L’atmosphère du donjon était étrange.
C’est ce que Clève se disait, restant assis seul.
Juste après cela, il décide de changer quelque chose en lui.
Pour la première fois, il va s’entraîner. Avec un enthousiasme énorme, il saisit son Excro puis se dirige vers le centre de la salle.
Levant son sabre, il se met en garde et…
« Ah oui… Je ne connais rien… »
« Merde… »
Soupirant intérieurement, il baisse sa garde et observe ses mains qui saisissent fermement la manche d’Excro.
Se regardant, il lui vit une idée en tête, souriant il décide de voir ce qu’il avait dans le ventre.
Clève avait essayé de retirer l’armure, mais il n’y arrivait pas. Il en avait donc conclu qu’elle faisait partie de lui — même s’il sentait déjà que l’armure ne faisait qu’un avec son corps.
Il décide alors de changer de méthode.
Plutôt que d’essayer de retirer son armure, il va voir ce qu’il a réellement dans le ventre.
« Bon, je vais m’entraîner de cette façon. »
Saisissant Excro, il envoie quelques coups dans le vide.
Chacun de ses coups est rapide et produit de petites ondes qui se propagent devant lui.
« Whoow… incroyable ! »
Enchaînant plusieurs autres coups, verticaux, horizontaux, ainsi que quelques feintes, il continue comme ça jusqu’à ce qu’il décide de sauter le plus haut possible tout en continuant ses attaques.
Fléchissant ses jambes, il bondit soudainement.
L’air se comprime autour de lui sous la puissance du saut. En quelques instants, Clève atteint le sommet de la salle à une vitesse incroyable.
Mais il ne remarque pas le plafond.
Son casque percute violemment la pierre, et le choc résonne dans toute la salle.
« Ça fait mal… »
Chutant vers le sol, il a alors une idée en tête.
Pourquoi ne pas envoyer une frappe tellement puissante qu’elle pourrait amortir sa chute ?
Alors qu’il se prépare à lancer ce coup dangereux — même si c’est compliqué avec la vitesse de sa chute — il réussit finalement à l’envoyer.
Une violente détonation résonne dans la salle tandis que son épée fend l’air avec une puissance impressionnante.
…
Mais cela ne se passe pas comme il l’avait pensé.
Ce n’était pas la meilleure idée qu’il aurait pu avoir.
Lorsqu’il envoie le coup, il ne l’arrête pas au bon moment et… Au lieu de diriger la frappe vers le sol, il l’oriente légèrement vers l’arrière.
La puissance du coup le propulse alors dans la direction opposée.
Clève est envoyé à toute vitesse vers le mur.
Son corps percute la pierre en plein fouet dans un fracas assourdissant.
Pendant quelques instants, il reste plaqué contre le mur avant de s’en détacher et de retomber lourdement vers le sol.
Son corps s’écrase sur la pierre, mais il reste immobile pendant quelques secondes.
Clève était encore un débutant. Il était donc normal qu’il ne sache pas encore parfaitement utiliser sa force destructrice.
Alors qu’il se relève, il observe les dégâts qu’il a causés.
Mais, à son grand étonnement, il n’y avait rien, rien sur le mur, rien sur le sol. Il était pourtant persuadé d’avoir détruit le mur et le sol.
« Ah ouais… c’est résistant, le donjon. »
Observant encore les alentours du donjon, il finit par s’en lasser.
Alors qu’il se lève et se dirige vers son trône, marchant sur les marches, il sent au loin la présence d’une cohorte qui arrive.
Plusieurs bruits de pas résonnent faiblement dans les profondeurs du donjon.
« Je sens plusieurs pas… »
Ne leur accordant pas plus d’attention, il part s’asseoir nonchalamment sur son trône et attend leur arrivée.
Un léger sourire se dessine sur son visage.
« Voyons voir qui vous êtes… »
⸻
Quelques minutes avant
— Regardez bien devant vous ! dit le capitaine.
