Chapitre 1
Le soleil se leva sans un bruit.
Ses premiers rayons traversèrent l'immense ouverture béante du bâtiment en construction, passant par ce qui sera probablement destiné à accueillir une fenêtre à l'avenir. Elle trouva le visage d'un jeune homme couché.
Au milieu des gravats, un garçon dormait.
Il était allongé sur quelques morceaux de carton, recouvert d'une vieille couverture dont la couleur avait depuis longtemps la saleté. Son corps frêle était recroquevillé contre un pilier de béton.
Ses paupières frémirent.
Puis ses yeux s'ouvrirent.
Deux iris d'un bleu glacé fixèrent le plafond inachevé. Après un moment, il finit par repousser sa couverture et s'assit lentement. Ses cheveux blancs, désordonnés, tombèrent devant ses yeux, sa peau pâle contrastait avec la poussière qui recouvrait ses vêtements.
Il passa une main sur son visage avant de regarder autour de lui. Le bâtiment était silencieux. Seuls les bruits lointains des moteurs et des voix pouvaient être entendus.
Comme tous les matins depuis le moment fatidique qui a conduit à sa situation de sans-abri, il prit une pierre et laissa un trait supplémentaire sur le pilier de béton.
Il regarda les marques un moment. Il en avait un total de 2045, cela faisait environ 5 ans et 7 mois qu'il devait vivre ainsi.
" je me suis réveillé encore un jour supplémentaire, il semblerait que je vais encore survivre un moment."
Il tendit la main et prit un sac posé tout près, ou du moins ce qui pouvait encore être considéré comme un sac. Il contenait presque rien : une bouteille d'eau à moitié vide, quelques morceaux de pain à moitié rassis et une vieille veste.
Il enfila la veste et prit une gorgée d'eau puis un morceau de pain, ce dernier était presque caoutchouteux. Il inséra sa main dans une des poches de la veste et en sortit un petit calendrier, ses yeux se figèrent sur la date du jour.
1 Août.
"Déjà…"
Il se sentait très sombre chaque premier août, car bien que ce soit également la date de son anniversaire, c'est également le jour où 6 ans plus tôt toute sa famille mourut, le laissant comme seul survivant.
Après un long soupir, il dit : "Il me semble que c'est également aujourd'hui qu'a lieu le test d'éveil, ce n'est pas comme si j'espérais quoi que ce soit, mais bon j'avais promis à maman de le passer."
Sur ces mots, il se leva et rangea le calendrier dans la poche d'où il a été sorti, puis marcha et sortit du bâtiment, se couvrant les yeux pour s'habituer à la forte lumière du soleil.
Il marcha dans la rue en se faisant le plus discret possible. Observant les voitures passer et les familles défiler, il sentit la rage dans son cœur, une rage immense dirigée vers le monde lui-même, ce monde qui lui a tout pris.
Lui aussi, il marchait en tenant les mains de ses parents. Ils avaient même des frères et sœurs. Ces parents étaient même éveillés, pas les plus forts, mais c'était suffisant pour mener une vie sans se soucier des besoins de base. Il était très heureux, du moins jusqu'à ce que le monde lui prenne tout et tout le monde.
Sortant de ces pensées, il arriva devant un énorme stade, c'était le lieu de test, il marcha et à l'accueil il vit une femme assise derrière une table avec plein de papier à sa gauche. Elle avait le visage baissé mais dit : "identité, âge, signature du tuteur. "
Il répondit : " Quoi"
Elle soupira puis leva le visage : "N'es-tu pas ici pour le test ?"
Leurs regards se sont croisés et ont tous deux pris une expression assez étrange, elle leva un sourcil et le fixa de haut en bas de ses cheveux blancs, son teint pâle et ses yeux bleus. Il était assez beau bien qu'il faisait également penser à un fantôme.
Il regarda aussi la femme. Elle avait l'air d'avoir la vingtaine et avait des traits très délicats et une peau bronzée, bien qu'elle puisse avoir plusieurs fois cet âge car les éveillés forts vieillissent très lentement et ils ont même des moyens de rajeunir.
Il se ressaisit et dit : " Oui je suis là pour le test."
Elle dit alors sur un ton autoritaire : "Donc réponds."
Il resta immobile un moment et dit : "Je me prénomme Hélios , j'ai pris 16 ans aujourd'hui et je suis orphelin "
Elle le regarda un moment, puis nota les informations et dit ensuite sur un ton plat : "Orphelin ? Je vois. Bon, laisse-moi te parler, comment cela se passe."
Sans attendre de réponse, elle continua : "Les choses ici sont assez simples, tout d'abord tu rentres, tu fais la queue sans faire d'incident, puis tu pourras avoir la chance de peut-être devenir un éveillé. Le processus est assez simple de nos jours… Sais-tu comment t'éveiller ? "
Ne voyons aucune réponse, elle sourit d'un être amusé. "Tu es vraiment comme un fantôme peu bavard." Le regardant, secouant la tête pour réfuter, elle dit : continuais. "Bref, c'est simple, il existe deux méthodes pour s'éveiller, la première et la plus dangereuse est d'être en contact avec l'autre monde, ou un portail, ou encore des failles et brèches. La forte densité d'éthernanos devrait faire le reste."
" la seconde option et la plus sure qui est également utiliser et d'entre en contact avec un cristal d'ethernanos, bien maintenant dégage d'autre attendent . "
"Merci "
Sur ses mots, il a parcouru le long couloir menant au centre du stade où il a vu des centaines d'adolescents regrouper, puis au bout du centre du stade faire la queue pour toucher un étrange cristal violent, duquel même à plus de 200m de distance qu'il estimait les séparer, il ressentait un froid oppressant.
En regardant sur le côté, à environ 10m du cristal, un homme était assis nonchalamment sur une chaise en bois. Cet homme était vêtu d'un manteau, d'un col roulé, d'un pantalon, d'une paire de gants et de lunettes de soleil, l'ensemble était intégralement noir. Il a de longs cheveux noirs. Il fumait une cigarette tout en lisant un roman. La seule chose prouvant son importance est une plaque sur son manteau marquée Transcendant Dave .
Lorsque Hélios monta sur l'estrade à l'arrivée de son tour, il sentit une peur primale en le regardant.
Ce type ressemble à un vrai croquemort, putain.
Comme si l'homme avait écouté ses pensées, il le regarda et dit : "Drôle de remarque venant d'une personne ressemblant à un fantôme."
La colonne vertébrale de Hélios frémit.
Merde, ce type peut même lire dans les pensées ? Bon, peu importe c'est mon tour, je dois juste m'éveiller comme le voulait maman.
Hélios s'approchant du cristal et dit :" Hélios… 16 ans"
Le transcendant le regarda un moment, puis hocha la tête en signe d'accord. À cet instant, Hélios tendit la main pour toucher le cristal d'éthernanos mais ne le fit jamais.
La raison en est simple : à l'instant où il aurait dû toucher le cristal, une énorme faille dans la trame du monde s'ouvrit, de sorte que sa main y pénétra sans qu'il ne puisse y réagir. Une force d'aspiration immense l'attira, lui et d'autres à l'intérieur, et ce en l'espace de moins de 1 seconde, ne lui laissant le temps de dire qu'une seule chose :
" Merde ."