Dans les minutes qui suivirent, sous le regard stupéfait des habitants, toute la ville fut bouclée. Des voitures de police patrouillaient dans chaque quartier, tandis que des policiers sillonnaient le sol et le ciel à dos de Bêtes de Terre.
Quand les habitants leur demandaient pourquoi la ville était bouclée, ils recevaient tous la même réponse : « Nous recherchons quelqu’un de très important. »
La situation mit en colère bon nombre de commerçants et de personnalités influentes. Mais dès qu’ils apprirent que l’ordre venait du Clan Solaris, tous se turent sur-le-champ. Personne ne voulait s’attirer les foudres du mastodonte qu’était le Clan Solaris pour un désagrément aussi mineur.
Au moment même où la ville était bouclée, Raiden accueillit deux visiteuses sur les lieux du crime, où il s’était retrouvé quelques minutes plus tôt.
« Oui, et je suis vraiment désolée. Je suis sincèrement désolée pour ce qui est arrivé à Sylvia. Je… » Yuna fut la première à arriver sur place. Son visage était partagé entre une colère noire et une expression d’excuse.
« Désolée ?! Qu’est-ce que je suis censé faire de tes foutues excuses ?! C’est toi qui m’as dit de confier Sylvia au campus. Tu m’as promis de veiller sur elle quand elle serait là-bas. Tu m’as promis de la protéger. C’est ça, pour toi, la protéger ?! » La colère déformait le visage de Raiden tandis qu’il l’affrontait. À cet instant, il avait oublié toute la crainte que lui inspirait son enseignante Yuna ; il n’avait plus qu’une chose en tête : la colère.
En entendant ses paroles cinglantes, Yuna sentit la colère et la honte lui monter à la poitrine, mais les refoula au plus profond d’elle-même. Elle savait qu’elle était en tort, cette fois, et encaissa donc ses reproches sans rien dire.
« SKRREEE !!! »
Alors que Raiden s’apprêtait à poursuivre, un éclair éblouissant illumina le ciel : un phénix apparut au-dessus d’eux et fondit aussitôt vers l’endroit où ils se trouvaient.
L’instant d’après, le Phénix disparut dans un tourbillon de flammes, et Isadora prit sa place, le visage empreint d’inquiétude.
« Raiden, ça va ?! » demanda-t-elle d’une voix pressante.
En voyant la femme vêtue de manière provocante devant lui, Raiden ravala sa colère et prit un ton calme.
« Non, ça ne va pas. Sylvia est quelque part, là dehors, et Dieu sait ce qu’elle traverse. Je ne veux rien d’autre. Je veux juste la retrouver le plus vite possible. » Sa voix se teinta de supplication et d’impuissance, et les deux femmes gardèrent le silence.
« Ne t’inquiète pas. J’ai mobilisé toutes les personnes disponibles de la brigade pour la retrouver. Elles vérifient les caméras de surveillance, les enregistrements et les environs. On va bientôt la retrouver. Garde espoir. » Isadora posa la main sur son épaule et lui parla d’un ton réconfortant.
Raiden garda le silence un instant, puis répondit avec émotion : « Merci. »
« Ne t’en fais pas. Nous sommes une famille, non ? Je vais aussi partir à leur recherche. »
« Moi aussi. J’ai ma part de responsabilité dans l’enlèvement de Sylvia : je n’ai pas su la protéger. Je retournerai toute la ville s’il le faut, mais je la retrouverai bientôt. Tu peux compter sur moi. » Yuna intervint à son tour, puis hocha la tête à l’intention de Raiden et d’Isadora.
Devant ces deux femmes prêtes à aller si loin pour lui, Raiden ne trouva rien à répondre.
Il se contenta donc de s’incliner et de leur dire à toutes deux : « Merci encore. » Puis il les regarda disparaître à l’horizon, déterminées à fouiller la ville pour débusquer le coupable qui s’y cachait.
Alors qu’il les regardait partir, son téléphone sonna dans sa poche.
Il le sortit et vit que Maple l’appelait.
« Allô ? Désolé, Maple. Je n’ai vraiment pas le temps, là. »
« Non, je comprends ta situation, Raiden. Je t’appelais simplement pour te dire que tous les membres de la famille Stormwind disponibles en ville ont rejoint les forces de police et recherchent ta sœur. Je te tiendrai au courant dès qu’on aura la moindre information. Alors, ne perds pas espoir. » Sa voix chaleureuse résonna à l’autre bout du fil ; elle s’inquiétait pour lui.
Les paroles de Maple au téléphone remuèrent de nouveau les émotions de Raiden. Il n’était qu’un orphelin sans famille. Pourtant, il avait réussi à mobiliser toute la ville pour retrouver sa sœur. Il n’aurait jamais imaginé qu’on lui accorde une telle faveur.
« Merci, Maple. Je ne vais pas te faire de promesses en l’air. Je n’oublierai pas ce que tu as fait pour moi et je te le rendrai, c’est certain. Considère que je vous ai rendu la faveur que je vous devais ; maintenant, c’est moi qui vous en dois une. »
« Ne t’en fais pas. La faveur que tu as faite à la famille Stormwind est bien, bien plus importante que ça. Ça ne compte pas vraiment comme un remboursement. C’est le moins que nous puissions faire pour toi, et nous te devons encore une grande faveur. »
« Quoi qu’il en soit, je ne l’oublierai pas. Merci. Je dois y aller. » Raiden lui répondit d’un ton chaleureux.
« D’accord. Bonne chance, Raiden. Que l’Être Cendré veille sur toi. » Raiden fut perplexe en entendant ses derniers mots, mais secoua la tête pour chasser cette pensée. Ce n’était pas le moment de s’interroger sur leur sens.
Il se retourna vers un Serpent Cramoisi qui reniflait le sol.
« Rose, tu as trouvé une piste ? Tu peux retrouver Sylvia ? » demanda Raiden, la voix pleine d’espoir.
« Sss~ ! » Je crois que j’ai repéré une piste, Rai Rai~ ! Elle vient de cette direction.
Rose se retourna et désigna le sud.
« Hein ? Tu es sûre que la piste vient de là ? Ceux qui l’ont emmenée sont partis dans une autre direction », demanda Raiden d’un ton grave.
« Sss, sss ! » J’en suis sûre ! L’odeur vient de cette direction !
« D’accord, je te fais confiance. Allons chercher Sylvia et la ramener à la maison. Et on va aussi s’assurer que ce fils de pute paie pour ce qu’il a fait. »