Chapitre 228
Hélios et Lola marchaient dans le parc d'attractions.
Lola avançait légèrement devant lui, les bras croisés et les joues gonflées. Elle boudait toujours.
Hélios l'observa quelques secondes avant de prendre la parole.
« Lola, pourquoi tu me fais la tête ? »
Lola tourna légèrement la tête vers lui.
« Tu me le demandes vraiment ? »
Elle s'arrêta un instant avant de reprendre, visiblement mécontente.
« Je veux dire, c'est quoi cette façon de s'acharner sur moi ? Tu m'attaquais dès que je réapparaissais ! Ce n'était absolument pas fair-play ! »
Hélios sourit légèrement.
« Ah, ça… Je me suis peut-être un peu emporté. Tu vois, c'était assez amusant. En plus, il n'y avait aucune règle interdisant de faire ça. C'est juste une excuse de perdante. »
Lola s'arrêta net.
Elle se retourna vers lui, stupéfaite.
« Quoi ?! »
Son visage se crispa.
« Si tu essaies de me provoquer, tu as réussi ! Allons aux prochaines attractions. Tu verras bien qui est le perdant ! »
Hélios haussa légèrement les épaules.
« Comme tu veux. »
Et c'est ainsi que leur compétition reprit de plus belle.
Ils enchaînèrent les attractions les unes après les autres.
La pêche aux canards.
Le lancer de fer à cheval.
Les courses de voitures.
Et bien d'autres jeux encore.
À chaque fois, le même scénario se répétait.
Le gagnant narguait le perdant.
Le perdant protestait.
Puis ils passaient à l'attraction suivante, déterminés à prendre leur revanche.
Les prix remportés étaient soigneusement rangés dans leurs anneaux de stockage, puis rapidement oubliés au profit du jeu suivant.
Le temps passa ainsi sans qu'ils s'en rendent compte.
Et finalement, lorsque la nuit commença à tomber, le score était parfaitement équilibré.
Une égalité totale.
Pourtant, Lola continuait de bouder.
La raison était simple.
Même si leurs victoires étaient équivalentes en nombre, elle avait généralement gagné de justesse.
Hélios, en revanche, dominait souvent largement lorsqu'il remportait une épreuve.
Il disposait d'une marge de progression bien plus importante et pouvait exploiter ses capacités avec beaucoup moins de restrictions.
Lola, elle, ne pouvait pas toujours utiliser pleinement les siennes.
Cette différence était particulièrement frustrante.
Et il ne restait désormais qu'une seule attraction dans laquelle ils pouvaient encore s'affronter.
Une épreuve de force.
Le principe était simple : il fallait frapper un sac suspendu avec le plus de puissance possible afin d'obtenir le meilleur score.
Pour Lola, c'était probablement la pire attraction de toutes.
Elle savait déjà qu'elle partait avec un désavantage considérable.
Hélios marchait désormais devant elle, tandis qu'elle le suivait, toujours légèrement boudeuse.
Ils arrivèrent finalement devant la machine.
Il s'agissait d'un modèle spécialement conçu pour les Éveillés, capable de mesurer la puissance de frappe de personnes possédant des capacités physiques largement supérieures à celles des humains ordinaires.
Lola observa l'appareil.
Puis Hélios.
Sans dire un mot, elle serra le poing.
Elle prit position devant la machine et frappa le sac de toutes ses forces.
BOUM !
Le sac se balança violemment.
Un instant plus tard, le résultat s'afficha.
700 kg.
Lola soupira.
Elle se retourna vers Hélios.
« Fais-toi plaisir. Le résultat est évident. »
Hélios la regarda quelques secondes.
Puis un léger sourire apparut sur son visage.
Il s'avança devant la machine.
Il leva le poing.
Puis frappa.
BOUM !
Le sac se balança à son tour.
Mais lorsque le résultat apparut…
500 kg.
Lola resta immobile.
Elle cligna des yeux.
Une fois.
Deux fois.
Puis elle se frotta même les yeux, comme si elle avait du mal à croire ce qu'elle venait de voir.
« Qu'est-ce qui vient de se passer ? »
Hélios baissa lentement son bras.
Il prit un air profondément contrarié.
« Je me suis tordu le poignet. C'est dommage… Il semblerait que j'aie perdu. »
Lola le regarda avec perplexité.
Elle réfléchit quelques secondes.
Puis un sourire apparut progressivement sur son visage.
« Tu es vraiment un mauvais perdant. »
Elle croisa les bras, visiblement satisfaite.
« Je te l'avais dit ! Tu ne fais pas le poids face à moi ! »
Hélios détourna les yeux.
« Oui, j'avoue. Cette fois, j'ai perdu. »
Il ouvrit son anneau de stockage.
Puis il en sortit plusieurs peluches remportées au cours des différentes attractions.
Il les tendit à Lola.
« Tiens. C'est pour toi. »
Lola observa les peluches.
Puis elle les prit avec un sourire satisfait.
Elle semblait avoir complètement oublié sa colère.
Après quelques secondes, elle fouilla dans son propre anneau et en sortit un petit objet.
