Chapitre 173
« Tu maîtrises déjà si bien la Formation spirituelle ? »
À cet instant, en contemplant la Formation spirituelle qui l’entourait, Zhuge Liuyun resta stupéfaite. Même si sa cape blanche lui dissimulait le visage, Chu Feng percevait son air à la fois choqué et ravi.
« Hé… »
Chu Feng eut un petit rire et ne répondit pas vraiment, mais il acquiesça silencieusement aux paroles de Zhuge Liuyun. Après tout, il déployait déjà devant elle une Formation spirituelle qu’il maîtrisait à la perfection.
« Chu Feng, peux-tu modifier cette Formation spirituelle à ta guise ? » demanda soudain Zhuge Liuyun.
« Maîtresse, quel genre de modification veux-tu ? » demanda Chu Feng.
« La modifier dans sa forme », répondit Zhuge Liuyun.
Hum, hum.
À peine Zhuge Liuyun eut-elle fini de parler que la Formation spirituelle qui les entourait disparut, puis plusieurs autres réapparurent. Cette fois, elle ne les enferma pas tous les deux et se manifesta uniquement dans la main de Chu Feng.
Au début, la Formation spirituelle translucide ne dépassait pas la taille de sa paume et tournoyait dans sa main. Mais tandis que Chu Feng continuait à la contrôler, elle s’en détacha peu à peu et grandit lentement. Tantôt rectangulaire, tantôt circulaire, elle prit parfois même la forme d’une étoile à cinq branches. Elle changeait véritablement selon ses désirs. Rien ne lui était impossible, hormis ce qu’il ne pouvait imaginer.
« Chu Feng, maîtrises-tu la Boussole des Esprits du Monde ? » demanda encore Zhuge Liuyun.
Chu Feng acquiesça et sortit la Boussole des Esprits du Monde. Il expliqua à quoi correspondaient les éléments qui y figuraient et ce que représentaient les différents symboles. Grâce aux conseils d’Eggy, il la connaissait sur le bout des doigts.
Ensuite, Zhuge Liuyun posa à Chu Feng d’autres questions sur les connaissances consignées dans le livre qu’elle lui avait donné. Même sans Eggy, il aurait pu y répondre sans difficulté. Son analyse des significations cachées était extrêmement approfondie.
« Bien, bien, bien ! »
Après l’avoir mis à l’épreuve, Zhuge Liuyun n’en dit pas davantage, mais répéta trois fois « bien ». Ces trois mots suffirent à exprimer toute sa stupeur.
« Moi, Zhuge Liuyun, je voulais trouver quelqu’un digne de recevoir mes techniques. J’ai cherché pendant la moitié de ma vie et, enfin, j’ai trouvé un disciple qui en est digne. »
En regardant Chu Feng, qui se tenait devant elle, Zhuge Liuyun hocha la tête à plusieurs reprises. Chu Feng avait certes nourri un léger espoir, mais ses résultats dépassaient désormais de loin ses attentes.
« Maîtresse, permets-moi de te rendre hommage ! » Chu Feng s’agenouilla à demi et joignit les mains. Il rendit hommage à Zhuge Liuyun, comme un disciple à sa maîtresse.
« Tu es naturellement intelligent et, à l’avenir, tu deviendras sans aucun doute un Esprit du Monde remarquable, dont les accomplissements dépasseront les miens. »
« Hélas, je ne peux que te guider, pas t’enseigner. Mais si tu le souhaites, tu peux tout de même m’appeler “maîtresse”. » Zhuge Liuyun se pencha, puis aida Chu Feng à se relever.
« Tu es ma maîtresse. Ma seule maîtresse », affirma Chu Feng d’un ton résolu, empreint de respect.
« Ha ha ! Bien, je ne me suis vraiment pas trompée. » Zhuge Liuyun prononça ces mots à voix haute, mais il était évident que les derniers mots de Chu Feng lui avaient particulièrement plu.
Après tout, toute personne compétente aimait trouver un disciple talentueux à qui transmettre son savoir. Zhuge Liuyun était une personne compétente, et Chu Feng, un disciple doué.
Ensuite, Zhuge Liuyun posa la main sur le Sac cosmique accroché à sa taille. Les symboles s’animèrent et se mirent à briller. Une poignée de perles de l’Origine apparut dans sa paume. D’un coup d’œil, Chu Feng comprit qu’il y en avait cent.
