Chapitre 1
Chapitre 1 — Le meilleur entraîneur du monde
2 juillet — 2 h 17
La pluie tombait assez fort pour noyer les lumières de l’autoroute.
Malik Diarra conduisait avec une main sur le volant.
L’autre tenait encore son téléphone.
L’écran affichait un message qu’il avait déjà lu douze fois.
Président — FC Tremblay
Je suis désolé Malik. La décision est définitive. On ne pourra pas te garder.
Malik éclata de rire.
Un rire court.
Il jeta le téléphone sur le siège passager.
La voiture dévia légèrement.
Il corrigea.
Trop brusquement.
Les pneus glissèrent une demi-seconde sur la chaussée.
Malik ralentit.
Pas beaucoup.
Il avait bu.
Beaucoup trop.
Trois whiskys.
Peut-être quatre.
Il ne savait plus exactement.
Ce qu’il savait, en revanche, c’était qu’il venait d’être licencié pour la quatrième fois en cinq ans.
Quatrième club.
Quatrième président qui, au début, avait cru en son discours.
Quatrième vestiaire qui avait fini par ne plus comprendre ce qu’il voulait.
Et cette fois…
il ne pouvait même pas dire que les résultats étaient injustes.
Huit matchs.
Une victoire.
Un nul.
Six défaites.
Treize buts encaissés.
Quatre marqués.
Malik se passa une main sur le visage.
— Six défaites…
Il pouvait encore entendre la conversation.
⸻
Quelques heures plus tôt
Le bureau du président était trop petit pour une réunion de licenciement.
Malik avait toujours trouvé ça ridicule.
Une table.
Trois chaises.
Une armoire avec des licences.
Une vieille photo d’une équipe championne vingt ans auparavant.
Et le président du FC Tremblay, assis face à lui.
Les mains jointes.
Pas de colère.
C’était pire.
— Malik…
— Je sais.
Le président soupira.
— Laisse-moi parler.
— Vas-y.
— On ne peut plus continuer.
Malik se recula dans sa chaise.
— À cause des résultats ?
— Entre autres.
— On a six blessés.
— Je sais.
— Notre meilleur attaquant travaille de nuit deux fois par semaine.
— Je sais aussi.
— Notre terrain est…
— Malik.
Silence.
Le président posa une feuille devant lui.
— Les joueurs ne comprennent plus ce que tu demandes.
Cette phrase fit plus mal que le reste.
Malik regarda le document.
Quelques commentaires anonymes.
« On change trop souvent. »
« Je ne sais jamais si je dois presser ou attendre. »
« Le coach veut copier trois équipes différentes en même temps. »
« On a travaillé un 4-2-3-1 mardi puis joué en 3-5-2 dimanche. »
Malik releva la tête.
— Ce sont des joueurs amateurs. Il faut parfois s’adapter.
— S’adapter, oui.
Changer complètement toutes les semaines, non.
Malik serra les mâchoires.
— Donc tu penses que je suis mauvais ?
Le président mit trop de temps à répondre.
— Je pense que tu veux aller plus vite que la musique.
— C’est ça, le problème ?
— Une partie.
— Et le reste ?
Nouveau silence.
— Tu ne fais confiance à personne.
— Faux.
— Ton adjoint a arrêté de proposer des choses parce que tu changes tout derrière lui. Le préparateur physique t’a prévenu sur les charges de travail trois fois.
— Il était trop prudent.
— Deux joueurs se sont blessés.
Malik ne répondit pas.
Le président continua.
— Tu vois le football comme si tout dépendait de la meilleure idée.
Il se pencha légèrement.
— Mais les joueurs ne sont pas des pièces que tu déplaces sur un tableau.
Cette phrase resta.
Malik finit par demander :
— Donc c’est fini ?
— Peut être faut que je réfléchisse.
— J’aurais la réponse quand ?
— Dans la soirée ou demain.
Malik se leva.
— D’accord.
— Malik.
Il se retourna.
— Quoi ?
— T’es pas idiot.
Le compliment l’agaça presque.
— Merci.
— Mais tu dois apprendre à être structuré.
Malik sourit sans joie.
— Je suis entraîneur depuis cinq ans.
— Justement.
⸻
2 h 19
La voiture continua sous la pluie.
Malik serra le volant.
— Apprendre…
Il avait vingt-neuf ans.
Et il était déjà devenu ce que les gens du football amateur appelaient poliment un entraîneur « compliqué ».
En réalité ?
Un entraîneur qu’on appelait lorsqu’on voulait essayer une nouvelle approche du football.
Puis qu’on licenciait quelques mois plus tard.
Son premier club avait tenu onze mois.
Le deuxième six.
Le troisième huit.
Tremblay ?
Quatre mois.
La progression était magnifique.
Malik rit encore.
Il prit son téléphone.
Mauvaise idée.
Un message de son ancien adjoint.
