Alors que le film continuait de défiler, les doigts de Marionette en faisaient autant, traçant les contours de la poitrine de Lillian. Leurs mouvements, doux mais impitoyables, se faisaient de plus en plus audacieux.
À cet instant, Lillian faisait tout son possible pour réprimer le moindre petit couinement qui pourrait s'échapper de ses lèvres.
« C'est trop ! » pensa-t-elle. Comment une simple demande avait-elle pu la conduire à se retrouver...
« A-ah~... » lâcha-t-elle dans un petit gémissement.
« Tu dois rester discrète, Lillian~... » murmura Marionette, sa main malaxant la poitrine de la Lapine. « Et si tu dérangeais ceux qui regardent le film ? »
« Je-je ne peux pas m'en empêcher si tu me... tripotes ! » siffla Lillian. « E-et pourquoi tu fais ça tout à coup ?! »
Marionette la fixa en silence, clignant des yeux. Son visage devint alors stoïque — signe qu'elle était plongée dans ses pensées. Tandis qu'elle réfléchissait, Lillian posa ses doigts sur la main de l'Assassin, tentant de la déloger avec précaution.
Cependant, cela n'échappa pas à Marionette. En réponse à ses tentatives, elle serra encore plus fort, s'enfonçant davantage dans sa poitrine.
Les lèvres de Lillian se pincèrent en une ligne fine. Elles se mirent à trembler lorsqu'elle sentit les doigts de Marionette masser sa chair.
Marionette répondit alors à sa question précédente :
« C'est parce que tu es irrésistible, Lilly~... »
« Ç-ça ne justifie pas ce que tu fais... ! » s'exclama Lillian à voix basse, avant de détourner le regard en murmurant : « Quoique... Ça me fait plaisir que tu me vois comme ça. »
Marionette hocha la tête : « Et je continuerai à le faire... »
Lillian sentit le corps de l'Assassin s'éloigner du sien, sa main quittant sa poitrine. Sans qu'elle s'en rende compte, une brève expression de déception apparut sur son visage. Toutefois, elle fut aussitôt dissimulée par un soupir de soulagement volontaire.
Elle regarda Marionette lui tendre le seau de pop-corn.
« Tiens. Même si je n'ai pas obtenu ce que je voulais. »
Lillian se redressa, le lui prit des mains et la dévisagea.
« Tu viens de me tripoter. Je dirais que tu as obtenu bien plus que ce que tu demandais. »
« Appelle ça un... massage, Lillian. Je trouve toujours qu'un baiser vaudrait bien plus que ça. »
Le visage de Lillian se contracta.
« Alors attraper ma cuisse, la caresser, et tripoter ma poitrine en la serrant, ce n'est pas assez ? Sans parler du fait que je t'ai embrassée sur le nez. »
« ... Je suppose... » Marionette se frotta le menton, puis lui sourit : « Mais... Un baiser sur les lèvres signifierait que nous sortons officiellement ensemble. » Elle fit un clin d'œil.
Lillian détourna le visage, grognant face à ses mots : « Tu y tiens vraiment, à ça... »
Marionette pencha la tête, ses cheveux tombant sur le côté.
« ... Pourquoi n'y tiendrais-je pas ? Ça fait un moment que je te le demande. »
« P-profite juste du film ! »
Le film dura deux heures au total. Elles sortaient maintenant de la salle de cinéma.
Lillian étira son dos, bâilla un peu, puis leva les yeux. Elle observa le plafond de verre du centre commercial, fixant le ciel qui avait pris une teinte orangée.
« Le film t'a plu ? »
Lillian regarda Marionette avec un sourire ironique.
« La première heure, oui. Mais j'étais trop distraite par toi durant la seconde moitié. »
Marionette croisa les bras, leva une main et la posa sur sa joue. Elle demanda alors innocemment :
« ... Oh ? Ai-je fait quelque chose qui t'a distraite ? »
Le visage de Lillian se contracta à ses mots.
« Ne joue pas les innocentes et les amnésiques maintenant... ! »
Elle leva alors les mains, mimant un geste de tripotage vers la poitrine de Marionette.
« Attends un peu ! Je t'aurai quand tu t'y attendras le moins. »
Marionette haussa un sourcil face à ses gestes, puis pencha la tête en souriant.
« Ce n'est pas une menace, Lillian. » dit-elle avec un petit rire.
« E-eh bien ! Ça devrait l'être ! » Elle renifla et se détourna.
Ses yeux balayèrent les alentours, constatant que le centre commercial était encore relativement bondé — évidemment, moins qu'au début.
Elle se retourna et découvrit que Marionette avait soudainement disparu.
« Hein ? »
Elle tourna la tête à gauche et à droite, paniquée. Elle laissa échapper un gémissement : « Pas possible qu'elle se soit encore perdue, si... ? »
« Qui a dit que je m'étais perdue ? »
Lillian sursauta à la voix soudaine derrière elle. Elle se retourna vivement et trouva Marionette tenant ce qui semblait être une crêpe, nappée de chocolat noir et garnie de crème chantilly.
« Ooo~ où as-tu trouvé ça ? »
Marionette pointa le pouce vers l'arrière, dirigeant son regard vers une boutique en vue qui en vendait.
Lillian hocha la tête : « Je crois que je vais m'en prendre une en même temps que nous... »
Marionette secoua la tête : « Pas besoin. »
Elle leva sa main libre, faisant apparaître une autre crêpe nichée dans un cornet en papier. En plus de la crème à l'intérieur, elle était garnie de tranches de fraises et nappée d'un coulis rouge.
Les yeux de Lillian pétillèrent alors qu'elle la lui prenait des mains.
Marionette observa Lillian croquer dedans.
« J'aurais dû te demander ce que tu voulais avant d'acheter. »
Lillian secoua la tête.
« Non. J'aime les fraises. »
Elle fit ensuite un clin d'œil à l'Assassin.
« Parce que ça me rappelle à quel point tu avais un goût sucré. »
Marionette écarquilla momentanément les yeux, quelque peu surprise. Elle effleura inconsciemment ses lèvres du bout du doigt.
« C'est vrai ? Je suppose que je devrais continuer à t'acheter des fraises, alors. »
« Eh~. » Lillian lui lança un regard taquin. « Mais si tu m'en achètes trop et que je ne peux plus penser qu'aux fraises~ ? »
« Encore mieux. » Marionette lui adressa un signe de tête énergique. « Ça voudra dire que tu ne peux penser qu'à mon goût. »
« Toi... » Lillian lui lança un regard ironique. « Tu es vraiment à fond sur moi, hein ? » dit-elle, sachant que Marionette ne pouvait pas comprendre le sens de cette expression.
Cependant, elle eut tort, car Marionette cligna des yeux avec un air espiègle.
« Je suppose que oui~... »
« ... Tu sais ce que ce mot veut dire ? » demanda Lillian, sceptique.
« Quelque chose comme... désirer quelqu'un, n'est-ce pas~ ? »
Lillian la fixa en silence avant de demander :
« Millis t'a dit ça. N'est-ce pas... ? »
En réponse, Marionette se contenta de détourner le visage en croquant dans sa crêpe, refusant de répondre à sa question.
« Qu'est-ce qu'elle t'a dit d'autre ? » L'œil de Lillian tressaillit à l'idée que Millis ait pu corrompre l'esprit, somme toute innocent, de sa chère Marionette.
« ... Rien. Absolument rien. »
« Je ne te crois pas. »