Chapitre 29
Théor posa Un gros grimoire sur son bureau et se tourna vers ses élèves.
— Nous arrivons au dernier grimoire des particules de base.
— Ouais! Super, Champagne! s'exclama Kaël.
— Non, du Champomi pour toi. Tu es encore mineur. Tu n'a pas droit à l'alcool. Bon, bref. Celui-ci regroupe quatre particules : le Vitaton, le Rapiditon, le Détecton et le Dégradaton.
Les élèves ouvrent leurs cahiers pour prendre des notes.
— Commençons par le Vitaton. Cette particule passive constitue la particule de base du vivant.
Théor poursuivit son explication.
— Les Vitatons produit par les infracytes fournissent l'énergie de base aux cellules et à leurs activités cellulaires. La cicatrisation fait notamment partie de ces activités, mais elle reste naturellement très lente. Une plaie peut mettre plusieurs heures, voire plusieurs jours, à se refermer.
Il marqua une pause avant de continuer.
— Les Vitatons produit par les magiocytes permettent d'accélérer ce processus en stimulant la cicatrisation et la réparation. Une plaie peut alors se refermer en quelques minutes seulement.
Les élèves notèrent les différences entre ces deux fonctions.
— Passons au Rapiditon, reprit Théor. Il s'agit d'une particule active, ayant un niveau d'énergie élevé, qui se déplace très vite. Celui produit par les infracytes des cellules musculaires influence la rapidité naturelle des mouvements. Cette rapidité naturelle varie selon les espèces en fonction du nombre d'infracytes de rapiditon: un chat possède naturellement des mouvements plus rapides qu'un être humain.
Il tourna une page du grimoire.
— Les Rapiditons créés par les magiocytes fusionnent avec les cellules musculaires. Ils augmentent la rapidité des contractions musculaires et, par conséquent, la vitesse de l'utilisateur. Toutefois, leur énergie s'épuise très vite. Cette limite concerne tous les Rapiditons, quelle que soit leur origine.
Théor passa ensuite à la troisième particule.
— Le Détecton est une particule active ayant une faible énergie. Les Détectons produit par les magiocytes sont expulsés par le mage et traversent les autres particules magiques et renvoie des informations, par l'intermédiaire d'ondes, aux Spiritons du cerveau. L'utilisateur peut ainsi identifier une magie à laquelle il est confronté, à condition d'avoir déjà expérimenté la particule correspondante.
Théor abordait alors la dernière particule du grimoire.
— Le Dégradaton est une particule active, ayant l'énergie la plus élevé des particules de base, qui génère également des ondes. C'est une particule particulièrement dangereuse. Lorsqu'il se trouve dans le corps d'un individu, les Spiritons qui traversent les dégradatons reçoivent des données perturbées , qu'ils transmettent ensuite aux autres Spiritons. Cela entraîne une dégradation des capacités physiques ou intellectuelles de la cible.
— Comme avec l'alcool ? demanda Léo.
— Exactement. L'alcool contient du Dégradaton et altère les capacités physiques et intellectuelles d'un individu. Selon les effets et les circonstances, le Dégradaton peut également entraîner la mort, comme c'est le cas de certains poisons. Fusionné à une autre particule comme l'Aquaton, par exemple, elle dégradera via des ondes les particules contenant l'Aquaton sauf elle-même en micro-éléments qui peuvent être des positons, neutrons ou négatons. Les unités de production des magiocytes utilise ces micro-éléments présent en très grande quantité autour de nous comme base dans la création des particules.
Théor referma le grimoire.
— Voilà pour ces quatre dernières particules. Regardons désormais le grimoire des combinaisons:

Après l'analyse, Théor posa le grimoire des combinaisons sur son bureau, puis se tourna vers ses élèves.
— Bien. Nous allons maintenant aborder un domaine essentiel au fonctionnement de nos sociétés : la finance et le commerce. Nous commencerons à l'échelle de l'Alliance Céleste, avant d'élargir notre étude aux échanges internationaux.
Il inscrivit quelques mots au tableau.
— Commençons par la monnaie. Au sein de l'Alliance Céleste, la Banque Céleste est chargée d'émettre le Célès. Sa valeur repose sur l'Orton, qui est un particule complexe issue de la fusion du Lumiton, Métalton et du Changeton. Cette monnaie existe sous deux formes principales : Physique avec les billets et les pièces.
Théor marqua une pause afin de laisser les élèves prendre des notes.
— Ou numérique: Les citoyens peuvent également disposer d'un compte bancaire couplé à leur carte d'identité. Ce système facilite les paiements et les échanges sur le marché intérieur de l'Alliance.
— Donc, on peut payer avec sa carte d'identité ? demanda Kaël.
— À condition que le paiement passe par un compte associé, oui.
Théor se retourna vers le tableau.