Désolé coach. Bonne continuation.
Puis un autre.
Un joueur.
Merci quand même pour ce que vous avez essayé.
Essayé.
Pas fait.
Pas réussi.
Essayé.
Malik jeta de nouveau le téléphone.
Plus fort cette fois.
— Je vais leur montrer.
Phrase classique.
Ridicule.
Il le savait.
Il accéléra pourtant.
Les essuie-glaces travaillaient à pleine vitesse.
Il prit une sortie.
Trop vite.
Une lumière apparut sur la gauche.
Blanche.
Très forte.
Un klaxon.
Malik tourna brutalement le volant.
La voiture glissa.
Il aperçut un camion.
Puis une barrière.
Puis…
rien.
⸻
2 juillet — 11 h 43
Bip.
Bip.
Bip.
Malik ouvrit les yeux.
Plafond blanc.
Odeur d’hôpital.
Douleur dans les côtes.
Gorge sèche.
Il cligna plusieurs fois.
Un visage apparut.
Une infirmière.
— Monsieur Diarra ?
Malik essaya de parler.
— Oui…
Sa voix était affreuse.
— Vous m’entendez correctement ?
— Oui.
— Vous savez où vous êtes ?
Malik regarda autour de lui.
— À l’hôpital.
— Très bien.
— Qu’est-ce qui…
Sa mémoire revint.
La pluie.
La voiture.
Le camion.
Il ferma les yeux.
— Ma voiture ?
L’infirmière hésita.
— Vous avez eu un accident.
— Je sais.
— Vous avez eu beaucoup de chance.
Malik respira lentement.
Une douleur tira dans ses côtes.
— Qu’est-ce que j’ai ?
— Rien qui mette votre vie en danger. Quelques contusions importantes, deux côtes fissurées et une plaie au front. Le médecin vous expliquera tout.
Il hocha légèrement la tête.
Puis une autre question lui vint.
— J’ai blessé quelqu’un ?
L’infirmière répondit immédiatement.
— Non.
Malik ferma les yeux.
Cette fois, le soulagement fut réel.
Long.
Profond.
Il resta silencieux.
Puis l’infirmière ajouta :
— Les forces de l’ordre devront probablement vous parler.
Évidemment.
Malik regarda le plafond.
— D’accord.
Elle quitta la chambre.
Silence.
Malik resta seul.
Il pensa au licenciement.
Puis à la voiture.
Puis au fait qu’il aurait pu tuer quelqu’un.
La honte arriva enfin.
Pas spectaculaire.
Pas comme dans les films.
Simplement lourde.
Il posa une main sur ses yeux.
— Quel idiot…
Puis quelque chose apparut.
Une lumière.
Malik retira sa main.
Devant lui flottait une fenêtre translucide.
Il cligna des yeux.
Elle resta.
Il regarda à droite.
À gauche.
Puis à nouveau devant lui.
La fenêtre était toujours là.
⸻
SYSTÈME DU BÂTISSEUR
Initialisation…
Utilisateur identifié.
Malik Diarra
Profession principale :
Entraîneur de football
Analyse comportementale en cours…
⸻
Malik fixa la fenêtre.
— C’est les médicament, bordel on m’a drogué.
La fenêtre changea.
⸻
PROFIL DE L’UTILISATEUR
Malik Diarra
Âge : 29 ans
Expérience d’entraîneur : 5 saisons partielles
Réputation : 2/100
Tactique : 18/100
Gestion humaine : 21/100
Développement des joueurs : 17/100
Recrutement : 14/100
Analyse : 23/100
Gestion financière : 11/100
Leadership : 27/100
Délégation : 8/100
Discipline personnelle :
9/100
⸻
Malik resta immobile.
Puis regarda la dernière ligne.
— Va te faire foutre.
La fenêtre ne bougea pas.
— Neuf ?
Toujours rien.
— J’ai huit en délégation ?
Silence.
Malik se redressa légèrement.
Mauvaise idée.
La douleur dans ses côtes le força à se rallonger.
— Aïe…
Une nouvelle fenêtre apparut.
⸻
ÉVALUATION GÉNÉRALE
Vous possédez une compréhension théorique du football supérieure à votre capacité actuelle à la transmettre.
Faiblesses principales
Qualités principales
⸻
Malik fixa la dernière ligne.
Capacité de persuasion.
Il sourit.
— Au moins une qualité utile.
La fenêtre changea encore.
⸻
QUÊTE PRINCIPALE
DE L’ANONYMAT À LA LIGUE 1
Prenez en charge un club évoluant au niveau régional ou inférieur.
Atteignez la Ligue 1 avec ce club.
Limite
15 saisons
Conditions
Échec
Dépassement de la limite de 15 saisons.
Récompense finale
???
⸻
Malik éclata de rire.
Puis regretta immédiatement à cause de ses côtes.
