Chapitre 263
Traduction: Moonkissed
Deux semaines s’étaient déjà écoulées depuis l’entrée de Masterpiece au Billboard Hot 100.
Pendant ces deux semaines, tous les médias faisaient un vacarme digne d’un feu d’artifice : on ne parlait que de leurs “records”, de leur “exploit historique”, avec des titres collés à leur nom comme des autocollants impossibles à décoller : « meilleur classement pour un artiste coréen », « premier artiste coréen à rester deux semaines consécutives dans le Hot 100 », etc.
Dès qu’ils mettaient un pied dans une émission de variété, le mot “Billboard” surgissait comme une alarme. Les interviews s’enchaînaient, si nombreuses qu’on aurait pu en faire une playlist.
Certes, la deuxième semaine, le classement n’avait pas vraiment explosé. Mais honnêtement, rester charté deux semaines était déjà énorme. Le Hot 100, c’était un champ de bataille rempli de tubes mondiaux installés là comme des châteaux forts, parfois pendant des mois. Et contrairement aux classements coréens, l’unité de calcul était hebdomadaire, ce qui rendait une montée rapide beaucoup plus difficile.
Masterpiece le savait très bien : ils n’attendaient pas une ascension fulgurante. Ils étaient déjà reconnaissants, presque incrédules d’être là… et en plus, ils avaient déjà battu des records.
Mais Yuseong, lui, restait réaliste. Il s’attendait à un chart-out à la 3e semaine.
D’après ce qu’il avait vérifié sur un blog, dans sa vie précédente, Masterpiece avait quitté le Hot 100 dès la deuxième semaine.
Bien sûr, tout était différent cette fois : la chanson, l’album, le concept… et même leur rang d’entrée, environ 17 places plus haut que dans l’autre timeline, ce qui expliquait qu’ils aient tenu deux semaines.
Mais comme on était deux ans plus tôt, la position de la K-pop aux États-Unis et dans le monde n’était pas encore aussi solide. Pour Yuseong, la réalité finirait par rattraper la hype.
Sauf que… la réalité décida de lui rire au nez.
Juste avant l’ouverture du tout premier fansign par appel vidéo, une nouvelle fracassa son pronostic comme un verre sur du béton.
« Putain !!! Les gars, vous êtes 49e et 55e sur le Hot 100 !!! Ça a GRIMPÉ d’un coup !!! »
Le coup de fil du service promo venait à peine de se terminer que Lee Hanyong hurla la nouvelle, comme s’il annonçait un but en finale.
« Quoi ?! Vraiment ?! DINGUE !!! »
« Hein ?! Autant de places ?! »
« Wow… c’est irréel… »
Les membres avaient les yeux ronds, bouche ouverte, cerveau en mode “chargement”. Même Yuseong, pourtant habitué à prévoir l’avenir, resta figé : cette fois, le futur venait de changer de couleur sous ses yeux.
« Hyung… c’est… c’est vrai ? On n’a même pas fait de promo aux États-Unis… comment ça peut monter autant en une semaine ? »
Hanyong rit, et montra une capture d’écran du classement.
« C’est vrai. Et le service promo dit que des fans aux États-Unis ont lancé une campagne de demandes radio. Tu sais, Billboard compte aussi les passages radio aux États-Unis. Et c’est là que vous étiez le plus faibles par rapport aux artistes américains. »
« Une… campagne ?! »
Hanyong leur transféra des captures : le hashtag #GetMasterpieceOnTheRadio, des posts qui expliquaient comment demander les titres aux radios, des retours de fans qui “avaient réussi à faire passer la chanson”, même un mini script de présentation de Masterpiece pour les DJs.
Les cinq restèrent silencieux quelques secondes, avalés par la chaleur qui leur montait dans la poitrine. Une gratitude dense, presque lourde, comme une couverture qu’on pose doucement sur des épaules fatiguées.
« Wa… c’est… tellement touchant. »
« Merci… vraiment. »
« Donc… c’est eux qui ont fait ça. C’est eux qui nous ont portés jusque-là. »
« On doit bosser encore plus dur. »
Les têtes hochèrent toutes en même temps.
Pour Yuseong, l’émotion était encore plus violente : il n’avait jamais entendu parler d’un mouvement comme ça dans sa vie précédente.
Quelle chaîne d’événements avait créé un effet pareil, il n’en savait rien… mais il se sentit submergé.
« OK. Aujourd’hui, on profite, on remercie, on est heureux… et à partir de maintenant, on rend au centuple tout ce qu’on reçoit. »
« OUI !!! »
« Évidemment ! »
Le fansign vidéo commença.
Les membres mirent toute l’énergie de cette gratitude dans leur regard, leur voix, leurs mots, comme s’ils voulaient renvoyer la chaleur reçue… directement dans l’écran.
Yuseong, premier de la liste, vit apparaître un visage familier. Il sourit instantanément.
C’était Amelia.
Son nom seul ne l’avait pas fait tilter, mais dès que l’image s’ouvrit, il la reconnut. Il passa naturellement en anglais.
