Chapitre 1042
Chapitre 1042
« Pourquoi tu soupires ? » demanda Ye Ming.
Xu Feifei resta un instant interdite, visiblement peu encline à poursuivre la conversation. La voiture filait à toute allure, et une fois sur l’autoroute, la vitesse atteignit 150, puis 160 km/h.
« Ralentis un peu, » dit Xu Feifei, un peu anxieuse.
Ye Ming répondit : « Ne t’inquiète pas, je conduis très bien. » Sa Pensée divine enveloppait la voiture, surveillant la moindre variation, tout en observant tout ce qui se passait dans un rayon de 500 mètres, capable ainsi d’éviter tout accident.
À peine eut-il parlé que la vitesse grimpa encore, atteignant bientôt 200 km/h, frôlant la limite de la voiture.
Xu Feifei finit par se calmer, le vacarme extérieur était assourdissant ; à cette allure, même la meilleure voiture ne pouvait garantir le silence, mais le grondement du moteur avait quelque chose d’exaltant.
« Pourquoi tu retournes à la capitale si soudainement ? Ta famille n’est-elle pas à Haicheng ? Tu ne serais pas en train de me raccompagner exprès ? » demanda Xu Feifei.
Ye Ming répondit : « Tu te fais des idées, je retourne à la capitale pour affaires. »
Xu Feifei le toisa : « Quelles affaires tu pourrais bien avoir, toi ? »
Ye Ming comprit qu’il valait mieux rester vague, certaines choses ne lui apporteraient rien de bon à savoir, il se contenta de dire que c’était privé.
Malgré la vitesse, il fallut 10 heures à Ye Ming pour atteindre la capitale. À peine arrivé, il déposa Xu Feifei puis alla s’installer dans un hôtel.
Aussitôt la porte franchie, son téléphone sonna. C’était une voix de petite fille.
« Tu es Oncle Ye ? » La voix tremblait, pleine de peur.
Ye Ming, surpris : « Oui, je m’appelle Ye. Qui es-tu ? Comment as-tu eu mon numéro ? »
La fillette répondit : « Oncle Ye, mon papa c’est Li Hui. Je suis à la station de métro numéro 8, à la sortie Xiaoheihe. Mon papa m’a soudain envoyée ici toute seule, je l’attends depuis longtemps. Il m’a dit que si jamais il ne venait pas, je devais appeler ce numéro et chercher un Oncle Ye. »
Ye Ming fut stupéfait : Li Hui avait une fille ? Même lui n’en savait rien.
Il répondit aussitôt : « Ne t’inquiète pas, oncle va venir tout de suite. Comment tu t’appelles ? »
« Oncle, je m’appelle Li Shishi. »
« D’accord, Shishi, oncle sera là dans 10 minutes. Ne bouge pas, attends-moi là. Si tu as assez de batterie, laisse ton téléphone allumé, d’accord ? » ordonna Ye Ming, puis il quitta l’hôtel en hâte.
Xiaoheihe était à plus de 10 kilomètres. En taxi, avec les embouteillages, il lui serait impossible d’arriver en moins d’une demi-heure. Il trouva donc une bicyclette partagée, la débloqua avec son téléphone et grimpa dessus.
Le vélo coûtait plus de 5 000 Yuan, de très bonne qualité. Une fois en selle, Ye Ming força la vitesse jusqu’à 80 km/h. Heureusement que sa Pensée divine lui permettait d’anticiper, sinon il aurait fini par provoquer un accident.
Slalomant entre les voitures, il arriva à l’entrée du métro en moins de neuf minutes.
Descendant l’escalator, il aperçut une fillette d’une dizaine d’années, un sac à dos sur les épaules, debout devant la bouche de métro, serrant un téléphone dans ses mains.
