Chapitre 185
« Chu Feng, je vais te tuer ! »
Voyant que Chu Feng allait le tuer, Yangzi cessa de le supplier comme un lâche et se jeta sur lui. Liu Biao fit de même.
Tous deux exécutèrent une technique martiale de rang 5 et y canalisèrent toute leur puissance de l’Origine. Ils jouaient leur vie, et leurs attaques n’avaient rien à voir avec les précédentes.
D’un côté, un immense tigre se matérialisa à partir de la puissance de l’Origine. Son pelage frémissait et il semblait si vivant qu’on aurait cru voir une véritable bête. Son rugissement aurait suffi à ébranler montagnes et rivières, et ses griffes pouvaient pulvériser des sommets. Il se rua sur Chu Feng avec la majesté d’un roi des dix mille bêtes.
De l’autre, la puissance de l’Origine forma des épées acérées, loin d’être illusoires. Elles semblaient bien réelles, et il y en avait plus d’un millier. Mille épées s’abattirent ensemble, avec une force irrésistible.
« Terrifiant ! »
À cet instant, le jeune homme robuste et la jeune femme séduisante se crispèrent, les yeux emplis de peur. L’attaque qui se déchaînait devant eux aurait aisément pu les tuer tous les deux sans laisser la moindre trace.
Ils ne purent donc que se tenir derrière Chu Feng, ce jeune homme pourtant plus jeune qu’eux. La jeune femme séduisante s’agrippa même fermement à ses vêtements : à cet instant, il était le seul sur qui elle pouvait compter.
« Ha… C’est encore trop faible. »
La longue robe de Chu Feng flottait sous la pression du vent engendré par cette puissance redoutable. Ses cheveux aussi s’agitaient comme ceux d’un démon, voltigeant de haut en bas.
Pourtant, il restait là, sans esquiver ni reculer. Un léger sourire aux lèvres, il attendait tranquillement l’attaque.
Hmm.
Alors que les attaques allaient les engloutir, les yeux de Chu Feng brillèrent soudain et une Formation spirituelle limpide et translucide, semblable à un miroir, apparut devant lui.
Boum !
Le tigre féroce et les milliers d’épées s’écrasèrent en même temps sur cette Formation spirituelle, aussi fine qu’une plaque de glace. Des ondulations violentes se propagèrent aussitôt, et le sol trembla jusque sous les pieds de Chu Feng.
Mais, au bout du compte, les attaques ne parvinrent pas à franchir sa ligne de défense. Quand celles des deux hommes se dissipèrent, la Formation spirituelle devant Chu Feng était intacte. Elle ne présentait même pas une fissure.
« T’es vraiment humain ? Avec ton niveau de cultivation, comment peux-tu maîtriser de telles techniques ? » Liu Biao paniquait et tremblait de peur. Il n’avait jamais rencontré d’adversaire aussi terrifiant. Il ne pouvait pas le considérer comme un homme, mais comme un monstre.
« Ce n’est pas moi, Chu Feng, qui suis impressionnant. C’est juste que vous n’avez encore jamais rencontré quelqu’un de vraiment puissant. »
Chu Feng eut un sourire amer, car il venait de se rappeler la jeune fille vêtue de violet. Aux yeux de beaucoup, il était déjà un monstre. Pourtant, à côté de cette jeune fille, il était on ne peut plus ordinaire. Voilà tout l’écart qui séparait ces deux êtres.
« Espèce de salaud ! »
Voyant que ses attaques ne servaient à rien contre Chu Feng, Yangzi se mit à frapper la Formation spirituelle qui les emprisonnait. Mais ses efforts furent tout aussi vains. Fou de rage, il ne pouvait pourtant rien y faire.
« Il est temps d’en finir. »
Enfin, le visage de Chu Feng se durcit. Il leva à peine la main : des éclairs en jaillirent, puis se muèrent en deux énormes dragons de foudre. Gueules grandes ouvertes, ils poussèrent un rugissement assourdissant avant de fondre sur Yangzi et Liu Biao.
Le Troisième Style du Tonnerre. Ce n’était plus la technique la plus puissante de Chu Feng, mais, même ainsi, elle déploya une puissance terrifiante. C’était comme lorsqu’un expert du Royaume Céleste exécutait une technique martiale de rang 1 : elle pouvait tout de même libérer une force effroyable.
« Chu Feng, même si je deviens un fantôme, je ne te le pardonnerai pas ! »
Ce furent les dernières paroles de Yangzi. Lorsque le dragon de foudre engloutit son corps, il n’émit pas le moindre son. Il fut entièrement consumé par les flammes, sans même laisser de cadavre.
Après avoir tué Yangzi et Liu Biao, Chu Feng se servit du Troisième Style du Tonnerre pour réduire en cendres les trois autres corps. Il ne laissa véritablement aucune trace derrière lui.
