Chapitre 107
« JE VAIS ÊTRE EN RETARD !! »
Reiji regarde Haruna courir dans tous les sens comme une poule sans tête, avant de se précipiter dans la salle de bain pour se brosser les dents.
« ... Comment t'as pu oublier de charger ton téléphone ? »
« J'étais trop fatiguée à cause des révisions, ok ? » répond-elle de façon inintelligible, la bouche pleine de mousse dentifrice.
Son téléphone s'était éteint en pleine nuit, ce qui signifiait qu'elle avait raté son réveil sans le vouloir.
Elle ne s'était réveillée qu'en même temps que Reiji, soit une heure plus tard que prévu, ce qui ne lui laissait quasiment pas le temps de rentrer chez elle pour prendre une douche et se changer.
« Je te réserve un taxi, continue de te préparer pendant que je range tes affaires », soupire Reiji en se tournant vers l'amas de livres qui décorait tant bien que mal sa table et son canapé.
« Mhm ! »
Pendant qu'elle occupait sa salle de bain, il range soigneusement toutes ses affaires dans son sac à dos et utilise une application sur son téléphone pour commander une course.
« Il sera en bas dans deux minutes, t'es prête ? » lance-t-il.
Haruna se précipite dehors et enfile ses chaussures aussi vite qu'elle peut, arrachant le sac des mains de Reiji avant d'ouvrir la porte.
« On se voit au lycée, Reiji-tan ! » crie-t-elle, le laissant sur place.
Il esquisse un sourire ironique face à cette pile électrique qui vient de décoller, puis ferme la porte en s'étirant pour commencer à se préparer à son tour.
« Presque prêt », marmonne-t-il, en testant la clarté de son esprit et la faiblesse de son corps.
La fièvre était presque tombée, mais il lui restait cette fatigue post-maladie agaçante qui allait traîner un moment.
Refaire son pansement était aussi une priorité, car il ne voulait pas que du sang ne tache son uniforme blanc en plein milieu de l'examen, alors il retire les bandages.
« Pas mal, ça cicatrise plutôt bien. »
La coupure commençait à sécher, mais elle était encore loin d'être totalement guérie.
Ce qui était un peu ennuyeux, c'était le fait que ça laisserait probablement une petite cicatrice.
En suivant la méthode qu'Haruna avait utilisée précédemment, il réussit à le refaire bien mieux que lors de sa première tentative.
Une douche rapide, un peu de soin, et il était prêt à partir.
« Je me demande à quel point ça va être dur... »
***
« Reiji-kun, t'es prêt ? Parce que tu vas MANGER LA POUSSIÈRE ! »
Airi serre les poings et commence à faire de la boxe dans le vide devant lui, son excitation attirant l'attention de quelques personnes dans le couloir.
Ses cernes sombres suggéraient des nuits très courtes durant le week-end, et il sourit de son assurance.
« On dirait que t'as à peine dormi. Ça va être décevant pour toi, vu que tout ça ne servira à rien. »
« Hmph, je suis plus confiante pour ces partiels que je ne l'ai jamais été pour n'importe quel autre test ! » renifle-t-elle avec défi.
« Ça ne te servira à rien à moins d'avoir la première place, parce que celle-là m'est réservée. »
« Cause toujours, je vais t'écraser ! »
« Ouais, ouais », rit-il alors qu'ils arrivent dans leur salle de classe.
Greeny les voit entrer depuis son bureau et s'approche d'eux, le désespoir peint sur le visage.
« J-je crois que je vais vomir... » gémit-il.
« Purée, t'es malade ? » demande Reiji, surpris.
Il n'y avait pas que ses cheveux qui étaient verts ; il avait une teinte maladive sur la peau qui le faisait ressembler à un concombre pâle.
« Je suis juste super n-nerveux... Je gère mal la pression. »
« Oh, allez. T'as pas dit que t'étais confiant dans la plupart des matières ? »
« L'écoute pas, Greeny. Laisse la peur prendre le contrôle, succombe aux ténèbres et laisse-les contaminer ton esprit ! » sourit Airi, un regard dément brillant dans ses yeux.
Reiji la regarde sans ciller et lui assène une bonne tape sur la tête.
« AÏE ! »
« Dis-lui que tu plaisantes, sinon tu sais que tu pourrais vraiment t'évanouir en plein milieu de l'examen », gronde sévèrement Reiji.
« Évidemment que je plaisante », siffle-t-elle en se frottant la tête à plusieurs reprises.
« T-tu plaisantais ? »
Greeny regarde de l'un à l'autre, confus.
« Sans blague, je voulais juste te faire un peu peur pour être mieux classée que toi. »
« Ça ne m'étonne pas, seuls les imbéciles ont recours à ce genre de tactiques », ricane Reiji.
« Attends un peu ! C'était juste pour rigoler ; j'ai besoin de rien pour te mettre une raclée ! »
Reiji lève les yeux au ciel et vérifie l'heure sur sa montre.
Il restait encore plus de 15 minutes avant que le professeur n'entre avec le sujet, ce qui lui laissait un peu de marge pour se préparer.
Il passe en revue la plupart des sujets dans sa tête, vérifiant s'il avait besoin d'une piqûre de rappel, mais rien ne lui vient.
Il était plus ou moins confiant et finirait probablement dans le Top 5, sauf surprise.
« Mais je veux viser la première place. »
Les classements de l'examen d'entrée n'étaient pas révélés publiquement, mais les résultats des tests suivants seraient affichés sur le tableau d'affichage dans le couloir.
