« Q-QU’EST-CE QUE TU RACONTES, À LA FIN !? » Lillian n’arrivait pas à croire ce qu’elle venait d’entendre et de voir. Au vu de ses expériences passées, elle ne pensait même pas que Marionette plaisantait à ce sujet.
Lillian se dégagea, arrachant son menton de la prise de Marionette, puis pointa un doigt accusateur vers elle : « P-p-pour le suçon et tout le reste, je te punis ! »
Marionette posa sa joue dans la paume de sa main et s’y appuya.
« Une punition ? » Elle haussa un sourcil. « Qu’ai-je fait pour mériter une telle chose ? »
« Le suçon ! »
« ... Je viens pourtant d’expliquer pourquoi je n’étais pas en tort... Et j’aimerais toujours entendre ta réponse à ma questio— »
« Je ne répondrai pas à ça ! » cria Lillian en abaissant son doigt et en se détournant, les bras croisés. « Maintenant, tais-toi pendant que je réfléchis à une punition. »
Marionette pencha la tête vers Lillian, fixant son dos avant de se rapprocher. Le Lapin se raidit lorsqu’elle sentit l’Assassin enrouler ses bras autour de sa taille et poser son menton sur son épaule.
« Très bien... Je vais attendre. » murmura doucement Marionette, enfouissant son nez dans le cou de Lillian et aspirant son parfum.
Lillian frissonna, laissant échapper malgré elle un gémissement tremblant. Elle posa sa main sur le visage de Marionette pour l’écarter doucement : « H-hé... Arrête ça... »
Elle tressaillit en sentant le souffle chaud et humide de Marionette sur sa nuque, ce qui la fit se taire, la laissant faire ce qu’elle voulait. Enfin... jusqu’à ce qu’elle trouve une punition pour elle.
Après quelques instants de contacts incessants de la part de Marionette, Lillian finit par décider de sa punition.
« Plus de contacts... »
« Hm ? » Marionette releva la tête de son cou et la fixa avec curiosité. « Puis-je te demander ce que tu entends par là ? »
« C’est ta punition. » lâcha Lillian, boudeuse. « Plus de contacts pendant... 2 jours... ! Aujourd’hui inclus... » Elle murmura la dernière partie, mais elle avait réussi à faire passer le message.
« ... Hm ? » Marionette la dévisagea étrangement. « Je crois que mes oreilles m’ont fait défaut un instant. Pourrais-tu répéter ? »
« Tu as très bien entendu ce que j’ai dit — ! »
Lillian sentit soudain son corps devenir léger, puis se déplacer malgré elle à une vitesse fulgurante. Elle sentit alors son dos pressé contre quelque chose de dur — ce qu’elle ne pouvait que supposer être un arbre.
Alors qu’elle se demandait comment elle était arrivée là, elle leva les yeux pour trouver Marionette en train de la surplomber. La tête de l’Assassin était légèrement penchée sur le côté et son visage était devenu totalement inexpressif.
Marionette fixa froidement la jeune fille. Elle enroula son bras gauche autour de la taille de Lillian et posa son avant-bras droit au-dessus de sa tête, contre l’arbre. Elle pencha la tête pour mieux observer la jeune fille.
« ... C’est une punition bien injustifiable que tu m’imposes, Lilly... » Sa voix se fit basse et... dangereuse ?
« E-eh bien... Tes actions étaient injustifiables. » Lillian croisa les bras, se détournant avec une moue obstinée.
« ... »
Marionette resta silencieuse, se contentant de dévisager Lillian pendant qu’elle réfléchissait à ce qu’elle allait dire ensuite. Cependant, avant qu’elle ne puisse trouver une répartie, le Lapin déclara :
« Ce ne sont que deux jours. » Elle haussa les épaules. « Tu peux bien tenir aussi longtemps sans le moindre contact physique de ma part, non ? » Elle observa l’expression froide de Marionette se crisper et se fissurer.
Marionette finit par soupirer et se recula. « Très bien... Je ne le ferai pas... Je continue de penser que je ne devrais pas être punie pour mes actes, cependant, Lillian. Il n’y a tout simplement aucune explication qui justifie cela. »
Lillian poussa un soupir alors que l’aura oppressive de Marionette diminuait, avant de se frapper le front : « Marionette... Tu m’as fait un suçon, ce qui est honnêtement plus inapproprié qu’un baiser, je trouve. »
Marionette fronça les sourcils et claqua la langue, tournant le visage sur le côté. « Tu ne me laisses pas t’embrasser, voilà le problème... » Cependant, ses mots ne purent atteindre Lillian tant elle parlait bas.
« Hein ? Tu as dit quelque chose ? »
Marionette leva les yeux au ciel. « Non. » Sa voix était étonnamment impertinente — elle était un peu contrariée.
Lillian soupira : « Écoute. Juste deux jours... Ce n’est pas comme si je te demandais de tuer quelqu’un, après tout... »
« Je dirais que cela aurait été une punition bien plus facile à accepter. »
« Ça, c’est... » Lillian secoua la tête, vaincue, renonçant à essayer de raisonner la jeune femme. Au moment où elle allait dire quelque chose, elle remarqua que Marionette s’était soudainement raidie, ses yeux brillant d’une étrange lueur.
« Dis-moi... Lillian. Le Second Prince n’a rien dit à ce sujet, n’est-ce pas ? » Elle fronça les sourcils en la regardant. « Il n’a pas eu son mot à dire dans cette décision, n’est-ce pas ? »
« Quoi — hein ? » Lillian la fixa avec une expression impassible. « Non ? Pourquoi le ferait-il ? Et n’étais-tu pas en train de nous espionner tout ce temps ? »
Marionette, en réponse, se contenta de hausser les épaules. « Je suis simplement curieuse, Lillian. » Puis elle se dirigea vers la forêt. « Retournons auprès des autres. Je crois qu’il est temps de se préparer à faire nos bagages et à partir. »
Lillian la regarda s’éloigner en haussant un sourcil. « Partir ? » Elle sortit alors son téléphone et vérifia l’heure.
Ah... Il était effectivement grand temps pour eux de partir. Si elle se souvenait bien, c’était Mirage lui-même qui viendrait les chercher.
***
« Comme on pouvait s’y attendre de la classe Paragon ! » cria Mirage, debout devant le groupe, vêtu d’un t-shirt tropical, d’un short cargo et de sandales. Il semblait apprécier son séjour ici, attendant le jour où il viendrait les récupérer.
« J’aurais été extrêmement embarrassé pour vous tous si vous aviez fini derniers dans un endroit pareil. Bien qu’il soit surprenant que certains d’entre vous aient rencontré un ennemi aussi féroce. » Il se frotta le menton.
« Enfin bref ! » Il tendit la main sur le côté, ouvrant un portail bleu. « Allons-y, tout le monde ! Même moi, je commence à avoir le mal du pays. »
Millis, qui conversait avec le Prince, jeta un coup d’œil vers Lillian qui, heureusement, n’avait pas d’autre suçon. Mais... Marionette semblait plus contrariée, bien que ce ne fût pas évident au premier abord.
Elle lançait même des regards froids et méfiants au Prince de temps à autre.
Millis soupira et se gratta l’arrière de la tête. « Bon sang... Qu’est-ce que Lillian a encore fait ? J’espère qu’elle n’a pas fait de bêtises. »
Reph leur jeta également un coup d’œil et murmura silencieusement : « Ouais... J’espère qu’elle n’en a pas fait non plus... » remarquant les regards que lui lançait Marionette.