Chapitre 15
I Gooned Into Another World! | Chapitre 15 : Cendres
Le monde s'est fissuré autour de moi.
Quand le Vaisseau m'a consumé, je m'attendais à ressentir de la douleur, mais ceci... c'était tout autre chose. Il n'y avait ni son, ni lumière, juste l'écho de mon propre battement de cœur dans un brouillard gris infini.
[Notification du Système]
Avertissement : Déplacement spatial détecté.
J'ai titubé, mes pieds raclant la pierre fendue. Où étais-je ? Le champ de bataille avait disparu. Ysven avait disparu.
Le brouillard s'est lentement dissipé.
Devant moi s'étendait un labyrinthe de pierres brisées, de ruines englouties et d'arches effondrées, tel le squelette d'une cité antique. Des échos flottaient dans l'air — fragments de voix, bruits de pas, cris. Les murs étaient faits d'ossements empilés, chacun gravé de glyphes que je ne pouvais déchiffrer.
« Bienvenue à la maison », a glissé la voix du Vaisseau dans mon esprit, son ton dégoulinant de moquerie. « Tu as toujours eu ta place ici. »
[Notification du Système]
Avertissement critique : L'utilisateur est piégé dans le domaine mnémonique du Vaisseau.
L'air avait un goût de cendre brûlée et de fer froid. Mon mana... il avait disparu. J'ai tenté d'invoquer des Flammes de l'Âme, mais la présence du Vaisseau les a dévorées comme une bête affamée.
« Nous allons te mettre à nu », murmuraient les voix depuis les murs, « nous allons te montrer qui tu es vraiment. »
J'ai serré les dents et j'ai avancé, mon unique arme étant le poids de ma volonté.
Des fragments de mémoire vacillaient dans l'air sur mon passage.
Un garçon agenouillé sur le cadavre de son père.
Un soldat pleurant sous la pluie.
Une femme suppliant pour sa vie, écrasée sous la botte d'un soldat.
Aucun de ces souvenirs n'était le mien.
Mais ils brûlaient comme s'ils m'appartenaient.
Chaque tournant du labyrinthe m'enfonçait plus profondément, chaque chemin se déplaçant dès que je détournais le regard. Le dédale était vivant, se réorganisant pour m'empêcher de trouver la sortie.
Je suis tombé sur une salle où des soldats squelettiques restaient éternellement figés en plein élan, bloqués dans des poses de combat, leurs orbites vides me suivant du regard tandis que je passais.
« Nero ! »
Je me suis figé.
La voix d'Ysven.
Elle résonnait au loin, presque étouffée par les murmures.
« Ysven ! »
Aucune réponse. J'ai couru à travers les couloirs, poursuivant le fil ténu de sa voix. J'ai tourné à chaque angle, traversant des arches qui s'effondraient et franchissant des ponts qui tenaient à peine.
« Nero ! Concentre-toi ! Je te sors de là ! »
Sa voix s'est faite plus tranchante, perçant les murmures du Vaisseau.
« Lien d'Âme ! »
[Notification du Système]
Lien d'Âme établi avec 'Ysven Paxley'
« Ysven ? Tu es là ? »
« Je ne suis pas à l'intérieur, mais je suis connectée. Écoute-moi : le labyrinthe du Vaisseau se nourrit de ton mana. Tu ne peux pas utiliser tes Flammes de l'Âme ici. »
« J'ai remarqué. »
Le système a ronronné en réponse, comme s'il possédait sa propre conscience.
Il ne me laisserait pas perdre ici.
[Notification du Système]
Nouvelle compétence acquise : Déchirure d'Âme
Une amélioration qui transperce les entités physiques et non-physiques.
J'ai souri, exactement la compétence qu'il me fallait !
Le poids de la lame dans ma main semblait plus léger, plus tranchant, comme si elle attendait ce moment depuis toujours.
« Mais ne t'inquiète pas ! J'ai de quoi répondre ! » ai-je rugi,
ma voix dominant la cacophonie hurlante du Vaisseau.
« Tu aimes te nourrir de mana ? Très bien. Je n'en ai pas besoin pour ça ! »
[Notification du Système]
Compétence activée : Déchirure d'Âme
Une impulsion a parcouru mon bras.
J'ai baissé les yeux : ma lame, fissurée mais toujours fonctionnelle, scintillait faiblement d'un contour blanc pâle parcouru d'éclairs, comme un spectre s'accrochant à l'acier.