— Quinze saisons…
Il connaissait suffisamment le football français pour comprendre la folie.
Même en prenant un club régional relativement haut…
il faudrait grimper.
Encore.
Encore.
Encore.
Régional.
National.
Professionnel.
Des années.
Une nouvelle fenêtre apparut.
⸻
REMARQUE
Le chemin le plus court n’est pas nécessairement le chemin le plus facile.
Conseil initial
Apprenez d’abord à conserver un poste plus d’une saison.
⸻
Malik resta bouche ouverte.
Puis rit malgré la douleur.
— D’accord.
Cette hallucination avait de l’humour.
⸻
6 juillet — 14 h 10
Quatre jours plus tard, Malik sortit de l’hôpital.
Sans voiture.
Avec une ordonnance.
Une convocation administrative future.
Et surtout…
avec le Système toujours présent.
Il avait essayé plusieurs choses.
Fermer les yeux.
Dormir.
Ne pas prendre d’antalgiques.
Prendre les antalgiques.
Regarder dans un miroir.
Se pincer.
Le système restait.
Il pouvait le faire apparaître mentalement.
Le fermer.
Consulter son profil.
Mais pas grand-chose d’autre.
Aucun joueur.
Aucun recrutement.
Aucun pouvoir spectaculaire.
Seulement sa quête.
Et une rubrique verrouillée :
CLUB NON ASSIGNÉ
Malik rentra chez lui.
Petit appartement en banlieue parisienne.
Il posa son sac.
Regarda le salon.
Une pile de livres sur le football.
Des carnets.
Des tactiques imprimées.
Des captures d’écran de matchs.
Tout ce qu’il avait accumulé pour devenir bon.
Il s’assit.
Puis ouvrit son ordinateur.
Boîte mail.
Aucun club.
Évidemment.
Il avait été licencié quatre jours plus tôt.
Et sa réputation était catastrophique.
Le téléphone sonna.
Sa mère.
Il hésita.
Puis décrocha.
— Allô ?
— Tu es rentré ?
— Oui.
— Tu es sûr que tu vas bien ?
— Oui.
— Malik.
Il soupira.
— Oui, maman. Je vais bien.
— Tu as failli mourir.
— Je sais.
— Et tu avais bu.
Silence.
Il n’avait rien à répondre.
Elle continua.
— Tu dois arrêter tes bêtises.
— Je sais.
— Non. Tu dis toujours « je sais ».
Malik resta silencieux.
Puis :
— Cette fois, je sais vraiment.
Sa mère ne répondit pas immédiatement.
— Repose-toi.
— Oui.
— Et laisse le football quelques jours.
Malik regarda son ordinateur.
Une annonce venait d’apparaître sur un groupe d’entraîneurs amateurs.
Club R3 cherche entraîneur principal.
Il sourit légèrement.
— Oui maman.
Mensonge.
⸻
7 juillet — 9 h 22
Malik avait envoyé onze candidatures.
Deux réponses.
La première :
Merci, poste déjà pourvu.
La deuxième :
Nous cherchons un profil avec davantage de stabilité.
Il relut ce dernier mot.
Stabilité.
— Très subtil.
Le système apparut.
⸻
RÉPUTATION
Actuelle :
2/100
Effet
Faible crédibilité auprès des dirigeants.
Historique négatif
4 expériences courtes.
Plusieurs licenciements.
Résultats irréguliers.
⸻
— Je sais.
Nouvelle notification.
⸻
OBJECTIF PRÉLIMINAIRE
Obtenir un poste d’entraîneur principal.
Récompense
Déblocage des fonctions liées au club.
⸻
Malik se leva.
Fit quelques pas.
Ses côtes faisaient toujours mal.
Il regarda les annonces.
R3.
R2.
District.
Adjoint.
Responsable jeunes.
Il pouvait accepter un poste d’adjoint.
Peut-être plus facilement.
Mais la quête exigeait un poste d’entraîneur principal.
Puis il vit un nom.
Racing Club de Villeneuve.
Il connaissait vaguement.
Club d’Île-de-France.
Régional.
Pas prestigieux.
Il ouvrit l’annonce.
Le Racing Club de Villeneuve recherche un entraîneur pour son équipe première senior évoluant en R3. Projet associatif. Budget limité. Priorité au maintien et à la structuration du groupe.
Malik relut.
Priorité au maintien.
Son cerveau traduisit immédiatement :
Ils n’ont aucune ambition.
Il envoya son CV.
Puis ajouta un message.
Bonjour,
Je suis entraîneur senior depuis cinq ans. Je souhaite vous présenter un projet sportif ambitieux basé sur le développement, la structuration et la progression à long terme du club.
Disponible rapidement pour échanger.
Malik Diarra.
Il hésita.
Puis envoya.
⸻
9 juillet — 18 h 37
Pas de réponse.
10 juillet — 12 h 11
Toujours rien.
