Chapitre 27
« Nous sommes arrivés à la ville de Peckle », déclara la Générale Artica en sautant au sol, observant la cité fortifiée qui se dressait au loin devant elle.
« Comment allons-nous entrer dans la ville ? » haleta Regriel, allongé dans la neige. Les deux Marionnettes de Fer qui le portaient l'avaient déposé à terre pour qu'il puisse se reposer. Dans son état physique actuel, il n'était même pas assez en forme pour voyager confortablement dans une calèche, alors autant dire qu'être transporté par les Marionnettes de Fer était une épreuve.
La Générale Artica haletait, à bout de souffle, épuisée. Ils avaient pratiquement couru depuis la frontière jusqu'à la ville. De plus, elle contrôlait ses trois Marionnettes de Fer tout en se portant elle-même et en transportant le lourd Regriel. L'effort était considérable.
Elle leva les yeux vers le ciel crépusculaire, observant la neige qui tombait, puis se retourna pour constater que les empreintes de ses trois Marionnettes de Fer étaient déjà recouvertes. « Nous ne pouvons pas emmener ces Marionnettes en ville. »
« Pourquoi ? » demanda Regriel, confus. « Personne ne nous chercherait des noises après avoir vu notre puissance, non ? »
La Générale Artica lui tira les oreilles, le faisant couiner de douleur, et lança avec colère : « Ce sont des Marionnettes de Fer, espèce d'idiot. Et il y en a trois. Quiconque possède de telles choses est un Général, même dans l'Empire Heroica. Nous attirerons l'attention de tous les côtés dès que nous nous baladerons avec. As-tu seulement un cerveau pour poser une telle question, mon cher ? »
« D-Désolé », Regriel baissa la tête, honteux. Il se sentit soudainement excité et jeta des regards furtifs à la Générale Artica, remarquant qu'elle scrutait les alentours avec tension, cherchant un endroit approprié pour enterrer les Marionnettes de Fer par sécurité. *Pas maintenant, pas maintenant. Une fois en ville, on pourra recommencer. En plus, je ne peux même pas me lever.*
*Putain de merde, si seulement je n'étais pas aussi faible, j'aurais pu rester en elle plus longtemps. Trois secondes ? Pathétique ! Elle m'a regardé comme un insecte parce que ça n'a duré que ça.* Regriel se vautrait dans ses regrets lorsqu'il fut ravi d'entendre le Système résonner à nouveau dans son esprit.
[Ding !]
[Génération de quête : Trouver un endroit où passer la nuit]
[Quête : La nuit est froide, et il gèle par-dessus le marché. Rester dehors affaiblirait davantage la Générale Artica, déjà épuisée. Trouvez une auberge pour passer la nuit.]
[Limite de temps : 1 heure]
[Récompense : Résurgence Corporelle (Niveau 1)]
[Échec : La Générale Artica sera déçue de vous. Il y a 30 % de chances que le lien entre vous se brise.]
*Putain ! Je ne peux pas échouer !* pensa immédiatement Regriel avant de dire : « Enterrons les Marionnettes de Fer sous un arbre après l'avoir déraciné. La neige recouvrira toutes les traces de toute façon. »
« Si c'était aussi simple, je l'aurais déjà fait », fronça les sourcils la Générale Artica. « Plus les Marionnettes sont loin de moi, plus mon contrôle sur elles faiblit. À cette distance de la ville, il y a de fortes chances qu'un Marionnettiste qui tombe dessus puisse me les voler. Je ne peux pas prendre de tels risques. »
*Et maintenant ? Comment la convaincre ?* pensa Regriel avant d'avoir une idée. « Pourquoi devons-nous les laisser ici ? Nous pouvons les emmener avec nous en les recouvrant d'une couche de bois. En gardant un aspect grossier, cela correspondra à notre tenue. Nous pourrons faire croire que c'est moi qui contrôle une Marionnette en bois. Laissons les deux autres sous un arbre. De cette façon, même si quelqu'un essaie d'en prendre le contrôle, tu le sauras immédiatement et tu pourras utiliser la Marionnette de Fer pour arriver ici rapidement. »
La Générale Artica réfléchit : *Une fois que j'aurai un peu reposé, j'aurai assez d'énergie pour combattre n'importe quel Marionnettiste qui tenterait de voler mes Marionnettes. Je serai capable de gagner assez de temps pour foncer sur les lieux immédiatement. Et, si je les recouvre de bois grossier comme il le suggère, je pourrai en emmener une avec moi. C'est largement suffisant pour gérer n'importe quelle menace dans cette petite ville.*
À peine eut-elle fini de réfléchir que deux Marionnettes de Fer saisirent un Armement dans chaque main, condensant une épée avant de trancher un tronc d'arbre en deux. Elles travaillèrent rapidement à sculpter un masque en bois à l'aide des épées, en créant un pour l'ajuster sur le visage de la troisième Marionnette de Fer.
C'était suffisant pour lui donner l'apparence d'une marionnette en bois. Elles créèrent également une chaussure en bois afin que le bruit des pas de la Marionnette de Fer ressemble à celui d'un objet en bois. Comme le reste de son corps était couvert, et puisque personne n'essayait jamais d'inspecter une Marionnette, elle jugea que c'était suffisant.
Après avoir déraciné un arbre, elles sautèrent dans le trou, plaçant l'arbre par-dessus. Quant à l'arbre au tronc sectionné, elle fit en sorte qu'il ait l'air d'avoir été brisé par le vent, faisant en sorte que sa canopée cache l'arbre sous lequel les deux Marionnettes de Fer étaient dissimulées.
Comme il semblait qu'il allait beaucoup neiger, peu de gens tenteraient de déplacer l'arbre brisé, surtout dans une zone sans sentiers fréquentés par les voyageurs.
Une fois terminé, la Marionnette de Fer déguisée porta Regriel jusqu'aux portes de la ville. Regriel afficha son air arrogant habituel. Et comme il portait toujours ses vêtements de Prince, les gardes pensèrent qu'il s'agissait d'un personnage important et le laissèrent entrer.
En voyant la Générale Artica en vêtements de roturière, ils frissonnèrent devant sa beauté, verdissant de jalousie, mais ils n'osèrent pas chercher des noises à Regriel. Ils essayèrent bien de l'importuner, mais quand la Marionnette tapa du pied sur le sol enneigé, le bruit les fit tressaillir, les poussant à abandonner leurs intentions.
Alors qu'ils avançaient dans les rues, la Générale Artica remarqua un groupe de voyous qui la dévisageaient avec concupiscence depuis une ruelle. Regriel joua la comédie pendant que sa Marionnette les rouait de coups, leur volant leur argent une fois qu'ils furent inconscients.
Après cela, ils atteignirent une auberge et réservèrent une chambre. Une fois que la Marionnette l'eut déposé sur le lit, celui-ci grinça, semblant sur le point de céder. Il ne s'en soucia pas, souriant avec excitation en entendant la notification dans son esprit.