Chapitre 1 279
« Chu Feng, cesse tes attaques ! »
Après cette violente correction, quelqu’un finit par ne plus supporter de regarder Chu Feng rouer Ben Leihu de coups. C’était Zhao Jingang. Non content de lui ordonner d’arrêter, il l’attaqua lui aussi à l’aide d’une technique martiale.
Cette technique forma une immense lame d’argent, faite de puissance martiale, qui jaillit de son corps. Lorsqu’elle s’abattit sur Chu Feng, elle déchira même l’espace.
Pourtant, malgré la puissance de cette attaque, Chu Feng ne daigna même pas la regarder. Il leva le bras et décocha un coup de poing fulgurant. « Boum ! » L’attaque de Zhao Jingang fut dispersée par Chu Feng.
« Quoi ? Vous ne pouvez plus rester là à regarder ? Alors, ne perdons pas de temps : venez tous m’affronter ensemble. » Chu Feng se redressa lentement, quittant le dos de Ben Leihu. Le pied posé sur la tête de ce dernier, il contempla Zhao Jingang et les autres avec un sourire aux lèvres.
« Chu Feng, ne fais pas le malin. Ne crois pas que tu sois le seul à posséder des pouvoirs particuliers à la Montagne de Cyanwood. »
« Aujourd’hui, je vais t’ouvrir les yeux et te faire comprendre que le ciel n’est pas la limite et qu’il y a toujours plus fort que soi. Je vais te montrer ce qu’est le pouvoir le plus puissant de ce monde. »
À cet instant, les yeux de Zhao Jingang, Qi Yanyu et Tao Xiangyu se mirent à briller. L’instant d’après, des vagues d’aura déchaînée jaillirent de leurs corps.
Ces auras étaient extrêmement féroces et renfermaient un pouvoir particulier, inaccessible aux gens ordinaires. Pour le décrire, il s’agissait d’une puissance véritablement capable de détruire le monde.
À cet instant, ces auras ne se contentèrent pas d’engloutir tout ce qui les entourait : elles commencèrent même à bouleverser le ciel et la terre. Le temps se gâta, des nuages noirs se formèrent, le tonnerre gronda et des éclairs tourbillonnèrent dans les airs. Tout était sombre et terrifiant, comme si cette région était entrée dans ses derniers jours.
Un grand arbre couvert de fleurs de pêcher apparut alors dans le ciel et se posa sur le corps de Tao Xiangyu. Ses pétales se dispersèrent dans toutes les directions. Chacun d’eux était semblable à une lame capable de trancher montagnes et rivières.
Quant à Zhao Jingang et Qi Yanyu, bien qu’aucun des deux n’ait provoqué un phénomène aussi spectaculaire que Tao Xiangyu, ils en firent eux aussi apparaître un.
Il s’agissait d’une lueur dorée et de flammes majestueuses.
La lueur dorée et les flammes déchaînées recouvrirent l’horizon. Elles étaient non seulement éblouissantes, mais aussi terrifiantes. Car tout le monde savait que ces flammes n’étaient pas ordinaires, pas plus que cette lumière dorée.
Finalement, la lueur dorée et les flammes déchaînées pénétrèrent respectivement dans le corps de Zhao Jingang et de Qi Yanyu. [1. Le « Jing » de Zhao Jingang signifie « or ». Le « Yan » de Qi Yanyu signifie « flamme ». Le « Tao » de Tao Xianyu signifie « pêche ».]
À présent, une lumière dorée émanait du corps de Zhao Jingang, comme si celui-ci était fait d’acier doré.
Quant à Qi Yanyu, des flammes déchaînées enveloppaient son corps, à l’image de l’Armure du Tonnerre de Chu Feng. Debout, il ressemblait à un saint du feu.
Mais surtout, ces transformations spectaculaires avaient décuplé leurs auras. D’un geste ou d’un mouvement, ils pouvaient appeler le vent et faire tomber la pluie. La puissance martiale qu’ils déployaient suffisait à ravager les alentours.
Zhao Jingang, Qi Yanyu et Tao Xiangyu possédaient tous un Corps divin.
« Tous les trois ont un Corps divin ? Incroyable ! »
« Comme on pouvait s’y attendre de la Montagne de Cyanwood ! Il y a donc trois Corps divins parmi ses disciples. Rien que pour ça, les autres puissances ne peuvent rivaliser avec elle. »
Il fallait s’y attendre : en révélant tous les trois leurs pouvoirs divins uniques, ils suscitèrent l’admiration de la foule.
Les Corps divins n’étaient pas rares dans la Terre sacrée du Savoir martial, mais ils étaient loin d’être nombreux. C’était d’autant plus vrai à la Montagne de Cyanwood. Beaucoup avaient peut-être vu les phénomènes provoqués par la naissance de détenteurs d’un Corps divin, mais rares étaient ceux qui avaient réellement vu ces derniers.