Ye Ming s’approcha : « Shishi, je suis Oncle Ye. »
La fillette semblait épuisée, elle se frotta les yeux : « Oncle Ye, où est mon papa ? »
Le cœur de Ye Ming se serra : « Ton papa est parti à l’étranger pour affaires, il ne peut pas venir te chercher. Tu dois avoir faim, viens, oncle va t’emmener manger quelque chose. »
Li Shishi secoua la tête : « Je n’ai pas faim, je suis fatiguée. »
Ye Ming dit : « D’accord, allons à l’hôtel pour se reposer. »
Il ramena Li Shishi à l’hôtel, lui acheta un peu de nourriture rapide. Mais la petite était tellement fatiguée qu’elle s’endormit avant même d’avoir fini son repas.
Ye Ming pensa qu’il fallait quelqu’un pour s’occuper d’elle. Après réflexion, il appela Xu Feifei et lui expliqua la situation. Xu Feifei accepta sans hésiter : « Pas de problème, je n’ai rien de prévu, amène-la chez moi. »
Quand Li Shishi se réveilla, Ye Ming la conduisit chez Xu Feifei. Celle-ci vivait dans une résidence ordinaire, en colocation avec une autre femme, mais l’endroit était agréable.
Après avoir installé Li Shishi, Ye Ming lui laissa quelques instructions et remit une carte bancaire à Xu Feifei, en lui disant de l’utiliser librement. Il y avait encore 3 à 4 millions Yuan dessus, largement de quoi subvenir aux besoins de Li Shishi.
Xu Feifei ne se fit pas prier et demanda : « Tu me confies l’enfant, mais toi, tu vas faire quoi ? Tu ne vas pas commettre un crime, j’espère ? »
Ye Ming sourit maladroitement : « Tu exagères, je suis un honnête citoyen, je ne fais rien d’illégal. Demain, je viendrai vous voir. »
Xu Feifei : « Vas-y, file. »
Quand il quitta la résidence, il était déjà plus de 21h. Il ne connaissait pas vraiment les trois puissances en question, et ne voulait pas en savoir plus. Il sortit la liste d’assassinats que Li Hui lui avait confiée : les trois cibles appartenaient justement à ces trois familles.
« Li Hui, nous étions amis, je vengerai ta mort. » murmura-t-il. Sa prochaine cible était Jiang Fengxian.
Jiang Fengxian, selon le dossier, apparaissait souvent en public et aimait les saunas. Plusieurs adresses qu’il fréquentait étaient listées.
Ye Ming enfila une tenue moulante, un masque, une casquette et des lunettes noires, puis quitta l’hôtel. Sa première destination était un club privé. Le dossier indiquait que Jiang Fengxian y venait presque tous les deux ou trois jours. Il décida de tenter sa chance ce soir-là.
Ce club privé offrait des services très haut de gamme, notamment des services intimes. De nombreux riches, célébrités et même des officiels venaient ici pour la discrétion et la sécurité.
En général, l’accès à ce genre de club était très strict, uniquement sur recommandation et avec un certain statut social. La cotisation annuelle n’était que symbolique, à 100 000 Yuan par an.
Mais la commission du club était très élevée. Même la plus ordinaire des femmes coûtait plusieurs dizaines de milliers par prestation. Le club employait au moins 300 jeunes femmes, ce qui générait chaque jour un chiffre d’affaires de plusieurs centaines de millions. Les bénéfices quotidiens pouvaient atteindre plusieurs dizaines de millions, voire plus de 100 millions Yuan.
Un simple club, ce n’était pas qu’un lieu de plaisirs, mais aussi un espace de rencontres et de négociations pour les élites.
Évidemment, la sécurité y était de premier ordre, impossible d’y entrer pour le commun des mortels.
Mais rien de tout cela n’arrêtait Ye Ming. À quelques centaines de mètres, il était accroupi dans un arbre, observant les lieux. Dans un rayon de 100 mètres autour du club, tout était dégagé, rien n’échappait aux caméras, même un chien serait repéré.
En plus, il y avait des détecteurs infrarouges, des capteurs sonores, et dès qu’un être vivant approchait, les caméras se verrouillaient automatiquement sur la cible.
Ye Ming ne comprenait pas vraiment le fonctionnement de ces dispositifs, mais il savait à quoi ils servaient. Il réfléchissait à la meilleure façon d’entrer.
