Chapitre 200
Hélios se rassit confortablement dans son siège.
Il resta silencieux quelques secondes avant de reprendre la parole.
« Bien. Maintenant que cela est fait, je vais être clair sur certains points. »
Il parcourut calmement la salle avec son sondage énergétique.
« Vous pensez sûrement que je suis un tyran. Que j’aurais pu éviter tout cela. Que j’aurais pu être plus ouvert à la discussion. »
Il marqua une courte pause.
« Je le savais. Et j’ai volontairement choisi d’agir ainsi. »
Son ton resta parfaitement calme.
« Je voulais simplement donner un exemple afin de pouvoir avoir la discussion suivante avec les cinquante-quatre personnes restantes. »
Un silence pesant s’installa.
Hélios poursuivit :
« Premièrement, je ne suis pas un tyran. Je suis parfaitement ouvert à la discussion et je suis même très prompt à apprendre. Je ne me considère pas comme intrinsèquement supérieur à vous. »
Il haussa légèrement les épaules.
« Après tout, je viens littéralement du fond du tiroir. »
Quelques personnes restèrent silencieuses.
« En revanche, il y a une manière de communiquer. Il y a une manière de protester. Et surtout… je ne plaisante jamais lorsque je parle de certaines choses. Alors, faites attention à ce que je dis. »
Sa voix devint légèrement plus froide.
« Je ne suis pas ici pour être aimé par vous. Je ne suis pas ici pour me faire des amis. Je veux simplement faire mon travail et j’attends exactement la même chose de votre part. »
Il marqua une pause.
« Si nous finissons par nous apprécier, tant mieux. Ce sera un bonus. Dans le cas contraire, contentez-vous d’écouter mes directives. »
Il s’adossa légèrement à son siège.
« Et ne pensez surtout pas que j’ai peur de recevoir une punition pour abus de pouvoir. »
Un silence s’installa.
« Bien. Maintenant, puisque personne ne m’a posé de questions, je vais vous expliquer moi-même mon point de vue sur la situation. »
Hélios croisa légèrement les bras.
« Sachez d’abord une chose. Je n’ai pas quitté Aurora à cause d’un conflit avec le clan. Je suis simplement parti parce que je devais poursuivre mes propres objectifs. Si je n’avais pas eu besoin de partir, j’y serais probablement resté. »
Il marqua une pause.
« Là-bas, j’ai compris quelque chose d’important. Un clan protège d’abord ses propres membres et ses propres intérêts avant ceux des personnes extérieures. Du moins, dans la majorité des cas. »
Il parcourut la salle avec son sondage énergétique.
« Or, d’après les règles que j’ai découvertes depuis mon arrivée ici, Sinister est censé fonctionner de manière similaire. »
Son expression devint plus sérieuse.
« Alors, dites-moi… êtes-vous réellement des incapables au point de laisser la mort de l’un des vôtres entre les mains d’une autre organisation ? »
Personne ne répondit.
« Je veux dire… si vous n’êtes même pas capables de gérer ce genre de situation, cela signifie qu’en cas de problème, vous ne protégerez pas vos propres membres. »
Il marqua une pause.
« Et ce genre de réputation ne donnera certainement envie à personne de rejoindre Sinister. Ou du moins, cette branche de Florence. »
Hélios haussa légèrement les épaules.
« Je doute que tout Sinister fonctionne ainsi. »
Il se redressa.
« Donc, même si le Gouvernement Universel décide de s’interposer, vous poursuivrez cette affaire de meurtre. Vous obtiendrez justice pour notre membre. »
Son expression se durcit.
« Et si cela dérange quelqu’un, dites-lui simplement que c’est l’ordre de l’Aîné. Je laisserai mes coordonnées. Qu’il vienne directement me voir. »
Un silence s’installa.
« Je ne suis certainement pas un bon dirigeant. »
Un léger sourire apparut sur son visage.
« Mais je suis rancunier. Alors, vous pouvez me croire sur une chose : personne ne vous touchera sans mon accord, à moins de vouloir finir sans cendres à conserver. »
Quelques membres déglutirent discrètement.
Hélios poursuivit :
« Concernant les affaires de drogue et les mafias, votre justification sera simplement que les preuves dont je dispose les relient directement aux problèmes que nous venons d’évoquer. »
Il marqua une pause.
« Et si le Gouvernement Universel a des doutes, dites-leur que l’Aîné est prêt à en discuter directement. »
Il parcourut calmement l’ensemble de la salle avec son sondage.
« Si j’ai retenu une chose concernant les grandes puissances, c’est que tout fonctionne autour des bénéfices. »
Il croisa les bras.
« Alors, je peux vous assurer que le Gouvernement ne commencera pas une guerre contre Sinister pour si peu. Il perdrait probablement davantage qu’il ne gagnerait. »
Son expression devint plus sérieuse.
« Et de notre côté, nous perdrions beaucoup plus en ne faisant rien qu’en affrontant le Gouvernement sur ce genre de problème. »
Il marqua une courte pause.
« Alors, à la moindre difficulté, je vous autorise à utiliser mon titre comme moyen de pression. Et si vous êtes attaqués directement, je viendrai moi-même régler le problème. »
Hélios se redressa légèrement.
« Je pense qu’il est désormais assez clair que je ne suis pas faible. »
Il observa les personnes présentes à travers son sondage.
« Alors… y a-t-il des questions ? Des reproches ? Je vous permets de vous exprimer. »
Cette fois, plusieurs personnes commencèrent à parler.
Mais contrairement à tout à l’heure, il ne s’agissait plus de protestations agressives.
Les uns après les autres, plusieurs membres présentèrent leurs excuses pour leur comportement.
Hélios les écouta jusqu’au bout.
