Chapitre 1072
Chapitre 1072
En l'an 16 du calendrier central, l’humanité découvrit l’existence de dimensions supérieures. Elle explora alors un espace doté de 4 dimensions spatiales qui, en incluant le facteur temps, était aussi appelé espace-temps à 5 dimensions.
Ce ne fut qu’en projetant des ondes de détection dans le royaume des 5 dimensions que les humains découvrirent l’existence de dimensions supérieures, des vies à 5 dimensions dont les capacités échappaient à toute compréhension des êtres du monde à 4 dimensions.
Même Ye Ming fut surpris par la découverte d'un univers à 5 dimensions. Bien qu’il ait déjà perçu son existence, il n’avait jamais trouvé de point de percée, et voilà que l’humanité l’avait découvert avant lui.
La raison de cette découverte tenait au fait que les scientifiques humains avaient mis au jour le champ unifié de l’univers : la résonance. En effet, cette résonance était précisément la force contenue dans les potions de résonance distribuées auparavant.
En étudiant la résonance, ils comprirent que toute matière, toute énergie, n’était que la manifestation d’un mode de vibration de la résonance.
En approfondissant leurs recherches, les scientifiques découvrirent que la résonance, en vibrant perpendiculairement, pouvait former une 4ème dimension.
Selon leur conception, l’espace tridimensionnel était une membrane close de l’univers, flottant dans un espace-temps à 4 dimensions bien plus vaste.
Ye Rui alla même jusqu’à utiliser la théorie de la résonance pour expliquer les expériences de Ye Ming à travers les univers infinis, l’illusion et la réalité. À ses yeux, toutes les expériences vécues par Ye Ming n’étaient que des manifestations des vibrations de la resonance.
Même les illusions les plus irréelles possédaient une certaine énergie, une existence proche du zéro-dimensionnel. Elle conclut que dans l’espace à 4 dimensions, l’apparition d’un être puissant suffirait à détruire l’univers tridimensionnel où ils se trouvaient.
Heureusement, pour les êtres du monde à 4 dimensions, l’univers à 3 dimensions n’avait aucune signification. À leurs yeux, il était immobile, comme une pierre pour un humain : inerte, sans changement, donc sans intérêt pour les êtres supérieurs.
Les êtres de la 4ème dimension préféraient étudier le monde à 5 dimensions, ou la technologie des dimensions supérieures.
Cette découverte donna à Ye Ming l’envie d’entrer dans l’espace à 4 dimensions. Mais il lui restait encore à franchir un seuil pour y parvenir.
L’horloge du compte à rebours approchait de la fin. Mais il n’y avait plus de quoi s’inquiéter : la Terre n’existait plus, tous vivaient désormais sur l’Astre Central.
Quant à la civilisation humaine qui avait autrefois menacé l’humanité, il doutait qu’elle puisse même retrouver leur trace. Et même si elle y parvenait, il savait qu’il lui suffirait d’un geste pour la réduire en poussière.
Désormais, sa mission était de protéger l’Astre Central et de permettre à l’humanité de progresser encore. La technologie, décidément, était fascinante et profitait grandement à sa cultivation.
À mesure qu’il progressait, Ye Ming élargissait la portée de son exploration de l’univers. Il voyait d’innombrables civilisations, d’innombrables vies, d’innombrables destructions, d’innombrables naissances.
Un jour, sa Pensée divine croisa celle d’un autre être, aussi puissante que la sienne.
Les deux parties n’avaient aucune hostilité, et engagèrent un échange amical.
L’autre expliqua à Ye Ming qu’il venait d’une civilisation puissante, et qu’il était l’un des pratiquants les plus avancés de son peuple, actuellement en exploration dans l’univers.
Ye Ming lui demanda alors s’il connaissait l’univers à 4 dimensions.
L’autre répondit par l’affirmative, mais précisa que l’univers à 4 dimensions était bien trop profond, et que sa cultivation n’y avait pas encore accès.