— L'un des principaux avantages économiques de l'Alliance Céleste réside dans la liberté des échanges entre ses seize nations membres. Le commerce légal y est libre et aucun droit de douane n'est prélevé sur les marchandises qui circulent entre elles.
— Ça veut dire qu'une entreprise d'Halménia peut vendre ses produits dans une autre nation de l'Alliance sans payer de droits de douane ? demanda Léo.
— Exactement. Cette liberté facilite la circulation des marchandises, élargit les marchés accessibles aux entreprises et encourage les échanges. Elle a ainsi contribué à un boom économique particulièrement impressionnant au sein de l'Alliance.
Théor laissa quelques secondes aux élèves pour noter cette information, puis poursuivit.
— Cela ne signifie pas pour autant que toute activité commerciale peut être exercée sans autorisation. Une guilde marchande doit obtenir l'accréditation des autorités de chaque nation dans laquelle elle souhaite faire du commerce. N'est-ce pas, Névan ?
— Oui. Nous avons reçu l'accréditation du royaume d'Halménia, répondit Névan.
— Très bien. Vous voyez donc la différence entre la liberté des échanges entre les nations membres et les règles qui encadrent l'exercice d'une activité commerciale sur leur territoire.
Théor effaça une partie du tableau et écrivit un nouveau titre : « Le commerce international ».
— En dehors de l'Alliance Céleste, les échanges fonctionnent différemment. La monnaie utilisée comme référence pour le commerce international est le Méion, émis par la Banque internationale, dont le siège se trouve dans l'État marchand de Bratum.
Il écrivit ensuite une équivalence au tableau :
1 Méion = 4 Célès
— Les nations peuvent échanger de l'Orton contre des Méions afin de disposer de cette monnaie pour leurs transactions internationales. Cependant, toutes les nations ne commercent pas nécessairement entre elles. Les relations économiques dépendent aussi des choix politiques des États.
Théor croisa les bras avant de poursuivre son explication.
— Prenons le cas du traité de non-expansion. Les nations qui l'ont ratifié acceptent de commercer entre elles, mais refusent tout commerce direct avec les nations qui ne l'ont pas ratifié, comme l'Empire Draconien ou l'Union de Phaésia.
— Donc, si un marchand de l'Alliance Céleste veut acheter un produit fabriqué dans l'Empire Draconien, il ne peut pas le faire directement ? demanda Léo.
— Exactement. Les nations signataires, comme notre pays, ont choisi de ne pas entretenir de relations commerciales directes avec les États qui refusent de ratifier ce traité. Cette décision est politique : elles entendent ainsi réserver leurs échanges aux nations qui acceptent les principes défendus par le traité. Un État peut donc décider de limiter ses échanges avec un autre pour faire pression sur son gouvernement ou pour défendre ses principes.
Théor posa sa craie.
— Mais cette situation offre également des possibilités à certains acteurs économiques. L'État marchand de Bratum qui a également ratifié le traité, par exemple, commerce avec toutes les nations, qu'elles aient ratifié le traité ou non.
Il se tourna vers les élèves.
— Bratum peut donc acheter des produits à une nation sous sanction commerciale, puis les revendre à des nations signataires du traité qui refusent de commercer directement avec cette dernière. Bratum devient alors un intermédiaire entre des États qui ne souhaitent pas entretenir de relations commerciales directes.
— Et Bratum gagne beaucoup d'argent grâce à ces transactions ? demanda Kaël.
— Bien entendu. En multipliant les échanges avec des partenaires qui ne commercent pas nécessairement entre eux, l'État marchand peut tirer d'importants bénéfices de sa position. Cette stratégie contribue largement à sa richesse et à son influence économique internationale.
Théor poursuivit.
— Il faut donc comprendre qu'une restriction commerciale ne fait pas nécessairement disparaître la demande pour un produit. Elle peut aussi modifier les circuits par lesquels ce produit est vendu. Certains intermédiaires savent tirer profit de ces nouvelles contraintes.
Il ouvrit de nouveau le grimoire, puis ajouta :
— Enfin, toutes les nations ne cherchent pas à participer à ce système d'échanges. La Ligue de Triton, qui est le plus petit pays de Méia, a choisi de vivre en autarcie.
Les élèves relevèrent la tête.
— L'autarcie consiste à privilégier la production nationale et à satisfaire ses besoins grâce à ses propres ressources, plutôt que de dépendre du commerce extérieur. La Ligue de Triton constitue donc un cas particulier dans l'économie internationale de Méia.
Théor referma le grimoire.
— Voilà pourquoi il est important d'étudier la finance et le commerce ensemble. La monnaie facilite les transactions, le commerce permet aux nations d'échanger leurs ressources et leurs produits, tandis que les décisions politiques peuvent favoriser, limiter ou détourner ces échanges. L'économie est ainsi étroitement liée aux relations entre les nations.
Et ainsi, le cours s’acheva.