Il ne les interrompit pas.
Puis, lorsque tout le monde eut terminé, il reprit calmement :
« Je ne vais pas m’attarder sur cette affaire. »
Il tourna la tête vers l’endroit où les six opposants étaient morts.
« Concernant les six morts, suivez les procédures habituelles en cas de décès d’un membre. »
Il marqua une pause.
« Et dites la vérité dans le rapport. C’est moi qui les ai éliminés. J’assumerai mes décisions. »
Personne ne répondit.
« Si personne n’a rien à ajouter, sortez tous. J’ai besoin de discuter avec mon assistante. »
Les membres de Sinister se levèrent progressivement.
Puis ils quittèrent la salle.
Les gardes du corps restèrent quelques instants avant de recevoir un léger signe de Hélios.
Ils sortirent également.
La porte se referma.
Hélios et Lola se retrouvèrent seuls.
Un silence s’installa.
Puis Lola croisa les bras.
« Franchement, Hélios… tu vas écoper d’une grosse punition. »
Hélios resta silencieux.
Lola poursuivit :
« Tu aurais dû me demander de l’aide. Tu sais très bien que j’avais déjà plusieurs moyens de gérer cette situation sans en arriver là. »
Hélios secoua légèrement la tête.
« Lola, je me doutais que tu pourrais tout gérer. »
Il marqua une pause.
« Mais j’avais également besoin de m’imposer. »
Il tourna légèrement la tête vers elle.
« Je ne veux pas être simplement une image dans leur esprit. Je veux qu’ils comprennent réellement qui je suis et ce que je suis prêt à faire. »
Lola resta attentive.
Hélios poursuivit :
« De plus, j’avais réfléchi à tout avant d’agir. »
Il haussa légèrement les épaules.
« Quant à la punition… elle ne sera probablement pas aussi lourde que tu le penses. »
Lola fronça légèrement les sourcils.
« Pourquoi ? »
« Parce que même si la situation ne justifiait évidemment pas six morts, ce sont eux qui ont attaqué les premiers. »
Il marqua une pause.
« Je n’ai jamais pris l’initiative de les attaquer. En théorie, on pourrait donc considérer cela comme de la légitime défense. »
Il réfléchit quelques secondes.
« Une légitime défense légèrement… exagérée, certes. »
Lola resta silencieuse.
Hélios reprit :
« De plus, je voulais moi-même être puni si mes décisions étaient considérées comme un abus de pouvoir. »
Lola le regarda avec perplexité.
« Pourquoi ? »
Hélios répondit simplement :
« Parce que cela montre que je suis prêt à faire ce que je dis, même lorsque mes décisions peuvent avoir des conséquences négatives pour moi. »
Il marqua une pause.
« Ainsi, même si certaines personnes me craignent, elles finiront par me respecter et m’obéir parce qu’elles sauront que je fais réellement ce que je dis. »
Il tourna légèrement la tête vers Lola.
« Je pensais que tu le comprendrais. »
Lola resta silencieuse quelques secondes.
Puis elle sourit.
Elle s’approcha et lui donna une légère tape sur l’épaule.
« Ne me sous-estime pas, Hélios. Je l’avais compris. »
Elle marqua une courte pause.
« Je doutais simplement que tu l’aies fait intentionnellement. »
Son sourire s’élargit.
« Mais maintenant, je dois te poser une question. »
Elle se pencha légèrement vers lui.
« Où est-ce que tu as appris ce genre de choses ? »
Hélios resta silencieux.
Lola poursuivit :
« Je suis du genre à te surestimer, mais tu viens quand même de me surprendre. À quel moment es-tu devenu aussi doué avec les gens ? »
Hélios réfléchit quelques secondes.
Puis il répondit calmement :
« Tu devrais déjà le savoir. J’ai été victime de ce genre de machinations à mon arrivée à Sun. »
Il marqua une pause.
« D’ailleurs, tu étais directement liée à tout cela. »
Lola resta silencieuse.
Hélios continua :
« J’ai simplement tiré des leçons de cette expérience. »
Il haussa légèrement les épaules.
« Pour le reste, j’ai appris en écoutant et en observant Ariana, Caster… et aussi en lisant et en écoutant des romans. »
Lola cligna des yeux.
« Des romans ? »
Hélios acquiesça.
« Les méchants dans ces histoires utilisent constamment ce genre de failles. »
Lola resta silencieuse quelques secondes.
Puis un sourire amusé apparut sur son visage.
« Tu m’impressionnes. »
Elle secoua légèrement la tête.
« Je veux dire… apprendre de cette façon te rend vraiment effrayant. »
Hélios ne répondit rien.
Lola reprit :
« Allez, viens. On va rentrer. »
Elle lui adressa un sourire.
« Tu n’as plus besoin de t’occuper de la suite. Je vais prendre les choses en main. »
Elle marqua une courte pause.
« Et si tu m’invitais à prendre un dessert ? »
Hélios resta silencieux.
[C’est elle qui est effrayante en matière de machinations. Je ne suis clairement pas son égal.]
Il ne jugea cependant pas nécessaire de lui faire part de cette conclusion.
Hélios se leva.
« Je suis fauché. Je ne peux donc pas t’inviter. »
Lola resta silencieuse une seconde.
Puis son visage s’illumina.
« Cela veut dire que si tu avais de l’argent, tu m’inviterais ? »
Hélios ouvrit la bouche pour répondre.
Mais Lola lui attrapa déjà le bras.
« Ce n’est pas grave. Je nous invite. C’est moi qui paye. »
Elle se mit à le tirer vers la sortie.
Hélios soupira intérieurement.
[Je crois que j’ai encore perdu cette conversation.]
Puis il la suivit.