— Comment savez-vous qu'il s'agissait d'une frappe IEM ? demanda Louis, en plissant davantage les yeux alors qu'une suspicion profonde naissait dans ses prunelles brunes.
S'il se souvenait bien, Donatello aurait dû être téléporté bien avant que l'IEM ne l'atteigne. Se pourrait-il qu'il l'ait simplement déduit du fait que la plupart des appareils électroniques du royaume avaient été mis hors service ?
Donatello ne répondit pas ; au lieu de cela, il continua de fixer l'un des écrans qui montrait un missile fonçant à toute allure, avant d'être arrêté par un individu arborant une queue-de-cheval noire.
— C'est Mirage, je présume ? Votre disciple, n'est-ce pas ?
Louis hocha la tête, gardant toujours ses soupçons envers le directeur de l'académie rivale bien enfouis. — Oui. C'est un élève brillant qui est à mes côtés depuis des années. Je suis sûr que vous le savez déjà.
Donatello hocha lentement la tête. — Bien sûr. Combien de temps cela fait-il ? Nous sommes compagnons d'aussi loin que je m'en souvienne... L'homme esquissa alors un sourire en coin avant d'ajouter : — C'est juste dommage que—
Toc. Toc. Toc.
Donatello s'interrompit et regarda vers la porte derrière Louis, qui se retourna également. Les deux directeurs échangèrent un regard interrogateur. Louis lança alors vers la porte : — Entrez !
La porte fut poussée de l'extérieur, révélant un soldat de l'académie. — Je viens vous annoncer l'arrivée d'un afflux massif de personnes par téléportation !
Louis écarquilla les yeux. — Le dernier endroit qui devait être évacué était le dortoir des étudiants. C'est enfin arrivé ?! Ses yeux devinrent brièvement vitreux. Mirage, qui agissait au nom de Louis, scruta l'une de ses illusions et confirma qu'il n'y avait effectivement plus aucun étudiant à l'intérieur des dortoirs. Cependant, pour s'en assurer par lui-même, il changea la chaîne du moniteur pour visualiser l'intérieur de la zone où tout le monde était rassemblé.
L'abri souterrain était composé de plusieurs couloirs menant à des pièces verrouillées, à moins d'en posséder l'accès. Cependant, la zone d'accueil ressemblait à une immense cantine qui s'étendait à perte de vue.
Mirage déambulait sous sa véritable apparence, saluant ceux qui le croisaient avant d'atteindre enfin les nouveaux arrivants. La première personne sur laquelle il tomba fut le Second Prince... qui semblait être en train de panser le bras d'un étudiant.
Une fois qu'il eut terminé, Mirage s'approcha pour le saluer : — Je salue le Second Prince. J'espère que l'invasion ne vous a pas trop affecté, déclara Mirage avec un léger sourire.
Reph tourna la tête et fixa Mirage dans les yeux avant de hocher la tête respectueusement. — En effet. Cela ne m'a pas trop affecté. Ses yeux balayèrent ensuite les environs, observant chaque étudiant à proximité. Ils affichaient tous une mine déconfite, probablement après avoir vu certains de leurs amis périr. Bien que le côté masculin n'ait pas subi autant de pertes, il ne pouvait pas en dire autant du côté féminin, qui semblait bien plus marqué à en juger par leurs expressions.
— Je crois que l'académie prend en charge les séances de thérapie, n'est-ce pas ? Mirage, stupéfait par ce qu'il venait d'entendre, sortit de sa torpeur momentanée et hocha la tête. — Bien sûr. Nous sommes une académie qui aide les étudiants à grandir dans une certaine direction. Même au prix de certaines pertes. — ... Pourriez-vous expliquer cette dernière partie ? demanda Reph en plissant les yeux, trouvant les mots de Mirage plutôt sinistres. — Je ne le ferai pas. Puis-je vous demander si vous avez vu Lillian ? — ... Non. — C'est ainsi ? Alors, avez-vous vu Mademoiselle Roselle ?