11 juillet — 17 h 02
Son téléphone sonna.
Numéro inconnu.
— Allô ?
— Monsieur Diarra ?
— Oui.
— Gérard Martel, Racing Club de Villeneuve.
Malik se redressa.
— Bonjour.
— Vous nous avez envoyé une candidature.
— Oui.
— Vous êtes disponible demain ?
Malik sourit.
— Oui.
— 10 heures ?
— Parfait.
— Vous connaissez le club ?
Malik mentit.
— Bien sûr.
Gérard resta silencieux une seconde.
— Très bien.
À demain.
Il raccrocha.
Malik ouvrit immédiatement internet.
— Racing Club de Villeneuve…
Le système apparut.
⸻
OPPORTUNITÉ DÉTECTÉE
Club compatible avec la quête principale.
Division
R3
Probabilité estimée d’obtenir le poste
19 %
⸻
Malik fronça les sourcils.
— Pourquoi seulement dix-neuf ?
⸻
Facteurs négatifs
Réputation.
Historique.
Absence de lien avec le club.
Facteur positif
Peu de candidats.
⸻
— Charmant.
⸻
12 juillet — 9 h 47
Malik arriva devant le complexe sportif treize minutes en avance.
Le stade ne ressemblait pas exactement à l’endroit où commencer une marche vers la Ligue 1.
Un terrain principal en synthétique.
Une petite tribune.
Un autre terrain partagé.
Des grillages.
Un bâtiment administratif beige.
Quelques enfants en stage d’été couraient autour de plots.
Malik resta devant l’entrée.
Le système apparut.
⸻
RACING CLUB DE VILLENEUVE
Analyse superficielle
Division équipe première :
R3
Statut :
Amateur
Réputation :
Locale faible
Infrastructure :
Faible
Finances :
Limitées
Formation :
Modeste
⸻
Puis une nouvelle ligne.
Mission principale compatible.
Malik sourit.
— Parfait.
Un homme sortit du bâtiment.
Cinquantaine avancée.
Un peu de ventre.
Polo du club.
— Monsieur Diarra ?
— Malik.
Ils se serrèrent la main.
— Gérard.
Le président.
Enfin…
président était un grand mot.
Dans un club comme Villeneuve, Gérard était président, comptable improvisé, responsable administratif, parfois chauffeur et probablement réparateur de machine à café.
Il fit entrer Malik.
⸻
Le bureau était petit.
Deux chaises visiteurs.
Un ordinateur.
Des classeurs.
Une écharpe du club au mur.
Une photo d’une ancienne montée.
Gérard s’assit.
— Café ?
— Oui.
— Machine cassée.
Malik resta silencieux.
Gérard sourit.
— Je plaisante.
Il servit deux cafés.
Premier test réussi.
Puis il prit le CV.
— Quatre clubs.
Malik savait que ça arriverait.
— Oui.
— Cinq ans.
— Oui.
— Vous êtes resté moins d’un an partout.
— Oui.
Gérard leva les yeux.
— Pourquoi ?
Malik réfléchit à une réponse intelligente.
Puis choisit une semi-vérité.
— Parce que j’étais mauvais.
Gérard se figea légèrement.
— Pardon ?
— Pas complètement mauvais.
Malik sourit.
— Mais moins bon que je le pensais.
Le président posa le CV.
— C’est rare comme réponse.
— J’essaie une nouvelle stratégie.
— L’honnêteté ?
— Temporairement.
Gérard rit.
Bon signe.
Malik continua.
— Je connais le football.
Je regarde énormément.
Je travaille énormément.
Mais j’ai voulu aller trop vite.
Changer trop.
Contrôler trop.
Je pensais qu’avoir la meilleure idée tactique suffisait.
— Et maintenant ?
Malik réfléchit.
Le système flottait presque dans un coin de sa vision.
Délégation : 8.
Discipline : 9.
— Maintenant, je pense que je dois apprendre à construire.
Cette réponse surprit même Malik.
Gérard hocha lentement la tête.
— Et pourquoi Villeneuve ?
Malik aurait pu dire :
Parce que vous êtes les seuls à m’avoir appelé.
Il ne le fit pas.
— Parce que vous êtes en R3.
Gérard sourit.
— Très romantique.
— Laissez-moi finir.
Malik se pencha.
— Un club en R3 peut encore décider ce qu’il veut devenir.
— Nous savons ce qu’on veut devenir.
— Quoi ?
— Se maintenir.
Malik regarda Gérard.
Gérard soutint son regard.
— Sérieusement ?
— Oui.
— C’est votre ambition ?
— Vous avez vu notre budget ?
— Pas encore.
— Nos installations ?
— En arrivant.
— Notre effectif ?
— Non.
— Alors oui. Maintien.
Malik se cala contre la chaise.
C’était logique.
Raisonnable.
Responsable.
Il détestait.
