Chapitre 8
Au réveil déjà, le visage d’Espoir était décoré d’un sourire de bonheur pur :
<< Je le savais de toute façon, mon pouvoir est bien meilleur que celui des autres gueux, était-il vraiment question d’en douter ? >>, pensait Espoir.
Aujourd’hui, Espoir était libre. Il n’avait qu’une seule volonté : se balader un peu dans la cloche avec un esprit aéré.
Un pas après l’autre, un sentiment de plénitude, fredonnant joyeusement, il avançait frivolement comme s’il était le possesseur de l’ensemble du monde. Espoir s’amusait à regarder le quotidien des autres.
<< Regardez-moi cette mère qui gronde son enfant, il a certainement plus de 12 ans, quel misérable. >>
<< Regardez-moi ces gens jouer, ils sont si faibles qu’ils ne devraient pas en avoir un quelconque droit. >>
<< Peut-être qu’une nourriture moins abondante ne ferait pas de mal à certains. >>
Espoir était le plus heureux du monde en critiquant les autres, il en vint même à penser :
<< Quoi qu’il arrive, ces gens ne me concernent pas, depuis quand aurais-je besoin de me soucier de la vie des gueux ? >>
…
À force de marcher, encore et encore, Espoir finit par sortir du territoire du clan Démoria. Il se retrouve maintenant dans une partie de la grande zone libre qui sépare les districts entre eux.
Des gens y vivent, pas forcément partout nombreux, par contre, ils s'agglomèrent en petit village et subsistent grâce à la charité de certains clans.
Une grande partie de la cloche était constituée de maisons vides, toujours bien trop nombreuses. Il y avait un ratio de cinq maisons pour un humain. Espoir pensait être dans un territoire vide, finissant par s'asseoir dans une maison inhabitée.
<< Bon, il serait temps de retourner chez soi … >>
- AHHHHHHHHHH
<< C’était quoi ça ? >>
Espoir avance vers le bruit. À l'intérieur d’une maison, un homme aux cheveux longs et blonds, habillé d’une tenue blanche assez élégante. Il paraissait assez âgé, certainement trente ans.
Alors Espoir prend l’initiative et dit : << Salutation, que faites-vous ici ? >>
<< Et qui es-tu pour me poser la question, petit ? >>
Un léger râle se faisait entendre.
<< C’est quoi ce bruit ? >>
<< Tu n’as pas à t’en inquiéter mon enfant; si tu continues à te poser la question, ce sera bientôt ton tour. >>
Une idée prit place dans l’esprit d’Espoir; il allait essayer de comprendre comment cet individu étrange fonctionnait
<< Vous avez raison, j’ai mal agi. Vous êtes un aîné avec un sens du style certain, je vous dois le respect. Mon nom est Espoir, puis-je connaître le vôtre ?>>
<< Oh Oh Oh, voilà un jeune bien éduqué, ça en devient rare de nos jours…
Je suis Dévotion, un chevalier errant.>>
Espoir s'incline respectueux.
<< Quel honneur, vous êtes donc du regretté district royaliste. >>
<< J’ai quitté le district lorsque Hainera a pris le pouvoir. Cette sale barbare…>>
<< C’est bien vrai qu'ils sont infiniment inférieurs à des gentilshommes comme vous, les chevaliers. >>
Le district royaliste avait misé sur une uniformisation des pouvoirs. C’est simple : en entraînant les gens à suivre un précepte pendant longtemps, on peut les rendre plus forts au fur et à mesure de leur investissement.
Ainsi, le pouvoir unique des chevaliers, leur vision du monde, était relativement faible. Mais leur corps, lui, était capable de miracles.
<< Maintenant je vis avec mon fils, dans cette maison.
DÉCHET, VIENS ICI !!!>>
Un enfant nu et couvert de contusions fait son apparition.
<< C’est mon enfant, je peux bien en faire ce que je veux. D’ailleurs, je te le dis par courtoisie chevaleresque, mais mon unique pouvoir c’est de contrôler les choses qui m'appartiennent. J’ai demandé à ma pute de femme de se suicider et elle l’a fait cette grognasse, HAHAHAHA.>>
Une rage nouvelle grandit dans le cœur d’Espoir; pour la première fois de sa vie, il voulait tuer.