Chapitre 907
Ye Ming sourit : « Bien sûr que j’ose accepter. »
600 000 pièces de cristal violet, soit 600 millions de pièces de cristal jaune, c’était effectivement une somme colossale. Si cette affaire aboutissait, il pourrait empocher plus de 100 millions de pièces de cristal jaune de bénéfices. Il n’avait aucune raison de refuser.
Zhao l’intendant précisa alors le lieu et la date de livraison, remit une liste des objets, en deux exemplaires, chacun en gardant une copie.
Dès que Zhao fut parti, Shaobai s’approcha aussitôt : « Père, il y a quelque chose qui cloche. C’est le Premier ministre, il peut mobiliser des troupes et a de nombreux hommes à sa disposition. Pourquoi choisirait-il notre compagnie d'escorte, qui vient tout juste d’ouvrir ? »
Ye Ming répondit : « Peu importe ses intentions, tant que l’affaire se présente, nous ne pouvons pas la refuser. »
Ye Yuanshi ajouta : « S’il s’agit bien du Premier ministre, il ne doit pas agir pour l’argent. S’il ne vise pas la richesse, alors c’est par rancune. Pourtant, depuis notre arrivée ici, nous ne nous sommes fait aucun ennemi… »
À ces mots, il se frappa soudain le front : « Père, te souviens-tu ? Les gens du repaire de montagne ont dit qu’ils osaient agir ainsi parce qu’ils avaient un haut fonctionnaire derrière eux. Ne serait-ce pas justement le Premier ministre ? Si c’est le cas, nous risquons d’avoir des ennuis. »
Ye Ming répondit calmement : « Ce genre d’affaire ne peut être exposé au grand jour. Même s’il est Premier ministre, il ne peut qu’utiliser des moyens détournés contre nous. Par exemple, nous confier une grosse affaire, puis tenter de nous dévaliser en chemin. »
« Ainsi, le Premier ministre pourrait non seulement récupérer l’argent perdu, mais aussi en gagner beaucoup plus. Nous avons pris 8 millions de pièces de cristal jaune, et lui veut s’emparer de 600 millions. Quelle cupidité ! » gronda Shaobai.
« Peu importe, nous livrerons la marchandise à temps et au lieu convenu, » répondit Ye Ming, impassible. « Je suis même curieux de voir quels experts le Premier ministre va envoyer. »
« Et s’il envoie un cultivateur du royaume des Arts Mystiques, père, pourras-tu l’affronter ? » s’inquiéta Ye Yuanshi.
Ye Ming agita la main : « Le royaume des Arts Mystiques n’a rien d’extraordinaire. Activer des arts secrets ou des arts mystiques prend du temps. Face à moi, ils n’auront pas le temps de lancer leurs techniques. »
Shaobai éclata de rire : « Les techniques de déplacement de père sont tellement prodigieuses que même moi je ne peux pas suivre sa trace, alors les autres n’en parlons pas. »
Le père et ses fils se préparèrent soigneusement. Par précaution, Ye Ming sortit quelques objets précieux qu’il avait obtenus autrefois : une paire de bottes et une armure souple. Il avait aussi une pilule, déjà consommée, dont l’effet avait été exceptionnel.
Comme prévu, une fois les bottes chaussées, une force étrange circula dans son corps, augmentant considérablement sa vitesse, d’au moins 30 %. Mieux encore, lorsqu’il insufflait son énergie pure dans les bottes, il pouvait déclencher un effet de téléportation. Bien sûr, cet effet ne pouvait être utilisé en continu : il fallait attendre un quart d’heure entre deux utilisations.
De plus, la distance de téléportation était modulable, proche ou lointaine. Utilisée en combat, c’était assurément une arme fatale, impossible à éviter pour l’adversaire ordinaire.
L’armure souple était un artefact défensif. Une fois portée, une lueur argentée recouvrait la surface de son corps, comme un vêtement. Pour tuer Ye Ming, il fallait d’abord briser cette armure argentée. Elle ne pouvait pas résister à des attaques trop puissantes : un cultivateur du royaume de la transformation divine pouvait la briser. Mais sa particularité résidait dans le fait que, lorsque la lueur argentée se brisait, il y avait un léger délai. Autrement dit, quelle que soit la puissance du coup, il y avait un laps de temps entre l’impact et la rupture du bouclier, permettant à Ye Ming de s’échapper. Encore mieux, il ne fallait que trois souffles pour que le bouclier argenté se régénère et puisse encaisser une nouvelle attaque.