Grâce à lui, Ye Ming découvrit le système de cultivation de cette civilisation : les rangs étaient Planétaire, Stellaire, Petite Galaxie, Galaxie Intermédiaire, Grande Galaxie, Cosmos, et Dimensionnel.
Ye Ming et son interlocuteur étaient tous deux au niveau Grande Galaxie, pas encore au rang Cosmos. À ce stade, on pouvait contrôler l’ensemble de l’univers et en percer tous les secrets.
Au niveau Dimensionnel, on pouvait quitter ce plan pour cultiver dans une dimension supérieure.
L’autre apprit aussi certaines choses sur Ye Ming, et admirant ses accomplissements, l’invita à venir cultiver dans son monde.
Ye Ming accepta l’invitation avec plaisir.
Il traversa des dizaines de milliards d’années-lumière pour atteindre un astre gigantesque, encore plus vaste que l’Astre Central qu’il avait créé, et cette fois, il était plein, avec une gravité des millions de fois supérieure à celle de l’Astre Central.
Arrivé sur cet astre, au sommet d’une montagne, Ye Ming rencontra son hôte.
Son apparence était proche de celle des humains, mais il était plus petit, avec une bouche aplatie et un crâne plat, ce qui pouvait sembler risible pour un humain.
Mais Ye Ming ne riait pas : cet être était un puissant du niveau Grande Galaxie, son égal.
« Ami, sois le bienvenu. Je suis Youxu. »
Ye Ming acquiesça : « Tu peux m’appeler Ye Ming. »
Youxu montra le monde en contrebas : « Voici le monde où je vis, nommé Taiyin Star. Nous y vivons depuis d’innombrables ères pour atteindre ce niveau. »
Ye Ming : « Cette étoile géante a dû être créée artificiellement, non ? Un astre naturel n’atteindrait jamais une telle taille. »
Youxu acquiesça : « En effet, un grand expert a jadis créé Taiyin Star. Aujourd’hui, des centaines de milliards de quadrillions de membres du peuple Taiyin y vivent. »
Ye Ming était venu dans l’espoir de découvrir les méthodes de cultivation du peuple Taiyin. Bien que sa puissance ait progressé rapidement, il n’arrivait pas à franchir un certain seuil.
Il demanda : « Ami Youxu, votre civilisation a-t-elle rencontré des défis ou des envahisseurs au fil du temps ? »
Youxu sourit : « Dans ce vaste univers, la naissance et la disparition des civilisations sont naturelles. Après la création de Taiyin Star, il y eut des milliers de cycles de civilisation avant que la nôtre ne s’épanouisse. »
Ye Ming fut stupéfait : des milliers de cycles de civilisation ! Quelle immensité !
« L’univers est vraiment fascinant. Plus on cultive, plus il paraît mystérieux et insondable, » dit Youxu, faisant apparaître dans sa main une sphère noire de la taille d’une paume.
« Croirais-tu, selon votre décompte, qu’il y a des dizaines de milliards d’années, l’univers n’était qu’une sphère infiniment petite, bien plus minuscule que celle-ci, indétectable ? »
« Et c’est à partir de ce minuscule point qu’un univers entier a émergé. N’est-ce pas incroyable ? »
Ye Ming : « Nos recherches appellent cela le Big Bang, et ce point, le point singulier de l’univers. Mais ce n’est encore qu’une hypothèse. »
Puis, se rappelant son expérience dans le royaume illusoire de Taixu, il ajouta : « En réalité, il n’y a pas de frontière nette entre l’illusion et la réalité. »
Youxu : « Vous appelez cela le point singulier, nous l’appelons la Lumière de la Genèse. »
Ye Ming en profita pour demander : « Pourriez-vous m’expliquer votre méthode de cultivation ? »
Youxu fut très généreux. À leur niveau, seul l’échange et la confrontation permettaient de progresser.
Dans l’esprit de Ye Ming, une méthode de cultivation complète apparut. Il découvrit qu’au niveau Grande Galaxie, il s’agissait de faire évoluer dans son propre univers intérieur un véritable grand système galactique.