De plus, on disait que les Corps divins possédaient des pouvoirs accordés par les cieux, et que chacun d’eux avait des pouvoirs et des aptitudes différents.
Aujourd’hui, la foule put enfin constater la puissance de ces Corps divins. Et il y en avait trois à la fois ! De quoi la surprendre, la ravir et l’enthousiasmer au plus haut point.
« Ils ont vraiment tous les trois un Corps divin ? Comment Chu Feng va-t-il s’en sortir ? »
Beaucoup s’inquiétaient également pour Chu Feng. Ils craignaient qu’il ne puisse pas rivaliser avec les trois détenteurs d’un Corps divin. Après tout, ceux-ci jouissaient d’une réputation extraordinaire : on les disait détenteurs du pouvoir le plus puissant au monde.
« Fff, fff, fff. »
Après avoir libéré leurs pouvoirs divins, Zhao Jingang, Qi Yanyu et Tao Xiangyu n’hésitèrent pas. Ils échangèrent un regard, passèrent à l’action ensemble, encerclèrent Chu Feng sur trois côtés et l’attaquèrent de concert.
Dès le début, ils dévoilèrent leurs atouts. Ils voulaient vaincre Chu Feng au plus vite, sans lui laisser la moindre chance de riposter. Leur toute première attaque fut donc impitoyable.
Ils n’employèrent aucune technique martiale, mais leurs méthodes dépassaient celles de telles techniques. Les fleurs de pêcher tranchantes, la lumière éblouissante et les flammes déchaînées, qui semblaient capables de brûler les cieux, étaient leurs pouvoirs divins propres : des dons des cieux, des méthodes supérieures à toutes les autres.
« Parfait. Laissez-moi donc voir de quoi sont capables vos Corps divins. » En voyant les trois se ruer sur lui, Chu Feng esquissa un léger sourire. Loin d’avoir peur, il était même enthousiaste.
En tant que génie doté d’une lignée extrêmement puissante, Chu Feng avait depuis longtemps envie d’éprouver la puissance des Corps divins. Cette fois, l’occasion était idéale.
Au moment où les trois allaient le frapper, Chu Feng eut un sourire froid. Il ne leur opposa pas directement ses attaques. Il pivota plutôt sur lui-même et exécuta une technique martiale de déplacement très mystérieuse, esquivant les trois assaillants.
« Comme on pouvait s’y attendre, même Chu Feng ne fait pas le poids face aux Corps divins. » En le voyant éviter les attaques au lieu de les encaisser de front, beaucoup de ceux qui espéraient assister à un combat grandiose furent déçus.
« Chu Feng, pourquoi tu fuis ? Où est passée l’arrogance dont tu faisais preuve tout à l’heure ? »
« Quel minable ! Tu parlais de nous affronter, et maintenant tu cours partout comme un singe. C’est donc tout ce dont tu es capable ? À part avoir la grande gueule, tu n’as même pas le courage de nous combattre ? » Zhao Jingang et Qi Yanyu étaient ravis d’eux-mêmes. Persuadés que Chu Feng avait peur, ils se mirent à l’insulter à grands cris.
Pourtant, Chu Feng ne se laissa pas mettre en colère par leurs insultes. Il n’était pas du genre à livrer un combat qu’il n’était pas sûr de gagner. Et face à des Corps divins, il ne pouvait surtout pas se permettre d’être imprudent.
Ainsi, même s’il semblait fuir, il évaluait en réalité la véritable puissance de ses trois adversaires.
Après les avoir observés un moment, Chu Feng comprit que Tao Xiangyu était la plus facile à vaincre. Bien qu’elle possédât un Corps divin, elle n’était qu’au sixième rang du Royaume du Roi martial.
Zhao Jingang et Qi Yanyu, en revanche, étaient différents. Tous deux étaient des Rois martiaux de rang sept. De plus, leurs pouvoirs divins n’étaient pas comme celui de Tao Xiangyu : ils étaient fusionnés avec leurs corps. Leurs attaques étaient donc plus équilibrées, explosives et destructrices.
Dans ces conditions, Chu Feng ne pouvait pas se permettre de retenir ses coups ; il devait révéler toute sa puissance pour les combattre.
« Haaa… » Une fois sa décision prise, Chu Feng poussa un grand cri. D’une simple pensée, une paire d’immenses Ailes du Tonnerre jaillit de son dos.
Dès que ses Ailes du Tonnerre apparurent, la cultivation de Chu Feng s’éleva de nouveau. Il atteignit le même niveau que Zhao Jingang et Qi Yanyu : celui d’un Roi martial de rang sept.
À rang égal, qui Chu Feng pouvait-il craindre ? Même face à des Corps divins, il n’avait pas peur.
« Allez, faisons de ce combat un vrai plaisir ! »
Soudain, Chu Feng se lança. Il cessa de fuir et chargea au contraire Zhao Jingang, Qi Yanyu et Tao Xiangyu.