« Feng’er, le combat qui t’opposera à Gong Luyun approche. En tant que ta maîtresse, je peux t’aider en quoi que ce soit. Prends ces perles de l’Origine ; je pense qu’elles te seront utiles. »
« Merci, maîtresse. »
Chu Feng prit les perles de l’Origine. Il savait déjà que Zhuge Liuyun était plutôt fortunée, mais il n’aurait jamais imaginé qu’elle serait aussi généreuse et lui en offrirait autant d’un seul coup.
Chu Feng en fut bouleversé. Il ne fit pas comme si ces cent perles de l’Origine ne représentaient rien sous prétexte que Zhuge Liuyun était riche. Après tout, elles coûtaient tout de même très cher.
On disait que l’École du Dragon Azur versait chaque mois à Zhuge Liuyun une seule perle du Profond, mais plus Chu Feng en apprenait, plus il pensait qu’il ne s’agissait que de rumeurs. La réalité était peut-être tout autre.
Il savait que les perles du Profond, des médicaments du Profond de qualité supérieure, étaient extrêmement rares. On pouvait les considérer comme des trésors inestimables, tant l’énergie profonde qu’elles renfermaient était immense. Elles avaient le même effet sur les gens du Royaume de l’Esprit que les perles spirituelles.
Les pratiquants du neuvième niveau du Royaume du Profond ne pouvaient franchir seuls le seuil de la percée. Ces perles les aidaient à franchir cette barrière infranchissable et à saisir un pouvoir entièrement nouveau, en accédant au Royaume Céleste, qui leur permettait de voyager jusqu’aux confins du monde.
On comprenait ainsi à quel point les perles du Profond étaient précieuses. Même l’École Lingyun, pourtant de premier rang, n’avait pas les moyens d’offrir chaque mois une perle du Profond à un Esprit du Monde, alors comment l’École du Dragon Azur, de second rang, aurait-elle pu le faire ?
Chu Feng estimait donc que les suppositions concernant les dons reçus par Zhuge Liuyun n’étaient que des rumeurs. Même un médicament du Profond de qualité supérieure chaque mois représentait une dépense considérable. Pour les gens ordinaires, un tel médicament était déjà un trésor inestimable.
Sinon, Su Rou, la fille aînée du seigneur de la Cité de l’Oiseau Vermillon, ne se serait pas réjouie à ce point en découvrant le médicament du Profond de qualité supérieure que Zhuge Liuyun lui avait offert.
Après avoir rangé les cent perles de l’Origine, Chu Feng sentit une grande joie l’envahir. Il brûlait de savoir quel royaume il atteindrait après avoir utilisé ces précieuses perles pour faire progresser sa cultivation.
En regardant Zhuge Liuyun, il ne put s’empêcher d’éprouver encore plus de respect et de gratitude. Même si elle était plutôt fortunée, elle devait, après tout, cultiver elle-même.
Et puis, si quelqu’un était riche, sa fortune lui appartenait. S’il vous donnait quelque chose, c’était parce qu’il vous appréciait ; s’il ne vous donnait rien, c’était tout aussi légitime, car personne ne devait rien à personne.
Pourtant, bien qu’elle connût Chu Feng depuis peu, Zhuge Liuyun lui apportait une aide aussi considérable. Il était évident qu’elle avait une très bonne opinion de lui.
« Tu es un peu trop obstiné. Tu devrais tempérer ce trait de caractère, sans quoi tu le paieras cher. »
« Mais ne t’inquiète pas trop. Tu peux affronter Gong Luyun l’esprit tranquille. Même si tu perds, je protégerai ta vie », reprit Zhuge Liuyun.
« Hé hé. » Chu Feng se contenta de rire aux paroles de Zhuge Liuyun. Il ne pouvait tout de même pas lui dire qu’il comptait tuer Gong Luyun, n’est-ce pas ?
Après avoir constaté l’habileté de Chu Feng en Formation spirituelle, Zhuge Liuyun ne cacha plus son affection pour lui. La maîtresse et son disciple discutèrent longuement et, plus ils parlaient, plus la conversation s’animait.
Pour finir, Zhuge Liuyun prépara même elle-même un festin pour Chu Feng. Les plats n’étaient pas somptueux, mais ils avaient l’air délicieux, sentaient bon et étaient savoureux. Surtout, c’était Zhuge Liuyun, une Esprit du Monde, qui les avait cuisinés. Ceux qui avaient pu goûter à ses plats devaient être très peu nombreux dans le monde.