Chapitre 1037
Chapitre 1037
Le corps fut placé dans le cercueil, les aînés de la famille Lin présidaient la cérémonie funèbre, tandis que Lin Aoshuang, étrangement, semblait plutôt libre. Elle restait simplement silencieuse près du cercueil, les larmes coulant sans un mot.
Ye Ming demeurait naturellement à ses côtés. Pendant ce temps, il passa quelques coups de fil pour prendre des nouvelles d’Erduo. Ce dernier lui assura que la famille Lin lui avait trouvé un logement et que les chiens étaient installés, tout allait bien.
La nuit tomba, et il ne restait plus qu’eux deux dans le grand hall. Ce fut alors que Lin Aoshuang prit la parole pour la première fois avec Ye Ming.
« Désolée, je t’ai un peu négligé. » dit-elle.
Ye Ming cligna des yeux : « Ce n’est rien, c’est mon travail. »
Lin Aoshuang remit en place une mèche de cheveux et demanda : « Tu t’y connais dans les anciens arts martiaux ? Certains héritiers de familles que je connais pratiquent la cultivation ancienne. »
Ye Ming répondit : « Ce n’est pas vraiment de l’ancien art martial, ce sont des choses que j’ai apprises moi-même. »
Lin Aoshuang dit : « Demain, c’est l’enterrement. La seconde épouse de mon père risque de faire des histoires. »
Ye Ming demanda : « Ta belle-mère a-t-elle des enfants ? »
Lin Aoshuang répondit : « Oui, un fils, Lin Han, 19 ans, bon à rien. S’il avait été un peu normal, mon père ne m’aurait pas confié l’entreprise. »
« Tu crains qu’elle ne complique la cérémonie ? »
Lin Aoshuang : « Je crains surtout que d’autres membres de la famille Lin utilisent Lin Han et sa mère pour semer le trouble. »
Ye Ming répondit : « Ça ne servira à rien, sauf s’ils te tuent ou te contrôlent, le testament reste valable. Peu importe leur agitation, ils ne changeront rien aux faits. »
Lin Aoshuang : « C’est pour ça que tu devras être prudent demain. Certains de mes oncles sont proches de maîtres du Nanyang, experts en malédictions et en techniques de poison. Leurs méthodes sont redoutables. »
Ye Ming réfléchit puis dit : « Mademoiselle Lin, pardonnez mon audace, mais votre constitution me semble très particulière. »
Lin Aoshuang fut surprise : « Particulière ? Pourquoi dis-tu ça ? »
La voyant perplexe, Ye Ming expliqua : « Votre constitution m’aide dans ma cultivation. Puis-je m’approcher un peu plus de vous ? »
Lin Aoshuang acquiesça : « Bien sûr. Demain, j’annoncerai que tu es mon petit ami, il sera naturel que nous soyons proches. »
Ye Ming sourit, puis la prit soudain dans ses bras, l’allongeant contre lui. Ainsi, l’énergie spirituelle devint abondante, largement suffisante pour sa cultivation.
Lin Aoshuang ne s’attendait pas à ce que « s’approcher » veuille dire cela. Son visage devint écarlate, elle voulut le repousser, mais, levant la main, elle y renonça et ferma les yeux, se laissant aller à cette étreinte ambiguë.
Née dans une grande famille, jamais aucun homme ne l’avait ainsi enlacée. Elle découvrit que cette sensation était agréable, lui procurant un profond sentiment de sécurité.
Ye Ming, à cet instant, ressentait l'énergie élémentaire originelle. Les enseignements des manuels d'alchimie lui revinrent en mémoire.
Selon ces manuels, les pratiquants étaient appelés cultivateurs de l’énergie. Deux méthodes était possible. La première étape était la cultivation de l'énergie élémentaire originelle acquise à la naissance. La seconde consistait à absorber l'énergie élémentaire originelle présente dans la nature.
Après l'énergie spirituelle, il existait un stade encore plus mystérieux : le royaume Sacré.
D’après ces écrits, Ye Ming était actuellement au stade de cultivation de l'énergie élémentaire originelle, il était capable de la ressentir. Mais, s'il pouvait l'absorber celle résidant dans la nature alors il serait capable de manipuler cette énergie.
La cultivation de l'énergie post-natale, aussi assidue soit-elle, restait limitée, car elle reposait sur le cycle interne de l’énergie. L’absorbtion de l'énergie élémentaire présente dans la nature, elle, permettait de se renforcer sans fin.
À cet instant, Ye Ming absorbait sans cesse l'énergie élémentaire originelle, la faisant circuler dans chacun de ses Noyaux céleste. Soudain, ces Noyaux céleste, jusque-là endormis, se mirent à absorber goulûment cette précieuse énergie.
L'énergie spirituelle de ce monde surpassait largement celle des précédents univers qu'il avait traversé. Même une infime parcelle suffisait à provoquer des changements spectaculaires dans les Noyaux céleste.
L’un de ces Noyaux céleste qui fut le premier à s’éveiller permit à Feng Xi de sortir de sa torpeur.
« Ming, dans quel monde sommes-nous encore arrivés ? » Sa voix résonna dans l’esprit de Ye Ming.
Ye Ming répondit : « Il s’agit sans doute du soi-disant Monde originel, un monde où il n’y a presque aucun pratiquant. Tu ne peux pas sortir pour l’instant. Pour cela, il te faudra absorber plus d'énergie spirituelle et renforcer ta cultivation. »
Feng Xi : « Peu importe, un jour je pourrai sortir. »
Chaque Noyau céleste était désormais un Univers Intermédiaire. Autrement dit, Ye Ming était déjà un Maître de Domaine de l’Univers Infini. Cependant, ce Monde originel recelait encore des mystères qu’il devait explorer lentement.
