« Hein ? » Lillian se figea. « Qu'est-ce que tu veux dire par là ? » demanda-t-elle, confuse. Mais elle n'obtint aucune réponse, car Marionette était retombée dans le silence.
Elle reçut tout de même une réponse, bien que non verbale.
Lillian sentit les bras de Marionette, enroulés autour de sa taille, se resserrer d'une manière... effrayante.
Tap. Tap. Tap.
Lillian lui tapota la tête avec un sourire tremblant : « H-hé...! Je sais que tu aimes faire ça, mais ça devient un peu serré non... »
Elle frissonna alors en sentant Marionette bouger. L'Assassin s'écarta lentement de son cou pour se diriger vers l'oreille de Lillian, l'effleurant délibérément.
Exactement comme Lillian l'avait fait avec elle, elle souffla de l'air chaud dans son oreille, la faisant frissonner. Puis, elle prononça son nom d'une voix soufflée :
« Lillian... »
« O-oui ? »
Marionette resta silencieuse un instant avant de murmurer sur un ton presque possessif :
« ... Tu es... à moi, n'est-ce pas ? »
« E-hein... ? » Lillian était stupéfaite par ses mots. De quoi diable cette femme parlait-elle, et si soudainement en plus ?! Était-ce une autre de ses tentatives de séduction ? Si c'était le cas, c'était bien différent des précédentes.
« Euh... » fredonna Lillian, « Dans quel sens ? » demanda-t-elle.
« ... Disons... en tant qu'amies. »
« Hein ? Oh oui, je suis ton amie, absolument. » Lillian gloussa. Elle ajouta ensuite : « Mince... je pensais que tu voulais dire quelque chose de totalement différent. »
Elle regarda Marionette s'éloigner de son oreille. Elle sentit alors ses bras quitter sa taille. Ses mains, qui caressaient la tête de l'Assassin, furent retirées et placées sur le côté tandis que leurs doigts s'entremêlaient.
Elle sentit alors l'Assassin se soulever. Elle n'était plus allongée sur elle.
Bien que l'intérieur de la tente fût sombre, elle pouvait toujours voir les magnifiques yeux rouges de Marionette la fixer intensément.
« Quelque chose... de différent ? » demanda Marionette, l'interrogeant un peu. Lillian sentit également sa poitrine pressée contre la sienne, presque comme si c'était intentionnel.
« Eh bien, euh... Ce n'est rien. » Lillian secoua la tête.
« ... Je vois... Pourrais-tu... répondre à une autre de mes questions ? »
« Bien sûr ? » Lillian pencha la tête. Elle ne savait pas pourquoi, mais... elle commençait à se sentir un peu mal à l'aise sous le regard de Marionette.
La femme aux cheveux de jais retira ses mains de celles de Lillian, « En général... » et lui prit le visage en coupe, le relevant légèrement.
Elle passa ensuite ses pouces sur ses joues, les caressant. « Es-tu à moi... ? » Elle se pencha alors, posant son front contre celui de Lillian, dont les yeux semblèrent s'écarquiller à ses mots.
« P-pardon... ? »
« ... Tu m'as entendue. Alors... l'es-tu ? »
« J-je... je ne comprends toujours pas la question. Héhé... » Lillian gloussa nerveusement.
« ... "Es-tu à moi, en général ?" C'est ma question. » répéta-t-elle, serrant son visage encore plus fort.
« C-c'est... Tu es sérieuse, là ? » demanda Lillian, extrêmement confuse et... un peu inquiète maintenant.
Était-elle vraiment en train de demander ce qu'elle pensait ? C'était impossible, non ?
Cependant, elle comprit qu'elle avait tort en voyant Marionette froncer les sourcils à ses mots. Elle... était sérieuse.
Et cela... ne semblait pas être une simple plaisanterie qu'elle pouvait balayer d'un revers de main.
Son cœur tambourinait, menaçant de sortir de sa poitrine à cette réalisation. Elle gloussa nerveusement.
« H-hé... Est-ce juste une autre façon pour toi d'affirmer ta domination~ ? » roucoula Lillian.
Marionette observa Lillian qui lui prenait aussi les joues en coupe. Elle jeta un coup d'œil à ses mains et s'y appuya avant de la regarder à nouveau.
Lillian la fixa avec une fausse assurance et dit : « Dire que tu me demanderais une chose pareille aussi brutalement~ ! » Elle gloussa. « Alors, que se passerait-il si je disais non ? »
« ... Pardon ? »
Lillian vit le froncement de sourcils de Marionette s'accentuer. Ah... peut-être n'aurait-elle pas dû dire ça.
Elle regarda alors Marionette s'asseoir sur sa taille, la fixant froidement. « Je n'ai pas bien entendu, semble-t-il. Répète ça. »
L'intérieur de la tente devint glacial et inquiétant, bien plus sombre qu'auparavant.
« H-hé ! Je plaisantais, d'accord ! » Lillian leva les mains, tremblante. « Je ne pensais pas ce que j'ai dit. »
« ... Oh ? C'est vrai... » Marionette plissa les yeux, son ton devenant bas et intimidant, « ... Alors, quelle va être ta réponse ? Et réfléchis bien à ta réponse... ma patience... n'est plus ce qu'elle était, en ce moment. »
Lillian sentit une goutte de sueur couler sur sa joue. Elle afficha un sourire tremblant et dit, pour calmer les nerfs de Marionette :
« J-je suis à toi, d'accord ? Héhé... » Elle rit anxieusement alors que Marionette continuait de la fixer avec scepticisme.
« En général... ? » ajouta brièvement Marionette.
« Uhum ! Ouais ! Absolument, en général. » Lillian hocha la tête frénétiquement.
À ses mots, le froncement de sourcils de Marionette se transforma en sourire. « Je vois... bien. C'est bien. » Elle se pencha alors et replaça son visage dans le creux du cou de Lillian.
« C'est vraiment bien... » fredonna Marionette en se frottant contre son cou.
Lillian poussa un soupir de soulagement, relâchant l'air qu'elle retenait depuis tout ce temps. Elle jeta ensuite un coup d'œil à Marionette.
Il semble que même Marionette ne supporte pas bien les refus.
Après un moment, Lillian prit la parole : « Je pense qu'on devrait aller faire le feu. Tu peux me laisser me lever ? »
« ... Non. » répondit brièvement Marionette, ce qui fit sourire Lillian avec ironie.
« Et pourquoi pas ? »
« Parce que je ne veux pas qu'on se lève. »
« Il va faire froid... »
« Ce n'est pas grave. »
Marionette retira sa tête du cou de Lillian. Elle posa ensuite le côté de son visage sur sa poitrine, les utilisant comme oreillers, tout en la fixant dans les yeux.
Elle dit alors sur un ton anormalement enjoué : « On peut juste dormir ensemble comme ça. Dans les bras l'une de l'autre. Exactement comme on l'a fait pendant l'Épreuve. » Sa voix devint alors grave : « Ce n'est pas un problème, n'est-ce pas ? »
« E-eh bien... » Lillian détourna le regard, légèrement embarrassée. « Ce n'est absolument pas un problème, mais... je commence à avoir un peu faim, Mari... »
Marionette écouta ce qu'elle avait à dire et soupira. Cela faisait un moment qu'elles n'avaient pas mangé.
« Je suppose... Hm ? M'as-tu appelée Mari ? »
« Hein ? Oh oui, c'est vrai. Je me suis dit que je te donnerais un petit surnom. »
« Sur... nom ? Tu me considères comme... ton animal de compagnie ? » Marionette haussa un sourcil.