« Oh ! Salut ! Ça fait longtemps. Comment tu vas ? »
Amelia écarquilla les yeux, sincèrement choquée.
« Hein… tu te souviens de moi ?! »
« Bien sûr. Tu étais venue au premier fansign de cet album, non ? De New York. Et ton amie n’avait pas pu venir à cause de son vol retardé, alors j’avais signé aussi pour elle. Je m’en souviens très bien. »
Amelia porta une main à sa bouche, comme si elle essayait de retenir ses émotions.
« Mon dieu… tu te souviens de tout… Merci… je suis tellement touchée… »
« Mais non, c’est normal. Je suis content de te revoir. Et aujourd’hui en visio, je suis soulagé : tu n’as pas à traverser la planète pour souffrir en transport. »
Amelia rit, un peu gênée.
« Oui… pour moi c’est beaucoup plus confortable. Même si… ne pas voir vos visages en vrai, ça me manque énormément. Mais pouvoir parler comme ça, tranquillement, c’est génial. Je suis vraiment heureuse. »
« Tant mieux. »
Puis elle se redressa, soudain pressée.
« Ah ! Et… félicitations pour le Billboard ! Je savais que ça allait monter ! Je suis tellement fière ! »
« Merci. C’est grâce aux Muse. On vient d’apprendre qu’énormément de fans ont demandé nos chansons aux radios américaines. L’impact a dû être énorme. Je suis vraiment reconnaissant. »
Amelia secoua la tête, souriant.
« Le mouvement a aidé, oui… mais si la chanson n’était pas bonne, ça n’aurait pas suffi. Et puis ce n’est pas juste la radio : les autres chiffres ont monté aussi. Nous, on s’est surtout concentrés sur les demandes radio. »
Le “nous” fit sourire Yuseong.
« “Nous” ? Donc tu as participé ? Merci, vraiment. »
Amelia rougit un peu, puis avoua, prudemment :
« En fait… c’est moi qui ai lancé la campagne. J’ai une chaîne fan sur YouTube, j’ai posté le premier appel à mobilisation… »
Yuseong cligna des yeux, choqué.
« Quoi ?! Sérieusement ?! »
« Oui. Si vous cherchez “LoveMP” sur YouTube, vous verrez ma chaîne. »
Yuseong sortit aussitôt son téléphone, tapa “LoveMP”, puis montra l’écran à la caméra.
« Celle-ci ? »
« Oui ! C’est ça ! »
« Wow… tu as énormément d’abonnés ! Après les appels, je vais tout regarder : ton post, tes vidéos… Merci, vraiment. Ah, et… je vais m’abonner ! »
Il appuya sur le bouton. “Abonné” apparut.
« Regarde, je me suis abonné ! »
Amelia étouffa un cri, les deux mains sur la bouche.
« WAAAAH… merci !!! »
Yuseong rit doucement.
« Comparé au cadeau que tu nous as fait, c’est rien. On arrive à la fin du temps… Tu veux me dire quelque chose, une demande, un souhait ? »
Amelia hésita, puis parla avec une sincérité sans défense.
« Juste… une phrase que je voulais dire la dernière fois, mais j’étais trop nerveuse. S’il vous plaît… restez longtemps. Continuez à faire de la bonne musique. C’est tout ce que je souhaite. »
Yuseong hocha lentement la tête, profondément touché.
« D’accord. Je te le promets. Restons longtemps ensemble. Merci, du fond du cœur. »
Le minuteur sonna. Amelia salua en souriant, les yeux brillants.
À peine l’appel terminé, Yuseong utilisa les quelques secondes avant la connexion suivante pour lire attentivement le post d’Amelia.
Et là, il comprit.
Son idée, “le fansign en visio”, avait été l’étincelle.
Pas parce qu’il avait “prévu” quoi que ce soit… mais parce que l’attention offerte aux fans avait déclenché une gratitude en chaîne, devenue action collective.
Un effet papillon gigantesque… Je n’aurais jamais imaginé ça.
Il sentit à nouveau cette gratitude lui remplir la poitrine, plus silencieuse, plus profonde.
Après ce bond spectaculaire au Hot 100, l’attention du public explosa encore davantage.
La campagne américaine se répandit aussi auprès des fans coréens.
Même s’ils ne pouvaient pas facilement faire des demandes aux radios américaines, ils se mobilisèrent sur ce qu’ils pouvaient contrôler : YouTube, streaming, ventes, etc.
Mais dans les cercles “idol”, un autre phénomène devenait brûlant : les vidéos de retours de fans sur le fansign vidéo, qui circulaient partout sur YouTube.
Parce que Masterpiece était le seul groupe à avoir tenté ce format à ce moment-là, et parce que l’enregistrement était possible, des tonnes de clips apparurent, et certaines vidéos explosèrent en vues.
Et parmi elles, la plus visionnée fut celle postée par… Jo Songyeon.
Titre :
[Mon retour sur le fansign vidéo de Masterpiece (j’ai essayé de les rendre jaloux avec un autre idol mdr)]