Chapitre 451
96e jour – Tard dans la nuit, auberge du Loufoque Blanc
Elles étaient furieuses. Apparemment, même la Présidente en Armure, la Danseuse et la Slime s'opposaient à l'idée que je reste en arrière ou que nous formions des équipes séparées.
Mais en vérité, les emmener serait un excès de zèle. Avoir une telle force dans la même équipe ferait passer une remarque stupide du genre « Je vais juste détruire le monde en deux temps trois mouvements, je serai de retour pour le dîner » pour une menace crédible. C’est démesuré, excessif, un équipement bien trop lourd, une surcharge de puissance totale. Je veux dire, nous parlons de trois individus du niveau d'Empereur de Donjon regroupés. Ce n’est pas seulement une répartition inégale des forces, c’est une concentration extrême. À ce stade, il ne reste plus que la violence. Leur simple présence crée une zone de passage à tabac ultra-condensée et de haute pureté où rien d'autre que des coups ne peut exister.
Mais quand bien même… je ne veux pas les entraîner au cœur de l'Église. Si quelque chose devait arriver qui puisse neutraliser les trois d'un seul coup, l'équilibre des forces s'inverserait. Et s'il existe la moindre chance qu'elles puissent être manipulées d'une manière ou d'une autre, alors les emmener serait une erreur, un échec et une pure idiotie. Plus que tout, je ne veux pas les laisser toucher aux ténèbres. Même si, moi, j'aimerais bien devenir un peu tactile !
Ouais, c’est juste trop. Elles sont trop voyantes pour une infiltration discrète. Elles ne sont pas du genre à pouvoir se déplacer furtivement comme moi, n'est-ce pas ?
« Je vais juste m'introduire dans la Grande Cathédrale, assommer discrètement qui doit l'être, ramasser ce qui doit l'être et revenir en homme riche. Donc il n'y a absolument aucun problème, c'est totalement sûr, non ? Au pire, les filles risquent davantage d'être isolées et encerclées en tant qu'appâts, donc ce sont elles qui ont besoin de protection. En fin de compte, le front le plus important est la Frontière, suivi du Royaume. Je fais donc juste un voyage touristique sûr et insouciant à travers la Théocratie, avec un petit sabotage en prime. Comme un voyage initiatique pour me trouver moi-même avec un pass Jeunesse 16 sans billet. Il existe même un vieux dicton : "En voyage, occis les dieux qui bordent la route". Je vais donc simplement me frayer un chemin en toute discrétion, et tout ira bien, d'accord ? »
Si je considère que j'ai pu infiltrer le château royal du Royaume, avec sa sécurité renforcée et sa protection magique, sans que personne ne s'en aperçoive à part cet homme d'âge mûr qui faisait des bruits de succion, mes capacités de furtivité sont de loin les meilleures parmi nous tous. Je n'ai pas passé tout ce temps dans la Forêt du Mal à me faufiler derrière des gobelins pour les assommer pour rien. Même en termes de build, je suis clairement un mage spécialisé dans le corps à corps, furtif et orienté vers le combat à haute vitesse, donc ça doit être totalement sans risque… Probablement… ? Mais sérieusement, qu'est-ce que je suis censé faire avec ce build ?
« Je veux dire, ça ne semble pas bizarre de se faufiler avec les quatre personnes qui possèdent la plus grande puissance de destruction ? Avec une force aussi excessive, attaquer simplement la Cathédrale de toutes parts pour en faire un chantier de démolition serait une approche plus justifiée, non ? Il est assez clair qu'avec ces membres, il n'y a aucune furtivité, juste de l'annihilation, de l'oblitération et de l'extermination, sans aucune intention de se cacher. On finirait par opter pour une infiltration audacieuse et ouverte, ou bien un assaut pur et simple ? »
(Grelottement-Grelottement)
« Tu ne peux, pas, y aller, seul. Absolument pas. »
« Ensemble. Si c'est dangereux, alors nous y allons tous en même temps. »
(Rebond-Rebond)
Non, je pense à m'infiltrer précisément parce que je ne veux pas que cela devienne dangereux, mais elles ne comprennent pas ? Mon plan est parfait : me glisser discrètement dans la Grande Cathédrale, oblitérer les cibles sans un bruit, faire sauter le tout discrètement et ramasser quelques souvenirs en sortant. Et pourtant, elles semblent insatisfaites. On dirait que je vais devoir essayer de les convaincre avec une explication plus simple, plus facile à digérer.
« Je veux dire, je vais juste me promener, tuer quelques trucs, ramasser quelques autres trucs, et ensuite tout brûler, c'est tout ? Dans notre ancien monde, ce serait comme une simple course en trois étapes qu'un petit enfant pourrait faire pour sa première corvée en solo (massacre), non ? En quelque sorte ? »
J'imagine que ces Regards Glacés sont leur réponse. Une bonne réponse, même, mais on ne dirait pas qu'elles étaient convaincues, et je pouvais dire qu'elles pensaient : « Vraiment ? Genre, vraiment ? ». La réponse était si bonne que j'étais à deux doigts de changer de stratégie pour une approche plus personnelle, mais un frisson m'a parcouru l'échine, alors je me suis arrêté. Je pouvais déjà voir la boule de fer. Ce n'est pas le moment.
Même pendant que nous parlions, je continuais à travailler, à mithriliser et à enchanter avec de nouvelles propriétés tout l'équipement dont j'avais repoussé l'amélioration au cas où quelque chose de mieux se présenterait. Mieux vaut se concentrer sur la survie immédiate et la puissance de feu plutôt que de s'inquiéter d'éventuels nouveaux objets. Nous pourrons toujours chercher plus de mithril plus tard, mais la bataille n'attendra pas. Demander à un combat d'attendre juste parce que l'entraînement n'est pas terminé n'a jamais fonctionné, donc je ne peux pas compter là-dessus. Et je vais m'en tenir à l'idée que notre entraînement est plus dur que les combats réels, ce n'est que mon imagination.
« Ce qu'il reste, c'est l'oreillette qui est toujours en cours d'analyse… J'ai l'impression que je pourrais l'utiliser pour fabriquer des boucles d'oreilles… mais les piercings n'étaient-ils pas interdits par le règlement de l'école ? D'un autre côté, personne n'a fait de contrôle d'uniforme ces derniers temps, et les vêtements des étudiantes sont devenus si incontrôlables que c'est pratiquement une menace pour la moralité publique maintenant. La discipline de cette école s'est totalement effondrée. Même le conseiller d'orientation ne se montre plus. Pour qui les professeurs de cette école prennent-ils leurs élèves ? Même notre professeur principal ne se montre plus ? Je crois qu'on en avait un ? Ou c'est juste mon imagination ? Attends… cette école a-t-elle jamais eu des professeurs ? »