Chapitre 1 207
Au début, les deux Anciens n’osèrent vraiment pas croire que c’était vrai : un jeune homme d’une vingtaine d’années avait compris par lui-même une technique de raffinage des armes aussi complexe. Quiconque l’aurait appris aurait trouvé cela incroyable. C’était tout simplement un exploit extraordinaire.
Cependant, en observant attentivement Chu Feng, les deux Anciens responsables découvrirent qu’il n’avait pas l’air de mentir. On aurait dit qu’ils étaient prêts à croire tout ce qui arrivait à Chu Feng.
Il avait déjà accompli quantité de choses incroyables. À présent, ils comprenaient que ce n’étaient pas ses actes qui étaient incroyables : Chu Feng était, depuis le début, un homme insondable.
« Atteindre un tel niveau en autodidacte… Si quelqu’un te guidait, jeune ami Chu Feng, tu deviendrais encore plus remarquable, n’est-ce pas ? »
« Jeune ami Chu Feng, puisque tu as un tel potentiel, tu ne dois pas gâcher ce talent. »
« Même si tu ne fais pas partie de notre Département du raffinage des armes, si tu as des questions sur les techniques de raffinage des armes, viens me trouver quand tu veux. Ce vieil homme fera tout son possible pour t’enseigner et t’aider. »
Le regard que l’Ancien Xiahou posa sur Chu Feng était empreint de bienveillance, d’affection et de respect. Il souhaitait sincèrement contribuer à l’épanouissement de Chu Feng. Après tout, si celui-ci devenait un homme de valeur, ce serait non seulement une fierté pour lui, mais aussi pour toute la Montagne de Cyanwood.
« Ancien Xiahou, merci pour votre bonté. En vérité, sans votre Chaudron de raffinage des armes, Chu Feng n’aurait peut-être pas réussi à raffiner un Armement royal incomplet. Vous m’avez donc énormément aidé, Ancien Xiahou. Je n’oublierai pas la faveur que vous m’avez faite aujourd’hui. » Sur ces mots, Chu Feng rendit le Chaudron de raffinage des armes à l’Ancien Xiahou.
Ce n’étaient pas de simples paroles flatteuses. Chu Feng était parfaitement sincère, car le Chaudron de raffinage des armes lui avait réellement été d’une aide considérable.
Il aurait peut-être tout de même pu raffiner un Armement royal incomplet sans ce chaudron, mais cela lui aurait pris beaucoup plus de temps. Il lui aurait fallu au moins un jour de plus pour y parvenir.
S’il avait pu raffiner un Armement royal incomplet en seulement vingt-quatre heures, c’était entièrement grâce à ce Chaudron de raffinage des armes.
« Chu Feng, un chaudron précieux convient à un héros. Tu peux garder ce Chaudron de raffinage des armes. Ce vieil homme te l’offre. » L’Ancien Xiahou repoussa pourtant le chaudron dans la main de Chu Feng.
« Ancien Xiahou, ce cadeau est trop généreux. Je ne peux pas l’accepter. » Chu Feng lui rendit précipitamment le chaudron. Il sentait bien que ce Chaudron de raffinage des armes était un trésor inestimable.
Mais au moment où Chu Feng s’apprêtait à le repousser de force dans la main de l’Ancien Xiahou, il eut la surprise de constater que celui-ci, qui se tenait juste devant lui, avait disparu.
La voix de l’Ancien Xiahou résonna peu à peu au loin, par-delà l’horizon. « Jeune ami Chu Feng, accepte-le. C’est la marque d’estime que te témoigne ce vieil homme. »
Chu Feng resta relativement calme en entendant la voix de l’Ancien Xiahou dans le ciel. Les autres disciples, en revanche, furent incapables de garder leur sang-froid.
L’Ancien Xiahou avait offert à Chu Feng le Chaudron de raffinage des armes qu’il emportait partout avec lui. Sans même parler de sa valeur, ce geste suffisait à montrer à quel point il tenait à Chu Feng.
Les témoins en furent tous stupéfaits, tant ils étaient envieux.
Une fois l’affaire réglée, Chu Feng comptait inviter l’Ancien Wei dans son palais pour le recevoir.
Mais, à sa grande surprise, l’Ancien Wei insista pour l’inviter au Département de préparation des médicaments, disant qu’il avait quelque chose à lui annoncer.
Comme Chu Feng avait lui aussi des choses à lui dire, il accepta l’invitation de l’Ancien Wei et le suivit au Département de préparation des médicaments.
Le Département de préparation des médicaments avait été bâti au cœur des montagnes. Le paysage y était fort agréable, et les senteurs des remèdes, envoûtantes.
Leur odeur n’avait rien d’écœurant ni de désagréable. Elle était au contraire légèrement parfumée. Comme le parfum n’était pas trop puissant, il était extrêmement agréable.
Surtout, respirer ces senteurs procurait une sensation de fraîcheur et de bien-être.
À leur arrivée au Département de préparation des médicaments, l’Ancien Wei convoqua les autres Anciens et leur annonça que Chu Feng avait rejoint leur département et en faisait désormais partie.
De plus, pour s’assurer que tous accepteraient Chu Feng, l’Ancien Wei évoqua délibérément le défi et le résultat de son affrontement avec Liu Bingqi dans le domaine des techniques de raffinage des armes.