— Et si je vous disais qu’on peut faire mieux ?
— Tous les candidats disent ça.
— Les autres vous ont dit quoi ?
— Top 5.
Construire sur trois ans.
Faire jouer les jeunes.
Ce genre de choses.
Malik hocha la tête.
Puis prit sa décision.
Une décision stupide.
Exactement le genre qui l’avait souvent mis dans la merde.
Mais cette fois…
elle fonctionna.
— Moi, je vais vous emmener en Ligue 1.
Silence.
Complet.
Gérard le regarda.
Puis posa son café.
— Pardon ?
— Ligue 1.
— Vous savez qu’on est en R3 ?
— Oui.
— Régionale 3.
— Je sais ce que signifie R3.
— Alors vous savez combien de niveaux nous séparent de la Ligue 1 ?
Malik commença à compter sur ses doigts.
— R3.
R2.
R1.
National 3.
National 2.
National.
Ligue 2.
Ligue 1.
— Merci.
— Sept promotions.
Gérard le fixa.
— Vous êtes sérieux.
Malik ne l’était pas.
Pas complètement.
Mais le système avait fixé quinze saisons.
Et une étrange excitation commençait à apparaître.
— Très sérieux.
Gérard se mit à rire.
D’abord doucement.
Puis vraiment.
Il se leva presque.
— Ligue 1…
Malik attendit.
Gérard essuya une larme au coin de l’œil.
— Désolé.
— Aucun problème.
— C’est la première fois qu’un candidat me dit ça.
— Donc je suis déjà le meilleur candidat.
Gérard recommença à rire.
— Ou le plus fou.
— Souvent les deux vont ensemble.
Le président secoua la tête.
Puis :
— Bon.
Supposons que je joue le jeu.
Comment ?
Voilà.
La vraie question.
Malik se pencha.
— Première chose : arrêter de penser uniquement saison par saison.
— D’accord.
— Deuxième : construire quelque chose qui peut monter avec nous.
Staff.
Recrutement.
Formation.
— Avec quel argent ?
— On y arrive.
— Très vite, j’espère.
— Troisième : chaque joueur doit avoir une fonction.
Pas recruter simplement parce qu’un joueur est bon.
Il doit être bon pour nous.
Gérard écoutait davantage.
— Quatrième : développer des joueurs.
Certains resteront.
Certains partiront.
Si on les développe bien, les ventes peuvent financer une partie de la progression.
— On est en amateur.
— Je sais.
— Vous pensez vendre combien ?
Malik hésita.
Il n’en savait rien.
— Pas des millions.
Pas maintenant.
Mais quelques milliers d’euros comptent énormément à notre niveau.
Gérard hocha lentement la tête.
Ça, il connaissait.
— Cinquième…
Malik regarda le terrain à travers la fenêtre.
— Créer une identité suffisamment forte pour que les joueurs sachent quoi faire sans qu’on leur crie dessus toutes les trente secondes.
Le président sourit.
— Vous disiez avoir changé trop souvent avant.
Malik hocha la tête.
— Justement.
⸻
Gérard prit un dossier.
— Budget.
— Enfin.
— Ne vous réjouissez pas trop.
Il tourna la feuille.
ÉQUIPE PREMIÈRE SENIOR — PRÉVISION
Budget annuel de fonctionnement :
48 000 €
Malik resta silencieux.
Il avait imaginé plus.
Pas beaucoup plus.
Mais plus.
Gérard continua.
— Et avant que vous commenciez à acheter des joueurs dans votre tête…
Il prit un stylo.
— Ce n’est pas un budget transfert.
— Je me doutais.
— Non, vous ne vous doutiez pas.
Gérard écrivit.
Indemnités staff.
Déplacements.
Équipements.
Arbitrage et administratif.
Primes.
Petits frais médicaux.
Licences.
Repas parfois.
— Combien réellement disponible pour bouger l’effectif ?
demanda Malik.
Gérard réfléchit.
— Si on reste prudents ?
Six mille cinq.
— 6 500 ?
— Maximum.
Et si vous dépensez tout, je vous étrangle en octobre.
Malik sourit.
— Très motivant.
— Une victoire peut aussi nous coûter plusieurs centaines d’euros de primes.
Malik fronça les sourcils.
— Combien exactement ?
— Ça dépend de la feuille.
La plupart ont de petites primes de présence.
Certains ont un bonus victoire.
On provisionne environ 9 000 euros sur la saison si ça se passe bien.
Malik regarda les chiffres.
— Donc si je gagne trop…
— Vous allez me ruiner ?
Gérard sourit.
— Non. Les recettes montent aussi un peu si les gens viennent.
Mais ne vous imaginez pas que gagner est gratuit.
Cette phrase plut à Malik.
Le football avait toujours été surtout des tactiques dans sa tête.
Le système lui mettait maintenant un club entier devant les yeux.