« J’espère que vous garderez tous les deux cette affaire secrète. » Une fois qu’il eut tout réglé, Chu Feng sourit au jeune homme et à la jeune femme.
« Ne t’inquiète pas, nous ne révélerons pas un seul mot de ce qui s’est passé. »
La jeune femme et le jeune homme le lui promirent de tout leur cœur. Chu Feng leur adressait un sourire plutôt bienveillant, mais après avoir vu de quoi il était capable, ils éprouvaient au fond d’eux une profonde crainte à son égard.
Après tout, ils étaient concernés par cette affaire. S’ils l’ébruitaient, ils s’attireraient une foule d’ennuis sans en tirer le moindre avantage. Naturellement, ils garderaient donc le silence.
« Quelle méthode impitoyable ! Tuer et effacer les traces, hein ? » Mais, à cet instant, une voix retentit soudain tout près.
« Qui est là ? » Chu Feng fronça légèrement les sourcils, surpris par ce changement soudain. Il déploya sa puissance spirituelle, mais ne sentit pas la moindre aura alentour.
« Ha ha, tu as peur ? Ne t’inquiète pas, on a l’habitude de ce genre de choses et on n’en parlera pas. » La voix retentit de nouveau. Deux silhouettes sortirent de derrière une haute sculpture de pierre.
C’étaient deux jeunes hommes. Ils n’avaient rien de banal et portaient des vêtements noirs caractéristiques du Clan Jie.
« Le Clan Jie ! »
À cet instant, Chu Feng ne fut pas le seul à être stupéfait : le jeune homme robuste et la jeune femme séduisante l’étaient tout autant. Le nom du Clan Jie était trop célèbre. Il représentait le sommet des Esprits du Monde et faisait figure de modèle pour nombre d’entre eux.
« Quelles sont vos intentions ? Pourquoi vous cachiez-vous là ? »
Le regard de Chu Feng était aussi perçant qu’une torche tandis qu’il les fixait. Même s’ils se trouvaient tout près, juste devant lui, il ne parvenait toujours pas à sentir leur aura. Ils étaient comme de l’air, et Chu Feng comprit qu’ils n’étaient pas ordinaires.
« On passait simplement par là. Comme on a vu un combat plutôt divertissant, on s’est arrêtés pour regarder », répondit avec un léger sourire le jeune homme un peu plus grand.
« Un combat divertissant ? Ce n’étaient qu’une bande de déchets de la Province d’Azur. Des chiens qui se mordent entre eux. » Le jeune homme un peu plus petit affichait un mépris manifeste.
« Des déchets de la Province d’Azur ? Et vous, alors ? » Le visage de Chu Feng se rembrunit aux paroles du plus petit. Après tout, il venait lui-même de la Province d’Azur, et il n’aimait naturellement pas qu’on la méprise.
« Nous ? Nous sommes des échelles vers le ciel, bien trop hautes pour que tu puisses nous égaler. Tu ne peux que lever les yeux vers nous. » Le plus petit affichait un air suffisant et regardait Chu Feng avec dédain, ainsi que le jeune homme robuste et la belle jeune femme derrière lui.
À cet instant, le jeune homme robuste et la jeune femme séduisante furent tout aussi indignés que Chu Feng. Ils n’osaient toutefois pas le montrer, car ces deux-là appartenaient au Clan Jie. Ils avaient bel et bien de quoi se montrer arrogants.
Fff ! Chu Feng passa soudain à l’attaque. Sans le moindre avertissement, il fondit sur le plus petit avec ses techniques de foudre.
« Hmph. »
Le plus petit n’était pas un adversaire ordinaire ; il repéra aussitôt les mouvements de Chu Feng. Dans un ricanement, il libéra l’aura d’un pratiquant du cinquième niveau du Royaume de l’Origine. Au lieu d’esquiver, il leva la paume et frappa en direction de Chu Feng.
Mais il sous-estima encore Chu Feng. Les éclairs crépitèrent sous ses pieds et il disparut en un instant. Quand il réapparut, il se trouvait déjà derrière le plus petit.
« Attention ! »
Le plus grand poussa un cri, mais il était trop tard. Chu Feng donna un coup de pied dans la taille du plus petit qui, pris au dépourvu, s’écrasa directement face contre terre.
« Espèce de salaud… Mm ! »
Le plus petit, fou de rage, ouvrit la bouche pour jurer. Mais avant même d’avoir fini, le pied de Chu Feng s’abattit du ciel sur sa tête et lui enfonça violemment le visage dans le sol.
« Pour moi, Chu Feng, une échelle vers le ciel, ça ne se contemple pas. Ça se piétine ! »