Les soldats l’observent et lui font tous un signe de tête pour montrer leur accord.
Ils sont tous vêtus d’armures plutôt différentes et marchent côte à côte dans un long tunnel sombre, fait de briques et de pierres sombres.
Il y a trois rangées.
Les quatre soldats de devant ont un équipement plutôt robuste et tiennent fermement des boucliers ronds et épais, faits d’un fer résistant.
Tandis que ceux du milieu, au nombre de trois, portent des armures plus légères, mais qui restent solides. Ils portent sur eux des épées faites d’un fer commun.
Et puis, les derniers.
Ils ne sont que deux : deux archers.
Ils n’ont pas d’armure, mais plutôt des vêtements en tissu solide et très flexible. Tenant fermement leurs arcs, ils avancent avec prudence.
Derrière eux se tient leur capitaine.
Vêtu d’une armure plutôt sombre et légère, il possède une épée accrochée à sa hanche, rangée dans son fourreau.
Ayant une coupe marron reculée vers l’arrière, il a l’air d’une personne prête à vous piétiner pour passer.
Avec ses longs épaules il marche à droit derrière eux, d’un ton sérieux et n’arrête pas de hurler sur ses soldats.
— Vous pensez faire le poids contre les monstres d’ici ?!
— Alors ne baissez pas la garde !
Le capitaine est plutôt sévère.
En regardant les visages des soldats, on peut voir plusieurs expressions.
Certains sont énervés, d’autres sont sous le stress et quelques-uns essaient de garder leur calme… même si leur capitaine leur hurle dessus.
Alors qu’ils continuent d’avancer, le rang de devant s’arrête brusquement. Le bruit de leurs pas disparaît aussitôt, laissant place à un silence pesant.
— Qu’est-ce que vous attendez ? Avancez ! dit le capitaine en se redressant.
Mais l’un des soldats de devant prend la parole d’une voix plutôt nerveuse.
— Capitaine… Il y a deux grandes portes devant nous.
Regardant derrière lui, le capitaine s’assure qu’aucune créature ne s’approche, puis reprend la parole.
— On s’en fiche. Notre mission est de récupérer des butins, donc on ne va pas s’arrêter pour si peu !
Les soldats n’ont alors pas d’autre choix que d’écouter leur supérieur.
Alors qu’ils reprennent leur marche, le bruit de leurs pas résonne à nouveau contre les murs de pierre. Chacune de leur pas raisonner avec leur armure.
Après quelque minutes ils arrivent enfin devant les grandes portes et restent muets face à elles.
Les observant avec curiosité, leur capitaine coupe ce bref moment de réflexion.
— Premier rang, ouvrez l’une des grandes portes.
Les quatre soldats se positionnent devant la porte.
— Un, deux, trois !
Ils poussent tous ensemble.
La lourde porte commence lentement à bouger, produisant un long grincement qui résonne dans le tunnel.
Après plusieurs secondes d’effort, ils parviennent finalement à l’ouvrir.
Ils rentrent chacun leur tour.
Jusqu’à ce que ce soit le tour du capitaine. Se faufilant à l’intérieur, il se fait bloquer par l’un des archers.
— Avance, soldat ! dit-il en poussant l’un des archers.
Mais aucun ne bouge.
Comme s’ils étaient attirés par quelque chose, ils tournent tous la tête dans plusieurs directions.
Puis…
Ils restent bouche bée.
— Capitaine… c’est normal de voir une statue sur un trône, au loin ?
Tous ouvrent grand les yeux.
Ils n’avaient pas remarqué la statue au loin. Ils étaient surtout sous le choc de découvrir une salle aussi immense.
Au fond de celle-ci, sur un trône imposant, une silhouette en armure sombre les observe silencieusement.
Pour eux, ce n’était qu’une statue.
Mais pour Clève…
Ils venaient d’entrer dans son domaine.
Fin du chapitre… suite.