Il observa longtemps, jusqu’à ce qu’une voiture se gare sur le parking du club. Deux hommes en descendirent, un homme mûr et un jeune. Ils présentèrent leur carte de membre et passèrent un scan facial pour vérifier leur identité.
Ye Ming remarqua que toutes les voitures devaient tourner à un endroit précis avant d’entrer. Il eut alors une idée pour s’infiltrer.
Il attendit au virage. Au bout d’une dizaine de minutes, une voiture de sport arriva, conduite par un jeune homme à l’allure branchée, manifestement un fils de bonne famille.
Ye Ming bondit soudain devant la voiture. Le jeune, surpris, pila net et hurla : « Tu veux mourir ou quoi ?! »
Ye Ming se glissa devant lui, posa la main sur sa tête, et le jeune s’évanouit aussitôt.
Il traîna le jeune dans le bosquet voisin, enfila ses vêtements, puis d’un geste sur son visage, prit son apparence.
Le corps de Ye Ming était composé d’innombrables cristaux d'épée, qu’il pouvait assembler à volonté. Il pouvait donc prendre n’importe quelle apparence sans difficulté.
Une telle capacité, même les hommes génétiquement modifiés dotés de pouvoirs spéciaux n’en étaient pas capables.
Puis il réduisit sa taille pour correspondre à celle du jeune homme, reproduisit sa coiffure et accrocha la boucle d’oreille en diamant du jeune à son oreille.
Une fois prêt, satisfait de son déguisement, il prit la carte de membre, remonta dans la voiture de sport et se dirigea vers le club.
En entrant dans l’enceinte, il vit de nombreuses caméras le suivre du regard. Il gara la voiture devant l’entrée, où un jeune employé vint la prendre en charge pour la garer.
À l’entrée, on vérifia la carte de membre et procéda à un scan facial. Ye Ming passa tous les contrôles sans problème.
À l’intérieur, on le conduisit en voiturette jusqu’à un petit immeuble à quelques centaines de mètres. C’était un bâtiment de neuf étages, entouré de fleurs et de pelouses, le cœur du club.
Au rez-de-chaussée, dans le grand hall, une jolie jeune fille s’approcha, se colla à lui et caressa sa poitrine en minaudant : « Jeune Maître Wei, vous voilà enfin, je mourais d’envie de vous voir. »
Ye Ming esquissa un sourire : « Moi aussi, tu m’as manqué. » Et il lui pinça les fesses, la faisant glousser.
La jeune fille jeta un coup d’œil à l’étage : « Jeune Maître Wei, quelle grande sœur voulez-vous ce soir ? »
Ye Ming répondit : « Je viens voir un client aujourd’hui, on verra plus tard. »
La jeune fille lui ouvrit aussitôt un petit salon privé pour recevoir son invité. Ces jeunes femmes étaient des hôtesses attitrées, chacune s’occupant de quelques clients réguliers. Dès qu’un client arrivait, c’était à elles de l’accueillir. Celle-ci était donc l’hôtesse du « Jeune Maître Wei ».
Leur rôle était de rendre les clients heureux, de les faire dépenser plus, et de leur proposer toujours plus de services. Leur commission était d’environ 3%.
Avec cela, une hôtesse pouvait facilement gagner 20 000 à 30 000 Yuan par jour, et les plus performantes jusqu’à plus de 100 000 Yuan. C’était un métier à très hauts revenus, bien supérieur à celui des filles des boîtes de nuit de luxe.
La jeune fille s’appelait Xiaorou, évidemment un pseudonyme. Après avoir ouvert le salon, elle resta auprès de Ye Ming, lui servant à boire, lui massant les épaules, très attentionnée.
Si Ye Ming le voulait, elle n’hésiterait pas à se déshabiller pour lui offrir son corps.
Mais Ye Ming n’était pas là pour ça. Sa Pensée divine se répandit dans tout l’immeuble. Il eut de la chance : Jiang Fengxian était bien là, dans une suite au cinquième étage.