⸻
Une notification apparut.
CLUB POTENTIEL ANALYSÉ
Racing Club de Villeneuve
Division :
R3
Budget senior annuel :
48 000 €
Budget de recrutement prudent :
6 500 €
Infrastructure :
12/100
Formation :
14/100
Recrutement :
7/100
Staff :
18/100
Réputation :
6/100
Évaluation
Club faible mais viable.
Compatibilité quête
ÉLEVÉE
Projection actuelle
Objectif raisonnable saison 1 :
Maintien confortable
Probabilité de montée :
7 %
Malik regarda le 7 %.
Il sourit.
Gérard le remarqua.
— Quoi ?
— Rien.
— Vous avez une tête bizarre.
— Je réfléchis.
— À quoi ?
Malik regarda le terrain.
— À la montée.
Gérard ferma les yeux.
— On va avoir une longue saison.
⸻
La réunion dura presque deux heures.
Effectif.
Staff.
Entraînements.
Disponibilités.
Certains joueurs travaillaient.
D’autres étudiaient.
Deux faisaient des horaires de nuit.
Le terrain était partagé avec les jeunes.
Le mercredi était compliqué.
Le vendredi parfois indisponible.
Rien n’était simple.
Puis Gérard demanda :
— Vous avez d’autres offres ?
Malik répondit :
— Non.
— Au moins vous êtes honnête.
— Toujours temporairement.
Gérard sourit.
Puis posa une dernière question.
— Pourquoi je vous prendrais, réellement ?
Cette fois, Malik ne plaisanta pas.
Il réfléchit.
Puis répondit :
— Parce que vous n’avez pas beaucoup à perdre.
Gérard haussa un sourcil.
— Charmant.
— Votre objectif est le maintien.
Votre budget est limité.
Vous n’attirez pas des entraîneurs qui ont déjà réussi plus haut.
Moi, j’ai quelque chose à prouver.
— À qui ?
Malik pensa aux quatre licenciements.
À son ancien président.
À ses joueurs.
À l’accident.
Au système.
Puis :
— À moi.
Gérard resta silencieux.
Malik continua.
— Et je ne vous demande pas de croire à la Ligue 1.
Pas maintenant.
Donnez-moi une saison.
Si vous ne voyez aucune progression…
vous me virez.
Gérard éclata de rire.
— Apparemment, ça vous arrive souvent.
Malik sourit.
— Donc vous avez déjà de l’expérience.
⸻
12 juillet — 13 h 06
Malik quitta le complexe.
Pas de réponse.
Gérard devait parler au bureau.
Il marcha vers l’arrêt de bus.
Le système apparut.
ENTRETIEN TERMINÉ
Probabilité d’embauche avant entretien :
19 %
Après entretien :
46 %
— Seulement ?
Le système ne répondit pas.
Malik rentra.
⸻
13 juillet — 17 h 48
Pas d’appel.
14 juillet — 11 h 03
Toujours rien.
15 juillet — 16 h 21
Le téléphone sonna.
Gérard.
Malik décrocha immédiatement.
— Bonjour.
— Vous êtes toujours disponible ?
— Oui.
— Même après trois jours ?
— J’ai une vie très calme.
Gérard rit.
Puis :
— On vous propose le poste.
Malik se redressa.
— Sérieusement ?
— Oui.
— Pourquoi ?
— Vous êtes le moins raisonnable des trois candidats.
Malik resta silencieux.
— Et ça vous plaît ?
— Pas du tout.
Mais les deux autres voulaient simplement un maintient.
Vous m’avez fait réfléchir.
Malik sourit.
— À la Ligue 1 ?
— Calmez-vous.
— D’accord.
— On veut surtout quelqu’un qui structure et fais progresser le club.
Et vous avez au moins compris certaines de vos erreurs.
— Certaines.
— Ne me faites pas regretter.
Malik se leva.
— Quand est-ce que je commence ?
— Demain si vous voulez.
— Demain.
— 18 heures.
— Je serai là.
Ils raccrochèrent.
Le système apparut immédiatement.
OBJECTIF PRÉLIMINAIRE TERMINÉ
Obtenir un poste d’entraîneur principal.
✓
CLUB ASSIGNÉ
RACING CLUB DE VILLENEUVE
Division :
R3
Saison :
1 / 15
FONCTIONS DÉBLOQUÉES
Analyse joueurs.
Analyse staff.
Analyse club.
Quêtes de développement.
Quêtes financières.
Cartes de Prospection.
Cartes de Performance :
Verrouillées.
Récompense de départ
1 CARTE DE PROSPECTION — BRONZE
Malik resta immobile.
Une carte apparut dans un inventaire translucide.
Bronze.
Pas dorée.
Pas spectaculaire.
Il l’ouvrit.
CARTE DE PROSPECTION — BRONZE
Niveau actuellement disponible
Bronze uniquement.