Mes doigts se sont resserrés sur la poignée, sentant la vibration subtile de la compétence nouvellement éveillée. Son poids ne portait plus seulement du métal, il portait ma dernière chance de riposter.
« Combien de temps peux-tu rester liée ? »
« Pas longtemps. Le Vaisseau me pousse vers la sortie en drainant mon mana. Tu dois atteindre son noyau. C'est là que son emprise est la plus faible. »
Je n'avais pas besoin d'en savoir plus. J'ai foncé.
Le labyrinthe s'est opposé à chacun de mes pas, les murs se déplaçant, les fragments hurlant, les souvenirs me percutant comme des raz-de-marée. J'ai vu des guerres auxquelles je n'avais jamais participé, des lames s'entrechoquant sur des terres que je n'avais jamais foulées. J'ai entendu des cris que je n'avais pas provoqués, des noms que je ne connaissais pas, leur chagrin s'infiltrant dans mes os comme des échardes.
Un deuil qui n'était pas le mien s'est collé à ma peau, s'infiltrant dans les fissures de mon esprit, tentant de me noyer dans une histoire à laquelle je n'appartenais pas. Chaque pas en avant donnait l'impression de traîner mille échos derrière moi.
Mais la pulsation ténue d'Ysven, tel un sauveur lointain, me gardait ancré.
Le Vaisseau a grogné : « Elle ne peut pas te sauver. Elle n'est qu'une goutte dans une tempête, une aiguille fragile dans une botte de foin ! Tu fais déjà partie de nous. »
Je me suis retrouvé dans une salle circulaire, des marionnettes squelettiques se traînant vers moi avec des lames tordues. Ma lame a vibré, crépitant d'énergie de Déchirure d'Âme, sa lumière pâle vacillant comme un battement de cœur, prête à trancher les fantômes et le poids des souvenirs qui liaient cet endroit.
J'ai tranché le premier.
Il n'y a eu aucune résistance.
La lame a traversé son crâne, traversant son souvenir persistant, le dispersant en lambeaux.
Les marionnettes se sont jetées sur moi.
J'ai dansé entre elles, frappant à gauche, tournoyant, enfonçant ma lame dans les cages thoraciques et les crânes.
À chaque Âme que je déchirais, leurs formes se dissolvaient, et pour la première fois dans ce cauchemar, j'ai ressenti quelque chose qui ressemblait à du contrôle.
Mais je pouvais sentir la fureur du Vaisseau.
« Tu nous défais ! »
Je me suis frayé un chemin plus profondément, Ysven me guidant à travers des sentiers brisés et des impasses par de brefs éclats de sa voix.
« À gauche ! Maintenant à droite ! Ne t'arrête pas ! »
Le labyrinthe est devenu frénétique, les murs s'effondrant, les escaliers se scindant. Il essayait d'effacer le chemin.
J'ai sauté par-dessus des gouffres, taillant tout ce qu'il m'envoyait — fantômes, soldats difformes, souvenirs qui griffaient ma peau.
[Notification du Système]
Signes vitaux : Critiques. Épuisement physique sévère.
« Continue, Nero ! »
J'ai fracassé une dernière porte, émergeant dans une vaste salle.
Le Noyau.
Il pulsait au centre, une masse sombre et grouillante de tentacules enroulés autour d'un œil unique, sa surface lisse et obsidienne, son regard ancien et vide, comme s'il avait traversé les siècles, observant les guerres naître et mourir, les souvenirs s'empiler sur les souvenirs, jusqu'à ce qu'il ne reste rien d'autre que cette monstrueuse amalgamation.
Mon souffle s'est coupé.
La véritable forme du Vaisseau, donc.
J'ai levé ma lame, la sueur et le sang coulant de ma mâchoire, mes bras tremblant sous l'effort de la maintenir en l'air. Chaque fibre de mon être hurlait de fuir, de m'effondrer, de me rendre, mais j'ai ancré mes jambes au sol. Je ne reculerais pas maintenant. Pas après être allé si loin.
L'œil a cligné lentement, sa voix vibrant dans la moelle de mes os.
« Tu me vois enfin. »
Les tentacules du Noyau se sont tordus et ont frappé contre la pierre, tirant son corps grotesque vers l'avant avec une vitesse terrifiante, se traînant comme un prédateur désespéré de dévorer ce qui avait osé l'approcher.
J'ai parlé, ma voix lourde et tendue.
« Oh merde... »
[FIN DU CHAPITRE]