Chapitre 24
Sortant légèrement amochés et haletants,
Léo tenait son bras.
Zoé se frottait la jambe.
La majorité des élèves était sans voix.
Complètement stupéfaits par le combat qui s'était déroulé sous leurs yeux.
Marion, qui s'était assise dans un coin de la salle, observait la scène.
Le professeur s'approcha de Léo et Zoé.
« Je suppose que mon jugement est sans appel. Être capable d'invoquer sa forme ascendante à un si jeune âge est tout simplement prodigieux. »
Léo ne commenta pas.
Tournant simplement la tête, il remarqua que Diego lui adressait un sourire complice en levant discrètement le pouce.
« Tu obtiens largement la note maximale pour ton admission. »
Léo semblait totalement indifférent à la note donnée par son professeur.
Il préféra balayer la salle du regard.
Remarquant que la majorité des élèves les applaudissait légèrement.
Il comprit rapidement qu'il s'agissait davantage d'applaudissements forcés que d'une véritable admiration.
Il soupira.
Je suppose que c'était inévitable.
Son regard finit par se poser sur Marion.
Cette dernière se contenta de lui adresser un léger sourire.
Le professeur reprit :
« D'ailleurs, Dame Selfort souhaite vous voir dans son bureau lorsque vos blessures auront guéri. »
Léo hocha simplement la tête.
Zoé le regarda avec curiosité.
« Sinon, j'aurai le droit à quelques explications ? »
Léo pencha légèrement la tête.
« À quel propos ? »
Elle commença à sautiller avec une excitation presque enfantine, comme si sa jambe n'était pas blessée.
« Sur tous les trucs bizarres concernant ton pouvoir, et aussi tes arts martiaux. Je veux tout savoir ! »
Léo lui adressa un sourire nerveux.
« D'accord, d'accord. Tu auras le droit à des explications. »
Tous deux quittèrent alors la salle.
Peu après leur départ, d'innombrables murmures envahirent la pièce.
Marion, cependant, avait entendu chacune des conversations.
Et même si, en tant que gardienne, elle n'avait aucune obligation de rétablir l'ordre, elle estimait que cela faisait malgré tout partie de ses fonctions.
La faible lueur de satisfaction présente dans ses yeux s'éteignit.
Laissant place à un regard froid, dépourvu d'émotions.
Avant même de prendre la parole, elle s'avança jusqu'au centre de la salle.
Tous les bruits cessèrent aussitôt.
Le silence devint pesant.
La présence de Marion était tout simplement écrasante.
La simple libération d'une infime partie de sa puissance suffisait à inspirer la peur.
Un pas après l'autre, elle s'avança.
Et plus elle progressait, plus les élèves avaient du mal à respirer sous la pression qu'elle dégageait.
Puis elle prit finalement la parole.
« Vous êtes une bande d'hypocrites. »
Son aura meurtrière était telle que certains élèves tombèrent immédiatement inconscients.
« Si vous vous étiez contentés de la fermer après ce combat, je n'aurais rien dit. »
Le plancher s'enfonça légèrement sous la pression.
« Vous critiquiez ce jeune homme parce que vous pensiez qu'il mentait. »
« Et maintenant qu'il est évident que c'était faux, vous continuez à parler dans son dos. »
Le professeur fut contraint d'intervenir.
Il savait parfaitement qu'il n'avait aucune chance face à elle.
Mais, poussé par son devoir, il libéra malgré tout sa propre puissance.
« Madame Selfort, je comprends votre point de vue. Cependant, vous risquez de blesser les élèves. »
D'un simple geste de la main, le professeur fut instantanément gelé.
« Silence. »
Sa voix était glaciale.
« Ces enfants étudient à Virelune, s'ils sont incapables de supporter si peu, ils feraient mieux de partir. »
Puis elle se dirigea vers la sortie.
Avant de quitter la salle, elle tourna légèrement la tête.
Et déclara d'un ton menaçant :
« Restez à votre place, public de merde. »