Fonction
Identifier plusieurs profils répondant à un besoin sportif.
Priorités
Limites
Aucune garantie de joueur exceptionnel.
Aucune garantie que le joueur acceptera.
Aucune garantie que le joueur correspondra au projet.
Malik fronça les sourcils.
— Donc tu ne me donnes même pas directement un crack.
Une nouvelle phrase apparut.
Vous entraînez en R3.
Malik éclata de rire.
— Tu vas me le rappeler combien de fois ?
Le système continua.
QUÊTE DE SAISON
PREMIÈRE MARCHE
Faire accéder le Racing Club de Villeneuve de R3 à R2.
Récompenses
Bonus
Construire une équipe dont la cohésion dépasse 80.
Récompense supplémentaire.
Malik s’arrêta sur ce mot.
Cohésion.
Il se souvenait encore de son licenciement.
Les joueurs ne comprennent plus ce que tu demandes.
Il ne savait pas encore comment le système mesurait la cohésion.
Mais ce chiffre allait probablement compter davantage qu’il ne l’imaginait.
Puis une dernière fenêtre apparut.
PYRAMIDE DU PROJET
Position actuelle :
R3
R3
↓
R2
↓
R1
↓
National 3
↓
National 2
↓
National
↓
Ligue 2
↓
Ligue 1
Temps disponible :
15 saisons.
Malik regarda longtemps cette route.
Sept promotions.
Un club avec 48 000 euros de budget senior.
Un entraîneur avec quatre licenciements.
Une voiture détruite.
Une réputation de 2.
Et un système qui lui disait qu’il pouvait peut-être le faire.
Il aurait dû trouver ça impossible.
Au lieu de cela…
il sentit quelque chose qu’il n’avait pas ressenti depuis longtemps.
Pas de l’arrogance.
Pas exactement.
Une direction.
⸻
16 juillet — 17 h 51
Malik arriva au complexe neuf minutes avant son premier entraînement.
Gérard l’attendait.
— Prêt ?
— Oui.
— Tu connais les joueurs ?
— Pas encore.
— Ton adjoint s’appelle Julien Moreau. Il est là depuis deux saisons.
— Il reste ?
— Si vous arrivez à travailler ensemble.
Gérard insista volontairement sur cette phrase.
Malik sourit.
— Message reçu.
— L’entraîneur des gardiens, Mehdi Rahmani. Il reste aussi.
— D’accord.
— On n’a pas de préparateur physique dédié.
— On verra.
— « On verra » coûte souvent de l’argent.
— Je sais.
Gérard ouvrit la porte du vestiaire.
Des voix.
Une vingtaine de joueurs.
Malik sentit son rythme cardiaque accélérer légèrement.
Première équipe.
Premier jour.
Il entra.
Les conversations diminuèrent.
Gérard frappa dans ses mains.
— Messieurs.
Je vous présente Malik Diarra.
Votre nouvel entraîneur.
Quelques applaudissements polis.
Malik observa.
Le système s’activa immédiatement.
Des informations commencèrent à apparaître au-dessus des joueurs.
Noms.
Âges.
Postes.
Niveaux.
Potentiels.
Malik sentit presque son cerveau saturer.
NABIL BENSAÏD
29 ans
Défenseur central
Niveau : 31
Potentiel : 34
THOMAS LECLERC
31 ans
Gardien
Niveau : 30
Potentiel : 31
RÉMI VASSEUR
27 ans
Milieu central
Niveau : 28
Potentiel : 30
CÉDRIC MARTIN
28 ans
Ailier
Niveau : 27
Potentiel : 28
Puis…
au fond.
Un garçon plus jeune.
Très jeune.
Silencieux.
Petit.
Il attachait ses chaussures.
Malik regarda.
YANIS EL MANSOURI
17 ans
Poste enregistré :
Milieu défensif / milieu central
Niveau :
24
Potentiel :
78
Malik ne bougea plus.
Il regarda autour.
Puis 78.
Il n’avait encore aucune référence précise.
Mais l’écart était trop grand pour être anodin.
Il ouvrit le profil.
TECHNIQUE
Contrôle : 34
Passe courte : 35
Dribble : 38
Technique : 36
Finition : 27
PHYSIQUE
Vitesse : 33
Accélération : 35
Endurance : 30
Force : 19
MENTAL
Vision : 39
Décisions : 33
Créativité : 40
Placement offensif : 36
Placement défensif : 18
Tacle : 16
Malik fixa les deux derniers nombres.
Puis le poste.
Milieu défensif.
Il leva la tête.
— Qui est Yanis ?
Le jeune leva une main.
— Moi.
— Tu joues où ?
— Six.
Malik regarda Julien, l’adjoint, qui venait d’entrer.
— Six ?
Julien hocha la tête.
— Principalement.
Malik regarda de nouveau le système.
