Chapitre 453
97e jour – Journée, Donjon
Quelques filles ayant reçu de nouveaux équipements, elles ajustaient leurs styles de combat tout en s'habituant à leurs armes, abattant les monstres à mesure qu'ils se présentaient. J'avais apporté des réglages précis pour chacune, mais la sensation d'une arme est une chose délicate, que seul l'utilisateur peut réellement comprendre. Pendant ce temps, mon arme demeure un simple bâton en bois. Il ressemble toujours à un bâton, il donne toujours la sensation d'un bâton, et il n'y a rien à y faire… Le fossé visuel entre moi et les autres ne cesse-t-il donc de se creuser de jour en jour ?
La Sœur et les autres étaient désormais capables de répondre précisément aux ordres et tenaient leur rang sur la ligne de front en tant que combattantes à part entière. Le groupe des moines semblait avoir endossé un rôle de tank ; il apparaît que même dans un autre monde, être un homme est une épreuve. Honnêtement, les hommes semblent avoir la vie dure dans tous les mondes. Je me souviens encore de la façon dont, après la fermeture pour rénovation de ma librairie préférée et sa réouverture, un tiers du magasin était devenu un rayon pour dames, ce qui m'avait poussé à jurer de ne plus jamais y remettre les pieds. Mais quand ce monde parviendra-t-il à une véritable égalité des sexes ? Je suis affamé de livres, mais même si le magasin m'intéresse, je ne vais pas dans un endroit où je ne peux même pas flâner confortablement. S'ils ne comprennent même pas la différence entre distinction et discrimination, ils n'ont rien à faire à la tête d'une librairie. C'est une insulte au savoir lui-même. Si vous devez invoquer une librairie, invoquez quelque chose comme Mar*zen. Pas besoin que ce magasin K*kokuya soit isekaié ici, qu'il reste piégé dans quelque dimension alternative lointaine réservée aux femmes. Si cette dimension est remplie de belles dames, je pourrais toutefois postuler pour un emploi à temps partiel. Je n'achèterais rien, mais j'aurais une raison d'être là. Un rêve, même. Je me demande quel est le salaire horaire ?
Épées et lances s'abattaient dans un déluge rappelant le grondement d'une fusillade déchirant l'air. Aujourd'hui, à travers le pays, les prévisions annonçaient une pluie de sang. De belles jeunes filles trempées dans des éclaboussures de sang, ruisselantes de pourpre, offraient un spectacle terrifiant mais étrangement captivant… bien qu'elles sautillent également en criant des choses comme : « Je t'ai eu ! » et « Jackpot ! Plus de pierres magiques, plus d'argent ! », alors peut-être que tout cela n'est que dans ma tête.
« Formation Panzer ! Chargez ! »
« « « « Jaa ! » » » »
Vêtues d'armures lourdes et maniant de grands boucliers, les soi-disant jeunes filles guerrières (16 ans) (certaines de 17 ans incluses) étaient impatientes d'affronter les ennemis de front. Sur la ligne de front, elles devenaient des boucliers et des murs vivants, se tenant fièrement au milieu d'une mer de sang en tant que gardiennes du massacre, régnant à l'avant-garde comme des reines du carnage.
« Piétinez-les ! Écrasez et pulvérisez jusqu'au dernier de ces misérables nuisibles ! »
« « « « DÉTRUISEZ-LES !! » » » »
Mais c'est précisément pour cela qu'elles se font totalement éclabousser par des tripes d'insectes. C'est aussi la raison pour laquelle les Filles sont vulnérables face aux monstres de type insecte. Elles gagnent sans subir de dégâts, mais le traumatisme psychologique est énorme ; elles finissent totalement déprimées après coup.
Il y a peu, une nuée de « garces » au regard vitreux avait surgi, complètement trempées dans une substance gluante, épaisse et blanchâtre, avec des fils collants drapés sur elles. Toutes les cinq avaient été totalement imbibées de jus d'insecte, finissant en amas humanoïdes de liquide blanc et visqueux…
Naturellement, j'ai utilisé la Magie de l'Eau et de la mousse pour les nettoyer minutieusement, séchant leurs cheveux avec la Magie de la Température et la Magie du Vent. Mais tout du long, leurs visages étaient rouge vif et elles étaient figées dans le silence, alors oui, les dommages émotionnels étaient profonds. J'ai pris soin de ne pas utiliser de tentacules, car elles détestent ça, alors je l'ai fait à la main, une par une. Même ainsi, elles tremblaient de tout leur corps, le traumatisme devait donc être intense.
Aux étages supérieurs, elles progressaient aisément avec une grande célérité, privilégiant la guerre de mouvement pour éviter tout dégât. Aux niveaux intermédiaires, elles passaient à des attaques à distance et au désengagement pour rester en sécurité. Mais près des profondeurs, cette option n'était plus envisageable ; elles adoptaient donc des formations défensives, axées sur une annihilation coordonnée. Et dès lors que les coups deviennent inévitables, la résistance aux altérations d'état devient cruciale. Des robes de combat, hein…
« Équipe d'éclaireurs, déployez-vous. Équipe d'escorte, suivez-les ! »
« « « « Jaa ! » » » »
Toutes les filles ici possèdent des compétences spéciales de niveau « cheat », ce qui signifie que même dans les combats de groupe, chacune remplit un rôle distinct. Elles alternent avec souplesse et se soutiennent mutuellement, car elles se connaissent toutes. Un tel travail d'équipe n'est possible que lorsque les liens sont aussi forts. Il n'est pas étonnant que la Fille-Sœur et son groupe ne puissent pas encore suivre la cadence. C'est peut-être aussi pour cela que la Fille Royale et Merimeri-san sont devenues des habituées des bains de l'auberge et des soirées pyjama ; elles s'intègrent rapidement au groupe. Si la force prend racine dans la proximité, alors ce groupe pourrait bien être le plus puissant de tous.
