Chapitre 1 175
« Pas mal, pas mal. À voir son apparence, ce Chu Feng peut vraiment être considéré comme un talent exceptionnel. Il a bel et bien quelques capacités. »
« Non seulement il est resté calme face à la mort, mais son intrépidité semble ancrée au plus profond de ses os. »
« Il a réussi à rendre cette bande de subordonnés ordinaires si sûrs d’eux sous sa direction. Tout cela, c’est sans aucun doute grâce à Chu Feng. »
« Comme le dit le proverbe, la qualité des soldats dépend de celle de leur général. Si ce Chu Feng était un général, il serait sans aucun doute de premier ordre. » Après avoir vu Chu Feng, l’Ancien du Département du raffinage des armes se mit à hocher la tête et à le couvrir d’éloges.
« Hum. » À cette vue, l’Ancien Wei renifla froidement. « Vieil excentrique, tu n’avais pas parié que Chu Feng perdrait ? Pourquoi te voilà à le couvrir d’éloges ? »
« Soupir, mon vieux, ne déforme pas mes propos. »
« Je n’ai pas dit que Chu Feng perdrait à coup sûr. J’ai dit qu’il perdrait sans aucun doute s’il n’avait pas caché sa véritable cultivation. Mais s’il l’a dissimulée, n’oublie pas que j’ai parié sur sa victoire. »
« À voir l’assurance de ce Chu Feng, il a sans aucun doute caché sa véritable cultivation », expliqua l’Ancien du Département du raffinage des armes.
« Hum. » L’Ancien Wei renifla une nouvelle fois et cessa de discuter avec l’Ancien du Département du raffinage des armes. D’une simple pensée, il fit apparaître sous lui un fauteuil de Formation spirituelle, d’un or éclatant, puis s’y assit.
Bien que ces deux Anciens chargés de la gestion eussent beaucoup d’estime pour Chu Feng et pensassent grand bien de lui, les autres Anciens et disciples, eux, étaient d’un tout autre avis.
À leurs yeux, Chu Feng n’était qu’un Roi martial de rang deux, et presque personne ne songeait qu’il avait pu dissimuler sa cultivation. Ils étaient donc convaincus qu’il allait perdre.
À cet instant, la foule discutait avec animation. Les conversations allaient dans tous les sens, mais la plupart consistaient à rabaisser Chu Feng : on le disait arrogant et ignorant de vouloir étaler ses maigres talents devant un expert, et on affirmait qu’il allait tout perdre aujourd’hui.
À ce moment précis, l’Ancien Xie s’avança et prit la parole d’une voix forte. « Chu Feng, Lei Yao, vous avez convenu il y a trois jours de vous livrer un combat à mort. Cet accord tient-il toujours aujourd’hui ? »
« Oui », répondirent Chu Feng et Lei Yao.
« Alors signez l’Accord de vie et de mort. Aujourd’hui, votre survie dépendra de vous. » L’Ancien Xie agita la main. Deux rayons de lumière jaillirent de sa manche et atterrirent devant Chu Feng et Lei Yao.
C’étaient deux Formations spirituelles d’Esprits du Monde. Il suffisait d’y poser la paume pour signer l’Accord de vie et de mort. Sans hésiter, Lei Yao posa la main sur la Formation spirituelle devant lui et y laissa son empreinte.
« Chu Feng, je te conseille de ne pas signer cet Accord de vie et de mort. Sinon, ta petite vie ne t’appartiendra plus. Elle sera à moi ! Et même si tu t’agenouilles pour implorer mon pardon et m’appeler ancêtre, je ne te laisserai pas partir. Tu n’auras que ce que tu mérites. »
Après avoir signé l’Accord de vie et de mort, Lei Yao se tourna vers Chu Feng et lui lança ces paroles d’un ton moqueur. Sa voix était très forte, et l’ironie teintée de rire dans son ton ne laissait aucun doute : il cherchait à pousser Chu Feng à signer l’accord. La provocation était on ne peut plus manifeste.
Pourtant, cette provocation fit rire beaucoup de gens. Même certains Anciens ne purent se retenir et ricanèrent avec mépris.