INCOMPATIBILITÉ DE POSTE DÉTECTÉE
Yanis El Mansouri.
Utilisation actuelle
Milieu défensif.
Compatibilité :
42 %
Poste recommandé actuellement
Ailier intérieur gauche.
Compatibilité :
89 %
Puis :
TALENT CACHÉ
LECTEUR D’ESPACES — RANG A
Le joueur possède une aptitude inhabituelle à identifier les espaces entre les lignes et autour des déplacements adverses.
État
Dormant.
Malik sentit un sourire apparaître.
Gérard le remarqua.
— Quoi ?
Malik regarda Yanis.
Puis l’ensemble du vestiaire.
Puis la Carte Bronze encore inutilisée.
Le budget.
La R3.
Les quinze saisons.
La Ligue 1.
Il n’avait pas encore entraîné une minute.
Pas encore recruté un seul joueur.
Pas encore gagné un match.
Mais pour la première fois depuis son accident…
la folie du projet ne lui sembla plus complètement abstraite.
Il se plaça devant le groupe.
— Bon.
Silence.
— Je vais vous dire quelque chose avant qu’on commence.
Certains joueurs levèrent les yeux.
Malik hésita.
Il avait envie de parler de montée.
De Ligue 1.
De projet gigantesque.
De tout.
Puis il se rappela ses anciens clubs.
Trop vite.
Toujours trop vite.
Il inspira.
— Je ne vais pas vous promettre qu’on va être champions aujourd’hui.
Gérard leva discrètement un sourcil.
Progrès.
— Je veux d’abord comprendre qui vous êtes.
Comment vous jouez.
Ce que vous savez faire.
Et ce que vous pensez savoir faire.
Quelques sourires.
— Ensuite, on décidera de ce qu’on peut devenir.
Il regarda Yanis une seconde de plus.
— Et je vous préviens.
Certains d’entre vous vont probablement changer de rôle.
Cédric lança :
— Tant que vous me mettez pas gardien.
Quelques rires.
Malik sourit.
— Ça dépend de tes statistiques.
Silence.
Il se figea.
Mauvais choix de mots.
Julien fronça légèrement les sourcils.
Malik reprit immédiatement.
— De tes statistiques de match.
Évidemment.
Les joueurs ne relevèrent pas.
Malik souffla intérieurement.
Premier jour.
Première erreur.
Très bien.
Il frappa dans ses mains.
— Allez.
Terrain.
Je veux voir une opposition.
Pas de tactique compliquée.
Jouez comme vous jouez d’habitude.
Nabil demanda :
— Et vous, coach ?
Malik sourit.
— Moi ?
— Vous allez faire quoi ?
Malik regarda les vingt-deux joueurs.
Les chiffres.
Les potentiels.
Les talents cachés.
Puis répondit :
— Regarder.
Les joueurs commencèrent à sortir.
Gérard resta près de la porte.
— Alors ?
Malik se tourna.
— Alors quoi ?
— Toujours Ligue 1 ?
Malik regarda Yanis disparaître dans le couloir.
Puis le reste du groupe.
Un niveau moyen modeste.
Un budget limité.
Une structure modeste.
Et peut-être…
un premier joueur mal utilisé depuis des années.
Il sourit.
— On va commencer par la R2.
Gérard éclata de rire.
— C’est déjà beaucoup.
Malik suivit les joueurs.
Le système apparut une dernière fois.
PREMIÈRE ÉVALUATION DU CLUB
Objectif immédiat
Observer l’effectif actuel avant tout recrutement.
Condition
Évaluer au moins 20 joueurs.
Identifier :
Récompense
1 CARTE DE PROSPECTION — BRONZE
Puis une phrase apparut sous la quête.
Le premier travail d’un bâtisseur n’est pas d’ajouter des pièces.
C’est de comprendre celles qu’il possède déjà.
Malik s’arrêta une seconde à l’entrée du terrain.
Le soleil de juillet descendait lentement derrière les immeubles.
Les joueurs commençaient à s’échauffer.
Julien plaçait les coupelles.
Mehdi préparait les gardiens.
Gérard retournait vers les bureaux.
Tout semblait petit.
Ordinaire.
Presque insignifiant.
Personne, dans ce complexe municipal, ne savait encore que Malik avait promis la Ligue 1.
Personne ne savait qu’un système lui avait donné quinze saisons.
Personne ne savait que le jeune milieu défensif de dix-sept ans qui courait au fond du terrain possédait peut-être un avenir très différent de ce que tout le monde imaginait.
Et Malik lui-même ignorait encore la leçon la plus importante.
Il pensait que son nouveau pouvoir lui permettrait de trouver de meilleurs joueurs.
Il découvrirait bientôt que ce n’était pas suffisant.
Parce que le football n’avait jamais été un jeu où les onze meilleurs individus gagnaient automatiquement.
Mais ça…
Malik Diarra le comprendra avec le temps.