Il cultiva ainsi un temps indéterminé, tandis que Lin Aoshuang s’endormait paisiblement dans ses bras. Soudain, un léger bruit retentit, semblable au frottement d’un insecte rampant, si faible qu’aucun humain ordinaire n’aurait pu l’entendre.
Mais Ye Ming n’était pas un homme ordinaire : aucun mouvement, aussi subtil soit-il, ne lui échappait. Son regard se posa sur la fenêtre, où une minuscule créature jaune-verte, grosse comme une larve, couverte de poils noirs, rampait lentement à l’intérieur.
Ses yeux étaient d’un vert luisant. Elle leva la tête, renifla dans la direction de Lin Aoshuang, puis continua d’avancer.
Soudain, l’insecte bondit du mur et vola droit vers les cheveux de Lin Aoshuang.
Ye Ming, intrigué par la force de cette minuscule créature, l’attrapa en plein vol.
Mais, à sa grande surprise, l’insecte mordit sa peau et s’y enfonça.
Ye Ming ne s’en inquiéta pas. Son corps abritait d’innombrables Noyaux céleste : l’insecte venait de choisir la mort.
En effet, l’instant d’après, un cercle d’absorption spirituelle se forma instinctivement en lui, piégeant l’insecte. Celui-ci se mit à hurler, libérant une grande quantité d'énergie élémentaire originelle, aussitôt dévorée.
« Tiens ? Il y avait donc de l'énergie élémentaire originelle, pas étonnant qu’il soit si puissant. » Ye Ming se réjouit, se disant que si d’autres insectes venaient, ce serait parfait.
Ce qu’il ignorait, c’est que, non loin de là, dans une autre maison, un maître des Arts Maudits recracha une gorgée de sang. Ce ver était un trésor transmis depuis 500 ans dans sa famille.
Il avait été engagé pour envoyer ce ver sur Lin Aoshuang. L’insecte, ayant senti l’odeur de ses cheveux, pouvait la retrouver sans faute.
Mais soudain, il perdit tout contact avec le ver et subit un violent contrecoup, crachant du sang.
« Maudit soit-il, que s’est-il passé ? » Il se redressa, les yeux flamboyants de rage, prêt à aller voir de ses propres yeux.
Après avoir réglé le sort de l’insecte, Ye Ming reprit sa cultivation, et la nuit se passa sans autre incident.
Le lendemain matin, la famille Lin se mit à préparer les funérailles. En tant qu’aînée, Lin Aoshuang devait y participer personnellement. Pour assurer sa sécurité, Ye Ming ne la quitta pas d’une semelle.
Les membres de la famille Lin avaient remarqué Ye Ming la veille, mais pensaient qu’il n’était qu’un assistant de l’avocat. Mais après l’avoir vu passer la nuit à l’étage et rester constamment auprès de Lin Aoshuang, ils comprirent qu’il s’agissait probablement d’un nouveau garde du corps.
Lin Aoshuang préparait la liste des faire-part, lorsqu’un jeune homme s’approcha. Élégant, mesurant 1,85 m, il était plutôt séduisant.
« Aoshuang, toutes mes condoléances. » dit-il d’un ton grave, posant naturellement la main sur l’épaule de Lin Aoshuang pour la réconforter.
Lin Aoshuang, à sa vue, recula instinctivement d’un pas et répondit froidement : « Bonjour, Directeur Wang. »
La main du jeune homme resta suspendue, gênée. En entendant Lin Aoshuang l’appeler « Directeur Wang », il sembla contrarié : « Aoshuang, nous avons grandi ensemble, pourquoi tant de distance ? Appelle-moi Zicheng. »
Il s’approcha encore. Mais cette fois, Ye Ming s’interposa, souriant : « Aoshuang, tu ne me présentes pas ? »
Lin Aoshuang lui jeta un regard et acquiesça : « Directeur Wang, voici mon petit ami, Ye Ming. Ye Ming, voici Wang Zicheng, héritier du Taihuang Group. »
Wang Zicheng resta stupéfait d’apprendre que Lin Aoshuang avait un petit ami. Il détailla Ye Ming, fronça les sourcils : « Aoshuang, tu as un petit ami ? Je n’en ai jamais entendu parler. Il y a 15 jours, tu n’en avais pas, non ? Tu ne vas pas me sortir quelqu’un au hasard juste pour me faire taire ? »
Ye Ming répondit calmement : « Directeur Wang, Aoshuang n’a pas à se justifier auprès de qui que ce soit. C’est sa vie privée. »
Wang Zicheng prit très mal la chose et lança froidement : « Je parle à Aoshuang, pas à toi. Éloigne-toi ! »
Ye Ming ne bougea pas : « Merci de ne pas trop t’approcher de ma petite amie, elle n’aime pas les gens qui sentent fort. »
Wang Zicheng avait en effet une forte odeur corporelle, difficile à masquer même avec du parfum de luxe. C’était son point faible, et la remarque de Ye Ming le mit hors de lui.
Furieux, il s’écria : « Pour qui tu te prends ?! »
Ye Ming haussa les épaules, impassible : « Je ne suis personne, juste le petit ami d’Aoshuang, comme je l’ai dit. »
À ce moment, deux autres jeunes hommes s’approchèrent. Ye Ming les avait vus la veille : il s’agissait de cousins de Lin Aoshuang, Lin Baorong et Lin Baoxiang, le premier fils de l’aîné, le second du cinquième oncle.
Lin Baorong dévisagea Ye Ming et dit froidement : « C’est notre deuil familial, tu n’es qu’un étranger, tu ferais mieux de partir. »
Lin Baoxiang ajouta : « Exactement, les affaires de la famille Lin ne regardent pas les étrangers. Frère, tu devrais t’éclipser un moment. »