Suite à cet accident, des heures passèrent… puis les jours… puis les semaines, jusqu’à plusieurs hivers.
Au bord de la mer, la silhouette d’un Chevalier sombre apparaissait, échouée sur le sable. Depuis si longtemps qu’il était inconscient, la nature avait fini par l’accepter. Les oiseaux venaient se poser non loin de lui, tandis que les petits animaux s’aventuraient sans crainte autour de cette imposante armure noire.
Les vagues continuaient leur éternelle danse, venant caresser le rivage avant de repartir vers l’horizon.
Non loin du bord de la mer, les buissons bougèrent et un élégant renard — ses beaux poils roux-orange lui donnaient une belle silhouette — sortit, un peu curieux. Il s’approcha attentivement du gros morceau.
Son museau s’agita à plusieurs reprises, reniflant l’air avant de s’arrêter à quelques pas du chevalier. Regardant aux alentours, ses deux oreilles se pivotèrent vers cette imposante armure noire. L’une de ses oreilles était coupée, plutôt déchirée, sûrement dans un affrontement.
Alors qu’il s’approchait, une voix sortit.
Bondissant en arrière, le renard sortit ses canines.
Au même instant, le Chevalier Déchu se redressa brutalement sur ses coudes.
— Kof… ! Kof… !
Il recracha une grande quantité d’eau de mer. Sa respiration était difficile, comme si chacun de ses souffles lui arrachait les poumons.
Regardant ses bras, ils tremblaient sans qu’il puisse rien y faire, et même tout son corps tremblait. Chacune de ses inspirations était douloureuse. Après plusieurs secondes, il releva lentement la tête.
Son regard noir croisa celui du renard.
Les deux restèrent immobiles.
Se fixant sans cligner des yeux.
Le petit animal hésita un instant avant de reculer de quelques pas, sans pour autant s’enfuir.
Clève fronça légèrement les sourcils.
Il détourna finalement son regard. S’allongeant contre le sable, il regarda les nuages gris poussés par l’air frais.
Il resta comme cela, ne faisant rien. Juste bouger le petit doigt lui donnait une douleur douloureuse. Alors il décida simplement d’observer le ciel gris et de respirer tranquillement.
— Agh… j’ai mal à la tête.
Puis un silence suivit.
Et alors que ses yeux s’écarquillèrent.
— Attends… je parle, là ?
Il resta figé.
Sa propre voix lui semblait étrangère. Alors qu’il se redressait, une douleur aiguë lui frappa le dos. Serrant les dents, il se releva à nouveau, cette fois doucement.
Assis au bord de la mer, il la regarda avec un regard vide. Mais son attention tomba sur l’eau. Elle suivait sa propre forme comme une danse sans fin. La mer bougeait avec une élégance incroyable.
Pivotant sa tête, il regarda aux alentours.
Clève se situait au bord, échoué sur le sable, puis derrière lui se trouvait une forêt. Les arbres étaient épais et recouverts de végétation, l’air était plutôt frais.
— Je peux vraiment parler.
Touchant doucement sa mâchoire puis son visage, Clève n’arrivait pas à croire que derrière son masque, il avait vraiment un visage.
Maintenant, il n’avait plus de casque.
Juste un visage.
Le visage de Clève était différent de celui qu’il avait en tant qu’humain. Il avait maintenant une peau sombre, toujours en obsidienne, mais ses traits étaient épais et droits, avec une mâchoire carrée et un regard noir droit. Son visage dégageait comme une confiance et une terreur.
Se relevant doucement, il marcha un peu, contrôlant difficilement ses jambes. Il décida de s’allonger contre un rocher, pas très loin.
Soupirant, il remarqua encore le renard qui l’observait, mais cette fois sans aucune menace.
— Va-t’en, petit… renard.
Soupirant.
— C’est comme ça qu’on vous appelle, non ?
Souriant à nouveau, il regarda la mer, son regard noir se baissa. Touchant sa cicatrice au torse, des flash-back surgirent.
Celui d’un guerrier en armure blanche.
Lui détruisant physiquement et… mentalement.
— J’ai mal… j’ai vraiment survécu…
Soupirant, il serra les dents, réalisant qu’il vivait encore, même si son corps brisé lui faisait mal, ses poumons en feu et sa tête qui ne cessait de lui donner la nausée.
Il était encore là.
Toujours debout.
Même si à ce moment précis, il était assis…
S’allongeant plus confortablement contre le rocher, il décida de dormir un peu, beaucoup trop fatigué à cause de tous ces événements.
Il méritait enfin une pause.
Une pause méritée.
Face au coucher du soleil, Clève resta immobile.
Pour la première fois depuis sa réincarnation, il n’avait rien à combattre.
Le soleil disparut lentement derrière l’horizon…
Fin saison 1
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NOTE : C’est ma première œuvre, donc sûrement qu’il y aura beaucoup de choses pas claires ou d’autres difficiles à lire, donc merci si vous avez des commentaires pour m’aider.
Merci d’avoir lu la saison 1.