« Ha ha… » Face à cette scène, Chu Feng eut un petit rire. Puis il déclara : « Je sais que la plupart d’entre vous êtes venus ici aujourd’hui pour vous moquer de moi. »
« Vous me trouvez tous arrogant et ignorant, et vous pensez que je cours à ma perte. Toi aussi, Lei Yao, tu le penses, pas vrai ? » Soudain, Chu Feng pointa le doigt vers Lei Yao. Un sourire aux lèvres, le regard aussi acéré que l’éclair, il lança froidement : « Lei Yao, es-tu vraiment si certain de pouvoir me vaincre ? »
« Es-tu vraiment certain que si je t’ai défié, moi, Chu Feng, c’est pour jeter ma vie aux orties ? »
« Si j’étais vraiment aussi stupide, je n’aurais pas taillé ma route depuis la Région de la Mer du Sud jusqu’à la Terre sacrée du Martialisime, et je ne me tiendrais pas devant vous aujourd’hui. »
« Quoi ? Ce Chu Feng ne vient pas de la Terre sacrée du Martialisime ? Il vient de cette région pouilleuse qu’est la Région de la Mer du Sud ? »
En entendant Chu Feng, la foule fut stupéfaite. Apprendre qu’il était un disciple de la Forêt de Cyanwood du Sud avait déjà fortement surpris tout le monde ; découvrir qu’il venait de la Région de la Mer du Sud les laissa sans voix.
Car, pour les habitants de la Terre sacrée du Martialisime, ceux de la Région de la Mer du Sud, de la Région de la Mer orientale, de la Région de la Mer de l’Ouest et de la Région de la Mer du Nord étaient tous des déchets sans aptitude pour la cultivation martiale. Certains estimaient même que les habitants des quatre régions maritimes ne méritaient pas d’être considérés comme des êtres humains, car cela abaisserait le niveau de ce que signifiait être humain.
Or, quoi qu’on puisse penser de Chu Feng, il avait déjà prouvé qu’il était un génie. Qu’il leur révèle à tous, à cet instant, venir de la Région de la Mer du Sud les stupéfia profondément et sema le chaos dans leurs esprits.
Devant la foule, qui en restait bouche bée, les yeux écarquillés comme ceux de bœufs, Chu Feng eut un rire froid. « Vous méprisez les autres et traitez de déchets ceux qui sont plus faibles que vous. Pourtant, vous ne savez vous en prendre qu’aux plus faibles. »
« Ce n’est pas parce que vous êtes incapables d’accomplir quelque chose que les autres ne le peuvent pas. Sans même réfléchir, vous vous empressez de traiter d’ignorants, d’imbéciles et de crétins ceux qui tentent de le faire. »
« Mais aujourd’hui, je vais vous offrir cette phrase : ce n’est pas parce que vous ne pouvez pas accomplir quelque chose que les autres en sont incapables. »
« À présent, je vais vous montrer qui est le véritable imbécile. »
« Paf ! »
Aussitôt ces mots prononcés, Chu Feng abattit brusquement la paume sur la Formation spirituelle d’un Esprit du Monde. Après qu’il y eut laissé son empreinte, les deux Formations spirituelles retournèrent auprès de l’Ancien Xie et fusionnèrent en un seul contrat : l’Accord de vie et de mort désormais signé par Chu Feng et Lei Yao.
« Fff ! » Après avoir signé l’Accord de vie et de mort, Chu Feng bondit et rejoignit un espace où personne ne se trouvait. La foule l’avait délibérément laissé libre pour que Chu Feng et Lei Yao puissent s’y affronter.
« Viens, Lei Yao. Réglons vite notre différend, que tout le monde sache lequel de nous deux est l’ignorant qui a signé l’Accord de vie et de mort », lança Chu Feng en pointant Lei Yao du doigt.
« Ha ! Tu es vraiment arrogant et prétentieux. Tu prétends pouvoir accomplir ce dont les autres sont incapables ? Aucun autre Roi martial de rang deux ne pourrait me tenir tête. Tu crois en être capable ? »
« Chu Feng, souviens-t’en. Ce n’est pas moi, Lei Yao, qui ai tenu à te tuer. Tu avais la voie du ciel devant toi, mais tu as refusé de l’emprunter ; tu n’avais aucune issue vers l’enfer, et pourtant tu t’y es précipité. » Provoqué par Chu Feng devant tant de monde, Lei Yao ne parvint vraiment plus à se contenir.
Il passa à l’attaque. Ses deux poings se superposèrent et partirent ensemble dans un déferlement explosif. Aussitôt, la puissance martiale jaillit comme une vague. Dans le ciel, elle prit la forme d’une bête gigantesque et féroce.
La bête gigantesque faisait cent mètres de haut et mille mètres de large ; elle ressemblait à une montagne. Ses rugissements roulaient comme le tonnerre et sa puissance aurait suffi à désintégrer toute une chaîne de montagnes et à assécher un océan entier. Ce n’était pas une attaque ordinaire, mais une technique martiale.
Lei Yao n’avait pas lancé cette attaque de toutes ses forces, mais elle n’avait rien d’ordinaire pour autant. Il comptait mettre fin au combat d’un seul coup et réduire Chu Feng en cendres.
En fait, il n’était pas le seul : beaucoup de gens présents pensaient que cette attaque suffirait à réduire Chu Feng en poussière.
Pourtant, quelques personnes remarquèrent le sourire au coin des lèvres de Chu Feng.