de Chu Feng. Mais il s’agissait d’un véritable corps, et non d’une simple conscience. Même après mille ans, la dépouille du Fondateur du Dragon d’Azur était parfaitement intacte.
« Chu Feng, regarde ! La perle qu’il tient dans la main doit empêcher son cadavre de pourrir et sa conscience de s’éteindre », lui rappela Eggy.
À cet instant, Chu Feng remarqua lui aussi une perle de la taille d’un œuf de poule dans la main du Fondateur du Dragon d’Azur. La lueur qui enveloppait le cercueil de cristal provenait de cette perle.
« Ce trésor n’a pas pu me sauver la vie dans la Tombe de l’Empereur, mais il a empêché mon cadavre de se dégrader et ma conscience de s’effacer. C’est véritablement un trésor. »
« Mais même le plus merveilleux des trésors ne peut défier le ciel. Dans cent ans, ma conscience s’affaiblira et mon cadavre finira lui aussi par pourrir. Quelles que soient les méthodes particulières que j’emploie pour retarder ma mort, je ne tarderai pas à disparaître. »
« Alors, Chu Feng, si je t’ai conduit ici, c’est parce que j’ai une requête à te faire. » Le regard du Fondateur du Dragon d’Azur se chargea soudain de supplication tandis qu’il fixait Chu Feng.