Avec ces deux objets, il était désormais sûr de pouvoir affronter un adversaire du royaume des Arts Mystiques.
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Pendant que Ye Ming se préparait à affronter l’ennemi, dans une vaste demeure de l’Empire, un vieil homme était assis dans un fauteuil de maître, face à un homme d’âge mûr au visage pâle. Le vieil homme, les yeux mi-clos, dit : « L’autre fois, le repaire du Dragon Maléfique a été détruit, et l’argent gagné ces deux dernières années a été emporté. Le Premier ministre ne s’en est pas mêlé, mais cela ne veut pas dire qu’il n’est pas furieux. »
L’homme d’âge mûr répondit aussitôt : « Ne vous inquiétez pas, Second Intendant, j’ai déjà envoyé des gens régler cette affaire. Non seulement nous allons récupérer ce que la compagnie d'escorte nous a pris, mais ils vont devoir nous le rendre au centuple. »
Le vieil homme demanda : « Tu es sûr que c’est lié à cette compagnie d'escorte ? »
« Aucun doute, j’ai enquêté plus de 15 jours. Beaucoup ont vu nos hommes se rendre là-bas. Ils ont voulu escroquer la compagnie, mais sont tombés sur plus fort qu’eux et se sont fait doubler. Une bande d’idiots, ils ne méritaient pas de vivre, mais ils ont fait perdre de l’argent au Premier ministre. »
Le vieil homme dit : « Cette affaire, c’est à toi de la gérer. Ne commets plus d’erreur. Tu as misé gros, si tu échoues, tu perdras plusieurs centaines de millions de pièces de cristal jaune. Et cette cargaison, paraît-il, est constituée de trésors offerts en tribut, que tu as détournés. »
L’homme d’âge mûr sourit : « Ce n’est pas la première fois, soyez tranquille. D’ailleurs, il faudra aussi décider quoi faire si la compagnie d'escorte ne peut pas payer : la faire travailler pour le Premier ministre, la tuer, ou la vendre, peu importe. »
Le vieil homme, manifestement peu concerné, répondit : « Fais comme tu veux. J’ai d’autres affaires à traiter, va t’en occuper. »
L’homme d’âge mûr s’inclina longuement, puis prit congé.
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À la Compagnie d'Escorte Yangwei, Ye Ming accepta l’affaire l’après-midi même, et dès l’aube du lendemain, ils partirent : cinq chariots, chacun conduit par Ye Ming, Ye Yuanshi, Li Tianhu, Bao Yuan et Shaobai, avançant en file sur la grande route.
Ce n’est qu’à la tombée de la nuit qu’ils sortirent enfin de la ville. Ye Ming comptait trouver une auberge pour la nuit et repartir le lendemain matin. Mais avant même d’avoir trouvé un endroit où s’arrêter, ils furent attaqués par un groupe de cavaliers masqués. Ye Ming en compta une trentaine, dont huit étaient au royaume de la transformation divine, et un autre, à l’aura dissimulée, probablement un cultivateur du royaume des Arts Mystiques.
Les cavaliers s’alignèrent sur la route, bloquant le passage. Ye Ming ordonna à ses compagnons d’arrêter les chariots et lança d’une voix forte : « Amis, nous ne faisons que passer, veuillez nous laisser la route. »
Un cheval s’avança de deux pas, son cavalier portant un foulard jaune. Il répondit froidement : « Nous sommes des bandits, laissez vos biens et vous pourrez partir. »
Ye Ming prit un air très surpris, fit un geste en serrant son baluchon contre lui, et dit : « Ami, vous plaisantez ! Nous ne sommes que de simples marchands, pas une compagnie d'escorte, nous n’avons rien de précieux sur nous. »
« Assez parlé, si tu ne remets pas tout, je vous tue sur-le-champ ! » gronda le cavalier.
Ye Ming soupira, détacha le baluchon de sa poitrine, sauta de la voiture, et, l’air abattu, tendit le paquet à deux mains : « Maître, notre compagnie d'escorte est jeune, nous venons d’ouvrir, nous ne pouvons pas supporter une telle perte. Voici, ce paquet contient ce que j’ai de plus précieux, je vous l’offre. »
Il s’avança respectueusement vers le cavalier au foulard jaune et lui tendit le baluchon.
