« Un... rendez-vous ? Encore un ? » Lillian pencha la tête tout en s'essuyant la bouche avec une serviette, venant tout juste de terminer son petit-déjeuner.
Marionette hocha doucement la tête, s'essuyant elle aussi la bouche avant de prendre la parole :
« Oui... Plus précisément, un pour mon anniversaire. »
« Ton... anniversaire ? » Lillian posa son menton dans sa main. « C'est le 14, n'est-ce pas ? »
« Oh ? Tu t'en souviens ? »
Lillian plongea son regard dans les yeux de Marionette, qui semblaient la fixer en retour avec surprise. Son visage se contracta à cette question qui semblait railler sa capacité à se souvenir des choses.
« Bien sûr que je m'en souviens. » Elle afficha alors un sourire en coin : « Pourquoi ne le ferais-je pas quand il s'agit de mon adorable animal de compagnie, hein~ ? »
Marionette la fixa avant de baisser les yeux, découvrant la main de Lillian qui rampait sur sa cuisse, ses doigts s'enroulant autour.
Le regard de l'Assassin s'attarda sur cette main avant de se relever vers une tasse de café posée sur le côté.
Lillian observa Marionette boire son café sans manifester la moindre réaction à son geste. Son sourire faiblit légèrement, trouvant cela un peu décevant.
Elle soupira et retira sa main. Cependant, à peine l'eut-elle fait que celle de l'Assassin jaillit pour la saisir, leurs doigts s'entremêlant.
Marionette ramena alors lentement la main de Lillian sur sa cuisse, la tapota, puis remonta la sienne vers sa tasse pour se réchauffer les mains.
Lillian écarquilla légèrement les yeux avant de glousser : « Adorable, comme toujours... Alors, un rendez-vous pour ton anniversaire, hein ? J'imagine que ça veut dire que tu veux juste que je sois là ? »
Marionette posa sa tasse, jeta un coup d'œil vers elle et pencha la tête, confuse : « Qui d'autre viendrait pour mon anniversaire ? Et je m'attends à ce que nous soyons seuls, puisque c'est un rendez-vous. »
« Ah... Même si nous avons un rendez-vous, ça ne va pas occuper tout le reste de ta journée, si ? Ta famille, ou bien Millis et Reph, aimeraient sûrement fêter ça avec to— »
Avant que Lillian ne puisse terminer, elle sentit les doigts chauds de Marionette effleurer le dessous de son menton pour le relever.
Le visage légèrement tourné vers le haut, elle plongea dans les yeux rouges de Marionette qui la fixaient intensément. La main qu'elle avait posée sur les genoux de la jeune femme était désormais recouverte par l'autre main de cette dernière.
« Ne veux-tu... pas être seule avec moi, Lilly... ? »
« E-eh ? » Lillian écarquilla les yeux, perplexe : « Qui a dit ça ? »
Le pouce de Marionette caressa les articulations de la main posée sur sa cuisse.
« Tu ne fais que parler de ma famille ou des deux qui nous suivent partout, alors que cela devrait vraiment ne concerner que nous deux... »
« E-enfin... Est-ce qu'on va vraiment passer toute la journée en rendez-vous ? »
L'Assassin hocha lentement la tête : « Ma famille est trop occupée pour me consacrer du temps, bien qu'ils trouvent le moyen de m'envoyer des cadeaux. Donc, je passe généralement cette journée seule. Cependant... »
Marionette déplaça la main qui soutenait le menton de Lillian vers le côté gauche de sa tête, ramenant une mèche de cheveux derrière son oreille.
« ... Maintenant que tu es avec moi... Je n'aurais pas nécessairement besoin de la passer seule... »
Lillian sentit la prise de Marionette sur sa main se resserrer un peu. Elle l'entendit alors murmurer :
« À moins que... tu ne le veuilles pas... Ce qui, je suppose, serait acceptable... » Marionette marmonna d'un ton solennel, son visage s'assombrissant à mesure que Lillian tardait à répondre.
« H-hein ? Bien sûr que je le veux. » Lillian pencha la tête, confuse : « Pourquoi ne le voudrais-je pas ? »
Marionette observa alors Lillian lever un doigt pour tapoter une marque rouge particulière sur son cou. Elle l'entendit dire :
« Tu crois vraiment que je ne suis pas après toi, après que tu m'as laissé ça ? »
La marque rouge sur son cou ne semblait même pas en voie de disparaître. Bien que cela ait valu à Lillian quelques regards curieux, notamment de la part de ses camarades de classe, cela ne la dérangeait absolument pas.
Ce qui la dérangeait, en revanche, c'était la force avec laquelle Marionette avait sucé pour la faire.
Alors que Lillian se remémorait ce jour-là, Marionette fixait simplement le suçon, ses yeux se plissant et brillant d'un rouge subtil.
Elle eut alors un petit sourire en coin, se rappelant rapidement la vue de sa salive sur le cou de Lillian et le visage rougi de cette dernière.
Lillian sortit de sa rêverie lorsqu'elle sentit les doigts de Marionette effleurer ses lèvres.
« Je veux aussi ça... pour mon anniversaire... »
L'Assassin observa le Lapin cligner des yeux, réfléchissant intensément avec une expression dense.
« Mais tu m'as déjà, non ? »
« ... »
Marionette cligna des yeux à son tour : « Tu n'es pas dense, Lillian. 14 avril. Mon anniversaire. Fin du rendez-vous. Je veux mon baiser. »
Le visage de Lillian se contracta face à ses exigences : « Toi et ton obsession pour les baisers, je te jure... »
« Tu n'aurais pas dû avoir un goût aussi délicieux, alors... » murmura Marionette, observant la main de Lillian remonter vers la sienne pour la serrer.
Lillian porta la paume de l'Assassin contre sa joue et lui donna un baiser rapide : « C'est de ta faute si tu es si insistante pour l'obtenir~... »
Marionette regarda Lillian se lever de la table et lisser sa jupe. Elle l'entendit alors dire :
« Eh bien, dans ce cas... On y va en cours ? »
***
« Ugh... »
Dans une salle densément remplie de rangées de hautes étagères contenant une réserve apparemment infinie de livres, Lillian était assise à une table, l'air frustré.
« S'embrasser... » murmura-t-elle en feuilletant les pages d'un ouvrage que l'on ne pouvait qualifier que d'inapproprié. Pourtant, il contenait des informations précieuses pour ceux possédant des capacités liées au... baiser.
Cependant, elle n'était pas vraiment là pour apprendre à utiliser le baiser, mais pour savoir, concrètement... comment embrasser quelqu'un.
Certes, embrasser la joue, la main ou le cou de quelqu'un était facile. C'est quand il s'agissait du bouche-à-bouche que les choses devenaient un peu plus... compliquées.
Lillian soupira en se grattant l'arrière de la tête : « Regarde-moi... assise dans une bibliothèque, à une table, en train d'essayer d'apprendre à embrasser dans un livre. C'est embarrassant... »
Heureusement, elle avait dit à Marionette de retourner au dortoir et de ne pas la suivre. Si l'Assassin venait à savoir ce qu'elle faisait ici, elle ne la lâcherait plus, elle en était certaine...
Alors qu'elle avait la tête appuyée sur le dossier de sa chaise en bois, un visage familier apparut dans le coin de son champ de vision.