Cependant, pour protéger les sentiments de ceux qui avaient eu de mauvais résultats, ils ne montraient que les 50 meilleurs élèves et omettaient les autres.
« Un peu surprenant qu'ils soient aussi compatissants. »
Dans la plupart des jeux auxquels il avait joué avec des paramètres similaires, ils affichaient généralement tous les rangs.
« Je vais prendre un café au distributeur. Vous voulez quelque chose ? » demande Reiji en se levant de son bureau, après avoir confirmé qu'il n'avait pas besoin d'une session de bachotage de dernière minute.
Les deux autres, le nez dans leurs notes, se contentent de secouer la tête et le chassent d'un geste.
Reiji hausse les épaules et sort, se dirigeant vers le distributeur au bout du couloir.
À sa grande surprise, Haruna est là, à fixer le grand bloc de métal.
« Hé, t'es arrivée quand ? » lance-t-il.
Mais il n'obtient aucune réponse.
Haruna ne se retourne même pas, restant immobile comme si elle ne l'avait pas entendu.
Reiji penche la tête et se place à côté d'elle, lui tapotant légèrement la tête.
« Hein ? Oh, Reiji-tan, t'es arrivé quand ? » demande-t-elle, les yeux un peu vagues, comme dans un état second.
« ... Qu'est-ce qui t'arrive ? Pourquoi tu restes plantée là ? »
« Oh... Rien, comment va ta fièvre ? Je n'ai pas eu le temps de vérifier ce matin », dit-elle en tendant la main pour vérifier sa température. « Hmm, bien, plus de fièvre, pour autant que je puisse en juger. Et les bandages ? Tu les as bien changés ? »
« Ok, arrête de t'inquiéter pour moi et dis-moi juste ce qui ne va pas. T'es clairement ailleurs. »
Haruna détourne le regard avec un soupir, la tête basse, ses doigts commençant à tripoter sa jupe.
« ... Et si je me plante ? On ne pourra pas payer le loyer », murmure-t-elle doucement.
« Pfft, c'est tout ? Je pensais que t'avais attrapé ma fièvre ou un truc du genre », rit Reiji.
« Quoi... Qu'est-ce que tu veux dire par "c'est tout" ? C'est super important ! »
« Non, ça ne l'est pas. »
Il ébouriffe ses cheveux pour la sortir de sa nervosité et continue.
« T'as bossé comme une dingue, et c'est moi qui t'ai fait réviser. Si je dis que tu peux le faire, alors tu peux le faire. Et dans le scénario quasi impossible où tu ne serais pas reçue, j'ai encore des moyens de gagner de l'argent rapidement avec ton aide, donc pas besoin de paniquer pour ça. Les partiels ne sont pas ton unique chance, alors aborde-les avec l'esprit clair et une grande confiance, t'as compris ? »
Haruna se mord les lèvres et regarde ses pieds, refusant de lever les yeux.
Reiji secoue la tête et se concentre sur le distributeur, appuyant sur quelques boutons et tapant son téléphone sur l'écran pour payer.
Deux bruits sourds résonnent dans le bac en bas, et il ramasse les canettes de café glacé qui sont tombées.
« Tiens, bois ça et réveille-toi. Tu vas t'en sortir », dit-il doucement.
Haruna hésite un instant et prend la canette, mais se retourne et file en direction de la classe.
« Merci, Reiji-tan ! » crie-t-elle avant de disparaître au coin du couloir, sans jamais se retourner.
« ... Quelle bizarre », ricane-t-il.
Alors qu'il ouvre la canette de café et en prend une gorgée, quelque chose bouge du coin de l'œil.
Il tourne brusquement la tête vers le mouvement et voit un garçon reculer précipitamment, hors de vue.
« ... C'était Riku ? »
***
Kahawara-sensei fait irruption dans la classe, une pile de feuilles d'examen serrée fermement contre lui.
Reiji finit son café et fourre la canette vide dans son sac, se faisant craquer le cou pour se préparer.
« ... Bonjour à tous. J'espère que vous avez fait assez d'efforts pour être au moins satisfaits de vos résultats ; sinon, vous n'aurez à vous en prendre qu'à vous-mêmes. »
Il claque les feuilles sur son bureau, ses petits yeux scrutant les élèves comme un faucon.
« Il y a eu des tentatives de triche par le passé. Si vous êtes pris, vous aurez zéro, sans discussion. C'est clair ? »
« OUI, SENSEI ! »
« Bien. Maintenant, un par un, venez tirer un papier de cette boîte. Ce sera votre place temporaire pour les deux prochains jours, au cas où vous auriez comploté avec vos voisins de table à l'avance. »
Certains élèves sont clairement pris au dépourvu, échangeant des regards terrifiés avec leurs amis.
Tout le monde se lève lentement et fait la queue devant le bureau du professeur, tirant au sort. Ceux qui ont pris un numéro commencent immédiatement à regarder autour d'eux pour voir avec qui ils vont être assis, par curiosité ou par nécessité.
Reiji est l'un des derniers à tirer, puisqu'il est assis au fond, et il ouvre le papier en plissant les yeux.
'3'
« Bon... Ça, ça va pas être drôle. »
C'était la table juste devant le bureau de Kahawara-sensei.
Il lève les yeux et voit le sourire sinistre sur le visage du professeur quand il remarque le numéro, ce dernier croisant les bras avec arrogance.
« Eh bien, Yagami. On dirait que le destin ne veut pas que tu réussisses. »
« ... C'est quoi ce bordel ? »