Chapitre 44
Chapitre 44 — Le retour à Astréa
Le voyage retour fut silencieux.
Ivan observait les trois fragments.
Ils flottaient devant lui.
Trois sur sept.
Et pourtant, il avait l’impression de ne rien comprendre.
Éclipse restait silencieux.
Kael dormait.
Lyria lisait les archives récupérées à Elyndra.
Taylor regardait son épée.
Finalement, Ivan parla.
— Taylor.
— Oui ?
— Pourquoi ton épée a-t-elle réagi à Elyndra ?
Taylor hésita.
— Je ne sais pas.
— Tu penses que ta famille est liée aux Despiedra ?
— Peut-être.
Il regarda Ivan.
— Mais je pense surtout que nos histoires sont liées.
Ivan sourit légèrement.
— Alors nous découvrirons la vérité ensemble.
Taylor hocha la tête.
À Astréa, l’atmosphère était étrange.
Les étudiants étaient silencieux.
Les professeurs se réunissaient dans les couloirs.
Et lorsque le convoi arriva…
Seraphina attendait déjà.
— Vous êtes revenus.
Aldren descendit.
— Nous avons beaucoup de choses à raconter.
Seraphina regarda Ivan.
Puis les fragments.
Son expression changea.
— Où les as-tu trouvés ?
Ivan répondit :
— Celestis et Elyndra.
Seraphina ferma les yeux.
— Alors c’est commencé.
Ivan fronça les sourcils.
— Qu’est-ce qui a commencé ?
Elle ne répondit pas.
Lyria s’avança.
— Directrice.
Seraphina la regarda.
— Quoi ?
— Vous saviez pour les fragments.
Un silence.
Seraphina détourna les yeux.
— Oui.
Ivan sentit son aura changer.
— Depuis combien de temps ?
— Depuis avant ton arrivée à Astréa.
Ivan serra les poings.
— Pourquoi personne ne me dit jamais rien ?
Seraphina soupira.
— Parce que certaines vérités sont dangereuses.
Ivan répondit :
— Je préfère une vérité dangereuse à un mensonge rassurant.
Seraphina resta silencieuse.
Puis elle se dirigea vers son bureau.
— Venez.
Une fois les portes fermées, Seraphina ouvrit un coffre.
À l’intérieur se trouvait une vieille tablette.
Elle la posa devant Ivan.
— Cette tablette a été trouvée il y a cent ans.
Ivan l’observa.
Un dessin représentait sept cristaux.
— Les fragments.
— Oui.
Seraphina tourna la tablette.
Une inscription était gravée derrière.
« Sept fragments. Sept vies. Une seule âme. »
Ivan murmura :
— Sept vies…
Seraphina continua :
— Les chercheurs pensaient qu’il s’agissait d’une légende.
— Mais vous saviez.
— J’ai compris lorsque tu es arrivé.
Ivan la fixa.
— Pourquoi ?
Seraphina regarda ses yeux violets.
— Parce que j’avais déjà vu ces yeux.
Ivan se figea.
— Quand ?
— Dans les archives les plus anciennes d’Astréa.
Elle sortit une peinture.
Ivan s’approcha.
Le portrait représentait un jeune homme.
Même visage.
Même cheveux noirs.
Même yeux violets.
Mais il portait une armure royale.
Ivan murmura :
— Encore moi…
Seraphina secoua la tête.
— Non.
Elle retourna la peinture.
Une inscription apparut.
« Le Porteur. »
Ivan resta silencieux.
Puis la porte s’ouvrit brusquement.
Un professeur entra.
— Directrice !
Seraphina se retourna.
— Qu’y a-t-il ?
— Une armée approche d’Astréa.
Kael se leva.
— Quelle armée ?
Le professeur tremblait.
— Des hommes portant le symbole du Néant.
Ivan se tourna vers Éclipse.
Le dragon regardait déjà vers l’extérieur.
— Ils sont venus.
Ivan prit son épée.
— Combien ?
— Plusieurs centaines.
Aldren se leva.
— Préparez les barrières.
Seraphina donna immédiatement ses ordres.
Les cloches d’Astréa commencèrent à sonner.
Les étudiants furent évacués.
Les professeurs prirent position.
Ivan monta sur les remparts.
Au loin…
une immense armée avançait.
À sa tête se trouvait un homme vêtu de noir.
Ivan ne distinguait pas son visage.
Mais il entendait sa voix.
— Ivan Despiedra !
Ivan leva les yeux.
— Je suis là.
L’homme retira son masque.
Ivan se figea.
Il connaissait ce visage.
C’était impossible.
— Non…
Kael arriva derrière lui.
— Qui est-ce ?
Ivan ne répondit pas.
L’homme sourit.
— Tu ne te souviens vraiment pas de moi ?
Ivan serra les poings.
Une douleur traversa son crâne.
Un souvenir apparut.
Un immense palais.
Une guerre.
Et cet homme…
à côté d’Ivan.
Comme son allié.
Comme son frère.
Puis une phrase résonna dans son esprit :
« Dans chaque vie, je suis celui qui te ramène au Néant. »
Ivan ouvrit brusquement les yeux.
L’homme leva son épée.
— Tu as récupéré trois fragments.
Il sourit.
— Il m’en manque donc quatre.
Ivan regarda les trois cristaux.
— Qui es-tu ?
L’homme répondit :
— Tu le sauras lorsque tu retrouveras le quatrième.
Puis il fit un signe.
L’armée chargea.
Les barrières d’Astréa s’illuminèrent.
Ivan avança.
Son Œil du Néant s’ouvrit.
Et pour la première fois…
une voix différente de la sienne murmura dans son esprit :
« Tue-le. »
Ivan se figea.
Cette voix…
était la sienne.
FIN DU CHAPITRE 44