Reph resta silencieux avant de laisser lentement errer son regard sur le côté, fixant une direction jusqu'à ce que ses yeux se posent sur le dos d'une certaine assassin. Marionette était assise seule à une table vide, sur l'un des tabourets en métal fixés au sol.
Mirage laissa échapper un léger fredonnement. — Une raison particulière pour laquelle elle est seule ? Reph secoua la tête, regardant dans une autre direction où Millis s'amusait à faire l'idiote pour remonter le moral des étudiantes qui semblaient extrêmement déprimées. — Je ne suis pas sûr non plus. Et elle ne semble pas d'humeur à partager ses pensées.
Mirage hocha la tête, prit congé du Prince et se dirigea vers Marionette. En atteignant la femme et en contournant la table, il s'aperçut que le visage de l'assassin était plutôt... Intense... Les mains de Marionette étaient si fermement crispées l'une contre l'autre que ses ongles faisaient perler du sang sur le dos de ses mains.
[Avant la téléportation]
— Honnêtement ! Tu dois parfois te contrôler ! grommela Lillian en ajustant ses nouveaux vêtements tout en marchant devant l'assassin.
Elles se trouvaient au rez-de-chaussée. Elle portait désormais un sweat à capuche noir et un pantalon, une tenue que l'assassin lui avait achetée lors de leur premier rencard. Puisqu'elle allait verser beaucoup de sang, elle s'était dit que porter une couleur sombre serait plus pratique.
Marionette regardait Lillian attacher ses cheveux en queue-de-cheval, ce que la jeune fille ne pouvait pas faire auparavant, mais ses cheveux avaient désormais poussé jusqu'aux épaules. Marionette y prêta attention, mais finit par baisser les yeux vers la nuque de la jeune fille. Elle accéléra le pas pour marcher aux côtés de Lillian, scrutant le côté de son cou et la marque rouge qu'elle venait d'y laisser.
Lillian, regardant de côté, vit l'assassin fixer le suçon qu'elle venait de faire. Son visage se crispa, puis se crispa encore plus en voyant la femme lui adresser un sourire narquois. Elle l'entendit alors dire : — Tu es juste trop délicieuse pour qu'on te laisse tranquille, Lillian. Ce n'est pas entièrement ma faute.
Lillian resta bouche bée, les yeux écarquillés de stupeur en voyant l'assassin se lécher les lèvres d'un air séducteur. Était-elle en train de suggérer qu'elle voulait remettre ça ?! Lillian croisa ses bras en formant un "X". — Non ! On ne recommence pas. On a déjà perdu assez de temps à s'embrasser !
Alors que Lillian disait cela, elle vit les lèvres de sa petite amie se courber lentement vers le bas avant qu'elle ne s'arrête net au milieu du couloir. Lillian, haussant un sourcil, se retrouva soudainement le dos—
BAM !
— ... contre le mur, une fois de plus. Lillian déglutit instantanément, des souvenirs de scènes similaires défilant dans son esprit. Et le résultat de chacune d'elles ? Quelque chose d'intime finissait toujours par arriver !
Elle jeta un coup d’œil à la main de la femme posée sur le mur derrière elle. Puis elle remonta lentement son regard vers le visage de l'assassin, qui la fixait en fronçant les sourcils. Marionette leva son autre main et saisit le menton de la jeune fille, le relevant d'une manière presque dominante.
— Du temps ? Nous avons tout le temps du monde, Lillian. Surtout avec Mirage dehors qui protège le dortoir des attaques.
Marionette, utilisant son pouce, caressa la lèvre inférieure de la jeune fille. Elle la dévorait des yeux, appréciant de voir la petite amie frissonner sous son contact. Lillian, entendant la réponse de la femme à ses paroles précédentes, déglutit à nouveau avant de répliquer : — Mais quand même ! Ce n'est vraiment pas le moment de faire quelque chose de... si inapproprié... Tu devrais le savoir mieux que quiconque ic— Mmhph !
Juste au moment où Lillian s'apprêtait à finir sa phrase, Marionette la fit taire avec un baiser particulièrement fougueux qui dura plusieurs secondes.