« Tu sais, la Fille Nudiste est impressionnante, mais la Fille Poisson est totalement démente, non ? Ces mouvements d'épée sont tout simplement écrasants. C'était du pur style Présidente en Armure. Vraiment. »
« Elle a travaillé si dur. Tout ce temps, elle a fait, de son mieux. Balançant son, épée encore et encore, corrigeant, sa posture maintes et maintes fois, répétant jusqu'à ce qu'elle retienne… Faisant en sorte que son corps, s'en souvienne. »
(Hochement de tête, Frétillement)
Elle est encore loin du niveau de la Présidente en Armure, mais l'escrime du premier coup et les taillades descendantes possèdent une beauté qui rappelle la forme élégante de cette dernière. Bien sûr, sa maîtrise de la force, son timing, sa respiration, son jugement et sa compréhension de la lame elle-même sont encore bien en deçà. Mais elle a commencé à maîtriser la forme. Même s'il ne s'agit que d'une imitation, cette forme elle-même est l'incarnation de l'escrime ultime, l'idéal perfectionné, une technique suprême qui transcende le style par la logique et l'efficacité.
« La Fille Gymnastique Rythmique ne démérite pas non plus. Elle tue avec certitude. Pour ce qui est des escarmouches, elle détient le record du nombre d'éliminations. »
(Hochement de tête, Frétillement)
Fluide et insaisissable, elle danse à travers les hordes de monstres, perturbant leurs lignes et se faufilant comme une traînée de fumée. Elle a clairement commencé à assimiler les techniques de la Fille Danseuse. Même en ne faisant que l'imiter, cela suffit à éviter toutes les attaques des monstres des étages intermédiaires. De plus, avec l'acrobatie de la gymnastique rythmique mêlée à cela, ses mouvements deviennent encore plus imprévisibles et étranges. Elle a surmonté son manque de puissance brute et de défense par la pure vitesse et la technique. « On dirait le Febreze du donjon ! »
« Je t'ai dit que ce n'était pas le cas ! Pourquoi est-ce que ça revient toujours au Febreze ?! Genre, appeler ça une danse de fée dans un monde où il y a de vraies fées et tout, c'est gênant, mais c'est quand même mieux que Febreze ! Arrêtez ! On dirait que je sens mauvais ou quelque chose comme ça ! »
Elle a entendu ça ? J'imagine qu'être appelée Febreze lui rappelle ses heures de gloire, à l'époque où elle était connue dans tout le monde de la gymnastique rythmique... sous le nom de Febreze.
« J'ai dit que c'était faux !! Pourquoi suis-je "Febrezée" aux quatre coins du monde ?! Ne cherche pas à étouffer l'affaire comme s'il s'agissait d'une jolie histoire ! »
L'avais-je dit à voix haute ? Elle semblait furieuse. Eh bien, c'est un âge ingrat. Une période sensible, tiraillée entre la foi des 16 ans et le culte de l'éternelle jeunesse des 17 ans. Une époque difficile, pleine de tourments. La guerre contre l'Église des 23 ans n'était probablement plus très loin non plus. Il y aurait du sang.
« Très bien, alors, allons-y pour les niveaux inférieurs ? Ce n'est que le boss du 80e étage pour l'instant, donc nous allons simplement observer, mais si vous comptez traîner, nous risquons d'être impliqués ? Je veux en finir aujourd'hui. C'est assez ennuyeux, tu sais ? »
« D'accord, nous y allons. »
Le 70e étage avait pris beaucoup de temps, mais comme il s'agissait d'une chenille géante, nous avions estimé que c'était inévitable et nous n'étions pas intervenus. Ce n'était certainement pas parce que nous ne le voulions pas. C'était la décision unanime de tous les instructeurs. Je n'avais donc rien fait de mal. Cela avait aussi pris du temps parce que je devais laver et sécher les garces après coup. Si ce donjon dépassait les 90 étages, nous ne rentrerions peut-être que la nuit tombée.
« Dispersez-vous ! Ne restez pas groupés ! Continuez à bouger ! Unités de boucliers, en soutien ! »
« « « Jaa ! Euh, kyaaaah ! » » »
Ouais, ça allait prendre du temps. Ce n'était pas seulement un mauvais match, c'est que la chose était immense. Difficile à arrêter avec des boucliers, trop rapide pour être harcelée à distance, et comme elle renvoyait la magie, les tours de passe-passe ne servaient à rien non plus. « Tigre de l'Enfer Niv. 80 ». Un puissant carnivore aux muscles agiles et vigoureux, tapi silencieusement, sans la moindre once de présence, prêt à bondir. Son pelage doré scintillait, souligné par d'audacieuses rayures noires. Mais bon sang, qu'est-ce qu'il était énorme.