Le cavalier le toisa, arracha le paquet et ricana : « J’ai dit tout ce que tu as, tu n’as pas compris ? »
À peine avait-il fini sa phrase que Ye Ming passa à l’action. Profitant d’un instant de distraction, la Lame de la Dissolution Céleste jaillit, frappant de bas en haut. Sa vitesse était fulgurante, l’ennemi le sous-estimait et était inattentif. Avant même de réagir, lui et sa monture furent tranchés en deux, sang et entrailles répandus sur la route, l’odeur du sang emplissant l’air.
Les chevaux alentour s’affolèrent. Privé de la menace du cultivateur du royaume des Arts Mystiques, Ye Ming devint une ombre fantomatique, abattant ses adversaires à une vitesse inouïe. En moins de trois souffles, il avait massacré tout le groupe, une trentaine de personnes. Les huit experts du royaume de la transformation divine, terrifiés, furent les premiers à tomber sous ses coups.
Shaobai resta bouche bée : « Père, ta puissance est terrifiante ! Même moi, je n’aurais aucune chance d’y échapper. »
Ye Ming répondit calmement : « Quand vous cultiverez, veillez à porter votre énergie pure à plus de 72 pieds, et votre Esprit Primordial à plus de 3 dan. Ce n’est qu’ainsi que vous pourrez être considérés comme des génies, capables de terrasser l’ennemi en un instant. »
Bao Yuan ajouta : « La puissance de maître est telle qu’il est invincible au corps à corps, même les Maîtres des Arts Mystiques ne font pas le poids. Mais face à des adversaires de niveau supérieur, je me demande si maître pourrait tenir tête. »
Ye Ming répondit : « Au-dessus du royaume des Arts se trouve le royaume des Lois. À ce niveau, le corps à corps ne menace plus les cultivateurs du royaume des Lois. Pour les affronter, il faut au moins être Maître des Arts, et un Maître des Lois serait encore plus sûr. »
Le groupe poursuivit sa route comme si de rien n’était. Après 10 li, ils trouvèrent une petite auberge où ils passèrent la nuit, prêts à repartir au matin.
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Peu après le massacre des bandits, un cavalier accourut sur les lieux. À la vue du carnage, il poussa un cri d’effroi, le visage blême : « Même un Maître des Arts a été tué… Quelle puissance possède donc l’adversaire ? Serait-ce un Maître des Lois ? »
Le cavalier, le visage changeant de couleur, fit aussitôt demi-tour et repartit à toute allure.
Dans une cour de la ville, l’homme d’âge mûr qui avait vu le Second Intendant reçut la nouvelle du cavalier, et en resta pétrifié, livide : « Impossible ! Si c’était un Maître des Lois, il n’ouvrirait pas une compagnie d'escorte. Il lui suffirait de révéler sa puissance pour que l’Empereur lui accorde un poste de troisième rang ! »
Le messager répondit : « Ce n’est qu’une supposition, mais comment aurait-il pu tuer si facilement plus de 30 personnes, dont huit du royaume de la transformation divine et un Maître des Arts, s’il n’était pas Maître des Lois ? »
L’homme d’âge mûr, anxieux, se tirailla la barbe : « Le temps presse, ils arriveront à destination demain après-midi. Il faut les arrêter avant l’aube. »
Il réfléchit un instant : « Il ne reste plus qu’à demander du renfort au Second Intendant, sinon je ne pourrai jamais compenser une telle perte. »
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Pendant ce temps, dans la petite auberge, Ye Ming cultivait son Esprit Primordial. Après avoir raffiné 10 illustrations, son Esprit Primordial était devenu extrêmement puissant, et, après cette période de consolidation, il était prêt à percer. Pour entrer dans le royaume des Arts Mystiques, la première étape était de devenir Maître des Arts ; et pour cela, il fallait cultiver un art secret.
Les arts secrets, comme les techniques de cultivation, étaient jalousement gardés. Beaucoup avaient le potentiel d’atteindre le rang de Maître des Arts, mais faute d’un art secret approprié, restaient toute leur vie au royaume de la transformation divine. Sauf à rejoindre une secte ou une grande puissance, il était impossible d’y accéder.
Heureusement, Ye Ming possédait le Sutra de l’Insouciance, qui recensait 12 arts mystiques. Il jeta un œil et choisit un art secret nommé Frappe des Cinq Absolus. Cet art exigeait une technique de déplacement exceptionnelle, une énergie pure profonde, et un Esprit Primordial extrêmement puissant. Ce n’est qu’avec ces conditions réunies qu’il pouvait le cultiver.