Au niveau Cosmos, il fallait faire naître un véritable univers en soi, ce qui était d’une difficulté inimaginable.
Il ne put s’empêcher de dire : « Si l’un d’entre nous atteignait le rang Cosmos, il pourrait alors engloutir l’univers existant, n’est-ce pas ? »
Youxu acquiesça : « C’est probable. Selon mes déductions, il faudrait d’abord engloutir l’univers entier, le transformer en un point singulier en soi, puis recréer un univers. Ainsi, on pourrait franchir le cap du rang Cosmos et accéder à l’espace à 4 dimensions. »
« Donc, l’univers englouti n’est qu’un univers tridimensionnel. Dans l’espace à 4 dimensions, il doit exister d’innombrables univers tridimensionnels, » dit Ye Ming.
Youxu : « C’est très probable. Autre chose : une fois au rang Cosmos, nous serons transcendés, incapables de retourner dans un univers à 3 dimensions. »
Ye Ming : « Et au-dessus de la 4ème dimension ? Existe-t-il des univers à 5 dimensions ? Et au-delà ? »
Youxu resta silencieux un moment, puis répondit : « C’est une question difficile. Peut-être ne sommes-nous que des êtres vivant dans le corps d’un être supérieur, dans l’univers intérieur de quelqu’un d’autre. Ou alors, nous ne sommes qu’une illusion créée dans l’éclair d’une pensée d’autrui. »
Mais Ye Ming n’en fut pas troublé : « Si l’on parle d’illusion, je suis moi-même issu de l’illusion. Comprendre l’illusion, c’est saisir le niveau d’énergie le plus bas du réel. Et le réel, c’est le niveau d’énergie le plus élevé. Entre illusion et réalité, il n’y a qu’une différence de densité. Quant à être les êtres d’un univers intérieur, c’est possible. Mais si nous engloutissons l’univers, ne risquons-nous pas de faire exploser l’autre ? »
« Pas forcément. Imagine que l’autre possède un univers à 4 ou 5 dimensions en lui. Pour lui, nous ne sommes qu’un grain de poussière, insignifiant. »
À ces mots, une lueur de crainte traversa son regard : « Ami, connais-tu le Cataclysme Universel ? »
Ye Ming fut surpris : « Le Cataclysme Universel ? Tu veux dire le retour final de l’univers au point singulier ? »
« Non, » secoua la tête Youxu, « le Cataclysme Universel n’a pas de périodicité fixe. À intervalles aléatoires, une horde d’êtres d’une puissance inimaginable, au moins de rang Cosmos, fait irruption dans notre univers. Ils prennent plaisir à détruire les nébuleuses, à anéantir les civilisations, avec une cruauté sans nom. Si notre étoile a connu des milliers de cycles de civilisation, c’est à cause de ces Grandes Calamités. Aucun peuple n’y survit. »
Regardant Ye Ming, il soupira : « Pouvoir te rencontrer est une chance inouïe. Depuis la naissance de l’univers, il a dû naître bien peu d’êtres de notre niveau. »
Ye Ming resta silencieux, puis déclara soudain : « Ami, je dois poursuivre mon exploration du subtil. Je vais prendre congé. »
Après cet échange, chacun repartit avec de nouveaux acquis, et ils se séparèrent à regret.
Après le départ de Ye Ming, sa Pensée divine balaya tous les univers, à la recherche de la civilisation qui avait autrefois menacé la Terre. Il savait qu’elle ne pouvait être bien loin.
En effet, il la trouva sur un système binaire, une civilisation très avancée, probablement la seconde après l’humanité. Il n’y a pas si longtemps, elle était encore largement en tête.
Il descendit directement sur place et libéra sa Pensée divine. La merveille de la Pensée divine, c’est qu’en un instant, il transmit toute la causalité, et tous les membres de cette civilisation comprirent aussitôt l’enchaînement des événements.