Un porte-clés représentant un jeune homme aux cheveux blancs et aux yeux bleus, vêtu d'une armure blanche.
Elle le tendit à Hélios.
« Tiens. Pour toi. »
Hélios prit le porte-clés.
Il l'observa quelques secondes.
Pour une raison qu'il ne comprenait pas vraiment, ce petit objet lui rappelait quelqu'un.
Mais il décida de ne pas s'attarder sur cette impression.
Il accrocha simplement le porte-clés à Extinction, actuellement sous sa forme de bracelet.
Lola lui attrapa ensuite le bras.
« Il est déjà tard. Et si on allait marcher un peu avant de rentrer ? J'ai envoyé un message au chauffeur. On a encore un peu de temps. »
Hélios acquiesça.
« D'accord. »
Lola reprit la marche, les mains croisées derrière le dos.
Hélios la rejoignit rapidement et marcha à ses côtés.
Pendant un moment, aucun des deux ne parla.
Puis Lola prit soudainement la parole.
« Merci. »
Hélios tourna la tête vers elle.
« Merci pour quoi ? »
Lola sourit légèrement.
« Tu sais très bien de quoi je parle. Mais ne va pas te faire des idées. »
Elle détourna les yeux.
« Je dois avouer que la journée ne s'est pas exactement déroulée comme je l'avais imaginée… »
Elle marqua une courte pause.
Puis son sourire s'adoucit.
« Mais finalement, c'était encore mieux. »
Hélios la regarda quelques secondes.
Puis il sourit à son tour.
« C'est l'essentiel. Tant que ça t'a plu, je n'ai rien à redire. »
Lola lui adressa un sourire chaleureux.
Ils continuèrent à marcher tranquillement dans les allées du parc.
Un peu plus loin, ils aperçurent un vendeur de barbes à papa.
Hélios s'arrêta.
Puis il en acheta deux.
Il en tendit une à Lola.
« Tiens. »
Elle prit la friandise avec surprise.
Hélios observa la barbe à papa quelques secondes avant d'ajouter :
« J'aime bien les choses sucrées. »
Lola sourit.
« Moi aussi. »
Ils s'assirent tous les deux sur un banc, au bord de l'allée.
Puis ils commencèrent à manger leurs barbes à papa tout en discutant tranquillement.
Ils parlèrent de leurs attractions préférées.
De leurs défaites.
De leurs victoires.
Des peluches qu'ils avaient gagnées.
Et de quelques anecdotes sans grande importance.
Pour une fois, Hélios ne cherchait pas particulièrement à analyser chaque parole ou chaque réaction.
Il se contentait de discuter.
Et, à sa grande surprise…
Il appréciait réellement ce moment.
Le temps passa rapidement.
Finalement, le chauffeur arriva.
Les deux jeunes gens montèrent dans la voiture.
Puis ils quittèrent le parc et rentrèrent tranquillement au manoir.

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Une fois arrivés, Hélios et Lola traversèrent le hall avant de monter au deuxième étage.
Ils s'arrêtèrent finalement devant la porte de la chambre de Lola.
Un silence s'installa entre eux.
Puis Lola se tourna vers Hélios.
« C'est fini, alors ? Tu vas partir t'entraîner avec mon père ? »
Hélios acquiesça.
« Oui. Je vais m'entraîner avec ton père. »
Lola baissa légèrement les yeux.
« Tu sais quand on se reverra ? »
Hélios réfléchit quelques secondes.
« Non. Aucune idée. Ton père ne m'a encore rien dit à ce sujet. Mais je pense que ça ne sera pas pour tout de suite. »
Lola resta silencieuse.
Puis elle hocha lentement la tête.
« Oui… Père est quelqu'un d'assez frivole, mais lorsqu'il décide de faire quelque chose, il s'y consacre sérieusement. »
Hélios acquiesça.
« C'est une bonne chose. »
« Oui. »
Un nouveau silence s'installa.
Les deux jeunes gens se regardèrent.
Puis détournèrent presque simultanément les yeux.
Hélios réfléchissait.
[Que dois-je faire ou dire dans ce genre de situation ?]
Il voulait dire quelque chose.
Mais il ne savait pas quoi.
Il ouvrit la bouche.
Puis la referma.
Et avant qu'il puisse trouver les mots…
Lola s'approcha légèrement.
Elle se hissa sur la pointe des pieds et déposa un baiser sur sa joue.
Hélios se figea.
Lola recula aussitôt.
Un léger sourire apparut sur son visage.
« Au revoir, Hélios. Et fais de ton mieux. »
Puis elle ouvrit la porte de sa chambre.
Elle disparut à l'intérieur avant qu'il puisse répondre.
La porte se referma doucement.
Hélios resta immobile dans le couloir.
Silencieux.
Il porta lentement une main à sa joue.
Puis il sentit la chaleur lui monter au visage.
Ses oreilles devinrent rouges.
Il resta ainsi plusieurs secondes, incapable de bouger.
Puis un son lui échappa.
« Ohhhhh… »