La renommée de Chu Feng s’étant déjà répandue au loin, de nombreux Anciens étaient curieux à son sujet. Après avoir entendu le récit de l’Ancien Wei, ils éprouvèrent pour lui un respect tout nouveau.
Si Chu Feng avait vaincu Liu Bingqi par sa seule puissance de combat, cela n’aurait pas eu grand-chose de remarquable. Mais il avait battu un membre du Département du raffinage des armes grâce à ses techniques d’Esprit du Monde. Voilà qui faisait véritablement honneur à leur Département de préparation des médicaments.
À cet instant, Chu Feng sentit sur lui d’innombrables regards admiratifs, pleins d’estime. Pourtant, il perçut également un regard particulièrement malveillant.
Il ne venait pas d’un Ancien, mais d’un disciple. À sa grande surprise, celui-ci appartenait lui aussi au Département de préparation des médicaments.
Sa cultivation était au même niveau que celle de Liu Bingqi : le sixième niveau du Royaume du Roi martial. Mais son regard était encore plus sinistre que celui de Liu Bingqi, chargé d’envie et de haine.
« Tu es Chu Feng ? » Une transmission vocale retentit soudain à l’oreille de Chu Feng, au moment où tout le monde commençait à partir. Elle venait de ce disciple.
« L’Ancien Wei vient de me présenter. Tu n’as pas entendu ? » répondit Chu Feng par transmission vocale. Son ton n’avait rien de courtois.
Chu Feng était ainsi : si quelqu’un venait à lui avec de mauvaises intentions, il ne se montrerait certainement pas aimable.
« Humph. Retiens bien ceci : le chef des disciples du Département de préparation des médicaments, ce sera toujours moi. Ne t’avise pas de croire que tu peux rivaliser avec moi. » Ces mots furent prononcés sur un ton arrogant, comme si aucune contestation n’était permise. Après les avoir transmis, il tourna les talons et s’en alla.
« Ancien Wei, combien y a-t-il de disciples au Département de préparation des médicaments ? » demanda Chu Feng. Il était très curieux de savoir combien ils étaient.
« Deux, en te comptant », répondit franchement l’Ancien Wei. Mais c’était un homme expérimenté et perspicace. Il sembla bientôt comprendre quelque chose, son expression changea, puis il se tourna vers Chu Feng. « Ye Qing t’a dit quelque chose ? »
« Qui est Ye Qing ? » demanda Chu Feng.
« Le disciple qui était ici tout à l’heure », répondit l’Ancien Wei.
« Ah, non, il ne m’a rien dit. » Chu Feng secoua la tête. Il ne voulait pas mêler les Anciens à ce genre de querelles ; il préférait les régler lui-même.
Il ne répondit rien à l’Ancien Wei, mais ricana intérieurement. « Seulement deux disciples ? Dans ce cas, tu ne peux pas être le chef. »
« Ha, très bien. Suis-moi. Je voulais justement discuter avec toi. » Voyant que Ye Qing n’avait pas causé d’ennuis à Chu Feng, l’Ancien Wei rit, visiblement soulagé. Puis il conduisit Chu Feng dans un palais.
Ce palais n’était pas très luxueux, mais c’était tout de même l’un des plus agréables de l’ensemble du Département de préparation des médicaments. L’Ancien Wei l’avait préparé pour Chu Feng. Il lui avait non seulement aménagé un logement, mais avait aussi mis à sa disposition de jolies servantes.
Son intention était claire : il voulait faire comprendre à Chu Feng que le Département de préparation des médicaments était chez lui. S’il le souhaitait, il pouvait venir y vivre quand bon lui semblait.
Une fois tout installé, Chu Feng sortit le Chaudron de raffinage des armes. « Ancien Wei, pourriez-vous rendre ce Chaudron de raffinage des armes à l’Ancien Xiahou ? Cet objet est trop précieux, je ne peux pas l’accepter. »
»
L’Ancien Wei contempla le Chaudron de raffinage des armes dans la main de Chu Feng. Après un moment de silence, il demanda : « Connais-tu l’origine de ce Chaudron de raffinage des armes ? »
« Non. » Chu Feng secoua la tête.
« Ce Chaudron de raffinage des armes s’appelle le Chaudron du Dragon doré. Un dragon doré se trouve à l’intérieur. Lorsqu’on raffine une arme, il apparaît et absorbe puis libère une grande quantité d’énergie afin d’aider au raffinage. On peut sans exagérer dire que ce Chaudron du Dragon doré est d’une qualité exceptionnelle, comparé à tous les autres de la Terre sacrée des arts martiaux. »
« À l’époque, l’Ancien Xiahou a payé un prix considérable pour l’obtenir. Plus de la moitié de son corps fut mutilée. Il perdit ses deux mains et ses deux jambes, et son âme fut même blessée, au point qu’il lui fallut six mois pour se rétablir. »
« Mais ce n’est pas là le plus important. Le plus important, c’est qu’il veuille t’offrir ce chaudron. Même si ses bonnes intentions sont profondes, tu ne devrais pas le refuser : tu ne ferais que lui briser le cœur », dit l’Ancien Wei.
Après avoir entendu l’Ancien Wei, Chu Feng prit un air grave. Il ne dit plus rien et reprit silencieusement le Chaudron du Dragon doré.